;88 C HI
tifié d’une double ïm triple muraille. Op voit par-la queTordre militaire a 253 7 places, qui» jointes à celles del’ordre civil, font le nombre de 4402. OutreScêla il y aen-deçà & au-delà de la muraille» qui divise la Chinede la Tartarie 3000 tours appellees Tai; chacune des-quelles a son nom propre. II y n toujours une garde 8cdes sentinelles , qui donnentl’alarme sitôtqu’elles apper-çoivent Tennemi, en faisant le signal de jour avec unétendard , 8c de nuit avec un flambeau allumé ; de sorteque si on les mettoit au nombre des places de Tordre mi-litaire, elles feroíent un huitième ordre, & en tout 5357.II y a 150 ans, qu’un mandarin, du suprême tribunal desarmes , composa deux volumes qu’il dédia à l’empereur,& intitula : Kieu-Pien-Tououxe s c’est-à-dire , Descrip-tion-pratíque des neuf frontières ; voulant dire les neufsquartiers ou districts, en qui il avoit divisé la grandemuraille. On voit en trois cartes tous les lieux mon-tueux qui font inaccessibles; Sc dans 129 autres, il faitvoir qu’il faut 1327 forteresses, tant grandes que peti-tes, pour empêcher le passage des Tartares. Si les Chi-nois n’avoient pas été paresseux, poltrons, avares Sc Binfidèles à leurs rois, jamais les Tartares n’auroient pupasser la muraille, ni entrer dans les forteresses si biendisposées dans les lieux nécessaires , 8c si fortes par T artSc par la nature; eníorte que , comme on lit dans les his^toires anciennes , & comme il est arrivé de notre tems »les Tartares ne font jamais entrés dans la Chine , que latrahison des soldats ou T avarice des commandans , neleur ait facilité l’entreprise, recevant eux-mêmes la moi-tié du butin, toutes les fois qu’ils ouvroient les portesaux ennemis; 8c à la fin ces traîtres ont mis le royaumele plus riche 8c le plus peuplé du monde , entre les mainsd’un petit nombre de sauvages 8c de demi-barbares. Ontrouve encore dans ce livre, la grande quantité de sol-dats qui faiíoient la garde sor cette frontière , au nom-bre de 902054; les troupes auxiliaires qui se rendoienten cet endroit, lorsque les Tartares vouloient tenterd’entrer dans le royaume, étoient au nombre de 389167cavaliers, qui dévoient toujours être prêts, selon lecompte de l’auteur, qui fait monter la dépense que de-voit faire l’empereur tous les ans, pour la paye des offi-ciers 8c des soldats , à la somme de 2203400 léans, quiíont d’environ cinq livres lapiéce. Par ce nombre , des-tiné a la garde des frontières contre les Tartares, onpeut facilement juger de la quantité de ceux qui fontemployés fur les confins des provinces, dans les cités ,villes 8c lieux murés de l’empire, n’y en ayant point quin’aít fa garnison. On en compte 767970 , qui en tems depaix , gardent 8c accompagnent de jour les mandarins ,les ambassadeurs, Sc autres personnes logées aux dépensdu roi, 8c de nuit font sentinelle auprès de leurs barquesou de leurs logemens ; lorsqu’ils ont fait une journée dechemin, ils s’eri retournent Sc d’autres prennent leurplace. Le nombre des chevaux que l’empereur entre-tient seulement pour ses troupes dans certains postes ,monte à 564700, 8c les soldats, aussi bien que les che-vaux, doivent être toujours tout prêts; mais quand il ya guerre ou quelque révolte , les troupes qui s’assemblentau rendez-vous ne se peuvent pas nombrer. Le royaumede la Chine, selon le calcul du P. Couplet, contient11502872 familles ou maisons , fans y comprendre lesfemmes Sc les enfans , les mendians , les mandarins, em-ployés, les soldats, les bacheliers, les licentiés,les doc-teurs, les mandarins hors d’âge, toutes les personnesqui vivent sur les rivières, les bonzes, les eunuques, 8ctous ceux qui font du sang royal, parce qu’on ne compteque ceux qui cultivent la terre, ou payent des taxes àl’empereur. II y a dans tout Tempire, selon le même au-teur 597883 hommes ou mâles. Le P. Daniel Bartholí,fait monter le nombre des habitans de tout l’empire dela Chine , fans excepter aucun âge, sexe, ou condition,jusqu a 3000000 00 d âmes; nombre trois fois plus grandque celui qu’il y a en France. Mais parce que ce peredonne plus au tout qu il n a, 8c qu’il ôte aux parties lenombre effectif qu elles ont, on ne peut pas compterfur ce qu’il rapporte. Gemelli Carect, témoigne avoirfait ses efforts pour s’éclaircir de ce point avec les PP. dela Compagnie ; mais il ne trouva personne dmsentimentdu P. Bartolí, non plus que les miffionnaires^es autresordres, dont les uns avoient passé 20 ans, d’autres 30,dans cot empire , qui pouvoient bien mieux le savoir que
CHI
ce Pere, qui ne T avoit qu’ouï dire parce qu’ils conver-sent tous les jours avec les mandarins 8c les grands sei-gneurs qui savent cette matiere-là à fond, comme étantobligés de compter le peuple pour lui faire payer la taxeimpériale. La plus grande différence que Gemelli Ga-rer! a trouvé dans toutes les informations qu’il en a euespendant son séjour à la Chine, n’a été que de5000000»quelques-uns lui disant que tout Tempire contenoít200000000 ; 8c quelques autres qu’ils avoient trouvédans les livres Chinois 200000000 ; cette différence pou-vant arriver dans l’íntervalle de deux ou trois ans. Pourrendre plus clair ce que Ton a dit, je crois qu’il ne ferapas hors de propos de mettre ici la table, que Ton trou-ve dans le P. Couplet.
