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Tome second. C - F.
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cipaie cérémonie du mariage. L’homme porte ou envoieà ia fille ses habits de noces, qui consistent en une piécede toile Sc une camisole brodée de bleu & de rouge. S’ilest si pauvre qu’il ne puisse acheter la piéce de toile, ilen emprunte une, Sc s’il la porte lui-même, il coucheavec la fille cette nuit-là. Enluite ils marquent un jourpour la venir prendre 8c pour la mener chez lui; Sc c’est-ìà le jour du mariage. Lorsque ce jour est venu, le fiancéaccompagné de ses amis va chez ía fiancée, ce qui ne sefait jamais que le soir. II porte des provisions Sc des con-fitures selon son pouvoir. Jamais ils ne font plus de deuxrepas. Le souper est le premier, 8c alors les nouveauxmariés mangent dans un même plat, pour marquer qu’ilsfont de pareille qualité. Ils se lient quelquefois les pou-ces ensemble, & ensuite ils se.vont coucher. Le lende-main après le dîner ,1e marié conduit íà femme chez lui.II y a parmi eux une autre cérémonie de mariage.L’homme tient un bout du linge de la femme, Sc le metautour de ses reins. La femme tient l’autre , Sc alors onleur verse de l’ëau sur la tête qui leur mouille tout lecorps, ce qui étant fait, ils font mariés, 8c demeurentensemble aussi long-tems qu’ils s’accordent. Lapremierenuit des noces est pour le mari ; la seconde pour le freredu mari, 8c s’il y a un troisième ou un quatrième frere»júsqu’au septième, chacun a sa nuit ; mais le septième 8cceux qui sont après, s’il y en a plus de six, ne jouissentpoint du même droit. Les premiers jours passés, le marin’a pas plus de privilège que ses freres. Quand la femmeest feule, il peut là prendre ; mais si l’un des freres estavec elle, il ne peut entrer; Ainsi une feule femme suffitpour une famille entierè. Les freres, entre qui tout estcommun, apportent à la maison ce qu’ils gagnent. Lesenfans ne font pas moins aux freres qu’au mari, auffi l esappellent-ils tous leurs peres. Comme le mari & la femmeont la liberté de se quitter 8c de se marier ensuite à qui illeur plaît , les Chingulais ne font pas fort difficiles furles conditions du mariage. Ils prennent seulement gardeque les mariés soient de même rang. L’homme néanmoinspeut prendre une femme d’une condition un peu inférieureà la sienne ; ce qui n’est jamais permis à la femme. Ils fontsi attachés à leur qualité qu’ils ne prennent jamais rienchez les gens au-dessous deux. L’entêternent du rang vaplus loin. Un homme du commun n’a pas permission defraper à la porte d’un autre qui est d’une condition su-périeure à la sienne. S’il a besoin d’une chose qui soit dansla maison de ce noble, il faut qu’il appelle de la rue, 8c onlui envoie ce qu’il demande. Les femmes ne font pas fortscrupuleuses fur l’amour , 8c les maris ne se mettent pasen peine de découvrir leurs infidélités ; mais si quel-qu’une avoit commerce avec un homme qui seroit d’unmoindre rang, on la puniroit de mort. Sonpere, ses fre-res Sc tous ses parens se déclarent ses parties, 8c croientqu’ils ne peuvent autrement réparer l’affront qu’elle faità fa famille.

Leurs maisons font petites, balles, couvertes de paille,Sc bâties avec des perches fur lesquelles ils étendent del’argille. On ne leur permet point de construire plus d’unétage en haut, de les couvrir de tuiles, ni d’en blanchirles murailles avec de la chaux ; mais ils ont une forted’argstle qui est aussi blanche, 8c s’en servent quelque-fois. Chacun bâtit fa maison sans employer un seul clou.Tout ce qui devroit être cloué, est lié avec des liens quicroissent en abondance dans leurs forêts. Comme le paysest chaud , la plupart ne se soucient pas de plâtrer leursmurailles , se contentant de branches & de feuilles d’ar-bres. Il n’y a point de cheminées dans ces maisons , quin’ontqu’une chambre pour la plupart. Ils font le feu dansle coin. Les grands seigneurs ont d’ordinaire deux bâti—mens opposés l’un a l’autre , 8c joints par une muraille,cela fait une cour carrée au milieu. Ils ont autour deleurs maisons, contre la muraille des bancs pour s’affeoir,Sc ils les frotent de fiente de vache pardessus pour lesrendre unis, §c les conserver contre la pluie. Leurs es-claves demèurerìt autour d’eux avec leurs femmes 8c leursenfans, dans des maiíons particulières. Quelques pots deterre , qui pendent à des cannes au milieu de la maison,un ou deux bassins de cuivre dans lesquels ils mangent,8c un siégé ou deux fans dos, font tout leur ameublement.Il n’y a que le roi seul qui puisse s’asseoir fur une chaiseà dos. Ils ont quelques paniers pour mettre du grain,quelques pilons d’ébéne longs de quatre pieds»pour bat-

