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ïbeaucoup en de certaines contrées, en d’autres fort peu,Sc point du tout ailleurs. II est d’une hauteur raisonnable ;la canelle que nous avons est son ecorce j elle paroît blan-che étant fur l’arbre ; on l’enleve Sc on la fait fecher ausoleil ; ils la prennent seulement sur les petits arbres,quoique l’écorce des plus grands ait une odeur auffi dou-ce , Sc que le goût en soit auffi fort que des autres. LesRattans croissent par tout en abondance dans cette iíle,& s’étendent sur terre ou montent le long des arbres àla hauteur de vingt brasses ; ils font couverts d’une écorcequi les défend des injures de l’air, tandis qu’ils font ten-dres 8c si hérissés d’épines qu’on n’oferoit les toucher; àmesure que l’arbre croît, l’écorce mûrit 8c tombe ensuite ;cet arbrisseau porte un fruit fait comme une grappe deraisin 8c de la même grosseur ; la peau est semblable à cel-le d’une groseille, belle, molle, jaunâtre 8c écaillée com-me le corps d’un poisson; le fruit est de couleur blanchâ-tre, 8c a un noyau autour duquel il y a de quoi manger ;les habitans en font un bouillon aigret dont ils étanchentleur soif. Ils ont quantité de fleurs, mais sauvages, puis-qu’íls n’en plantent jamais. II y a des roses blanches Scrouges, 8c qui ont l’odeur des nôtres ; ils ont plusieursautres fortes de fleurs odoriférentes, que les jeunes gensmettent dans leurs cheveux pour les parfumer. Ils lientleurs cheveux tout ensemble par derriere, 8c y enfermentces fleurs ; ils en ont une qu’ils appellent Sindrie-Mal íelle s’ouvre fur les quatre heures après midi, 8c demeureépanouie 8c ouverte toute la nuit ; le matin elle se re-ferme. Quelques-uns d’eux la transportent des forêtsdans leurs jardins, pour leur servir d’horloge quand ilfait obscur , Sc qu’ils ne sçauroient voir le soleil. Ontrouve en ce pays-là une autre fleur blanche d’unetrès-bonne odeur qu’ils appellent Picha-Mauls ; elle res-semble au jasmin, 8c tous les matins on en apporte au .roiun bouquet envelopé dans un linge blanc, 8c qui pend aun bâton porté par des gens qui font gagés pour cela.Tous ceux qui portent ces fleurs obligent ceux qu’ilsrencontrent de se détourner, ce qu’on est aussi obligé defaire à l’égard de tout ce qu’on voit porter au roi, enve-lopé dans du linge blanc. Ces officiers tiennent des terresexprès pour cela, 8c leur charge les engage à planter cesfleurs, ce qu’ils font ordinairement auprès des rivières,où elles viennent beaucoup mieux qu’ailleurs ; ils ont lepouvoir de les planter en quelque lieu que ce soit, sanséxaminer à qui la terre appartient, après quoi ils envi-ronnent la place d’une haie ou d’un fossé, afin qu’elle neserve qu’à la production de leurs fleurs. Cette terre estgardée plusieurs années , jusqu’à ce qu’elles n’y puissentplus croître , 8c alors le propriétaire reprend fa terre *Knox, Relat. de Ceïlan, 1. 1 .
Les Chingulais ont des vaches , des bufles , des co-chons , des chèvres, des daims, des lièvres, des chiens,des jacols, des singes, des tigres, des ours, des éléphants,des ânes 8c des chevaux » mais ils n’ont point de bre-bis. Les éléphants de Ceïlan font plus estimés que ceuxd’aucun autre lieu des Indes. Outre des corbeaux , deshochequeues , des ramiers 8c des beccaffines semblablesaux nôtres 8c un grand nombre de paons, ils ont quantitéde jolis oiseaux de la grosseur d’un moineau , mais qui nefont propres a rien. II y en a qui font blancs comme laneige, q UI ont la queue longue d’un pied, 8c la tête noirecomme du jais, fur laquelle paroit une touffe droite tellequ’un bouquet de plumes; il y en a d’autres de la mêmeespèce » 8c q ul ne différent qu’en couleur; elle est rougeâ-tre comme une orange mûre, 8c ils portent fur la tête desplumes noires toutes droites. Le Carlo qui est auffi grosqu’u n cigne, fe perche toujours fur les plus hauts arbres,fans se poser jamais a terre; fl est noir, a les jambes cour-tes, la tête d’une grosseur prodigieuse , le bec rond , 8cqui a du blanc des deux cotes de la tête, comme si c’é-toient des oreilles. Us fe tiennent ordinairement cinq ousix ensemble , 8c ne font que sauter de branche en bran-che , faisant presque toujours, un grand bruit semblableau cri des canards, dont ils n ont pas un grand nombre.Toutes les petites rivières Scieurs ruisseaux font pleinsde petits poissons , q ue les enfans prennent pour mangeravec leur, riz , ne leur laissant point le tems de croître.Ils ont un serpent nommé Pimberah , dont le corps estauffi gros que celui d’un homme , 8c qui est long à propor-tion; comme il ne va pas fortvîte, il fe sert de ruse pourprendre des bêtes fauves ou du bétail qul est fa proie or-
