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•étoit autrefois peuplée d’habitans belliqueux , qui al-îoient à la guerre armés d’arcs , de flèches , de ronda-ches 8c de massues. Leurs femmes étoïent belles , Sc mo-destement habillées. Les hommes avoientdes casaques,avec une chaussure de peau de cerf. Ils adoroient lesidoles 8c mangeoïent de la chair humaine ; mais les Es-pagnols , qui leur ont porté les lumières de l’évangile,leur ont inspiré des moeurs plus douces. Le terroir estassez fertile, Sc il s’y trouve plusieurs mines d’argent, 8cquantité de miel 8c de cire. D. Francisco de y Baviay mena le premier , 1 ’an 1554, une colonie d’Espagnols,à laquelle il donna le nom de S. Sebastien. C’est la villedont j’ai déja parlé, delà vient que quelques-uns ontdonne le nom y Bavia à cette province. * De l’IJle ,Atlas.
CHIAMPA. Voyez. Ciampa.
CHIANA, riviere d’Italie, que les anciens ont connuíòus le nom de Clanis. Elle íè perdoit autrefois dansle Tibre; mais on fit un changement dans son cours >comme je le rapporterai ci-après. Corneille en fait unmarais d’oìi il fort deux rivières du côté du sud, dontl’une , dit-il, est la Chiane , qui se joint à la Paglia àOrvieto ; l’autre prend íon cours du côté du nord, Scva se jetter dans l’Arno, à l’occîdent d’Arezzo. II n’estpas vrai que ce íbient deux rivières. Voici Forigine de cedifférent cours de la Chiana. Tacite rapporte, au premierlivre de ses annales, qu’après un débordement du Tibre,qui avoit fait du ravage dans Rome, fous Tibère, lesénat chercha les moyens de s’en garantir à l’avenir..Celui qui se présentoir le plus naturellement, étoit dedétourner les rivières Sc les lacs qui tombent dans leTibre ; mais entre toutes les autres rivières, la plus aiséeà détourner étoit le Clanis , appellé maintenant la Chia-na ; car, entre les montagnes de la Toscane , il se for-me dan s une longue plaine, un grand lac que la Chianatraverse, 8c ou ses eaux sont tellement en équilibre ,qu’elles n’ont pas plus de pente pour couler du côtéd’orient dans le Tibre, que du côté d’occídent, dansl’Arne, qui passe à Florence; de forte qu’elle coule deJ’un Sc de l'autre côté. Elle contribue beaucoup aux in-nondations, tant du Tibre que de l’Arne. On pouvoítdonc, en la détournant entierement dans.l’Arne, ôterau Tibre une des causes de ses débordemens ; mais oneût sauvé Rome aux dépens de Florence ; 8c quoiquecette ville ne fût alors qu’une colonie peu considérable,elle fit au sénat des remontrances qui furent écoutées.Les habitans de quelques autres villes d’Italie , mena-cés du même malheur, en firent aufli, & chercherent sisoigneusement toutes les raisons qui pouvoient leur êtrefavorables , qu’ils représenterent, 8c la diminution de lagloire du Tibre, qui'auroit moins de fleuves tributai-res , 8c le respect dû aux limites établies par la nature ,& le renversement de la religion de plusieurs peuples »qui ne trouveroient plus dans leur pays des fleuves, àqui ils rendoient un culte. Les Romains se déterminè-rent alors à laisser les choses comme elles étoíent; maisdepuis ils bâtirent une grosse muraille qui ferme d’unemontagne à l’autre la vallée par où passe la Chiana ,pour se jetter dans le Tibre , 8c ils laissèrent au milieuixne ouverture pour régler la quantité d’eau qu’ils vou-voient bien recevoir. Cette muraille íe voit encore au-jourd’hui. Les contestations fur le cours de la Chiana íe•îenouvellerent entre Rome 8c Florence, fous le ponti-ficat d’Alcxandre VII, le pape 8c le grand duc convin-rent de nommer des commissaires. Le pape nomma lecardinal Carpegne, qui devoir être aidé de Caífiní ,qu’on a vu depuis » à l’Observatoire de Paris, astronomedei’académie royale des sciences; & le grand duc nommalé sénateur Michelozzi Se Viviani. Ils réglèrent, en1664, 8c en 1665 , tant ce qu’il y avoit à faire de part■Sc d’autre, qite la maniéré de l’exécuter. Mais, comme51 arrive assez souvent > dans ce qui ne regarde que lepublic , on n’alla pas plus loin que le projet. * Fonte-nelle , Hist. du renouv. de 1 académie royale des íicien-.ces , 1. part. , p. 70.
