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Tome second. C - F.
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convéníent que Celles qui ont été tirées fur la première»de là vient que les copies vont toujours.en diminuant umesure qu’elles s’éloignent de l’original.

Généralement parlant, les cartes dressées dans le payspar un habile homme íont préférables a celles d un étran-ger aussi habile.

II tfy a.point de carte parfaite Sc il ne peut y en avoir.Si on n’y metteit que les lieux dont l’astronomi'e a décidéla position, la carte seroit trop nue, & ne serviroit qu’à.írès-peu de gens. On veut des cartes très-détaillées, 8cpar conséquent remplies de lieux placés àfaventure. Unecarte typographique dressée par un vrai géographe peutêtre juste ; mais nous en avons peu ; 8c ce n’est qued'un gros recueil de ces cartes que l’on parviendra, en lesjoignant, à faire dès cartes chorégraphiques qui ayent dela justesse.

La défectuosité des cartes vient ordinairement, ou del’ignorante vanité de fauteur, ou de l’avarice du mar-chand qui les débite, ou des faux mémoires que l’on four-nit à de bons géographes, ou enfin de la mal-habileté desgraveurs. .

On voit souvent des gens dépourvus de sciences tejnêler de donner des cartes de pays dont ils n’ont pas desmémoires suffiíàns, parce qu’il leur est arrivé de rí’êtrepas siflés dans leur coup d’essai, où ils ont fourré ce qu’ils^çavoient, ils veulent faire un atlas complet. C’est ainsique Homan ayant donné quelques cartes qui ont réussi »a ensuite infecté l’Allemagne de cartes où il n’y a ni jus-xesse ni vérité.

II y a des marchands d’images, [ Sc Amsterdam n’en apas toujours été éxemt, ] qui ont publié de vieilles cartesìous le nom pompeux du nouveau théâtre de la guerre,avec de magnifiques ornemens. Pour leur donner un airde nouveauté, ils y ajoutoient au hazard des villages, oules gazettes récentes marquoient les campemens des ar-mées, fans fçavoír eux-mêmes où ces villages font situes,l'í’importe, íe nem s’y trouvoít & la carte fe débitoitpromptement. On en a vu qui trouvant les cartes trop nuesà leur gré, saisissent enjoliver ces espaces, en y mettantdes montagnes Sc des rivières de leur façon. Ils íèroientînoms coupables s’ils y mettoient leur nom : mais il n estque trop souvent arrivé que les noms de De l’íste Sc i>an-ïon ont été profanés par les mauvaises cartes qu’on leur aattribuées, Sc ont servi à tromper le public.

La troisième source vient de la fausseté des mémoires.De là vient que les cartes de la Guíane, 8c autres partiesde l’Amérique; celles de l’Asie 8c de l’Afrique par MM.-Sanfon doivent être mites au rebut » au lieu que cellesqu ils ont dressées fur des instructions vraies 8c positivesméritent de grandes louanges. Les mémoires dressés furles. lieux font quelquefois falsifiés par l’intérêt de ceuxqui les donnent. Tel gentilhomme fait omettre tur lacarte son village, son château, afin d’éviter les logemensdes gens.de guerre, 8c de faire en forte qu’il soit oubliébu méprisé dans la répartition. Un autre qui aura pourpatrie une bicoque, la fera marquer fur la carte commeune bonne ville.

La quatrième íource enfin est que malgré la fidélitédes mémoires 8c l’habilité du géographe, il arrive quel-quefois qu un graveur calquant le deilein de fauteur,éloigne C ^A U1 étoit près, approche ce qui étoit loin. Or-télius & Memator gravoient eux-mêmes leurs cartes,dontles défauts ne fçauroient venir de cette source. Lesgéographes du premier rang, tels que Sanfon 8c de fille,ont eu d’excellens graveurs ; aussi presque toutes leurs car-tes font-elles tres-bien éxécutées; mais souvent ces mê-rjnes cartes font copiées p 0ur des marchands avares,au jugement de qui les tneill eurs graveurs font ceux quitravaillent à meilleur marché ; c’est delà que fe font ré-pandus tant de mauvais papî ers (j Ue p on débite fous leïnom de cartes géographiques.

Des Cartes HïWographiqi'es.