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dînaíre ; il fe tient caché dans les sentiers par où le s daimsont coutume de passer, 8c il les arrête par le moyen d’uneespèce de cheville ou de clou qu’il a à la queue 8c dontil les frappe. II avale un chevreuil entier avec ses cornes »qui lui percent quelquefois le ventre 8c le tuent. Entreplusieurs autres espèces deferpens plus vénímeux les unsque les autres , il y en a un long de deux palmes, d’unecouleur brune, sur-tout sous le ventre; sitôt qu’on en estmordu , on tombe dans un sommeil très-profond , 8c sil’on n’est promptement secouru on meurt en six heures.Un autre rend les hommes furieux en les mordant, Sc famorsure les fait mourir en vingt-quatre heures. On entrouve un autre dont le venin est si violent, que, si quel-qu’un est piqué, le sang lui fort aussitôt par tous les poresfans qu’il y ait de remède. II y en a encore un autre d’unecouleur brune , long de trois palmes , 8c qui n’a que lagrosseur d’une corde de violon. II fe perche fur un arbre »8c s’il voit passer un bœuf, un cerf, un sanglier ou un élé-phant, il se lance sur cet animal dont la chair tombe parmorceaux de la grosseur du serpent en quelque endroitqu’il l’ait attaqué; l’anímaldemeure immobile sur la pla-ce , le venin agissant toujours intérieurement fans qu’ilparoisse rien au dehors ; ce serpent est assez rare. Quel-ques curieux ayant ouvert des animaux qu’il avoit tués »leur ont trouvé toute la chair hachée Sc pourrie, quoiquela peau fût entiere. II y en a un autre également gros 8clong 8c d’un beau verd » que l’on dit tirer les yeux deceux qu’il attaque. L’enfìemi mortel des serpens est unpetit animal appelle Mangus qu’ils ont dans leur iíle; ilest gros comme un furet, 8c, dès qu’il eh sent quelqu’un,il nefe donne point de repos qu’il ne l’ait tué. Si le Man-gus & piqué, il a recours à une certaine herbe qu’il man-ge aussitôt, 8c qui est pour lui un contre-poison sûr. Quoi-que ces Mangus soient très-méchans , 8c qu’ils n’épar-gent ni les poules ni les coqs-d’inde, on prend foin d'enélever, à cause des serpens qui font très-communs en cepays-là ; on y est auffi fort incommodé des singes ; il yen a qui ne vont que par troupes , qui remplissent leurventre Scieurs mains de grains, 8c qui en emportent au-tant qu’ils peuvent, ce qui oblige à mettre toutes lesnuits des gens en garde pour les faire fuir, ils viennentjusque dans les jardins manger les fruits qui y croissent; ilsfont fans barbe 8c ontle visage blanc Sc de longs cheveuxfur la tête qui fe partagent 8c tombent comme ceux d’unhomme; il y en a d’autres qui ont le poil gris, le visagenoir, Sc de grandes barbes blanches d’une oreille à l’au-tre , enforte qu’on les croiroit des vieilards ; d’autresont le corps 8c le visage blancs avec de fort longuesbarbes , 8c les uns 8c les autres , demeurent dans lesbois où ils vivent de feuilles Sc de bourgeons d’arbres ;quand on les prend ils mangent de tout. Une autre gran-de incommodité vient des sangsues ; l’iíle en est remplie,Sc l’on ne peut faire un pas dans les bois que l’on n’ensoit attaqué ; elles montent le long des jambes 8c descuisses , 8c s’y attachent si fort, qu’il est mal aisé de leurfaire lâcher prise si elles ne regorgent de sang. 11 y a plu-sieurs sortes de fourmis, grandes 8c petites ; celles qu’ony trouve en plus grand nombre s’appellent Vdcos ; toutela terre en fourmille , elles font de médiocre grandeur,ont le corps blanc 8c la tête rouge , 8c dévorent tout cequ’elles peuvent trouver, le drap ,1e bois, 8c jusqu’à lepaille dont les maisons font couvertes; elles montent lelong des murailles 8c fe font avec de la terre une maniéréde voûte qu’elles continuent tout le long de leur chemin »à quelque hauteur quelles aillent ; si cette arcade f 0rompt en quelque endroit, elles reviennent toutes, quehque éloignées qu’elles soient, pour racommoder ce q uIest rompu. Dans les endroits où il n’y apoint de maisons,elles élèvent de petites montagnes de terre hautes dsquatre, cinq ou six pieds, Sc qui sont si fortes, qu’à peso 0on pourroit les abattre avec des pierres ; le dedans c \plein de voûtes où elles demeurent, 8c font leurs nids - 1peu près comme sont les ruches à miel, Comme ell e ?multiplient beaucoup, elles meurent par pelotons; qua flelles ont une fois des aîles, elles s’élevent dans l’air vesol’occident en si grand nombre, qu’on a de la peiné à v 01le ciel. S’élevant toujours plus haut, elles ne cessent P° ,sl sde voler, jusqu’à ce qu’étant épuisées , elles tonso estmortes par terre.
Toutes les pierres précieuses, àla réserve du diaM^n '
fe trouvent dans cette iíle ; les perles que l’on y P e
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