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Tome second. C - F.
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menaçoitl’Italíe, dont ils possédoíent une partie consi-dérable. Les Romains avant de leur déclarer la guerre,s’assurerent des Carthaginois par un traite. Rome n’ayant.plus que les Gaulois à combattre fut victorieuse , pouffases conquêtes jusqu’au-delà du Po, s’empara de Milan■'& de tout le pays d’alentour. Sur ces entrefaites Asdru-bal mourut, Annibal âgé de 25 ans lui succéda , s’em-barassantpeu du traité-, il voulut soumettre aux Cartha-ginois toute l’Espagne , où les Romains possédoient cequi est en- deçà de l’Ebre. Ils avoient au-delà pour al-liées, des villes qui prétendoíent être libres. Annibal àqui cette indépendance ne plaisoit pas en voulut com-mencer la conquête par la ville de Sagunte qu’il détrui-sit. Les Romains s’en plaignirent par une ambassade quiîie fut gueres écoutée à Carthage., où l’on avoít eu letemsde'íe rétablir des anciennes .pertes. Ce futl’origínede la féconde guerre punique.

Annibal traversa l’Ebre, les Pyrénées, toute la Gau-le Transalpine , les Alpes mêmes avec une célérité quiétonna les Romains : ils le virent fondre tout à coup furl’Italie ; son camp fut grofli par les Gaulois , charmésde rétablir leur liberté 8c de venger leur défaite encorerécente. Quatre batailles gagnées par Annibal mirentRome dans une extrême danger. On.peut juger de l’im-portance de ces batailles par celles de Cannes. Annibalenvoya à Carthage trois boisseaux d’anneaux de cheva-liers Romains tués dans le combat. Les malheurs crois-soient de jour en jour ; la Sicile se déclara pour les Car-thaginois , jusqu’à Hieronyme roi de Syracuse. Annibalau lieu d’aller à Rome, qui ne pouvoitplus tenir contrelui, s’avança dans la Campanie; fit reposer íòn atmee aCapoue. Les Romains rassembleront ce qu’ils purentde troupes 8c se remirent en campagne. Annibal retrou-va bien son courage Sc toute son habilité militaire , maïsíl ne rëtrouva.plus son armée. Amollie par les délicesde Capoue , elle ne put soutenir le désespoir d’un enne-mi qu’elle avoit tant de fois terrassé , Annibal fut vaincu& forcé de fuir à son tour. La scène changea. Marcellusregagna la Sicile, le-jeune Scipion, âgé de vingt-quatrenns., alla en Espagne où son .pere & son oncle venoient depérir,prit Carthage la neuve, se rendit maître de l’Espa-gne , passa en Afrique ; les rois jaloux de Carthage sejoignirent à lui, Sc Carthage se vit dans le même péril ouRome avoit été peu auparavant. Annibal victorieux pen-dant seize années, ne put sauver íà patrie de ce danger.Scipion, vainqueurde Carthage 8c de Syphax roi de Nu-midie qui s’étoit brouillé avec les Romains, retournaa Rome avec le surnom d’Afriquain. Annibal après fa dé-faite s’enfuit en Orient ; les Romains qui ne se croyoientpas en sûreté tant quil vivroit, employerent tout pourle perdre 8c en vinrent à bout. Environ cinquante ansâpres la conquête de Scipion, Carthage fit de nouveauxefforts pour se remettre en liberté. Cette guerre , qui estla troisième guerre punique , ne dura que trois ans , Scfinit par l a destruction de Carthage, que Scipion Emi-líen, petit-fils de l’Afriquain réduilit en cendres, l’andu monde 3835.

J’ai couru avec une extrême rapidité fur des révolu-tions remplies de faits très-remarquables ; je renvoie àPolibe» -a Tite-Live , à Appien , 8c aux autres histo-riens qui vnt traité de ces guerres fort au lopg , ceuxqui feront curieux d’en apprendre les détails. J’inter-romperai ce -récit pour insérer ici la descripition deCarthage , afin que fur le portrait que nous en ont laisseles anciens , on puisse fe faire une idée juste de la villeque Scipion détruisit.

. La ville de Carthage avoit trois parties principales■qu’il faut distinguer. Les Grecs les nomment Cothon ,M e ga r a 8c Bv RSA.

C ot ho n , selon Sírabon, 1. 17, p. Zzr.étoitune pe-tite ifle ronde entourée des flots de la mer, 8c ayantde chaque côté des endroits où les vaisseaux pouvoient-mouiller 8c aborder. Apple» nous apprend que Cothon-étoít le nom du port; qu’il étoit-carré d’un côté 8c rondde l’autre, & entouré d’une muraille. Hirtîus, 5 ,parle

bien de Cothon , cependant il ne le donne pas à Cartha-ge, mais à Adrumete ville fameuse fur la iqême côte.Cothonn’est donc pas un nom tellement propre à un cer-tain lieu , qu’il n'alt été donné à plusieurs. Ce n’est passeulement une isie, comme le dítStrabon, mais un port.Festus dit : On appelle Cothons des ports de mer pra-

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tiques par la main des hommes , dans l’intéríeur desterres. Virgile, JEneid. liv. 1, vers. 431, a dit en cesens-là:

Hic portus alii effundiunt.

