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Cum nutrice nna periere à Magalìíus'. '
' Eas qui j’urripuït in Anatlorium devehit.
Vendiditque has omnis, & nutrïcem Gr virgincs ;
dans les anciennes éditions de Joachim Camerarius, Scde Scanbucus & de Douse. Bochartqui rapporte le pre-mier vers, dit que les meilleures éditions portent à Me-garibus , & ne change rien à la ponctuation, qui pour-tant ne vaut rien, car il faut lire ainsi ce passage ;
Cum nutrice una periere. A Megarilus
Eas qui surrìpuìt, 8 cc.
Le sens de ce passage est : son oncle, Carthaginois, estUn vieillard quiavoit deux filles, t’une de cinq ans, l’au-tre de quatre; mais il les perdit avec leur nourrice.Celui qui les enleva de Megares , les mena à Anacto-rium , ou il vendit la nourrice Sc les deux enfans. L’édi-tion de Gronovius lit k Magaribus. Cela ne fait rien,l’un & l’autre se peut appuyer sur des autorités ; Servius »comme on a vu, dit Magar, Sc Appien Megara au plu-riel. II ajoute que c’étoit un fort grand lieu dans la ville,bc contigu aux murs. II attaqua, dít-il, Megares pardeux endroits dífférens en une nuit : après avoir franchiles murailles, dit-il eníiiite, ils sautèrent dans Megares ;les Carthaginois, ajoute-t-il, se sauvèrent tout-à-coupdans Byrse, comme si tout le reste de la ville eût étédeja^pris. On volt par-là que Megares étoit une partiede Carthage différente du port & de Byrse. C’étoit pro-prement le lieu où habitoient les citoyens Sc le peuple.•Byrse étoit le quartier des gens de guerre, Sc le portpour les gens de mer. Ce nom de Magar , Megara , &Par corruption Magalia, fut conservé à cette partie delu ville, ou plutôt, fut donné à toute l’enceínte, quoí-qu’il ne convînt qu’à l’ancienne ville formée au tems dupremier établissement. La facilité du commerce fit songerà ajouter au golfe, qui étoit un port naturel, un portartificiel. Les richesses Sc l’accroíssementdu peuple firentamplifier l’ancienne ville. La protection que donnoitByrse, fit que l'on continua de bâtira l’entour; de sorte,stu’elle se trouva presque au milieu, Sc c'est le sens dedd'abon, qui dit que Byrse étoit habitée tout à l’entour."c l’hêbreu n J Gur ou 13 Gar , qui signifie habiter, loger ,E venu le mot 113 ^ Magur, habitation. Les Phéniciensen ont fait 1830 Afngnr. Bochart, de qui font ces obser-vions , explique ce mot par des maisons bâties en terre, Tra Ugere, quoique la signification propre du mot hé-reu Magur , soit toute sorte de maison.
« -â- présent il est aisé d'entendre la description que faitauf^* 1 de toute la ville : la voici. Carthage étoit située
° n d d'un golfe, & ressembloít à une presqu’ifle.. LaS 0r ge qui se séparoít du continent, avoít vingt-cinq sta-mli ^§eur, (c'est-à-dire une bonne lieue, ou troislan * 6S Cesit vingt-daq pas romains ). De cette gorge, une
& Ue j 3 de terre s’éténdoít en longueur vers l'occident »,p o s e * étang Sc la mer, large d’environ une demi-stade,^oixante-deux pas), elle étoit environnée de rochers Scoù*]? /"kle muraille. Vers le midi & la terre ferme,j er et oit située fur la gorge dont on vient de par-fans l t0 t Unë triple muraille haute de trente coudées ,de disse • Sc les tours, qui étoient à deux arpensfur des fv^a'^E de l’autre, tout à l’entour; appuyéesétages Les erriens trente pieds , Sc chacune de quatreUs étoient S p tnUrs ne venoient que jusqu’au second étage.Wpr trní<!^ an d S & voûtés. En bas, il y avoit de quoiPolir teur entrer! él éphans. & les magasins nécessairessiuatre mille csiA PIus liant, étoient des écuries pourse fcuraee li t -- des lieux pour ferrer forge &
«sis ?" at í e miUe
le W de 1 I angle, ri qui depuis cette muraille, tournoitle Send" vFk, n í J ’ ai P ar ^, jusqu’au port, étoitcemen t . L e s ' ^ négligé dès le co'mmen-
l’on pouvoit 6 disposés de telle maniéré quemer, ils avoient ^ 6 Un en f autre, Sc du côté de laquarante pieds , m^o^erture commune, large de centfer. Le premier port éto^r ^rmoit avec des chaînes de^ il y avoit des boutiques Tj r ' aiírea “ x marchands,
C . 1 -plusieurs sortes pour les
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besoins des gens de mer. Au milieu du port intérieur ,étoit urie iíle, qui, de même que le port, étoit bor-dée de grands quais accompagnés de chantiers , Sc oùil pouvoit tenir jusqu’à deux cens vingt vaisseaux.Tout près étoient des magasins où l'on serroit les agrèsdes galères. Chaque chantier avoít dé front deux colom-bes d'ordre ionique; de forte qu’au premier coup d'œil,lhfle Sc le port sembloient ornés d’un portique continuétout à l’entour. Dans l’ifle étoit le tribunal du généralde la ilote, (ce que nous appelions l’amirauté ). C'estdelà que l’on donnoit le signal au son de la trompette ,que l’ on publioit les édits de la marine. Cette iste étoitsituée à l’opposite de l’entrée du havre, Sc s’étendoít enlong d’une maniéré si avantageuse, que l’officier pouvoitdécouvrir fort loin tout ce qui étoit íùr la mer, au lieuque les navires qui entroient » ne pouvoïent pas vo'îr lesdétours des ports. Les vaisseaux marchands eux-mêmesne voyoient pas d’abord en entrant, les ports particu-liers ; car ils étoient fermés par un double mur, & sensqu’ils Y Passassent, dès le commencement du havre, ily avoit une entrée par où ils arrivoient dans la ville.
