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CÈFALOGNA ou
CEFALCNIE, Céphalonie, iíle de Grece ,dansla mer Ionienne. Spon avoir dit dans son voyage deGrece, t. i.p. 77. qu’eile est deux fois plus grande queCorfou; elle a, dit-il, cent quarante milles de tour, &i’autre n’en a pas plus de soixante-dix ; mais Wheler,son camarade de voyage, l’accuse d’erreur, Sc le releveainsi : avant que d'en parler plus amplement ( de Cé-phalonie ) il faut que Spon me permette de releverquelques erreurs qu’il a commises en parlant de Cor-fyu, Sc en la comparant avec Céphalonie ; car il ditqu*elle efl deux fois plus grande que Fi/le de Corfou >ayant environ joixante~dix lieues de tour, & F autren'en ayant pas plus de trente-cinq. Cependant le comteMarmer montre que Pline assure que Corfou avoir qua-rante-quatre lieues de long, en y comprenant Fille dePaxo, comme il le suppose, qui est à présent éloignéede cinq lieues de Corfou - ensorte qu’elle a présente-ment environ trente-cinq lieues de long Sc vingt de lar-ge au nord-ouest; d’où il conclud qu’elle a environ qua-tre-vingt lieues de tour. Mais si on compte la distancepar l’échelle de la carte qu’il a ajouté à son livre, ontrouvera qu’elle a quarante lieues de long , 8c qu’il yen a cinq de-la à Paxo, cet écueil faisant peut-être lesquatre autres lieues dont il parle. Quoiqu’il en soit,poursuit Wheler, je crois que Céphalonie est uneiíle plus grande; car quoiqu’elle ne soit pas beaucoupplus longue que Corfou, elle est plus large. Ces deuxauteurs s’accordent pour ce qui fuit. Elle est fertile enhuile, en vins rouges, en muscats excellons 8c en raisinsde la nature de ceux que nous nommons raisins de Co-rinthe, de quoi elle tire beaucoup d’argent. Le lieu ouest la forteresse Sc la résidence du provideteur s’appelleArgostoli. II y a un grand port fermé de tous côtés ;mais les ancres n’y tiennent pas bien. Aux bouches dede ce port il y a un grand vidage appellé Luxuri, oudemeurent plusieurs riches marchands de Corinthe. Aulevant il y a ûn autre port nommé Pescarda , qui n’estbon que pour, les petits bâtiments. On y volt les rui-nes d’un bourg, Sc il n’y reste maintenant qu’une égliseavec quelques caloyers. Cette ville est habitée parles Grecs , 8c fous le gouvernement des Vénitiens.Robert, dans son voyage du Levant, page 274 > ditstue cette iíle a une très bonne rade à Luxuri , qu’ilnomme Lukesuri. Onvoit, dit-il, à l’enttée une pe-îlke iíle nommée Guardian , avec une grande maisonbâtie dessus, Sc l’on y peut mouiller à 12, 16, 18 Sc 25brasses d’eau fur un fond vaseux. * Voyage , 1 . 1. p. 59Sc suiv,
Gfíphalonie a un évêque suffragant de l’archevêquede Corfou; mais uni à Févêché de Zante. Selon Bau-drand , s on circuit est de cent vingt milles, quoiqued’autr&sJe mettent de cent trente, en comprenant tousles détours de ces petits golfes. Elle est divisée en dix-îieuf parties, que l’on nomme les Pertinences > quel-ques-uns les réduisent à sept. II y a plusieurs montagnes,fans aucune plaine spacieuse. Selon le même auteur,elle a deux lieux considérables, savoir, la petite villede Céphalonie , sur une montagne près du port d’Ar-gostoii, Sc la forteresse d’Asso, près du port de Vis-cardo, fur une montagne escarpée, Sc plusieurs villages.
Cette iíle est fort fertile; l’on en transporte beaucoupde raisins secs. Son climat est fort chaud; l’on voitpen-dant tout Fhiver des fleurs aux arbres ; elle est au pou-voir de la république de Venise depuis Fan 1449 > &gouvernée par un provéditeur 8c deux conseillers - ; laForteresse d’Asto , qui y est, est fort bonne. Pline lauomme Melene , les Grecs la nommoient Ceffo Sc Chie-fali ; quelques autres la nommoient Same 8c Dulíchio.Elle est entre le 57 ^ le z8° dégré de latitude nord, Scau 46° dégré de longitude.
L’iíle de Théachí ou Tiald en dépend, d’où vientqu’on l’appdie quelquefois la petite Céphalonie.
i. CEFALU ou CEPALEOi , ville de Sicile dans laprovince de Démone, íur la cote septentrionale de l’iíle,avec un eveché suffragant de Mesîìne. Elle est assez peu-plée, quoique de peu de circuit, avec un château Sc unport qui peut tenir plusieurs vaisseaux. Elle s’avancedans la mer de T oscar.e en forme de cap, 8c est à trente-deux milles de Païenne au levant vers Messine, dontelle est éloignée de quatre-vingt-quatre milles. * Bau-
drand, éd. 1705.
