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Tome second. C - F.
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CAR

Alexandrie d’Egypte , fussent des villes tres - grandes,très - riches 8c très - floriísantes elle prétendit être endroit de leur disputer la qualité de.premiere ville de Pem-pireìsòmain. Le nom de colonie fe conserva,Sc onie trou-ve fur les médailles. Le P. Hardouín e'n fournit une entreautres, où l’on lit Col. Aur- Kar,R.omm.P.E. qu il ex-plique ainsi : Co.lonia Aurélia Carthago Commo-Ihana Pi a Félix. On avoir expliqué cette médaillede la ville de Carrhes ; mais ce savant pereprouve lajustesse de son explication par le dîx-septìéme chapitrede la vie de ‘Commode, écrite par Lamprídius. Le poètePrudence, dans son Martyr. Hymne 18, v. 6 1, pourdire qu'elle étoit la métropole d’Afrique , l'appelle

Tarent orbit populofa-Pceni.

Salvíen de Marseille» dans sen livre de la Providencedivine, en fait un détail qui marque un état très-heu-reux. * De gubernatione Dei, 1 . 7.

Lorsque les Wandales se qetterent fur f Afrique »Genseric prit Carthage le 19 d’Octobre, i’an de l’éreChrétienne 43P » elle demeura fous la domination dece peuple juíqu’au régné de Gelimer, contemporain deJustinien. La guerre étant déclarée entre ces deux prin-ces-, Belifaire aborda en Afrique, entra dans Carthagesens obstacle, Scsens y commettre aucun désordre.Pr°"cope présent à cette expédition en a écrit les circons-tances dans sen -histoire de la guerre des Vandales. Jus-tinien qui aimoit à embellir 8 c à fortifier les villes, nenégligea point Carthage , qui étoit alors la plus grande& la plus célébré du pays. II employa tous ses fo/ns aréparer les murs, releva tout ce qui étoit tombé enruine Sc fit faire un fossé au dehors , où il n’y en avo:t ja-mais eu. Ij fit bâtir une église dans íe palais en f honneurde la Mere de Dieu, & une autre en un autre endroit » en['honneur -d’une sainte du pays, nommée sainte Prime.Déplus, íl fit bâtir deux galeries aux deux cotés dela place qui regarde la mer, avec un bain magnifique »qu'il nomma le bain Théodora■ II fit encore bâtir un mo-nastère proche du port nommé Mandrace , Sc le sorti-ra si bien, qu’il en fit une citadelle imprenable. L’em-pire d’Orient auquel la sege valeur de Belifaire avoitconquis Carthage 8 c l’Afrique , ne la conserva que jus-qu’à Léonce, fous lequel les Sarrasins se rendirent maî-tres de Carthage , la saccagèrent 8 c ía détruisirent. Tu-nis » ville voisine, en profita, Sc s’accrut des débris decette ville , dont il reste à peine des ruines •; mais laprefqu’iste qu’elle occupoit est encore nommée par lesgens de mer le cap de Carthage. Troc. lEdific. 1 . 6. c. Z-

Ces anciens fournissent un assez grand nombre deïtoms de cette ville. Ceux deCARTHADA , Carthage ,Carchedon, Tï r, Byr.se, Megares, Ma-

GALIA, CoTHON, CaDMEIA, ÇjSNOPOII.Si8 c J u n o n 1 e , ont déja été expliqués ou rapportés.Etienne le géographe dit qu’on l’appella aussi O E N u s-S A. Euftathe ser la Périégese de Denis, copie Etienne ;mais sens parler d ’Oenujfa , ils disent l’un 8 c l’autrequ’elle fut nommée Cacabe , nom qui, selon eux ,dans la langue du pays signifie la tète d’un cheval. An-toine Augustin , cité par Berkelius , 8 c nommé dans leChanaan de Bochart, Antoine Augufle , par une er-reur d’impreffion, dit posséder une médaille d’argent,frappée à Carthage , se r laquelle on volt une belle têtede cheval bien dessinée avec ce mot qu'on lit au bas ducou K AKK ABH. Tristan s’est donné bien de la tor-ture pour expliquer cette légende. La tête de cheval estexpliquée par une tradition fondée dans í'antiquité. Jus-tin, /. 18. dit : On y trouva une tête de cheval ; ce futx-n présage que le peuple feroit puissant 8 c guerrier , 8 con bâtit la ville dans un lieu de si bon augure. Virgile,TEneid■ l. 1. Vi 447 , n’a pas oublié cette circonstance.

Efsodere loco figmtm quod regia Juno

Monstrarat, caput actif equì.

Silíus , L 2- stuil'imíte autant qu’ií peut, dit de même.

C ft entant caput efoffa tellure repertum

■Bellatorif equi.

Bochart qui s’étoit rendu familière l’explîcation desmots puniques , trouve que celui - ci est fait de deuxmots joints, ensemble par contraction • savoir de 12 Car.