CHIANGARE. Quelques géographes nommentainsi un canton de la Natolie, aux environs d’Angouri,<8c qui répond en partie à la Galatie des anciens. M M.•Sanson y mettent libéralement une ville de même-nom-
CHIAPA, province de l’Amérique septentrionale ,
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dans la nouvelle Espagne, dans l’audience de Guate-mala. Elle a au nord la province de Tabasco, 8c le paysdes Itzaes ; à l’orient celle de Vera Paz; au midi, cellede Guatimala ; au sud-ouest, celle de Sonusco ; Sc aucouchant, celle de Guaxaca. Cette province est estiméepar les Espagnols, comme l’une des plus pauvres del’Amérique, si nous en croyons Thomas Gage , relat.des Indes occid. 2 part. c. 14. p. 151, parce qu’on n’y apoint encore découvert de mines , ni trouvé de fabled’or dans les rivières , Sc qu’il n’y a aucun port de merpour le transport des marchandises. Cependant, pour-suit-il, elle surpasse beaucoup d’autres par la grandeurde íes villes Sc de ses bourgs — Par le moyen des mar-chandises qni s’y trouvent, les habitans n’entretiennentpas seulement un commerce considérable entr’eux ,maisaussi avec les autres provinces ; Sc il n’y a point de lieuen Amérique , dont l’Espagne tire tant de cochenillequ’elle fait d’une des provinces de Chiapa. Outre queles bourgs, qui font grands 8c bien peuplés » augmen-tent considérablement les revenus du roi, par le tributque chacun des habitans est obligé de payer tous les anspar tête.
Ce pays est divisé en trois provinces, qui font celles
De Chiapa , des Zeldales , Sc des Zqques.
Nous ne traiterons ici plus particulièrement que dela premiere , 8c nous réserverons les deux autres à leursarticles particuliers.
La province de Chiapa, proprement dite, est la moinsriche des trois. Elle contient la grande ville de Chiapades Indiens , 8c tous les bourgs 8c villages qui font situésau nord vers Maquilapa ; 8c à l’ouest du prieuré'deComitlan, qui a dix bourgs qui en dépendent, Sc plu-sieurs fermes , ou l’on nourrit quantité de bétail, dechevaux Sc de mulets. Proche de ce prieuré de Comit-lan est la grande vallée de Capanabastla , où est aussi unautre prieuré, qui s’étend vers Soconusco. Cette valléeest considérable par une grande riviere qui fort des mon-tagnes de Cuchumatlanes , 8c qui fe va rendre à Chiapades Indiens , 8c delà à Tabasco. Elle est aussi renomméepar la grande quantité de poisson qui fe pêche dans la ri-vière , 8c par le grand nombre de bétail qui s’y trouve, Scqui nourrit, non-íëulement la ville de Chiapa, mais aussitous les lieux voisins. Quoique la ville de Chiapa 8cComitlan soient dans un climat extrêmement froid, par-ce qu’elles font situées fur les montagnes, au contraire,il fait extrêmement chaud en cette vallée, parce qu’elleest dans un fond; Sc depuis le mois de Mai jusqu’à lasaint Michel, il y arrive souvent de grands orages ac-compagnés de tonnerres Sc d’éclaírs. Je parle ailleursdu bourg de Capanabastla. Celui d’IzQuiNTENANGOest encore plus grand. II est situé au bout de la vallée ,vers le sud, Sc au pied des montagnes de Cuchumat-lanes. Le bourg de S. Barthelemi , qui est à l’autrebout de la vallée, vers le nord est, est encore plus grandque ces deux-là , 8c la vallée peut avoir quarante millesd’Angleterre de longueur, 8c dix ou douze de largeUf;Tous les autres bourgs font situés vers Soconusco, ° a .la chaleur va toujours en augmentant, aufli bien que l eStonnerres 8c les éclairs, parce qu’ils approchent plus û eScôtes de la mer du sud.
Cette vallée abonde en bétail > en coton, en mais >qui fait la principale nourriture , en gibier , volaíU e Jfruits , miel, tabac 8c cannes à sucre. La riviere e .très-poissonneuíe, maïs elle est pleine de crocodile? $dévorent le bétail 8c les enfans des habitans, quand 1en approchent.
2. CHIAPA-EL-REAL , ou le royal ChiaP*'ville de l’Améríque septentrionale, au Méxique , d a , „la province de Chiapa. On la nomme ainsi pour la d 1tínguer d’une autre Chiapa, dont je parlerai dans 1 a .ticle suivant. C’est une des moindres villes de l’Am^.que ; car, il n’y a environ que quatre cens chefs 4 emilles Espagnoles, 8c environ cent maisons d’Ind^^qui font jointes à la ville , qu’on appelle le fau^û 0des Indiens - qui ont une chapelle particulière. fsville, il n’y a point d’autre église paroissiale, que 1 » u 0jcathédrále » qui sert pour tous les habitans. II y. a ; QU e»deux couvens, l’un des religieux de saint D o& 1 ^ feSc un autre de saint François, Sc un pauvre cou? j et ií® s