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tantes Elisabeth 8 c Marguerite : la premíere eut le eoîntéde Blois, &c la seconde celui de Chartres. Margueriteépousa Gaultier, seigneur d’Avenes , dont la fille Marieépousa Hugues de Châtillon, comte de Saint Paul. Jean-ne de Châtillon , comtesse d’Alençon , qui descendoit.de lui, vendit le comté de Chartres 1 an 1286 a Philippele Bel. Saint Louis, grand-pere de ce roi, avoit acquisde Thibaut IV, comte de Champagne , & de sa sœurAlix, reine de Chípre, tout le droit direct & utile qu’ilsavoient fur les comtés de Blois Sc de Chartres ; mais lapropriété du dernier ne fut assurée à la couronne que parFacquifition de Philippe le Bel, qui donna ce comté enpartage à son frere Charles , comte de Valois ; mais ilrevint à la couronne lorsque Philippe de Valois y fut par-venu. Chartres fut érigé en duché par François I. Pan1528 , 8 c donné en engagement par ce roi à Renée deFrance, fille de Louis XII, avec plusieurs grands do-maines : elle transmit son droit à sa fille Anne d’Est,qui épousa le duc de Nemours, dont les héritiers joui-rent de ce duché jusqu’à Pan X62Z, qu’il fut retiré deleurs mains par Louis XIII, lequel donna trois ans aprèsen apanage le même duché à son frere Gaston, après lamort duquel le duché de Chartres a été donné en apa-nage par Louis XIV, à son frere Philippe.
Le pays Chartrain est aufli appellé la Beausse particu-lière. L’étendue en est assez resserrée, & ne comprendque les villes de Chartres, de Nogent-le-Roi, de Gal-lardon, de Bonneval, de Maintenon , 8 cc. * Longuerue »Descríp. de la France, part. x , p. 110.
CHARTRES, Carnutum ou Autricum Carnutum,ancienne ville de France, capitale du pays ChartrainSc de la Beauce, avec titre de duché & un évêché» au-trefois suffragant de Sens , 8 c maintenant de Paris, depuis1622. Cette ville est si ancienne, que des auteurs ontcru trop légèrement que les Gomcrites envoyés pourpeupler la Gaule,peu après Noé, en jetterent les pre-miers fondemens. D’autres assurent, avec aussi peu defondement, que la cathédrale de Chartres est un templedes Druides 8 c des Saronides, dédié à la Vierge quienfantera, Virgini parïturs ,, bâti par Prifcus, gouver-neur pour les Romains. Ce qu’il y a de certain, c’estque les peuples de cette contrée résistèrent courageu-sement aux Romains pour conserver leur liberté, 8 cqu’ils entrerent ensuite dans leur alliance, quand Césarles eut soumis. Cette ville a eu plusieurs comtes, depuiselle a été réunie à la couronne, 8c èn 1 528, le roi Fran-çois I l’érigea en duché en faveur de Madame Renée deFrance, duchesse de Ferrare. Bolon, chef des Normands,assiégea Chartres Pan 911. Les Protestans l’assiégerentinutilement.en 1568 , fous le régné de Charles IX, ellesuivit depuis le parti de la ligue, mais le roi Henrile Grand la prit en x 591,8c s’y fit sacrer ,dans le temsque la ville de Reims persistoit encore dans la rébellion.Saint Cheron en est regardé comme le premier évêque.La cathédrale est une des plus belles du royaume. Sonchœur , au pourtour duquel on voit les mystères de lavie de J. C. sculptés en pierre, & son église souterraine,sont admirés des connoisseurs. On admire surtout sonclocher. On dit comme en proverbe, clocher de Chartres ,nef d’Amiens & portail de Reims. Le chapitre de cetteéglise est un des plus nombreux du royaume. H estcomposé de dix-sept dignités 8c de soixante-seízê cha-noines. B y a encore dans la ville de Chartres troisautres chapitres > de S. André , de S.'Maurice 8 c deS. Agnan ; 8c plusieurs églises paroissiales, Saint André»Sainte Foi, Saint Saturnin, Saint Michel, Saint Martin,Saint Agnan.
La ville est séparée en deux parties par la riviered'Eure, la plus grande est élevée fur une colline. Lesrues y font étroites, comme dans toutes les anciennesvilles. Son principal commerce consiste en bled. II y aauffi des vins d’asiez bonne qualité.
La chronique de Maillezais fait mention d’un concile
fenu à Chartres ’l’an 11 * 4 - L’on y en célébra un autrenational l’an 114Ó. Louis le jeune y assista avec tousles prélats du royaume. On s’y détermina pour l’expé-dition de la Terre Sainte. Saint Bernard y fut choisipour généralissime , tuais il se contenta d’exciter lespeuples à prendre les armes.