CAR

& d enïTì Recala. Le premier n’est pas seulement dansl’hebreu » ou fil signifie un chef , un général , 8c paranalogie une tête ; les anciens Grecs Pont employé dansce dernier sens , entre autres Homere 8c Hy ppocrate. Lesecond signifie un cheval , les Arabes disent rum Re-cuha un cheval , 8c ils Ont pris ce mot de l’hébreuRace ab y qui veut dire alier a cheval. Les Phéniciensen avoient pris aussi leur mot Recaba. Quant à la con-traction , -ou à la diminution des lettres faite à l’occa-sion de Punion de ces deux mots , elle ne manque pointd’exennpleg. Ainsi Caccaba ou Caccabe,signifie véritable-ment la tête déun cheval. Cependant je crois la médail-le fausse. Dans quel t-ems auroit-elle été frappée ? Si ondit que c’est dans les anciens tems de Carthage ; com-ment s’y est-on avisé de mettre en caractères grecs unmot phénicien ? Si on me répond qu’on a des médaillesde Carthage , dont le caractère est grec, je P avoue ;mais le stylé Pest-auíïì, -de même qu’on en a de latinesde la même ville , Sc les lettres en. sont latines ; maisles unes 8c les autres ont été frappées du tems de Car-thage, colonie Romaine. Celle de Carthage libre sontpuniques , ou fi elles sont en grec, elles ont été frappéesen cette langue par des villes greques soumises auxCarthaginois. Caliger 8c quelques autres ont pris la pei-ne de chercher pourquoi Eufébe avoit dit que Carthageavoit été nommée auparavant O R1 G o. Ce passage n’apoint été entendu de Scalíger. Le nom Origo est une fau-te pour Virago géya. 8c c’est le nom de Didon, 8c not*pas de Carthage ; ce nom est le même que les Grecssubstituèrent au mot Elijsa , nom qui signifie une fem-me courageuse : celui de Didon veut dire Vagabonde *qui fait de grands voyages. Les anciens ont bien em-brouillé P explication de ces deux noms , faute d’en com-prendre le vrai sens. Balzamon dit que Carthage futaussi nommée Justiniana ; ce fut apparemmentaprès que Justinien Peut embellie, comme on a vu.

Telle fut Carthage , colonie Tyrienne commencéevers le tems de Josué , ou vers Pan du monde 2498 ,embellie 8c fortifiée par Didon vers Pan 3098 , la con-currente de Rome depuis Pan 3732, détruite par se ri-vale Pan 3835 , rétablie par Caïus Gracchus, & plus es-ficacernent par Jules César Pan 3940 , envahie par lesWandales l’an de Père vulgaire 439. prise par Bélifairefur eux sous Justinien, 8c enfin par les Sarrasins Pan692, sous l’empire de justinien II. Léonce son succes-seur fit de vaines tentatives pour la reprendre. Elle futdétruite entièrement.

C e d r e n e ayant nommé une ville » que Choíroesassiégea, au lieu deKxy^Tua ., c’est-à-dire, Car-

thage pour Chalcédoíne , plusieurs entr’autres', PaulDiacre , ont cru que les Perses avoient poussé leursconquêtes en Afrique jusques à Carthage , ce qui n’estpas vrai ; Sc ne vient que du changement vicieux d’une/. en une r. Ezéchiel , e. 27, f. 12, dit que les Car-thaginois venoient à Tyr, Carthaginenses negotiatorestui : c’est ainsi que la vulgate exprime ce nom de Tarjistqui est dans le texte hébreu. Voyez. T a r s i s.

L’égljse de Carthage fut très - respectable dès la fíitdu second siécle de l’église, qu’elle eut pour évêqueAgrippin, qui est le premier que l’on connoisse. SaintCyprien l’un des peres de l’Eglise , occupa aussi ce siè-ge depuis Pan 248, jusqu’au 14 dé Septembre qu’ilreçut la couronne du martyre. II s’y est tenu des conci-les en quantité, Sc on en compte plus de vingt. La se-meuse conférence de Carthage, qui se trouve entre lesœuvres de saint Optât, est un morceau très - respecta-!ble , tant par son utilité pour l’histoire ecclésiastique ,que par le grand secours qu’en retire la géographie ;car elle a conservé quantité de noms de villes , qui ontété des sièges épiscopaux , Sc dont plusieurs n’étoienCpoint connues aux historiens profanes, parce qu’ellesn'avoient fait aucune figure dans les guerres anciennes»'On pourroit s’étonner de ce que Carthage ayant été 6long-tems la capitale de P Afrique » ses évêques n’assecte-rent pas d’abord le titre de patriarche ou de primat. Lsqualité de primat en Afrique n’étoit attachée à aucui*siège particulier. Elle se conféroit à un évêque , en q 0<se rencontre' 1 Pancienneté dans l’épicospat, avec I eSautres qualités requises, fans acception de siège. Ce-pendant cet usage s’assoiblít, Sc les évêques de Car-thage s’étant acquis une grande supériorité de rang y 1 * •