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laissent entre elles qu’un passage fort étroit au Guyer-mort, Sc ce torrent, en passant dans tous ces défilés, faitUn grand bruit qui augmente l’horreur du lieu. On yva par V orepe Sc Pomíers, d’où on passe dans une plainef°rt unie.
Saint Laurent du Pont est une terre qui appartientaux Chartreux, Sc qui est d’un revenu considérable parjes soi ns qu’íls ont d’y pratiquer des martinets Sc arti-fices- à fer. Ils y ont auffi leurs réservoirs, leurs étangs,plusieurs autres commodités.
Les deux portes de l’enclos font dans des endroitslòrrés & aisés à défendre : l'on fe rend delà à la porteou monastère. II n’y a rien d’affreux que ce qui l’en-vironne. La maiíon en elle-même est belle Sc fort bienentendue. Le cloître est fort long, mais il va en pente»ce défaut fait qu’on ne peut pas voir d’un bout àî autre ; chacun a ion jardin ; la bibliothèque est nom-bteufe Sc bien choisie,. La sale du chapitre général est^îlle Sc ornée de peintures. Les généraux de l’ordreiont peints autour du plat-fond. On passe delà dansfi ne galleríe où font représentés fur de grands tableauxplans des chartreuses les plus considérables de Francez? d’Italie. Les chambres où l’on couche les étrangers,lQ nt petites, Sc les lits une espece de boète fort cou-Verte Sc fort étroite. Les fabriques quí íont autour deIa maison méritent d’être vues. On y trouve menuiserie,c °rderie, le four, les greniers Sc les caves où font lesProvisions. Tout cela est bien entendu Sc s’y trouve enab °ndance. L’apoticairerie est bien fournie. On voitles greniersmn tamis d’une invention singulière,*l Ul sépare quatre sortes de grains en même-tems.
L’ Ejpaciement est l’endroit où les religieux fe pro-filent les jours de récréation. Ils passent la cour latQ be troussée, le bâton à la main, fans se dire un seulmais dès qu’ils font dans l’efpaciement, ils s’em-r assent, fe parlent Sc vont fe promener dans les boisî ^ es rochers, dont ils font dominés de toutes parts.T 1 chapelle de Saint Bruno est enfoncée dans le désert,7/ ^ vingt pas de cette chapelle, il y en a une autree diée à la Sainte Vierge. Elle est fort propre Sc bien^retenue. Voyez. Catorissium. * Piganiol de la Force ,es cript. de la France, t. z, p. 259.
^ CHARTREUSE, Cartovorum , abbaye d’hommese f ordre de Prémontré, en Champagne fur la Marne,^ couchant de Châlons, diocèse de Soissons. MM. dea |nte Marthe la donnent mal-à-propos à l’ordre dea mt Benoît.
CHARTROUSE. Voyez. Catorissium.CHARUDES. Voyez. Ha rudes.
CHARUS. Voyez. Charien Sc Charistus.CHARYBDE, gouffre de la mer Méditerranée,fine rl a mer ^ Homere Odyf 1 . 12, en fait
r g P e fcription qui fait frémir. Tous les anciens feéc n îF ent à dépeindre Scylla Sc Carybde comme deuxp r 6l * s presque inévitables, Sc chez eux on diíoit enverbe : Qui veut éviter Carybde , va échouer en Scylla.
f n cìdit in Scyllam, cupienr vitare Charibdim.
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íout Vler,dans fofi livre de l’ancíenne Sicile, a recueilliin a j Ce stue les anciens ont dit de Scylla Sc de Carybde;li eux Ce stu’il y a de singulier, c'est qu’il est allé fur lesd es re P ? Ur voir ce que ce pouvoit être, Sc, après bienles ee Che , rc bes, il a trouvé que Carybde, nommé parqui e fl. S du P a ys Calofaro ; Sc la Rema, fous le Phare,agi t ée 3U Port de Messine, n’est autre chose que la meraélj 0n ^rme de tourbillon. II ajoute que cettetr°j s £ q . engloutir Sc de rejetter les eaux, n’arrive pasîu ent t ls P ar jour comme le dit Homere, mais feule-te m P ête UteS * les ^°‘ s st ue * e détroit est agité par quelqueest;A e ’P’dncipalement par les vents du midi, ce quí^ u Venal^ f Ur ^ intiment de Silius Italiens, 1 . 14 de^ e Pend * a í’ de Séneque consol. ad Marc . c. ij.sonner u stt -,, Kircher, Mund: Jubterr. tâche d’en° r dinair e ne ldee p * Us formidable que celle qu’en ontsieux état^î?^ ^ es m °dernes. Selon lui, il faut distinguerVeinent - / ans lesquels ce gouffre fe trouve fucceffi-qui feroit a ifir°le f &U k° ut comme eelle d’une chaudière,Quelquefois l'ea/ro. ° n peut alors pàr fans danger.Féri i;Sc, selon i’expérín 0 /^ & C ’ est alorS <l u ’ n 7 3 du
1 dgs mario-
ns , ce tournoyement
