Band 
Tome second. C - F.
Seite
389
JPEG-Download
 

CHI

Lment envoyer 8c transporter leurs marchandises. Fourcet effet, l’empereur Yvo, tira la rivière de To, de celleíl? Kiang, & la conduisit par le Suchuen, jusqu "à Xinfqn.

. ans l e Chekiang, la plupart des rivières y font artifi-cielles revêtues des deux côtés Sc pourvues de ports.

Nicolas de Graaf, Voy. aux Indes , c, 13, p. 162.ne n vo ^ àNimpo, qui est la neuvième métropole duoeKiang , une de ces rivières artificielles » dont les0r ds font revêtus de pierres & garnis d’arbres. II y acanal considérable qui a été tiré depuis la riviere dej^ankjng , jusqu’à la riviere Jaune, qui est au nord, Sc.la jusqu^à celle de Tamputia . près de la ville de Tien-den^ay tout proche de Pékin. Ces rivières font ap-P.ellées les canaux royaux > Sc font revêtues de pierres dechaque côté avec des chemins pavés par tout Sc plantésQ arbres, Sc pourvues d’éclufes de pierre 8c de ponts oùJ 1 est nécessaire.

On dit que dans ces deux grands canaux royaux, il ya 5 ^ grandes écluses de pierres qui fervent à retenir l’eaua la laisser couler, selon qu'ils en ont plus ou moinse besoin, principalement pour les champs de riz ; carle tir a trop d’eau il pourrit, Sc s’il en a trop peu il fé-j he ’ Ainsi par le moyen de ces écluses ils font venirans la campagne précisément autant d’eau qu'íl leurea faut.

Voici les grands ponts de la Chine. Celui qui est dans,, e Kiangsi 8c un autre auprès de la ville de Chancheu, àendroit où la riviere de Kiang Sc celle de Kan, fe joi-Snent. Celui-ci est fur 130 bateaux qui font attachés l’una 1 autre par une chaîne qu’011 peut ôter pour laisserPasser les bateaux qui remontent ou qui descendent lajjyiere. II y a un pareil pont dans la grande ville deCieucheu, il est fur 35 bateaux. On volt dans le Che-Clan g, un pont merveilleux dans une vallée entré deux

ttlOttti

agnès.

Oans Focheu , premíere ville capitale de Fokien, il^ a Un pont de pierres qui a 150 toises de long 8c 100arcades , toutes faites fort artistement, avec des garde-°Us & des ornemens de sculpture à la chinoise,j a encore dans lè FoKÍen, un pont fur la. riviere°yanglong de 3 do toises & de près d’une toile de lar-fini est fait aussi avec beaucoup d’art.

^°®me tout le royaume est pourvu de rivières 8c dea aux, il y avoit quantité de chemins impraticablesì ont été élargis Sc rendus commodes. Dans le Fo-nn \ PI ^ S Hen S hoa ’ ^’une de ^ es métropoles , il y aj a c hemin de quatre lieues de long & d’une toise dep/Ss > qui est entierement pavé de grandes pierres &d "tè d'arbres avec des reposòirs pour les passans. Prèsun V ^ e f^oanting, entre deux montagnes , il y ad e Profonde vallée , qui est pavée pendant Fespace de* ^eues. Sur la montagne de Mehi , qui est géné-effr ^t fort sauvage , il y a dans une vallée un cheminY .i.^blement profond qui est pavé. On a fait un mer-rQc ^ eilx passage dans la montagne de Cô , à travers laPar d ’ P Y a Plusieurs montagnes où l’on peut monterl es ^Jj^rges degrés de pierre, comme,par exemple cel-II 6 ^ an guen Se de Hinglang.

Co ^ a de hautes montagnes d’une étrange figure ,n ois me Jai, Taxe, Fang, Chanping Sc Fung. Les Chi-Q Ue j etl Apportent des fables pleines de merveilles,pés, iç Ues ~ Unes de ces montagnes font des rochers escar-des. Ij S autr es font pointues par le haut, plates ou ron-Ca Vern^ & au ^ as ^ es vallées affreuses, des trous Sc desfiuefois S ' oà l’on peut aller fort avant, Sc même quel-tagne s •i^ a í Per tout au travers. Mais de toutes ces mon-font D \ y en a point de si merveilleuses que celles quides C £ CS * e ^ancheu , Se qu’on appelle les montagnesavec 1 n< ^ ? etes du Cheval , à cause de leur ressemblancefetn etl ^ tete de cet animal. Celles-ci ont été merveílleu-de tra v ^i a ^° nn ^ es de pierres avec beaucoup de peine 8c

princmal t î Uantl * t è de cascades ou chutes d’eau, dont lapas IqJj, j’ ^ c elle qui mérite le plus d’attention , n’estCo mme e "| a ville de d’Hoaymingam ; l’eau tombe lafort éffvá r oêgrés dáns trois précipices , & d’un rocheràomm a 7^^ un grand bruit.