* De Bellis Punicis, pag. J 6 . Edit. Lugd. apud Gïiph .
J’aí préféré la description d’Appien aux autres, parcsqu’elle est la plus ample 8c la plus détaillée; au lieu quePolybe, Títe-Live 8c Strabon n’en fournissent que quel-ques parties , qui pourtant y font conformes. J'ajouterainéanmoins quelques particularités prises de Strabon,auxquelles Appi en n ’ a point touché, Sc qui achèverontde donner une juste idée de cette ville. Carthage avoítz6o stades de circuit, l. 17, p. 832, (c’est-à-dire45000pas, oti 15 feues ), dont soixante en formoient la gorge,qui va d’une mer à l’autre. B semble qu’il y ait de lacontradiction entre Strabon Sc Appien, qui ne donne àcette même gorge ,que vingt - cinq stades de largeur *maís il n’y en a que l’apparence : il parle de la vraie lar-geur du terreín , Sc Strabon l’entend du circuit des mursqui la fermoient, Sc qui n’étoient pas en droite ligne.II ajoute ; On peut juger de la puissance des Carthagi-nois , P ar l’état où ils étoient au commencement de laguerre, qui set terminée par la prise Sc par la destruc-tion de leur ville. Ils avoient alors trois cens villes enAffríst ue _ - §c soixante Sc dix mille hommes dans la ville.'Lorsssfils furent assiégés, & fur le point de se rendre ,ils lívrerent deux cens mille armes complettes, troismille machines de guerre , afin de calmer l’orage qui lesmenaÇûh ; lorsqu’ils eurent résolu de reprendre les ar-mes > on recommença à travailler pour les arsenaux. Tousles jours on y mettoít cent quarante boucliers, trois censépées , cinq cens lances Sc mille de ces traits que l’ondécochoit avec des machines particulières ; 8 c pour enfaires les cordes , les servantes donnèrent leurs cheveux.Depuis cínqu arlt é ans ils n’avoient que douze vaisseaux,selon les traités. Après qu’ils se furent réfugiés dans lacitadelle,, ise bâtirent Sc équipèrent en deux mois centvingt vaisseaux de guerre , Sc comme l’entrée du Cothonétoit fermee par une garnison , il en creusèrent une autred’où il sortit tout-à-coup une nouvelle flotte, parcequ’ils avoient les anciens matériaux tout prêts Sc qu’ilsavoient gardé Sc entretenu aux dépens du public tousles ouvriers nécessaires pour cette entreprise.
* Durant la féconde guerre punique.
Je reviens aux révolutions dont cette description àinterrompu le fil. Vingt-deux ans après que Carthageeut été ainfi détruite par Scipion, les Romains y envoye-rentune colonie.CaïusGracchus, frere de Tiberíus Grac-chus, l’y conduisit comme Triumvir , selon Plutarque,in Cttjo Graccho, qui dit qu’il changea ce nom en celuide Junonie.
C’est de ce tems - là que Carthage fut une colonie.Romaine ; mais l’entrepríse de la relever ne set exécu-tée avec chaleur que lorsque Jule César y eut envoyéde nouveaux colons , quatre-vingts ans après Gracchus -ou cent deux ans après la troisième guerre punique. Dareleva ses murs , on lui rendit son premier nom & pres-que son ancien lustre. La mort de Jules César* n em-pêcha point la continuation dû rétablissement e ce teville , Sc dès le tems de Strabon , il n’y en avoi aucuneen Afrique qui fût mieux peuplée. Dep v * 1 ® c ? ^ époque,Carthage s’accrut de plus en plus, a capita-
le de toute l’Afrique, & quojqu Antiocfie de Syrie Sc