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Tome second. C - F.
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CHI

tholîque accorde, ou pour récompense de leurs bellesactions , ou bon service, ou pour de l’argent, un nombred Indiens qui font obligés de servir comme valets , maispas comme esclaves ; car outre la nourriture , ondoit leur payer trente écus par an ; 8c s’ils ne veulentpas servir, ils en sont quittes en donnant dix écus à leurpaître ; ce qui s’appelle une commanderie. Leur âge detervice est depuis seize jusqu’à cinquante ans ; au-dessusp au-deílous ils font libres de le faire. Outre les Indiens•Lncomenderos , les Espagnols du Chili seulement en° nt a leur service , quí sont esclaves achetés des Indiens"bres, qui leur vendent volontairement leurs enfansPour du vin » des armes, de la clin taillerie , 8c c. Commec ost un abus toléré contre les ordonnances du roi, ilsne font pas esclaves comme les noirs. Ceux qui les ache-te nt ne les peuvent revendre qu'en cachette , & avec leconsentement de l’esclave, qui peut avec une lettre^Amparo, c’est-à-dire , de protection, redemander faliberté. Pour cet effet il y a dans chaque ville, & dans^ audience de Sant Jago, un protecteur des Indiens àHui ^ls ont recours. C’est autîì par la raison de toléranceMe les enfans des esclaves ne suivent pas le sort duMontre, comme parlent les jurisconsultes , lorsqu'ils sontd un pere Encomendaro , c’est-à-dire, valet de comman-dorie, parce que ce dernier étant permis, les avantageslui doivent tomber préférablement à l’autre ; le mélan-ge dusang espagnol affranchit ceux que le pere veut bien^oconnoître, Sc donne aux Mestíces, c’est-à-dire ,aux filsd un blanc & d’une indienne, le droit déporter du linge.

Les formalités de leurs assemblées , sont de porterdans une campagne, 'beaucoup de boisson ; 8c quand ils°nt commencé à boire , le plus ancien, ou celui qui parHUelqu’autre titre doit haranguer les autres » prend laParole'pour exposer ce dont il s’agit,.8e dit son senti-lste nt avec beaucoup de force , après quoi la pluralité desv °ix fait la délibération ; on la publie au son du tambour;Q n donne trois jours pour y penser ; 8c fi dans ce semsun n’y trouve point d’ínconvéníent, on exécute infail-liblement le projet, après avoir confirmé la résolution &^■isdes moyens pour y réuífir. Ces moyens se réduisenta . bien peu de chose ; car les Caciques ne fournissentf len à leurs sujets pour faire la guerre, ils ne font quee s avertir, 8c chacun apporte avec soi un petit sac de^fine d’orge ou de maïs qu’ils détrempent avec de l’eau,p se nourrissent avec cela pendant plusieurs jours.

hacun d’èux a auífi son cheval Sc ses armes toujours prê-^ es » de forte qu’en un instant, ils forment une arméeans aucuns frais ; & de peur d’être surpris, dans cha-^ Ue Cacïqiiat , fur la plus haute éminence , il y a tou-l°urs une trompe faite de corne de bœuf, de maniéréq U ,?. n peut l’entendre de deux lieues à la ronde ; d’abordp Q u leu r survient quelque affaire, le Cacique envoienner cette n-ompe , & chacun seít de quoi il s’agitpour£® st dre à son poste.

Qi ^»rs armes ordinaires sont des piques 8c des lancesdesh * ettent avec une extrême adresse ; plusieurs ontau g. h ‘j" e bardes qu’ils ont prises des Espagnols ; ils ontse f des bâches 8c des sabres qu’ils achetent d’eux. Ilsde ^ au ® ’ ma * s rarement, de dards, de flèches,^ , a , es , dé frondes Sc de laqs de cuir, qu’ils manientteU r ° lte l :nent; j qu’ils enlacent un cheval à la course pare P art |e qu’ils veulent. Ceux qui manquent de ferfen^n ^ léchés se servent d’un bois , qui étant durci aure ánv P" 6 Cec * e Avères à l’acier. A force de faire la guer-p s P3gnoís , ise ont gagné des cuirasses 8c toute

Cr , Ure .’ , r £ eux Hui n’en ont pas , s’en font de cuir1 ,. 1 ^ :e " t a l’épée , Sc ont cet avantage fur lesle e CS n 1 "^égeres 8c peu embarrassantes dans

chan, reste, ils n’ont point d’armes uniformes,

Lei” 6 Cr * a *° n ^ selles qu’íl manie le mieux,dtons r ma ^ iere de combattre est de former des esca-les . dê quatre-vingt ou cent hommes , armés

quand I C P^H^8 8c les autres de flèches , entremêlés;aux autr S ^ >, r In í ers ^hut forcés, Ils se succèdent les unsrompu. C T| 1 VltG ' ne P ar °ît pas qu’ils ayent étéau Près d 1 ° nt tou î ours bain de s’assurer une retraiteque dan« e ? aCS .?, u des marais , où ils sont plus en furetéavec ben,, 3 ^ 11161 j GU L e forteresse. Ils marchent au combatdes armes C pefnr<4 au son de íèur tambour , avec

