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Tome second. C - F.
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8'ils veulent se marier, ils renoncent à leur ordre. Ilsti’ostt pour cela qu’à jetter leur casaque jaune dans la ri-vière , fe laver la tête 8c tout le corps , Sc ils font alorssomme les autres hommes laïques.

Les prêtres d u second ordre sont nommés Koppuhs,Sc appartiennent aux temples des autres dieux, que l'onappelle Dewals. Us ne portent point d’habits qui lesdistinguent du reste du peuple, non pas même dans letemps qu'ils officient. On les prend ordinairement parmiles HondreWs. Ils labourent la terre, 8c vaquent à leursaffaires comme les autres » excepté quand ils doivent of-ficier, ce qui arrive tous les matins 8c tous les soirs,selon que le revenu du temple, dont ils sont les prêtres ,le peut supporter. Tout ce service consiste à présenter àl’idole le riz bouilli & les vivres que les autres mettentà la porte de leur temple. Après que ces provisions yont demeuré quelque tems , le prêtre les rapporte , 8calors les tambours , les joueurs de flûtes , Sc les autresministres du temple les mangent. On ne sacrifie jamaisde chair à ces dieux. Les Jaddefes » £>u les prêtres desísprits, qu’ils appellent Dayautans , font le troisièmeordre des prêtres. Leurs temples , appellés Cauwels ,font moindres que les autres , 8c n’ont point de revenu.Un homme dévot bâtit une maison à ses dépens , 8c en.est le prêtre. II faït peindre fur les murailles des halle-bardes » des épées , des flèches , des boucliers Sc desimages. Rarement on appelle ces maisons des maisons*}e dieu , on les nomme plus ordinairement Jacco » oujnaisons du diable. Lorsqu’il y arrive quelque grandefête , le Jaddese sè raie toute la barbe. II y a neuf divi-nités , qu’iis appellent Gerehah. Ce font les planettesd’où vient leur bonheur ou leur malheur. Pour les ado-rer ils font des images d’argille , les peignent de diffé-rentes couleurs , 8c leur donnent les formes les plusmonstrueuses. Ils font les unes avec de longs crochets,comme un sanglier, les autres avec des cornes ; ils enfont auflì quelquefois de la figure d'un homme. Lorsquequelqu’un est malade » ils mettent à manger devant lesidoles, 8c le malade est prosterné à leurs pieds.

Iìs célèbrent tous les ans une grande fête au mois deJuin ou de Juillet, dans la nouvelle lune, pour implorerle secours des dieux, par qui la terre est gouvernée ; ilsRappellent Perahars, 8c ne font pas obligés d’aller dans, le même temple. Les uns vont d’un côté, les autres del’autre. La plus grande cérémonie se fait dans la ville deCandi, 8ç on l’obferve dans le même-tems en plusieursautres villes 8c bourgs du pays. Le prêtre apporte unbâton peint, autour duquel on attache des fleurs qui íbntcomme enfilées dans des cordons de foie. Le peuple semet.à genoux devant ce bâton Sc l’adore, chacun luiprésentant une offrande. Ces présens faits, le prêtre metle bâton fur son épaule, 8c a un linge sur sa bouche, decrainte que son haleine ne souille le précieux morceaude bois. Il monte fur un éléphant tout couvert d’un lingeblanc, 8c va ainsi par toute la ville avec beaucoup demagnificence. Devant lui marchent environ cinquanteêlépbans, ayant des deux côtés des clochettes de cuivre ,qui font un grand bruit. Des hommes vêtus en géans »suivent en dansant, selon l’ancienne tradition , qu’il yavoit autrefois de grands hommes, qui pouvoient porterde très lourds fardeaux 8c arracher des arbres. Quantitéde tambours, de trompettes 8c de hautbois qui viennentensuite, précédent une troupe de gens qui dansent, 8caprès lesquels nous voyons marcher des femmes , desmétiers nécessaires au service des pagodes , comme despotiers 8c des lavandiers. Chaque métier va ensembletrois à trois, en se tenant par la main, 8c entre chaquecompagnie il y a des tambours, des haut-bois Sc desdanseurs. Apres eux vient un éléphant qui porte dettxprêtres, dont l’un est celui q u j rient le bâton, qui re-présente le créateur du ciel 8c de la terre ; l’autre estderriere lui tenant quelque chose de rond sur sa tête pourle garentir du soleil Sc de la pluie. II y a à ses deux côtés ,& un peu derriere lui, deux éléphans , fur chacun des-quels font deux autres prêtres. Ceux qui font devantreprésentent des autres dieux, Sc les deux qui font der-rière portent des parasols comme 1 autre. Les cuisinierssuivent ces dieux avec des éventails pour chafler lesmouches. On volt ensuite venir une infinité de damesdes plus qualifiées du pays , avec leurs parures les plusriches. On a foin de nettoyer 8c d'orner les rues de