Sur quoi Servius fait cette remarque : c’est-à-dire , ilsfont le Cothon. On appelle ainsi des ports de mer quele travail 8c l’industrie ont préparés : ce mot Cothon estmasculin 8c neutre, 8c on dit également Cothon , Cotho-nis 8c Cothonum , Cothoni. Comme il fe trouve que niles Grecs ni les Latins ne l’ont employé qu’en parlantdes ville d’Afrique , Bochart à raison de conclureque c’est un mot de la langue punique ; en effet du motKatam , ou comme les Phéniciens le prononçoient,& que les Talmudistes l’emploient, Katham , font ve-nus Qlîop Kathum , coupé, 8c DltDp Kìtthum , ou nDit 3 pKethima , coupure. II en est de même chez les Arabesdont la langue est une dialecte de l’hébraïque. Le géo-graphe de Nubie dit de même, bnâ Gebal

■rHmok_attam , ou Amukattïrn , pour dire une montagnecoupée. Ainsi Katum ou Kathum étoit un port ;mais il ne fe pouvoir dire que d’un port fait par l’art.Les Grecs qui n’avoient point de mots terminés en M,changèrent Kathum en Kathon ou Kothon , 8c moyen-nant ce léger changement » admirent dans leur languece mot étranger. Le géographe de Nubie nous apprendque les Africains continuèrent ce port jusqu’à la villede Tunis; qu’il étoit plus large que long, que fa lon-gueur n’étoit que de six mille pas, au lieu que fa lar-geur étoit* de huit mille. II communique, dit-il avecla mer par une embouchure nommée Phum Al"wadi.Cet étang, ( c’est ainsi qu’il appelle lè Cothon ), n’é-toit pas auparavant; mais on le creusa à travers dans lecontinent, Sc on le mena jusqu’à Tunis. Depuis íotïembouchure jusqu’à la ville de Carthage, il y avoit trois:milles 8c demi. Polybe compte 120 stades de Carthageà Tunis. Je fais vùir à l’article de cette derniere villaqu’elle étoit un port de mer, 8c elle ne le devint que par lemoyen de ces travaux. Examinons les deux autres parties.'

Byrsa a été la partie de Carthage , dont plus d’au-teurs ont parlé. Strabon, l. 17 , p. 832 , l’a décrit ainsi*Vers le milieu de la ville, il y avoit une citadelle nom-mée Byrse, sur une hauteur assez élevée 8c habitée toutà l’entour. Le circuit de Byrsa étoít, selon Servius, de22 stades, qui font 2750 pas. Eutrope dit d’une maniéréplus vague qu’elle avoit un peu plus de deux mille pasde tour. Elle étoit au milieu de la ville un peu plus aumidi, 8c vers le col de la presqu’isle où étoit Carthage.Une triple muraille qui l’environnoít avoit trente cou-dées de hauteur; elle est décrite ci-après. Dans l’en-droit le plus haut de ce terreín étoit un temple consacréà Esculape, 8c si vaste, que Byrsa étant prise par Sci-pion , il s’y cacha pendant une semaine entiere cinquantemille hommes. J’ai déja dit pourquoi les Grecs l’appel-lerent Byrse, 8c la ridicule imagination où les jetta lesens de ce mot dans leur langue.

La ville même faisoit la troisième partie, au milieude laquelle Byrse étoit placée. Servius dit fur le versde Virgile, /. 1, -u. 371, déja cité,

FaEli de nomme Byrfam »

autrefois Carthage avoit l’air d’une double ville, dontl’une environnent l’autre. L’intérieure étoit appelléeByrse , 8c l’extérieure Magalia. II cite CornéliusNépos, 8c fur ce vers , l. 1 , v. 42 6.

Miratur molem Mneas Magalia qitondam.

C’est-à-dire, Enée est surpris de voir de si grandes mas-ses de bâtimens dans un lieu où il n’y avoit auparavantque des chaumines : Servius remarque que cette réfle-xion est de Virgile; car, dit-il, Enée ne savoir pas cequ’il y avoit eu en cet endroit. II ajoute : Virgile au-roit dû dire Magaria . au lieu de Magalia ; parce q »5le mot punique, qui signifie une maison champêtre,Magar , 8c non point Magal. Isidore dit de même :a dit Magalia P our Magaria; parce que les Carthagenois appellent une métairie Magar. Dans le prolog uedu Pœnuluf de Plante , on lit, v, 86.-