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tre le riz, un mortier de bois pour l’y piler, une rapoirepour râper leurs noix de coco, une pierre plate pourécraser leur poivre, 8c enfin des haches, des hallebardes,des pelles, des bêches Sc autres outils de cette nature. Ilsmangent à terre, Sc font un fort bon repas avec quelquesfeuilles vertes, un jus de citron, du poivre 8c du sel. Laviande 8c le poisson sont assez rares parmi eux , 8c ils ai-ment mieux vendre le peu qu’ils en ont que de le man-ger. Leur principale nourriture est de riz. Us le mettentdans des plats de porcelaine ou de cuivre. Ceux quin’enont point se servent de feuilles. Les autres sortes de vian-des qu’ils mangent avec leur riz, font gardées dans le potoù ils l’apprêtent, 8c leurs femmes les donnent quand ils lesdemandent. Elles font obligées de les servir pendant leursrepas , Sc mangent leurs restes. L’eau est leur boisson or-dinaire. Us ne touchent point le pot de leur bouche quandils veulent boire ; mais ils y versent la boisson en tenantle vase à quelque distance. C’est toujours avant leur dînerqu’ils boivent le Rocl afin qu’il opère davantage. LeRock, est une espèce d’eau-de-vie. Ils parlent peu pen-dant leurs repas, 8c se lavent toujours les mains 8c labouche après. Ils se verienteux-mêmes l’eau d’une main,pendant qu’ils se lavent de l’autre, 8c ce seroit leur fai-re un affront, que de leur en verser sur les mains. Leurmaniéré de se saluer quand ils se rencontrent, c’est delever les mains en haut, & de se courber le corps. Leplus considérable ne leve qu’une main pour ceux qui luifont inférieurs; Sc s’ils font beaucoup au-dessous de lui,il ne fait que remuer la tête. Les femmes se saluent entouchant le front de i’une Sc de l’autre main. Quand unemaiíon n’a qu’une chambre, ce qui est fort ordinaire ,les hommes couchent à un bout Sc les femmes à l’autre.Us ont des châlits, mais fans chevet ni rideaux, Sc ne lesoucient pas même d’en avoir plus d’un, qui est pour lemaître de la maison. II y a sur ce châlit un chevet de pailleavec des nattes. C’est fur des nattes que les femmes 8cles enfans couchent, mais à terre, 8c ayant toujours dufeu à leurs pieds. La femme prend un morceau de boispour lui servir de chevet, les enfans s’en passent.Usn’ontpour couvertures que les habits qu’ils portent le jour. Síune maison n’a qu’une chambre , les enfans un peu âgésvont coucher chez leurs voisins , & les parens ne fontpoint fâchés que de jeunes hommes couchent avec leursfilles, pourvu qu’il n’y ait point inégalité de condition.Ces filles font si éloignées de s’en faire une honte, qu’el-les se vantent à leurs compagnes d’avoir tels 8c tels quiles aident dans tous leurs ouvrages qu’elles ont à faire ;car alors elles ont droit de commander à ceux qui ontcommerce avec elles.

U y a parmi le peuple divers dégrés ou rangs qu’ilstirent de leurs familles 8c de leur naissance, Sc non pasde leurs richesses ou des charges que le roi leur donne.Les marques de qualité, font de porter des pourpoints,ou d’aller le dos nud ou découvert; d’avoir des camiso-les plus ou moins longues, au-dessus ou au-dessous desgenoux; de s’asseoir fur des sièges, fur un bloc, ou futdes nattes étendues à terre. Les nobles, qu’ils nommentffondrews , font distingués des autres par leurs noms »Sc parla maniéré dont ils portent leurs habits ; íes hom-mes jusqu’à mi-jambe , Sc les femmes jusqu’aux talons.Celles-ci font passer un bout de leurs camisoles fur leurépaule , 8c ce hou t descend négligemment fur leur gorge -Sc les autres femmes vont nues depuis la tête jusqu’à laceinture , Scieurs jupes ne passent pas leurs genoux, sicsn’est qu’il fasse grand froid ; en ce cas les hommes Sc 1 eSfemmes se couvrent le dos , Sc s’excuíènt fur le grandfroid, s’ils rencontrent des Hondrews. Us se distinguesaussi par leurs bonnets, qui font faits comme des mitres »ayant deux oreilles au-dessus de la tête. Les nobles U sportent tout d’une couleur, blancs ou bleus. Ceuxmoindre naissance portent le bonnet d’une couleur, #les oreilles toujours rouges. Tous les Chrétiens blancsou noirs font estimés égaux aux Hondrews. 11 y a ent^les nobles un honneur que donne le roi ; mais qui s*'teint avec la personne. C’est un morceau d’étoffe de sd e ^ou un ruban bordé d’or ou d’argent, qu’il leur met aU"tour de la tête, en leur dónnanr le titre de MundíaV a '

Les orfèvres, les peintres , les maréchaux ou taiH 31 ^diers, Scies charpentiers font tous d’un même rang’vont après les Hondrews, qui cependant ne veulent pmanger avec eux, quoiqu’il n’y ait pas beaucoup 0