2. CEFALTJ (Cap), p. 120, col. 2.
CEFISSE. Voyez. Cephise.
CEFRLM. Voyez. Cephro.
CEGA, petite riviere d’Espagne au royaume deLéon; elle reçoit le Rio-Piron, 8c se rend dans leDuero , entre Viana 8c Puente de Duero. * Baudrand aéd. 1705.
CEGLIE, Celia , bourg du royaume de Naplesdans la terre de Barri , au sud - est de Barri. Voyez.Celia 3.
CEICA, abbaye d’hommes , ordre de Cíteaux , enPortugal, dans la province de Beira, au diocèse deCoimnre.
CEICE , village de Portugal dans l’Estramadure, en-tre Tomar 8ç Leira : quelques géographes le prennentpour l’ancíenne ville Selium.
CEILA , ville de la Palestine dans la tribu de Juda,Jonié , c. 15,#. 44. Etisebe le met à dix - sept millesd’Eleutheropolis du côté d’Hébron. S. Jérôme ne la metqu’à huit miiíes d’Hébron. On dit qu’on y montroit letombeau du Prophète Abacuc, Sozomen, hist. 1 . 8, c. 19.D. Calmet , Dict.
CEILAN , Zeylan , Ceïlon , ou Zeì'lon , iílesituée fur la côte de F Inde. Les Grecs Sc les Romains ,comme Pline , Ptolomée, Strabon, Mêla, Scc., Font con-nue fous le nom de Taprobane ,8c presque tous la pla-cent près du cap Coli, qui ne peut être que le cap Co-morin. Ils l’appellent la mere des Eléphans, 8c Strabondit qu’elle porte beaucoup de canelle. Les auteurs di»moyen âge, tels.qu’Ammien, Marcellin, Cosmas le so-litaire, Sc généralement tous les Orientaux la nommentSerendib : ils ont corrompu le nom de Ceylan enCeylandib , 8c de ce dernier ont fait Serendib.
On croit communément qu’Alexandre le grand est lepremier qui ait fait connoître cette iíle aux Européens ;étant arrivé vers l’embouchure del’Inde, il voulut sça-voir s’il n’y avoit point d’autre monde, 8c envoya à ladécouverte N earque 8c Onesicrite avec lui ; ils écrivi-rent un journal qui n’est pas venu jusqu’à nous. Diodorede Sicile est le plus ancien des écrivains dont on aitconservé ce qu’il a dit du Ceïlan; il lui donne cinq millestales de circuit, ce qui fait un peu plus de deux centslieues, ce qui est assez conforme à ce qu’en disent les re-lations. Strabon la fait plus grande que F Angleterre :Mêla l’appelle un nouveau monde : Pline dit qu’elle adix mille stades de longueur, Sc Ptolomée ne lui donneque neuf cents mille pas. On peut juger de là que lesGrecs 8c les Romains n’ont eu qu’une connoissance trèsimparfaite de cette iíle.
Les Chinois eurent connoissance de ce pays vers le com-mencement du quatrième siécle; mais avant ce tems ilsn’avoient aucune connoiflance de ceux qui l’habitoientils prétendent que les premiers habitans étoient desesprits qui trafiquoient avec les marchands fans être vus.Dans la fuite plusieurs Chinois s’y établirent , Sc leroi de Ceïla envoya des ambassadeurs en 405 de J. C.à Gan-Hoam-Li, qui régnoit à la Chine , avec unestatue du dieu Fo, ornée de diamans. La capitale duCeïlan se nommoit Tou-po-tcheou. Cosmos indico-pleustes, ou le solitaire, qui voyageoit aux Indes versle milieu du sixième siécle, dit qu’il arrivoit un grandnombre de vaisseaux au Ceïlan, Sc qu’il y avoit beau-coup de chrétiens. * Hifi. gén. des Huns , p. 39,45 »Sc 49.
Les cartes de MM. Sanson, Sc les nouvelles obser-vations de l’académie des sciences, font assez d’accordfur la latitude de Ceïlan ; mais ils diffèrent beaucouppour la longitude. Selon les nouvelles découvertes as-tronomiques , dont de l’Iste a fait usage le premier»Fille de Ceïlan s’étend depuis le sixième d. de latíc.septent. jusqu’au dixieme. On prend sa longueur depuisla pagode de Galle jusqu’à la pointe da>s Pedras , dis-tante de quatre-vingt lieues de France, à vingt au dégré-C’est une erreur dans les anciennes cartes de la plainsau 117 e dégré 8c au 120 e de longitude, quand elle n’Hqu’entre les 97 dég. 25 min. Sc le ioo e dégré.^ Sa la 1 "geur, la plus étendue d’est en ouest, est de cinquaa telieues de Columbo à la pagode de Trincoly. Elle a P lUde deux cens lieues de tour : elle est à près de quara 11 *®lieues à l’est du cap Comorin, qui forme la pointe me-.