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Tome second. C - F.
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L’auteur de Fessai d’un dictionnaire celtique, insérédans les recueils de Leibnitz , dit Celtie-, ou.Keltaî ,ou Galataî, c’est le même mot; car les anciens pro-nonçoient Ce comme Ke. Strabon a remarque qu ils fu-rent ainíl nommés par -honneur Emípuntm. Le mot

Gelt , veut dire valeur , 8c les Flamands nommentGelte-Ba ars le .poisson le plus recherche , Sc Gils-os ,le meilleur bœuf. J’ajoute que .dans l’allemand moder-ne Gelten veut dire valoir. Le P. Pezron avoit promis dedébrouiller les origines celtiques. Cet ouvrage , dont iln’a paru qu’une partie , donneroít un grand jour à cettematière, s’il eut été entíerement publié ; voici le systè-me de ce pere » qui mourut avant d’avoir fait ce présentau public; je le tire d’une de ses lettres à Pabbé Ni-caíse : je me servirai de ses propres termes. 3, Quant au-, cinquième livre de mon ouvrage, 'il fera destiné tout-, entier à découvrir l’origine des anciens Celtes, qui ont-, depuis porté le nom de Gaulois. Je ferai voir par l’au--, torité de Josephe 8c de quelques anciens, qu’ils víen--, nent véritablement de Gomer, fils aîné de Japhet. Je-, montrerai, par des bonnes raisons , qu’ils ont eu leur3, premier établissement dans la haute Asie, vers la mer», Caspienne, c’est-à-dire, dans laMargiane,l’Hircaníe,a, laBactríane 8c les lieux voisins ; qu'ils ont porté très-» long-tems le nom de Gomariens ou de Gomarites , com-3, me venant de Gomer, fils aîné de Japhet; que les3, Parthes , qui font sortis d’eux dès les premiers tems,a, les ont appellés Saces ou Saques , en latin Sacs, > Sc-, qu’ils ont été célébrés fous ce nom dans tout l’orient;-, que dès les premiers siécles ils íè font répandus danso,l’Arménie, 8c ensuite dans la Cappadoce voisine du-, P ont, 8c depuis dans la Phrygie ; que ç’a été dans cette-, entrée de la petite Asie, qu’ils ont commencé à porter-, I e n om de Titans , ce qui, en langue celtique, veut-, dire homme de la terre , 8c les Grecs Pont fort biena, exprimé par leur On verra aussi qu’une partie

d, d’eux qui s’est établie en ces te ms-là au-dessus du Pont-», Euxin, a eu le nom de Cimmériens ou de Cimberiens ,», lesquels dans la fuite ont fourni des habitans à la Ker-» fonneíè Cimbrique, auprès du Dannemarck; qu’aprèsM cela ils se sont donné le nom de Celtes , 8c enfin celui” de Gaulois-». [Cela nes’accorde pas avec le témoigna-ge de César, rapporté cí-dessus ; 8c ces deux dernierss, noms signifient en leur langue vaillant Sc valeureux «.I Encore aujourd’hui, danslalangue allemande, Heldenveut dire Héros ; de Held,en prononcé avec une aspira-tion très-forte, au mot Kelte , la différence est très pe-tite. ] cc Mais pour revenir aux Titans, qui font nommés3, Tiruns par les plus anciens Grecs, Callimaque a forts, bien reconnu & même écrit, que les Celtes ou Gau-3, lois occidentaux étoient issus d’eux.« [Leibnitz netrouve pas que ce passage de Callimaque soit d’un fortgrand poids; & le regarde comme une fiction poétique.]On prétend que la langue celtique s’est conservée dansla Bretagne, province de France; au pays de Galles ,en Angleterre, 8c dans la Biscaye en Espagne. Leurlangue est la même, ou plutôt ce font trois dialectes d’unemêtne langue; ce qui íè prouve , parce qu’avec un peud’attention , ces trois peuples se peuvent entendre. Jel’ai éprouve moi-même, un jour que j’avois chez moi ungentilhomme bas-Breton, un voyageur du pays de Gal-les , Sc un Biscayen, chacun d’eux croyoít fa langueinintelligible atout autre qu’à ses compatriotes ; ils enfirent Fessai, 8c furent surpris de pouvoir s’entendre, & separler les uns aux autres. C’est apparamment de la lan-gue bretonne que le fçavant P. Pezron emprunte ses motsceltiques ; il finit fa lettre par assurer qu’íl fonde sonsystème sur de bonnes autorités. Un fçavant qui parlede ce ton-là, doit être bien sûr de son fait. Cependantcomme ces preuves n ont point été publiées, que jefçache, Sc qu’íl y a de la différence entre promettre deprouver 8c prouver effectivement ; le P. Pezron nouslaisse dans. la même incertitude qu’auparavant. Suívons-le encore, il va dire des choies qui méritent d’être lues.* JJebanitii Collectane. part. i, p. 104.

3, Mais pour revenir à ces princes Titans ou Celtes ,3, ils ont régné assez long-tems dans la Gréce Sc même-, dans l’Italie » ou Saturne íè réfugia etant persécuté par-, son propre fils, leur langue s’est tellement mêlée avec-, la grecque , qUÎ étoit alors l’Eolique , Sc avec 1 ancienneí, latine, qu’on peut dire qu’elles en font toutes remplies.

