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Selon le calcul duP. Petau, qui me sert de guide, voilà sixcens ans entre la fuite des Chananéens en Afrique, duteins de Josué, Sc celle de Didon. Appien d’Aléxandriecommence son histoire des guerres puniques par ces paro-les : Les Phéniciens bâtirent Carthage en Afrique cin-quante ans avant la prise de Troye. Ses fondateurs furentXoros Sc Carched'on. II est plaisant que cet historien aitpris pour les noms de deux hommes ceux de deux villes ;car Xoros ou plûtôt Zoros n’est autre chose que Tsor »nom de la ville de Tyr, selon les Phéniciens , qu’ellea repris puísqu’on i’appelle présentement Tz.ur ou Sur »comme écrivent la plupart des voyageurs. Pour Carche-don j’en ai déja expliqué Porigine au mot Ca r t a d a ,qui est auffi un des noms de Carthage. Eusébe de Césaréerapporte trois opinions bien différentes fur le tems de lafondation de Carthage. La premiere est celle de Philiste,qui, selon le calcul d'Eusébe , la met à Pan 808 , c’est-à dire, vingt-sept ans avant la fondation de Troye, se-lon le même Eusébe. En ajoutant ces 27 ans à 296 quedura la ville de Troye , cela fait 323 ans avant la prisede Troye, que nous avons vu être arrivée l’an 2800du monde. Si l’on en retranche ce nombre , l’année à la-quelle Philiste, au rapport d’Eufébe , met la fondationde Carthage, se trouve vingt 8c un ans avant le partagede la Terre-Sainte par Joíué - à l’an du monde 2477 ,c’est - à - dire, dans le même - tems que Cadmus ou sesenfans établiffoient des colonies en Afrique. Le mêmeEusébe rapporte une autre opinion à l’année 97 11 H ditque quelques-uns mettent dans ce tems la fondation deCarthage 143 ans après laprífe deTroye;8c enfin a l’annéeH67 , il observe que d’autres la mettent à cette année.C’est í’opinion de Trogue Pompée , qui dit que Cartha-ge fut bâtie 73 ans avant la premiere olympiade , ce quirevient à la même année. Sans entrer dans un plus granddétail de chronologie , on peut concilier diverses épo-ques , parcs que Carthage n’a pas été tout d’un coupUne ville florissante. II faudroit y distinguer l’ancíenneville bâtie par Cadmus ou ses descendans, la citadelle bâ-tie long-tems après, 8c enfin la ville neuve qui lui fit don-ner le nom àeCarthada à’ou eík venu celui de Carthage.* In chronico.
Si Didon trouva Carthage bâtie , comment passe-t-e Ue pour en être la fondatrice ; car une foule d’auteurstrès savans s’accordent à .lui en attribuer la fondation ?La réponse est aisée : elle le fut de la même maniéréstue Constantin le fut de Constantinople, qui subfistoitl°ng - tems avant lui fous le nom de Byíânce. J’ai déjarapporté les autorités fur lesquelles j’ai avancé le voya-is âe Cadmus en Afrique, Sc parlé des cent villes qu’iíS bâtit ; jai dit, fur la foi d’Eustathe , qu’un des anciensuoms d e Carthage étoit Cadmcia , on peut y ajouter en-Core > Etienne qui le dit auffi, Cadmus étoit fils d’Age-, Se Pvtn.gc l’autre'étoîent Phéniciens. Cela dispensed avoir recours à des généalogies obscures 8t incertainesP°ur expliqu er ce vers de Virgile , que Venus dit àLnée :
Punie a régna vides, Tyrios & Agenoris urbe íb r - v. 342.
p, est ;à-dire, le royaume où vous êtes est peu]w Cl . ens > c’est une colonie de Tyriens, Sc la vete bâtie par Cadmus fils d’Agenor. II est vrai quetrouve pas qu’A genor e de Cadmus,ait eu d’autr
a la fondation de cette ville, que d’avoir eu un fils <en Afrique des établiip emens # en tre lesquels je la <te; mais cette objection ne me fera pas faite , fans dpar ceux qui font un Agenor bisàyeul de Didonquelle ils attribuent la fondation de Carthage, &edent de lui VAgenoris urbem de Virgile.
