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Tome second. C - F.
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Z. T Z CAR

failles & revêtir de bonnes fortifications. Depuis Cetems » elle s’est rétablie peu à peu : mais elle est encoreloin de son ancienne splendeur; oe qu il y a de plusconsidérable, c’est son port, qu! est, íàns contredit, leMeilleur de toute l’Espagne & des premiers de l’Euro-,xe; il est au fond d’une petite baye de 500 pas de long,'•fur 6 ou 700 d’ouverture. On rapporte que le fameuxDoria, général de la flotte, disoit qu’il ne connoissoitque trois ports qui fussent furs ; savoir les mois de Juin,Juillet Sc Carthagene.

II y a trois choses à remarquer. 1. La ville de Car-thagene située au fond du port. 2 . Le port qui est unanse, Sc fait partie du golfe de Carthagene. 3. Le golfemême qui occupe partie de la côte de Grenade depuisle cap de Gates, Sc presque toute celle de Murcie jus--qu’au cap de Palos.

2 . CARTHAGENE, ( le golfe de) partie de lamer d’Espagne» entre les caps de Gates Sc de Palos. Lacôte court nord-nord-est jusqu’au royaume de Murcie,Sc à l’embouchure du Guadalentin où est Almaçaren,Muxacra à l’embouchure duTrabay , Vera à celle duGuadalmaçarp Portilla presque à l’entrée du royaumede Murcie, font les lieux les plus remarquables jusqu aAlmaçaren ; au sud-est de ce port est Laquibo petiteâste ; Sogana est à moitié chemin d’Almaçaren à Cartha-gene. De la pointe de l’est du cap de [Gates à Cartha-gene , la route est le nord-est-quart-d’est environ centcinq milles; entre les deux, il y a un grand enfonce-'ruent Sc les terres font fort hautes ; mais environ huità 9 milles â l’ouest-íùd-ouest de Carthagene, il y a unegrosse pointe qu’on appelle cap de la Sabia , fur lequel«st un petit village, Sc du côté de l’est une petite rivière.Presqu’à moitié chemin du cap de la Sabia à Carthagene,il y a un grand enfoncement avec une petite ifle du cotede l’est. Q n la nomme l’ifle de las Colombas ; & dansle fond de cette anse, il y a une petite ville Sc un châteausur la pointe de l’est, il y a aussi sur cette ifle une toura feu. La ville dont on vient de parler est nommée Al~macaron par quelques-uns, c’est la même qvé Almaça-ren. On peut mouiller du côté de l’ouest de l’ifle desColombes dans l’anse d’Almaçaren par quinze, díx-huità vingt brasses d’eau, mais lê fond n’yest pas fort bona cause de quelques roches. Environ quatre. mifl eS aPest-qnart-nord-est de l’ifle de las Colombas, est l’ en ~tree du port de Carthagene, dont la reconnoiflance estfacile, parce qu’il y a une petite ifle ronde presque vís-a-vis , environ une lieue au sud-sud-est. C’est la ScomÍTti-ria des anciens, à cause de la grande quantité de rna-queraux qu’on y pêche, Sc que les Romains appelloientScomíri. Le nom moderne de cette ifle est exprimé di-versement fur les cartes ou dans quelques livres, Com -itéra , Scombrera, Ascombrera; elle est presque ronde,à quatre ou cinq cens toiles de la côte, Sc presque vis-à-vis du port. II y a quelques roches presque à fleurd’eau du côté de l’ouest de l’ifle, Sc elles en font fortproches. * Mém. communiqués.

Le port de Carthagene est dans un fond. Si-tôt qu’onest pat son travers, on en découvre l’entrée qui est fortétroite Sc qui s e trouve entre deux montagnes ; on volten même tems le château de Carthagene dans le fonddu port, Sc la ville est au pied fur une pointe de moyennehauteur. A la gauche en entrant, il y a un fortin arméde six pièces de canon, Sc fur le haut de la pointe de ladroite, il y á deux batteries de canon assez considérables.Le port est assez grand 8c presque de figure ronde ; dansle fond est un ancien château fur une hauteur ; la villeest au pied Sc ne paroit que sort peu du côté de la mer,quoiqu’elle soít assez grande ; elle est située dans uneplaine au-delà du château. Devant la ville, il y a un pe-tit môle qui sert aux débarquemens. On fait de l’eau àl’entrée de laville à quelques fontaines, mais [elle est demauvaise qualité. Le traversier de ce port est le vent desud-sud-ouest qui ssy cause pas beaucoup de mer, parceque la seche le rompt. Au-dedans de la pointe de lagauche en entrant, après de cent cinquante toiles, il ya un petit banc de roches presqu’a fleur d’eau, de l’éten-due de dix a douze toises , où íùr lequel > pour peu’qu’ilfasse de mauvais tems ^ l a mer brise. Aux environs de ce"banc , il y a cinq, huit 8c dix brasses d’eau jusques à lapointe où est le fortin dont ïl a été parlé, tellementqu’on peut passer entre l’écueil Sc le fort, rangeant à dis-

crétion la pointe du fort; mais le meilleur est de laisserle danger fur la gauche.