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» Vous íèrez surpris, monsieur, quand je votis dirai que-, j’ai environ sept ou huit cens mots grecs, je dis de sim--, pies racines , qui font tous tirés de la langue des Cel-„ tes avec presque tous les nombres; par éxemple ,les„ Gestes disent Dec dix, 8 c les Grecs &**. Les Celtes di-3, sent Femp cinq, 8c les anciens Grecs Eoliens Les3, Celtes disent Pedwar ou Petoar, ( on dit à Morlaix3, Pewar) quatre , 8c les Eoliens n'en f es. Les Celtes di-3, sent Undec, ( à Morlaix Unec ) onze ; Daoudec , ( à Mor-3, laíx Daouz.ec) douze , 8cc. Les Grecs £ VÍ W , èáiac *, 8cc.-, Jugez du reste par cet échantillon. Pour ce qui est de la-, langue latine, j’ai actuellement plus de douze cens mots-, qui viennent tout visiblement du celtique, 8c je répon--, drai solidement à ceux d’entre les sçavans, qui, ne pou-„ vant nier un fait qui paroît sensible, sont réduits à dire3, que les Celtes ont emprunté ces mots des Grecs 8 c des3, Latins cc. (J’ax remarqué au mot Alpes que , de l’a-veu même de Strabon , c’étoit un mot celtique empruntépar les Latins Sc par les Grecs ). „ Au reste il n’est pas3, étonnant que la langue latine soit si remplie de mots3, celtiques ou gaulois ; car les Ombriens qui étoient des” plus anciens peuples de l’ítalíe , 8c qui étoient voisins=>,. 8 c souvent mêlés avec les Aborigènes, étoient de vraisM Gaulois. Aussi sont-ils appellés par les anciens propagom Gallorum. De ces Ombriens font sortis les Sabins , de33 qui on sçait que les Romains ont pris tant de choses, 8 c» entre autres le mot de Quintes qu’on devroit prononcer33 Curites, comme venant de Curis, qui veut dire Hafla.» Les sçavans n’ignorent pas cela ; mais ils ignorent que,? Curis, ainsi que Lancea , ontleur origine dans la langue„des Celtes. Il en est de même du Kdes Grecs qui3, leur a donné tant de peine , fans qu’ils ayent jamais pu„ sçavoír ni ce que signífioít ce mot, ni d’où il venoít.3, L’on n’a qu’à consulter Strabon pour voir ce que je dis.-, Mai», outre les Ombriens SclesSabins, les Osques ou3, Opìques , en latin Osci 8 c Opici ', étoient pareillement3, Celtes d’origine » .& l’on peut assurer que leurs fables33 appellées Atellanes , qui ont tant plû au peuple Ro-33 main , avec les Carmes Saliaires ou Saturniens , qui» venoient des Ombriens Lc des Sabins , ont rempli de33 mots celtiques la langue latine. Ajoutons à toutes ces33choses qui ; paroissent assez étonnantes, que les Laco-33 niensovt. Lacedémoniens, ces peuples si renommés dans33 la Grece, ont presque tout tiré des Celtes. Ce n’est-, point une hyperbole, vous en verrez les preuves : après3 , quoi je ne fuis plus surpris si les mêmes Lacédémo-3, niens ont eu tant de liaisons avec les Sabins , 8 c les3 , Ombriens ; delà vient que dans les anciens gloíîaires3 , Kíxm 8 cUmber , c’est la même chose. Enfin, monsieur,-, je n’aurois jamais fait si je vous disoís tout ce que j’aía, découvert dans l’antíquité par le íècours de la langue-, des Celtes , 8 c par les fragmens des anciens historiens-, répandus çà Sc là. Vous le verrez quelque jour quand je-, publierai mon ouvrage. Je ne sçaurois finir cette lettre„ fans vouJ dire que le celtique s’est répandu dans pres--, que toutes les langues de l’Europe ; mais la 'Teutone ou» r Allemande en efl toute remplie. En voici en deux mots-- la raison, Les Teutons viennent d’Ascenez, qui a été» fils aîné de Gomer pere des Celtes ou Gaulois. Cet-, Ascenez est la tige des Daes , en latin Dam 8 c D ai , de-3, puis appellés Daces 8 c Getes parles Grecs. 11 a été aufií3, le pere des Phrygiens. De ces Daes 8c des Phrygiens-, sont sortis les Teutons , qui dès leur origine ont tou--, jours eu beaucoup de liaison avec les Celtes, 8 c l’on-, peut dire qu’ils ont été mêlés dans une grande partie-, de leurs expéditions. De ces mêmes Daes ou Daces-, font sortis les Parthes , principalement les % Arsacides>-, Les Parthes dès les premiers tems se sont répandus-, dans la Perse, 8 c c’est delà qu’on volt encore aujoum3, d’hui tant de mots allemands dans la langue des Perses*3, mais de plus , comme les Grecs ont pris plusieurs ir° î!3, des Phrygiens , de l’aveu même de Platon, il ne3 , pas s’étonner si la langue grecque a tant de mots sou 1 '-, blables à la Teutone, puisque celle-ci étoit toute Phrf'„gienne dès son origine. Les Teutons ont encore et-, mêlés avec les Ombriens en Italie; 8 c c’est delà„ les Latins ont pris d’eux quantité de mots , 8 c sur-t° a-, des verbes » comme l’on verra ailleurs. Ces grauf £

-, liaisons qu’il y a toujours eu entre les Celtes 8 c 1 es J e _

-, tons on fait qu’on les a souvent confondus dans 1 h lS

„toire; & entre eux, comme ils venoient presque ds.

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