Didon arriva en Afrique avec de grands avan:a cornpaffion que l’on a pour les personnes opprii
sœurïpy^malíînî? 3 “ appOrt0Ì V ^ ^
ygmahon roi de Tyr , tout cela concoiqui n’avoir ^ S^des prérogatíves chez un pdavantage n PaS ou ^ ^ Pa premiers patrie. En fal
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ouvrages, afin deVattirer l’estime & l’attachetmes nouveaux sujets , 8c c’est apparemment à elle
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faut attribuer la citadelle que les Grecs nommèrent Byrsa ,faute d’entendre la langue des Phéniciens, ou pour rac-commoder à leur langue qui renversent fans scrupule l’or-dre des lettres pour rendre la prononciation plus douce :de nSw A fia ils faisoient /Cxeos un bois , & de HBofra qui signifie une citadelle » une fortification , duverbe biser , fortifier , munir, ils firent Byrsa. Cenom étoit très-facile à retenir parce qu’en grec le mêmemot signifie un cuir. Cette allusion que le hazárd présen-toit ne fut point perdue , ce fut le fondement d’un con-te ; on supposa que Didon avoir acheté des Afriquains ,autant de terrein qu’elle én pourroit environner de lapeau d’un bœuf JEneid. L 1. v. 370.
BPercatiqite filum » saBi de nomine Byrsam ,Baurìno quantum Rossent circumdare tergo.
Bochart avertit que beaucoup d’autres avant lu! onttrouvé cette fable ridicule.
Cette citadelle, placée apparemment à l’une des extré-mités de la ville , en devint ensuite le centre , commeje le Tirai cí-après. Cette ville étoit avantageusement pla-cée , & pouvoir avec raison aspirer à l’empíre de la merqu’elle conserva longtems. Formée par des Tyriens lesplus grands navigateurs de toute l’antiquíté , elle s’enri-chit par I e commerce. Entourée d’Afriquains à qui elle faí-soit ombrage, elle devint guerríere. Ces deux avantagesjoints ensemble lui acquirent une puissance formidable.Après la mort de Didon elle reprit l’état aristocratique,Se peut-être ne l’avoït-elle pas quitté durant le régne decette Princesse. Vers l’an du monde 3732, c’ess-à-dire,environ 634 ans après l’époque de Didon , la républi-que de Carthage tenoit les deux côtes de la Méditerra-née. Outra la Côte d’Afrique qu’elle possédoit presquetoute entiers , e lle s’étoit étendue du côté de l’Espagnepar le détroit. Maîtresse de la mer 8c du commerce, elleavoít envahi l es ;fl e s de Corse 8c de Sardaigne. La Si-cile avoir peine à se défendre, 8c l’Italie étoit menacée.
L’ambsti° n Carthaginoise avertit "ambition Romaine :D e _la les jalousies entre ces deux rivales , & ce quel’histosse Romaine appelle les guerres puniques , malgréles traités qui ne furent observés de part ni d’autre.
La premiere guerre punique dura 24 ans , durant les-quels les Romains apprirent l’art de combattre fur lamer. Leur consul Dulius gagna la premiere bataille na-vale , Regulus soutint cette gloire , passa en Afrique 8créduis Carthage à l’extrémíté ; elle ne fut sauvée quepar le íècours d’un Lacédémonien nommé Xantipe. Lafortune changea ; Regulus fut battu à son tour 8c fait pri-sonnier. Deux épouventables naufrages forcerent lesRomains d’abandonner l’empíre de la mer dont Cartha-ge fe ressaisit. La victoire balança entre les deux nations,Sc les Romains n’étoíent pas éloignés de succomber ;mais ils réparèrent leur flotte ; une feule bataille décidaen leur faveur. Lutatíus consul termina la guerre ; Car-thage s’oblig ea de payer un tribut, 8c abandonna la Si-cile à ses vainqueurs , qui laissèrent le Royaume de Sy-racus a Hieron leur allié.
A peine la guerre fut - elle finie que la république deCarthage faillit à périr, par le soulèvement de l’arméecomposée d’étrangers qui íe révoltarentpour leurs payesTout ce vaste corps commença à s’ébranler; la capitaleelle-même fut assiégée 8c alloït périr, fi elle n’eût trouvéun e ressource dans Amilcar, surnommé Barcas, qui seulavoít soutenu la derniere guerre. II remporta une victoiresur les rébelles en Afrique , mais il ne put empêcherla perte de la Sardaigne que la garnison révoltée ouvritauX Romains. Ceux-ci malgré la vertu austere , dont ilsfaisoient parade dans l’occasion, ne laissèrent pas de pro-fiter de la trahison ; Sc Carthage à la veille de faire deplus grandes pertes, ne conserva la paix avec eux qu’enrenonçant à la Sardaigne Sc en augmentant le tribut. Sadomination étoit fort chancelante en Espagne ; AmMcfty passa avec son fils Annibal qui n’avoit que 9 ans. Amiscary étant mort après neuf campagnes , Afdrubal onallié prit le commandement des troupes, 8c pour mieuxtenir le pays en sujétion bâtît la nouvelle Çart sge. esRomains ne voyoient ces progrès qu’avecja 0» e,maisc’étoittrop d’affaires à la fois pour Rome, “ss eco ®“mencer une guerre contre Carthage, ^s
Gaulois qui venoíent de rompre une paix de 45
ans