A huit à neuf milles est-nord-est de l’ifle de Scom-brera est le port Genovez, ce n’est qu’une petite anse,avant laquelle est une grosse pointe nommée le cap deSuga. Environ deux milles sud-est-quart à l’est de Ge-novez est une autre grosse pointe fort escarpée , nom-mée le cap Nègre * au-dessus duquel estuqe haute mon-tagne en pain de 'sucre. Toute la côte est fort hauteSc fort escarpée, depuis Scombrera jusqu’au cap dePalos.

Selon les observations du íçavant pere Feuillée, Car-thagene a 37 degrés 36 min. 7 sec. de latitude septen-trionale. Le même pere dït ; , d’après une píeuíè tradition »que l’apôtre S. Jacques fut le premier qui prêcha l’Evan-gfle à Carthagene , où il se rendit l’an 39 de Jesus-Christ, venant de Jaffa, n’ayant touché dans ce voyagequ’en Sardaigne. * Journal des Obs. 1 part. p. 92 , &93.

Z- CARTAGENE, ville épiscopale de l’Amériqueméridionale fur la côte de la mer du nord dans la terreferme, Sc aujourd’hui la capitale d’un vice-royaume,érigé..fous le titre de nouvelle Grenade, Sc dont Sébas-tien de Eslava-, qui défendit cette place avec tant dèvaleur contre les Ánglois, fut le premier vice-roi. Elleest située par les 10 deg. 25 min. 48 Sc demi secondesde latit. septentrionale, Sc par le 282 deg. 28 minutesZ6 secondes de longitude à l’oecident de Paris.

La baye avec le pays qui l’environne fut découverteen 1502 , par Rodrigo de las Bastidas. Les Indiensqu’il falloít en chasser étoient très - belliqueux. Ainsice ne- fut qu’après bien des combats & bien des annéesqu’on vint à bout de s’établir fur la côte, & Dom Pe-dro de Hérédia eut la gloire d’y fonder eq 1533 la villede Carthagene. Sa situation avantageuse la rendit consi-dérable de plus en plus, Sc excita la jalousie des nationsétrangères.

. La ville est bien bâtie, bien percée, les rues íbnjttirées au cordeau, Sc d’une largeur proportionnée à lalongueur : elles font toutes pavées. Les maisons qui fontde pierre , hors quelques-unes de brique , auroient uneplus belle apparence , si l’humidité » Sc les vents de merne les noircissoient pas. Les églises font grandes Scd’une belle architecture auffi bien que les massons ’ descommunautés. Ces églises ne font pas autant ornéesqu’il conviendroit à la beauté de ces édifices. La villen’est pas opulente, non seulement parce qu’elle a étésouvent pillée & rançonnée, mais parce que tout Lar-geur qui y vient de Santaflfé Sc de Quito pour la payedes troupes & de tous les officiers'tant civils que mili-taires, n’y circule pas long-tems, & qu’il n’y a aucunemine dans le voisinage d’où l’on en tire.

II y a des blancs de deux espèces , des Européens,Sc des Créoles. Les premiers sont en petit nombre ,parce que les uns retournent en europe quand ils fontdevenus assez riches, 8 c les autres passent en d’autresroyaumes de l’Amérique espagnole. Ces blancs sont ap-pellés chapetons. Les Créoles font nés dans le pays.Ceux qui viennent des Blancs Sc des Négresses, Rappel-lent Mulâtres. Lés Tercerones naissent des MulâtressesSc des Blancs. II y a encore des Quarterones Sc desQuinterones; c’est àsi qu’on distingue les différens

degrés de couleurs.

Au midi de Carthagene, est un lac ou port qui a en-viron quinze mille Anglois de longueur, quoiqu’il nesoit rempli que des eaux de la mer, il en est pourtantséparé par la ville de Carthagene, par l’ifle Nave Sc parcelle de Carex , qui continuent le rivage maritime.L’ifle Nave est presque coupée en deux par un petitgolfe, dont l’embouchure est dans le lac, & les deuxparties de cette ifle ne sont jointes que par un isthmed’environ .trois cens pas de large. Cette ifle avance parune longue pointe jusqu’auprès des murs de la ville; àl’autre extrémité est un fort qui défend un détroit par oùl’on entre dans le lac. Cette entrée qui en est la princFpale est nommée Bocca Chica 1 , & le fort en porte sonom, elle est entre l’ifle Nave Sc celle de Carex. Cetteifle n’est séparée du continent que par un canal étroit»Sc est fort petite en comparaison de l’ifle Nave. Dep alSCarthagene jusqu’à l’isthme, le mouillage qui n’étoitque de quatre brasses , va en augmentant jusqu’à vi«g £brasses , delà jusqu’à l’ouest de l’ifle Nave, il augwents