1^4 CAR
rite d’être relevée. Selon lui , pendant les guerres desHuguenots, les Anglois firent une descente dans la Ca-roline-» Sc ramenèrent en Angleterre tous les Françoisqu’ils purent prendre. Ceux qui échapérent se retirèrentdans les montagnes des Apalaches , y bâtirent le bourgde Mélilot, Sc y établirent le royaume de même nom& depuis ce tems, la Caroline estdemeurée aux Anglois.Ne diroit-on pas, à entendre cet auteur, que ce font lesAnglois qui ont enlevé les François établis à la Caroline,Sc qui se sont approprie ce pays ? On volt le contrairepar le détail que j’en ai donné. Ce royaume de Mélilot,composé d’un bourg habité par des François, n’est pasde meilleur aloi que ce narré. ( a ) Het Britann. Reik, inAmer. .p. 2.49. ( b ) Voyez.sa route marquée dans la cartede la Louisannepar de l’IJle. ( c ) Voyage de Champlain ,-c. 3. p. 13 Sc suiv. ( d ) Het. Britt. Reik. in Amer. p. 232Sc seq.
Les François avoient donné des noms aux rivières. LeTuiflèau qui fuit après celui de fan Mattheo, étoit nommésaint Pierre, ensuite est saint Jean; puis la rivíere deMay, où étoît Fancien fort des François, Sc celle de Seine >on trouve ensuite les ruisseaux de Somme, de Loire, deCharente , de Garonne, de Gironde. Cette derniere riviereest aussi nommée riviere des Chaouanens , ou Á'EdiscovJ.C’est fur ses bords qu’est bâti saint George ou le nouveauLondres. Ensuite est un petit ruisseau nommé Ashley ,qui avec quelques autres tombe dans une anse où dePiste place Charles-Toivn , nommé par les FrançoisCharlefort; mais les cartes de Herman Mol mettentCharlestadt ou Charleville en cet endroit, 8 c placentCharles-Toivn auprès du cap Fear. Les Anglois ontchangé les noms que les François avoient donnés auxrivières dont j’ai parlé, Sc en voyant la différence qui estentre les diverses cartes que j’ai de ce pays, on diroitqu’ils ont changé les montagnes 8c les rivières » Sc legisement des côtes. II faut espérer que la nation angloi-se nous donnera un jour, une carte plus exacte de cepays.
On divise la Caroline en deux parties ; la Carolineseptentrionale Sc ia Caroline méridionale ; mais la pre-tniere étant plus peuplée a proprement le nom de Caro-line, selon Fauteur Flamand, déja cité , c. 2, p. 271-
Tout le pays compris fous ce nom » s’étend le long deia côte de l’Amérique septentrionale, depuis le 31 e dé—gré jusqu’au z 6°. La largeur de ce pays n’est pas st se"cile à déterminer : car si on l’étendoit jusqu’à la mer duSud, comme quelques-uns croient que la patente deCharles II se dit, il traverseroit la Louisiane des Fran-çois, se nouveau Mexique , la nouvelle Navarre Sc laCalifornie qui font aux Espagnols, Sc il est certain queles propriétaires de la Caroline ne poussent pas leurs pré-tentions si sein, L a nature a donné à ce pays des bornesnaturelles p ar se chaîne de montagnes dont j’ai déjaparlé.
Le pays est partagé en six provinces. Albemarle, 8 cClarendon, sent de la Caroline septentrionale. Les qua-tre autres , Craven , Barkjlay, Colleton Sc Carteret , fontde la méridionale. ,
L’Albemarle est au nord : elle confine à la Virgine,Sc est arrosée par une rivíere nommée aussi Albemarle.Sur ces côtes est Fisse Je Roanock,. ( De Fille, Carte dela Louisiane , la nomme Raonacs). Au commencementde Fétablístùnmnt de la colonie angloise, l’Albemarlefut plus peuplée a proportion que le reste du pays , Scil y eut environ trois cens colons » mais ses plantationsle long de la riviere d’Ashley prirent si bien le dessusdans se seste, que la plupart des colons s’y allerent éta-blir. Cette rivíere d’Albemarle, assez près de Sandipunt,se partage en deux branches, dont l’une est nomméeNoRatoxe, 8cl’autre Notawack, fuit celle de Pan-tagoe; 8 c entre les deux, est se ca p de Hattoras. Suitia riviere Neuse; les Coranines; peuple du pays,habitent le pays d’autour la cap de Look-out.
Clarendon- e st se seconde province. On y trouveie fameux promontoire nommé le cap Fear. Ce pays futpremierement habité par une colonie venue des Barba-ries. Après la riviere de Clarendon , que l’on ap-pelle aussi riviere du Cap Fear , parce qu’elley ason embouchure» est la riviere de fVáterey ou de VINE-<5 an, à vingt-cinq heures de chemin de la riviered’Ashley. Cette rivíere est navigable, cependant ses
CAR
bords ne font point encore peuplés. Entre celle -ci Sccelle de Clarendon est se petite riviere de Víngon, oùse trouve une petite plantation nommée Charles-T oW n.