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branches d’arbreg » àusquelles pendent des bandefòîîes8c de la verdure » avec des lampes qui brûlent le jour8c la nuit de chaque côté des rues. Les commandans »que le roi envoie pour faire que tout se pafle avec or-dre , ferment la marche avec leurs soldats. Ils font le tourde la ville de cette maniéré une fois le jour, 8c une au-tre fois de nuit ; 8c cette fête dure depuis la nouvellejusques à la pleine lune. Pendant tout ce tems on ne batle tambour à aucun des sacrifices des particuliers. Ils fontau mois de Novembre une autre fête appellée CavstaPoyah , 8c ils la commencent la nuit de la pleine lune.Elie consiste à mettre des lampes autour des pagodes,aux portes desquelles, auflì bien qu’à celles du palaisdu roi, ils plantent les plus hauts mays qu’ils ont putrouver dans les forêts, Sc fur ces mays ils mettent avecbeaucoup d’art des lampes l’une fur l’autre » par rangéesjufqu’au sommet. Tout le pays contribue à fournir d©l’huile pour entretenir ces lampes , Sc cette fête ne durequ une feule nuit. Quant au dieu des âmes , appelléBuddou, pour le représenter à leurs yeux , ils font depetites images d’argent, de cuivre » d’argile 8c de pierre »qu ils adorent, Sc ausquelles ils offrent des sacrifices »avec des marques de la plus profonde vénération. Ilsélèvent ces images où il y a des rochers Sc des cavernes,& les plus dévots les vont adorer, leur portant des vi-vres à la nouvelle Sc à la pleine lune. La plus grande fêt©du dieu Buddou est au mois de Mars » lorsqu’ils renou-vellent l’année. II y a deux endroits où Ìl est principa-lement adoré , fur une montagne 8c fur un arbre. Ils vontà l’un ou à l’autre en ce tems avec leurs femmes & leursenfans. La montagne est du côté du midi, 8c est appelléepar ceux du pays HammaAella , 8c par les chrétiens lapointe d’Adam. C’est la plus haute de Fille. L’arbre estdu côté du nord à Annavodyburro. Ils disent qu’il s’esttransporté en cet endroit de l’aùtre côté, Sc qu’il s’yest planté comme on le volt aujourd’hui. C’est présen-tement un lieu de grande dévotion ; parce qu’ils préten-dent que quand le Buddou étoit fur la terre, il avoitcoutume de s’affeoir dessous. Auflì le tiennent-ils poufsacré. C’est-là qu’ils s’aslemblent pour prier Sc frire deSsacrifices. Ils bâtissent des tentes tout à l’entour, les uilesne font faites que de feuilles ; mais il y en a qui fontconstruites avec du bois, de l’argille , & de la chaux, 8cqui durent des années. Ces bâtimens font partagés estpetits appárteméns pour chaque famille particulière.Toute la ville fe joint, 8c chacun se bâtit une maison jde forte que tout le bâtiment est rond comme un cercle.II n’y a qu'une ouverture pour aller à l’arbre saint , 8Con éleve une espece de portail fur cette ouverture. Lesfemmes fe trouvent à ces cérémonies avec leurs pluSbeaux habits , Sc se divertissent à voir les danseurs 8c leSbateleurs faire leurs tours. Elles ne fe font jamais quela nuit, 8c en durent trois ou quatre , jufqu’à la pleinelune , qui est le temps où elles finissent.

Les Chingulais croient une résurrection des corps »l’immortalité de Famé, Sc un état après cette vie. Ilsfont persuadés que leurs dieux font les esprits de certainshommes qui ont autrefois vécu fur la terre, 8c tiennentque ceux qui ont été honnêtes gens en ce monde , quoi-que pauvres 8c d’une basse naissance, seront élévés estl’autre vie , 8c que les méchans y feront changés estbêtes. II y a dans ce pays une araignée qui fait un œufde la largeur d’une piece de quatre fols. Elle le portefous son ventre » qui est plus gros que son corps. Cetœuf est plein de petites araignées qui mangent la vieillià mesure qu’elles croisent. Les,Chingulais disent que se senfans désobéissans deviendront des araignées en l’autremonde , Sc seront mangés par leurs petits. Le îabourag eest leur principale occupation, 8c les plus grands s’y af*pliquent, parce qu’il n’y a point parmi eux de honteaux gens les plus distingués de travailler, soit dans leur?maisons, soit sur leurs terres , pourvu que ce ne soit N*pour de F argent, ni pour autrui. Un gentilhomme pej^faire tout; mais il ne peut rien porter, 8c il faut quloue un homme pour cela, le métier de porteur étai 1tenu pour le plus abject de tous. II n’y a point de ïst® s *chés dans toute l’iíle ; mais quelques boutiques dans I evilles , oùl’on vend de la toile, du riz, du sel, du tab_ aC ’de la chair, des drogues, des fruits, des épées, de Fa cier îdu cuivre 8c autres choses de cette nature. Ils n’o nt nmédecins de profession, ni chirurgiens ; parce qst’^ s °£ s