Les cartes hydrographiques font celles dontfe ferventles gens de mer, pour diriger heureusement le cours deleur navigation, 8c arriver à leur but par la route la plusfavorable 8c la plus sure. Autrefois lorsque les vaisseaux,n’étant point encore guidés par la bouílble, n’osoïentperdre la terre de vue, les cartes marines étoient peu diffé-rente* des cafte? géographiques. Mais lorsque cet instru-

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ment, 6 utile Sc d’un usage si aisé, eut enhardi les mari-niers, on íe risqua de traverser les mers; on remarquaqu’en suivant tel ou tel rumb de vent, on alloit d’unport du départ à certain autre port ; on marqua ce rumbfur les cartes, Sc peu à peu on est parvenu à fçavoir àpeu près quel rumb méne d’un lieu donné à un autrequi est proposé. Commejefaidéja dit, les cartes marinesne contiennent que les rivages, les embouchures des ri-vières, & quelque chose de plus de celles qui font navi-gables pour les navires. Ên quelques endroits ellesmarquent une simple fontaine, ou un fort petit ruisseau,fur-tout dans les lieux où l’on a peu d’oecasions de fairede l’eau ; alors ce ruisseau est d’une extrême impor-tance.

Tous les vaisseaux n’ont pas besoin d’une égale hau-teur d’eau' dans un port en rade, 8cc. Les bonnes car-tes marines doivent donc marquer les sondes » c’est-a-dí-re, la profondeur d’eau que l’on trouve le long de cha-que rivage. Les bonnes cartes doivent indiquer lesécueils. II y en a de fable, où le vaisseau venant à êtrearrêté, s’engrave de plus en plus , fur-tout lorsque lamarée baissant, l’eau qui diminue peu à peu, ne le sou-tient plus ; il en arrive souvent la perte du vaisseau, detoutes les personnes Sc des marchandises qui font dedans.H y a des bancs de roches , dont quelques-uns font tou-jours hors de seau Sc peuvent s’appercevoír durant 1@jour ; d’autree qui font couverts par les hautes marées8c découverts en basse eau ; d’autres enfin qui ne íe dé-couvrent jamais. Cest aux cartes marines à avertir deces dangers 8c même les spécifier ; désigner si c’est defable ou de roche, quelle est leur position au plus juste,combien il y a d’eau fur ces bancs en haute Sc en bassemarée ; car tel écueil est funeste à un vaisseau de guerre,fur lequel une barque passera à pleines voiles fans cou-rir le moindre risque.

L’aiguille aimantée est íùjette à des variations quine viennent pas de son inconstance , mais de f inégalitéde la matière magnétique ; qui agit plus ou moins furelle en différens endroits. Une bonne carte devroit mar-quer les variations de la boussole, fi elle estnord-est, oiïsi elle est nord-ouest, 8c de combien aux endroits où s’estfaite f observation de la déclinaison de faimant. Je íçaísque cette variation n’est pas toujours égale Sc uniformeen un même endroit ; Sc que selon le système du doctKHalley, elle circule en une ligne oblique autour duglobe. Le sistême est très-beau, Sc je le rapporte plusau long au mot Boussole ; mais il n’a pas encore toute lacertitude qu’il peut acquérir. Si donc on marquoit fur tou-tes les cartes marines les variations observées, commeon l’a fait fur quelques cartes , la nécessité de les changermeneroít à une évidence ou à une réformation de ce sys-tème , qui seroit d’une utilité infinie dans la navigation.

II y a diverses sortes de cartes marines, pour la ma-niéré de les dresser. On appelle Cartes plates , car-tes au point plat, ou Cartes au point commun;celles où les méridiens,aussi bien que les parallèles,font re-présentés par des lignes droites, parallèles entre elles , 8cfans aucune projection. On leur a donné long-tems la pré-férence à cause de la facilité de l’ufage; parce que les degrésde latitude y font représentés par des parties égales commefur le globe, Sc que par conséquent les échelles y font auíSdivisées en parties égales. C’est ce qui fait paroitre l’uíag®de ces échelles d’autant plus facile, qu’une feule suffit pourmesurer toutes sortes de distances, Cependant ces avanta-ges qui ont fait préférer les cartes plates ; ne font qu’appa-rens, puisquepar la nature de la carte plate , les distancesfont sensiblement fausses, aussi bien que les airs de vent; 8cde plus on ne peut conclure la longitude Sc le lieu de l’arri-vée; c’est-à-dire, on ne fçauroit pointer cette forte de car -te qu’aprèsplusieurs opérations longues 8cembarraflanteS*J’expliquerai bientôt ce que c’est que ,pcinter une carte-Naviguer par ces cartes plates s’appelle en termes denavigation, naviguer íùr le plat.

Les cartes réduites, ou les cartes au point réduit, fo flcelles où les degrés de longitude font marqués en partie 5égales, 8c ceux de latitude en parties inégales, qui vont e 1 *augmentant vers les pôles; parce que dans les cartesrines on est obligé de tirer des rumbs, ou airs de ^ enen lignes droites, faisant des angles égaux; d’oul 01 ’démontre que nécessairement les méridiens cù j elignes du iwrd-sud font parallèles entre elles, Sc st» ^