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arrive lorsqu’il souffle un vent de sud-est [ Sirocco] U2, c. 15, p. 97. II raconte une histoire qui est assez sin-gulier e, Sc qu’il dit être arrivée du tems de Frédéric,roi de Sicile. Ce prince étant à Messine, on lui parlad’un plongeur nommé Nicolas , quí plongeoir & nageoitd’une maniéré si étonnante, qu’on lui avoir donné lenom de Pefcecola, c’est-à-dire, le poisson Colas j le roile fit venir, Sc lui commanda de plonger dans le Cha-rybde pour en voir la construction. Comme il hésitoítprenant prétexte des grands dangers de cette entreprisedont il connoïssoit seul la difficulté, le roi pour l’encou-rager davantage, y fit jettes une grande coupe d’or, luipromettant qu’elle feroit pour lui s’il la rapportoit.Nicolas engagé par cette espérance, fe précipita dansle gouffre , où il demeura près de trois quarts-d’heure»le roi Sc fa Cour l’attendant avec impatience. II parutenfin fur l’eau, tenant la coupe à la main, on le menaau palais, Sc on lui fit reprendre ses forces qu’il avoirépuisées. Voici la substance de son rapport. Je n’aurois,dit-il, jamais entrepris la chose pour la moitié de votreroyaume, si j 3 en avois connu auparavant toute la diffi-culté. II y a quatre choses capables d’effrayer non-feu-lement un plongeur, mais encore les poissons mêmes.1. Une riviere fort à gros bouillons du fond de la mer,Sc l’homme le plus robuste peut à peine y résister, c’estce quí m a force de descendre par une autre route. 2»La quantité de roches qui présentent leurs pointes l’uneà l’autre, de forte que je n’ai pu descendre au fond sanscourir risque de m’écorcher Sc même de perdre la vie.z. Des torrens d’eaux souterraines, qui sortent impé-tueusement des entrailles des rochers, Sc dont les cou-rans opposés font des tournoyemens si terribles , quela feule vue est capable de faire mourir un homme defrayeur. 4. Des troupeaux de grands polypes attachésaux côtés des roches. J’en ai vu dont le corps est plusgros que celui d’un homme, Sc leurs'filets avoient dixpieds de long. S’ils m’avoient saisi, j’étois perdu. Lescreux des rochers font peuplés de poissons d’une gran-deur monstrueuse ; ce font des efpeces de chiens, quiont trois rangs de dents. Ils font grands comme desdauphins, & s qj s f e jettoient fur un homme, rien nepourroit le garantir de la mort , Sec. Interrogé com-ment il avoit trouvé la coupe, il répondit qu’elle n’étoitpas tombée perpendiculairement, mais qu’ayant été en-traînée à peu près comme lui par la violence des eaux,il l’avoit trouvée au creux d’un rocher, fans quoi, dit-il, si elle eût descendu jusqssau fond, il ne lui eût pasété possible de la trouver. Car outre que les courantspar lesquels l’eau s’engorge 8c fe dégorge, ont uneforce à laquelle on ne sauroit résister, la mer est si pro-fonde en cet endroit, que le jour n’y sauroit percer,
, Sc qu’on y est dans une affreuse obscurité. On lui de-manda quelle est la disposition intérieure du détroit, ilrépondit qu’il est hérissé de quantité de rochers, du pieddesquels le flux Sc le reflux des eaux qui fe croisent dansleurs cours, cause en divers tems dans la surface cesagitations si'dangereuses aux vaisseaux. On lui demandas’il vouloit y retourner, pour tâcher de connoître lefond, il répondit que non; mais, gagné par un sac d’orqu’on lui fit voir, Sc auquel on attacha une autre coupade grand prix, Sc que l’on jetta dans le Charybde, ilfe jetta de nouveau dans le gouffre, d’où il ne revintplus, soit que les courants l’eussent entraîné dans lecreux des roches, soit qu’il fut dévoré par les poissonsqui lui avoient fait tant de frayeur. Le P. Kirchercraignant que le lecteur ne prenne ceci pour une histo-riette faite à plaisir, dit que ce fait est écrit dans lesactes du royaume, qu’un secrétaire des archives lui acommuniqué.
Quelque idée que les anciens 8c le P. Kircher, veuil-lent nous donner de l’extrême danger où ce gouffre metles vaisseaux qui en approchent, il y a bien du rabais afaire. Jouvin de Rochefort dit, dans son voyage d’íta-lie, avoir vu des barques s’abandonner fans aucun périlà cette eau qui tourne. II étoit avec quelques autresvoyageurs, Sc la curiosité les porta à prendre une barque,pour fe promener dessus , après avoir été assurés par lespêcheurs qu'ils n’avoient jamais vu personne s y Perdre.Ils avancèrent fur cet abyme qui aussi-tôt entraîna labarque à laquelle il fit faire plusieurs gran s tours avantqu’elle arrivât à ce milieu, qvu leur parut un peu plus