II y a à Chartres un des quatre grands bailliages dugouvernement d’Orleannois avec siège presidiaUCe
CHA
bailli est d’épée, 8 c fa charge périt par mort. Sa fonc-tion est de commander le ban Sc Parriere-ban , d’être àla tête de la compagnie des officiers du siège, quoiqu’iln’y ait point de voix, 8 c de jouir de toutes les autresattributions ordinaires.
Le Bailliage de Chartres, outre les quatre mairiesde la ville, renferme encore la prévôté royale de Bon-neval, 8 c plus de cent cinquante justices.seigneuriales,dont plusieurs ont titre de châtellenies, comme Illiers»Courville, Meflay, Vert, Gallardon , Anneau, Aunay,Brival,Sf Nogent-le-Roi. La châtellenie de Maintenonen fut distraite lorsque Louis XIV l’érigea en marqui-sat en faveur de Françoise d’Aubigné. Le ressort dubailliage de Chartres ne borne pas celui* du préfidial,qui s’étend non-seulement sur les justices qui relèventdu bailliage, mais encore fur les bailliages dè Mortagne,deBellesme, de Brezolles, de Sénonches, de Château-neuf en limerais, de Dourdan, d’Estampes, d’Yen-ville, & des cinq baroníes du Perche-Gouet, qui fontAlluye, Brou, Authon, Montmiral 8 c la Bazoche,quelque protestation que les officiers du bailliage d’Or-léans ayent pu faire au contraire en vertu d’un ancienarrêt, qui les leur avoit adjugés à la poursuite de Charlesduc d’Orléans, pere du roi Louis XII.
Le bailliage de Chartres a fa coutume particulière,qui fut réformée en 1508, 8c contient cent seize articlesdivisés fous vingt-trois titres. II y a aussi à Chartresles juges & conjuls établis par édit de Pan xz6z , ilssent élus par le corps des marchands dans les tems réglés »8 c reçus par le lieutenant général.
Chartres a produit de très-grands hommes» fans parlerde ceux qui y ont été évêques. Philippe des Portes*poète fameux en son tems, abbé de Tiron; Régnier,poète satyrique , son neveu; André Félibien , de l’aca-démie royale des inscriptions; de qui nous avons plu-sieurs ouvrages estimés. Pierre Nicole, ecclésiastiquetrès-recommandable par la pureté de ses mœurs, parson érudition, 8 c fur-tout par les écrits qu’il a publiéspour défendre la doctrine de l’Eglise. ( a ) Piganiol de,la Force , Descript. de la France, t. 5, p. 200. ( b )B aille t , Vies des Saints. Long. 18, 50, 5, lat. 48,
z6, 49,
CHARTREUSE. On appelle ainsi généralementtous les monastères de l’ordre des Chartreux, instituépar Saint Bruno.
CHARTREUSE [La grande] Cartufia , auparavantÇatorijfum, monastère de France en Dauphiné, dans leGraisivaudan, à quatre lieues au nord-est de Grenoble.Saint Hugues, évêque de Grenoble, donna en 1084ce lieu, autrefois nommé Chartroujfe, à Saint Bruno8 c à ses compagnons , qui íe retirerent dans ce désert »dans des rochers presque inaccessibles. C’est là le bureaude Perdre des Chartreux 8 c le chef lieu. * On va deGrenoble à ce fameux monastère par deux différenschemins; Pun appellé le Sapey, 8 c l’autre Saint Laurentdu Pont. Par le premier on passe au Sapey, on monteune montagne fur laquelle on trouve un bois de sapins.On descend delà dans la vallée où est le village deChartreuse, [ou plutôt Chatroujfe ] 8 c après l’avoir tra-versé, on prend à main gauche pour se rendre à la portedu pont, par lequel on entre dans Penclos de la Char-treuse. Ce pont est sur une petite riviere appellée I eGner-mort, qui passe en cet endroit entre deux rochersfort près Pun de P autre. Ce pont est éloigné du monas-tère de près d’une lieue. On monte toujours le pont,& en chemin on trouve la Courrerie , où Dom Courriel »c’est-à-dire, le lieu où le procureur 8 c les officiersont quelque rapport à lui, demeurent le plus souvent-■ II y a une imprimerie, 8 c on tient auffi dans cette mai"son les jeunes gens à qui on fait filer la laine dont ° afait les robes des moines; car tout ce qui peut se ] 3 'briquer dans Pintérieur de la maison pour le nécessa lseou l’utile du couvent s’y travaille, 8 c cela avec uns 0 **bel ordre & beaucoup d’économie, à laquelle prési“ SDom Courrier.
Le chemin de Saint Laurent du Pont a été élargi’8 c on l’a rendu auffi praticable qu’on a pu. On y ades garde-fous ; mais il ne laisse pas d’être encoredangereux que l’autre. Le désert de ce côté-là P a j JlSplus affreux. Des montagnes couvertes de bois d e kfort épais, se joignent presque l’une à P autre » #