Prov. Metr.
Cít.
Famil.
Homro.
I
Pékin
8.
* 35 -
418989.
3452254
II
Channsi
5 -
92.
589659.
5084015
III
Xenli
8.
107.
831051.
3934x76
IV
Channton 6.
92.
77 ° 565 -
6759688
V
Honan
8.
100.
589296.
5106270
VI
Suchuen
8.
124.
464129.
220457°
VII
Huquang
* 5 -
108.
531686.
4833590
VIII Kiangsi
iZ-
67.
1363629.
6549800
IX
Namcin
14.
no.
1969816.
9967429
X
(Jhekian
II.
6;.
1242135.
4525470
XI
Fokien
8.
48.
509200.
1802677
XII
Quanton
10.
73 -
483360.
1978022
Xíli Ouangli
11,
99.
186719.
1054760
XiV Yunnan
22.
84.
132958.
1433100
XV
Queïcheu 8.
10.
453 °?-
231365
1
55 -
13x2.
10128487.
58917183
* Gemelli Car en , Voyages, t. 4, p. 200.
On compte dans l’empire 3636 hommes illustres, &renommés pour leur vertu, leur science, leur courage 8cautres qualités remarquables. II y a auffi 208 , tant filles,que veuves, qui, par leur chasteté 8c par des actions hé-roïques , ont mérité un nom éternel, 8c sont célébrésdans les livres chinois , comme dans les temples, parleurs inscriptions. II y a 185 mausolées, fameux pour leurstructure 8c leur richesse. II est défendu, sous de grossespeines, de faire enterrer les morts dans les villes, mais011 les peut transporter d’un lieu à un autre hors les murs.On compte 480 temples d’idoles , célébrés 8c fameux*tant par leur magnificence que par des miracles préten-dus,. Il y a plus de 350000 bonzes qui habitent ces tem-ples, 8c les autres de Tempire. Déplus on voit dans Tem-pire 709 temples que les Chinois ont bâti en divers temsen mémoire de leurs ancêtres , 6c qui sont considérablespour leur architecture 8c leur beauté. Les Chinois ont cou-tume de donner de grandes démonstrations de tenderessepour leurs parens après l'eur mort ; 8c pour cet effet ilsfont bâtir, à grands frais, de magnifiques sales, dans les^quelles, au lieu de statues , ils mettent des inscriptionsavec les noms de leurs ancêtres. II y a certains jours deTannée où tous ceux de la famille s’assemblent dans cettesale , se prosternent en signe d’amour 8c de respect,leur offrent des parfums , après quoi ils font un repasoù il y a plusieurs tables très-bien arangées 8c magnifiaquement servies. On voit 2099 àtues antiques Sc fa-meuses , outre les peintures 8c les vases célébrés. O* 1compte dans la Chine 1472 , tant grands fleuves qN?fontaines célébrés par les eaux chaudes & médécinales >8c lacs renommés par la quantité de poissons. II y a en-viron 300 montagnes très-fertiles par les sources, 8c fa-meuses , soit par les herbes, soit par les excellens miné-raux qu’on y trouve, ou par leur hauteur excessive-compte autant d’écoles 8c debâtïmens publics, érigés estl’honneur de Confucius, le grand philosophe de cetpire, qu’il y a de villes. II n’est pas facile de pouvoircouvrir le nombre prodigieux des étudians , mais il Yplus de 900000 bacheliers. Outre les 32 palais q uípartíennent aux petits rois , il y en a par tout po»rministres du royaume selon leur dignité. * Gemellireri , Voyage du tour du monde, t. 4, p. 224. ^
II y a dans le royaume divers canaux , quí 01ltcreusés avec peine Sc travail, afin que le pays ^ tant f aC í-rosé fût plus fertilç, 8c que les habitans pussent psi ,s