Mes. Avant ip. j ’ a *L te ornée de pennaches de plu-Av,nt de donner bataille, le général f,i, ordinai-

C HI z8i

rement une harangue , après quoi ils frapent tous despieds, Sc jettent tous des cris épouvantables pour s’en-courager'au combat. Quand ils sont obligés de lé fortifier,ils font des palissades , ou ils se retranchent seulementderriere de gros arbres ; au devant ils font, de distance endistance, des puits dont ils hérissent le fond de pieux plan-tés debout avec des épines, Sc les recouvrent de gazon,afin qu’on y seít trompé ; malheur à ceux quí donnentdans leurs pièges » car ils les déchirent > leur arrachentle cœur, qu’ils mettent en morceaux, 8c se jettent fur leursang comme des bêtes féroces. Si c’est quelqu’un de con-sidération, ils mettent se tête au bout d’une piqué, boi-vent ensuite dans le crâne dont ils font enfin une tasse »qu’ils gardent comme une marque de triomphe; des osdes jambes ils font des flûtes pour les réjouissances.

Les fêtes qu’ils se donnent, consistent en une yvro-gnerie 8c une crapule qui les portent aux plus horriblesviolences. Ils chantent, dansent à leur maniéré , Sc boi-vent jour 8c nuit jusqu’à ce qu’ils ayent épuisé la provi-sion de chicha qu’ils ont apportée. C’est une boisson dontla composition fait bondir le cœur , 8c dont ils font pour-tant leurs délices. Quelques-uns meurent de ces excès.

Leur nourriture ordinaire, chez eux, est de pommes deterre ou topinamhous , qu’ils appellent Papas , d’ungoût assez insipide ; du maïs en épi, sitnplement bouilliou rôti ; de la chair de cheval & de mulet, 8c presquejamais de bœuf, qui leur fait mal au ventre , à ce qu’ilsdisent. Ils mangent le mais de différentes maniérés , ousimplement bouilli dans de l’eau , ou rôti parmi du fabledans un pot de terre, 8c mis ensuite en farine mêlée avecde l’eau ; c’est ce qu’ils appellent Oullpo quand elle estpotable, 8c Rubull, quand ils en font une bouillie épaisseavec du piment 8c du sel. Lorsqu’ils passent dans un en-droit où il y a de l’eau, ils la mêlent dans une corne ap-peilée Guampo , qu’ils ont toujours pendue à l’arçon dela selle, 8c ils boivent Sc mangent ainsi sens s’arrêter.Leur boisson est la Chicha. Il y en a de deux fortes ; laplus commune est celle de mais qu’ils font tremper jus-qu’à ce qué le grain crève, comme si on vouloit en fairede la biere, ensuite ils le font bouillir, 8c en boiventl’eau froide. Ils en ont d’une autre forte qui se fajt d’unexnaníere très-dégoutante , qui a une couleur de vin deBourgogne, 8c un goût sort qui enyvre pour long-tems.Leut maniéré de manger chez eux est de se ranger enrond ventre à terre appuyés fur les coudes, 8c de se faireservir par leurs femmes. Les Caciques commencent â seservir de tables 8c de bancs , a l’irnitatíon des Espa-gnols.

Leur couleur naturelle est basennée, tirant à celle ducuivre rouge , en cela différente de celle des Mulâtres,qui proviennent du mélange d’un blanc 8c d’une négres-se. Cette couleur est générale dans tout le continent del’Amérique, tant méridionale que septentrionale.

Les Indiens du Chili sent de bonne taille; ils ont lesmembres gros, l’estomacSc le visage larges, fans barbe ,peu agréables, les cheveux gros comme du crin 8c plats,en quoi ils différent encore des Noirs , 8c des Mulâ-tres. Ils les ont ordinairement noirs ; 8c il est rare d’entrouver qui tirent fur le blond. Les Puelches se les cou-pent à la longueur de l’oreille , Sc ont les yeux extrême-ment petits, ce qui rend les femmes hideuses. Ils n’onttous naturellement point ou que très-peu d’autre barbeque des moustaches, qu’ils s’arrachent avec des pincet-tes de coquillage. II s’en trouve parmi ceux de la plai-ne qui ont le. teint blanc 8c un peu de ronge au visage.Ceux-ci. sont sortis des femmes prises dans les villes es-pagnoles, que les Chiliens ont détruites; savoir, An-gola, Villarica, Impérial, Tucapel, Baldivía 8c Osorno,d’où ils enlevèrent tout, séculières Sc religieuses, des-quelles ils ont eu des enfans quí conservent encore unpeu d’inclination pûur la nation de leurs meres, d’oùvient qu’ils sent presque toujours en paix : tels font ceuxdu côté d’Arauco, quoique leur pays soit le théâtre dela guerre qué font leurs voisins. Depuis ce tems-là onn’a plus souffert de couvents de religieuses hors de Sant

La maniéré de s’habiller des Indiens du Chili ' Est sisimple qu’à peine sont-ils couverts ; ils ont une chemi-sette qui leur va à la ceinture » fermée de maniéré qu’iln’y a que le paílage de la tête & d’un bras pour la met-tre ; ils rappellent Mas un', tin* «loté ouverte toyt le