^oit, danTi eS , font curieux en bâtimens , on

pierre» c K *^ art des villes, de belles tours bâties detrais H r>’v°a n p'f» OU j eS ^ tes do figures relevées en bosse;st n y a nen dans ce genre où il paroisse plus d’art

CHI 389

& plus.de somptuosité.que dans la tour de Nankin, quiest octogone 8 c toute bâtie de porcelaine depuis le basjusqu’au haut, ayant neuf galeries l’une fur l’autre, tou-tes ornées de fenêtres , de balustrades., de festons enrelief, Sc où l’on monte par 184 degrés. Le nombre deces tours est de 115 9, en y comprenant les arcs de triomphede pierres cizelées à travers lesquels on passe , & q U font été érigés à l’honneur de quelques hommes illustres.

Comme la Chine est fort étendue , la nature des ter-res en est différente , selon leur situation particulière,ç’est-à-dir.e, selon qu’elles s’éloignent ou qu’elles Rap-prochent davantage du midi. ïly a, comme par tout ail-leurs , des montagnes Se des pleines, mais. les pleinesf° nt t si unies, qu’il semble qu’on fe soit attaché depuisla fondation de l’empire à les égaler & à en faire des jar-dins. Les Chinois , qui rendent leurs terres si fertiles àforce de les arroser, n’ontpoint trouvé de meilleur moyenpour distribuer l’eau également, que de mettre toutesles terres de niveau. C’est ainsi qu’ils en usent , mêmedans la culture des collines, car ils les coupenf par éta-ges 8c par degrés depuis le pied jusqu’au sommet, afínque les pluies fe répandant également par tout, n’entraî-nent pas avec elles íes semences Sc les terres.

Ils ont comme forcé la nature, en faisant par artificedes plaines ou elle avoit formé des : montagnes; & c’estune chose bien agréable que la vue d’une longue fuite decollines entourées, 8c comme couronnées de cent ter-rasses qui fe surmontent les unes les autres en fe rétré-cissant , Sc dont les terres font aussi abondantes que lesplaines les mieux cultivées. II est vrai que la plupart desmontagnes de la Chine ne font pas pierreuses commeles nôtres , la terre en est même légere , poreuse, facileà couper; Sc ce qui est surprenant , si profonde dans laplûpart des provinces, qu’on y peut creuser trois & qua-tre cens pieds fans trouver le roc. Cette profohdeur necontribue pas peu à Fabondance , parce que les sels quitranspirent continuellement renouvellent le terroir , Screndent le pays toujours fertile.

Mais les montagnes de toutes les provinces ne fontpas de la même nature , fur-tout celles de Chensi , deHonan, de Canton 8c de Fokien. Ces dernieres , qu'o»

11e cultive gueres , portent des arbres de toute espèce,grands , droits , propres pour les.édifices , ,8c fur-toutpour la construction des vaisseaux. Les marchands fontaussi grand commerce de ces arbres ; après avoir coupétoutes les branches ils en percent les extrémités du troncpour les attacher fortement ensemble. Etant ainsi liés80 ou 100 ensemble ,' on en joint un si grand nombre àla queue les uns des autres, qu’íl fe fait une espèce dechaîne longue d’un quart de lieue , qu’ils traînent desprovince en province par le moyen des canaux 8c desrivières. Sur ces arbres ainsi disposés ils pratiquent plu-sieurs petites maisons assez commodes , où le marcha, davec fa famille Sc ses matelots couchent durant i-, utle voyage , qui dure quelquefois trois ou quatre moisentiers.

II y a d’autres montagnes qui font encore plus utilesau public par leurs mines de fer, d’étain , de cuivre, demercure , d’or Sc d’argpnt. IF est vrai qu’on ne creuseplus celles d’argent, soit parce qu’il y en a suffisammentdans l’empire, soit parce qu’on ne veut pas sacrifier lavie du peuple dans un travail si pénible. Pour ce qui estde For, les torrens en entraînent beaucoup dans la plai-ne, Sc il y a une infinité de gens qui n’ont d’autre métierque de le chercher. On le trouve dans la boue Sc parmile fable.

On volt dans ces montagnes des grottes célébrés oùles bonzes menent une vie fort austere ; mais pour unpetit nombre qui vit avec édification, il y en a une in-finité d’autres, dont les .vices font horreur, qui font mé-prisables aux gens de qualité 8c que le peuple souffre àpeine par un faux zélé de religion. Les temples les plusfameux font aussi bâtis dans les montagnes. On y vientde 200 lieues en pèlerinage, 8c lé ^nombre des pèlerinsest quelquefois si grand, qu’ils font dans les chemins desespèces de processions. Les femmes fur-tout u’y man-quent pas ; Sc rien rie leur plaît tant que la quante depelerines : car n’ayant point d’autres occasions de paroi- ^tre au-dehors, elles font ravies de voir un peu le mondepar dévotion. IVÎaís comme ces voyages n augmententpas toujours leur vertu , les maris qui craignent les fui-