Voilà pour ce qui regarde la Caroline septentrionale,qui ost séparée de la méridionale par la riviere de Zan-tée. ( C’est apparemment ce que de Fille appelle Santé,fort Indien ; 8 c riviere Santé , qu’il croît être la mêmeque le Jourdain).
Craven est la premsere province de la Caroline mé-ridionale. Elle est fort peuplée d’Anglois 8 c de Françoisréfugiés. Ces derniers y ont des plantations 1 e long dela riviere de Zantée. On trouve ensuite celle de Zevée ,où se sent établis quelques habitans de la nouvelle An-gleterre. Les François qui y voulurent faire descenteen 17015. furent repoussés avec perte par les habitans dece petit canton.
Barclay ou Berkley , seconde province , est aumidi de celle-ci. Sa partie du nord n’est pas encore cul-tivée; mais celle dufud est remplie de plantations, àcause de deux grandes rivières, la Koper Sc FAshley.De l’ífle ne fait qu’un ruisseau de l’Ashley. Sur la côtedu nord est une petite riviere nommée Bowal, la-quelle par le moyen d’un canal qui en fort, forme uneisie ; 8 c assez près de la côté sent quelques autres ifles,que l’on appelle Hunting Islands, ou ifles de lachasse, 8 c Sillivans ; entre cette derniere Sc la rivierede Bowal est la hauteur nommée Sandbergen. Le nord-ouest de ce pays est arrosé par la riviere de Wando; ily a diverses bonnes plantations fur ses bords : elle tombedans celle de Koper, 8 c toutes deux ensemble se .perdentauprès de Charles-To\vn, capitale du pays, dans la ri-vière d’Ashley. Voyez. Charles-Town.
Le canton qui est entre les rivières de Koper Sc d’Ash-ley a environ quatre cens milles de largeur. Leurs bordsfont plantés des deux côtés. Environ à un mille de-Iàest l’embouchure de la riviere nommée Gose-Creekassez bien habitée. La riviere de Back tombe dans leKoper, environ deux milles au-dessus de Gose-Creek,se branche occidentale s’y décharge aussi , maïs un peuplus haut. Au fud-ouest de la riviere d’Ashley est lagrande Savane. C’est dans cette province que l’on trouvela petite ville de Dorchester, où l’on compte envi-ron trois cens-cínquante personnes. Les indépendans yont un temple Se une assemblée. Pas loin de-là coule lariviere de Stono , qui sert de borne entre la provincede Berkley 8c celle de Colleton.
Colleton , Colliton ou Colladon, est arroséepar la riviere de Stono-, & par un canal communique àcelle de Wathmolow. Le nord-est est peuplé d’Indiens.Le Stono Sc autres rivières forment un peu au - dessousde Charles-Town une iíle nommée Bonis, qui estbien cultivée. II y a en outre les deux rivières nomméesNoord-Edistow 8c Suyd-Edistow. Cette dernierea plusieurs belles habitations des deux côtés. Un peuau-dessus de son embouchure est \Filton , que quel-ques-uns nomment le Nouveau Londres, petite villeoù il y a environ quatre vingt maisons, 8 c de fort joliesplantations aux environs. Cette province a deux censpropriétaires libres, qui donnent leurs voix pour sélec-tion des membres de f assemblée du pays.
La province de Carteret qui fuit, n’est pas encorehabitée. Elle ne laisse pas de passer pour la plus com-mode Sc la plus fertile du pays. II y a la grande rivierede Cambage » qui jointe à celle de May, forme d’uncôté Piste d’EDELANo , que la mer renferme de l’autrecôté. Le pays le long de la riviere de May étoit autre-fois occupé par une nation Américaine nommée Wefioes.II y a une vallée fort commode 8c un lac. Les premiersAnglois qui arrivèrent à la Caroline vouloient s’y éta-blir ; mais les Américains les en détournèrent, parceque le havre de Port-Royal, le plus beau de la Flori-de , donneroit aux Espagnols moyen de les inquiéter-Les Ecossoís s’y établirent fous le lord Cardros ; maisils furent bientôt obligés de tout quitter pour cettemême raison. La riviere de Port - Royal est à vingtlieues d’une heure de chemin de celle d’Ashley, ve rSle sud, sous le 31 degré 45 min. Elle a une fort belleentrée, dix-sept pieds d’eau en basse mer , un grandhavre sort commode Sc très-sûr pour les vaisseaux» Scle pays d’alentour est beau Sc fertile. Après la riviere