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îes, n’aiment pas trop ces confréries : aufli n’y voît-onpresque jamais que des personnes du commun ; & lesgens de qualité obligent presque toujours leurs fem-mes de renfermer leur ferveur dans 1 enclos de leurs
Si après avoir vu les montagnes de la Chine, on jetteles yeux fur le plat pays ; o* trouvera que les Chinois,quelque outrés qu’ils soient dans l'idée qu'ils fe sont for-mée de leur empire, auroient de la peine à inventer riende plus beau que ce que la nature leur a donné. Toutesles plaines en sont cultivées , on n’y volt ni-haies » nifossés , ni presque aucun arbre , tant ils craignent de per-dre un pouce de terre. En plusieurs provinces , elles por-tent deux fois l’an , Sc même entre les deux récolte^ ony semé de petits grains & des légumes. Toutes les pro-vinces qui font au nord & à l’occident, comme Pékin,Chansi, Chensi, Suchuen , portent du froment, de l’or-ge, diverses fortes de millet. du tabac , des pois noirs& jaunes, dont on se sert au lieu d’avoine , pour en-graisser les chevaux. Celles du fnidi, Sc fur-tout Hu-quam , Nankím > Chequiam , portent du riz, parce queles terres font basses & le pays aquatique. Les labou-reurs en jettent d’abord les grains fans ordre ; enseitequand l'herbe a cru environ de deux pieds , ils l’arra-chent avec la racine , ils en font des bouquets ou despetites gerbes qu’ils plantent au cordeau & en échiquier,afin que les épis appuyés les uns fur les autres se sou-tiennent facilement en l’air Sc soient plus en état de ré-sister à da violence des vents ; de maniéré que les plei-nes ressemblent psetôt à de vastes jardins , qu’à unesimple campagne.
La terre y porte toutes fortes de fruits ; on y mangedes poires, des pommes, des pêches, des abricots, desfigues , des raisins & fur-tout d’excellens muscats. On yvoít aussi des grenades , des noix, des châtaignes , Scpresque tous les autres fruits de l'Europe. Leurs olivessont différentes des nôtres; on n’entire point de d'huile,peut-être parce qu’elles ne font pas propres à cela; peut-être aufli parce que les Chinois , ne s’en font pas encoreavisés. Généralement parlant tous les fruits , qui leurfont communs avec nous , excepté les grenades 8c lesmuscats , ne font pas comparables aux nôtres , parcequ’ils n'ont pas l'art de les enter. Mais il y a trois fortesde melons, tous admirables dans leur genre; les uns fontfort petits, «aunes au-dedans , Sc d’un goût sucré, qu’onmange avec la peau , comme nous mangeons ici lespommes : ils ne font gueres communs que dans le Chensi ;les autres extrêmement gros 8c longs, dont la chair estquelquefois blanche 8c quelquefois rouge » quoíqu’ilssoient pleins d’une eau fraîche 8c sucrée , jamais ils nefont mal , Sc on en peut manger fans crainte dans lesplus grandes chaleurs on les nomme melons d’eau ; ily en a dans toutes les Indes Sc ceux du territoire de Lou-yeau, à Siam, font d’un goût merveilleux : la troisièmeespèce est semblable à nos melons ordinaires. Outre lesfruits qui nous font connus en Europe, on en trouve àla Chine , plusieurs autres que nous n’avons pas. Le plusdélicat se nomme Letchi , Sc fe trouve dans la provincede Canton. 11 est de la grosseur d’une noix » le noyaulong Sc gros paroît couvert d’une chair molle pleine d’eau& très-agréaole au goût. Cette chair est renfermée dansune écorce chagrinée en dehors, fort mince, & terminéeen pointe comme un mus. Quand on en mange beau-coup , on en est ordinairement incommodé , & il est sichaud qu’ il fait sortir des furoncles partout le corps. LesChinois le laissent sécher dans l’écorce même où il de-vient noir Sc ridé comme nos pruneaux. On en mangeaufli toute l’année , §c l’on s’en sert ordinairement dansle thé, pour lui donner un petit goût aigre , qu’on aimebeaucoup mieux que la douceur du sucre. Dans la mêmeprovince Sc dans celle de Fokien, on mange un autrepetit fruit que les gens du pays appellent Lon-yen‘, c’est-à-dire œil de Dragon .Les arbres qui le portent font grandscomme nos noyers La figure de ce fruit est tout-à-faitronde , l’écorce extérieure unie Sc grise ; mais íùr la finelle tire fur le jaune. La chair en est blanche , aigre ,pleine d’eau Sc plus propre à amuser ceux qui n’ont pointd’appetít qu’à raílàsier quand on a faim ; il est extrême-ment frais » & ne fait point de mal. Le $e'z.e, autre sortede fruit, particulière à la Chine, croît presque dans tou-tes les provinces , il y en a , comme des pommes, de
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plusieurs espèces : ceux des terres méridionales font d’ustgoût fort sucré Sc se fondent dans l’eau.Dans le Chansi Scle Chensi,ce fruit est plus ferme, plus gros, mieux nourri,Sc plus ailé à coníerver. La peau de ceux qui viennentau midi est délicate , unie, transparente Sc d’un rougeéclatant, lur-tout quand le fruit est bien mur. Quelques-uns ont la figure d’un œuf ; ils ont des pépins noirs Scaplatis ,1a chair en est glaireuse 8c pleine d’eau; de fortequ’en suçant par un des bouts » on attire tout le fruit dansla bouche , Sc c’est ainsi qu’on les mange. Quand on lesfait sécher comme nos figues , ils deviennent farineux Scse couvrent peu à peu d’une croûte sucrée , qui leur don-ne un excellent goût. Ceux du Chansi, comme j’ai dit,font plus fermes, plus gros, Sc ont la chair semblable àcelle de nos pommes ; mais la couleur en est différente :on les cueille de bonne heure, afin de les laisser mûrirfur la paille, ou bien on les met quelque tems dans l’eauchaude pour leur ôter un goût âpre Sc désagréable qu’ilsconservent presque toujours fur l’arbre. Au reste lesChinois, ne se donnent pas beaucoup de peine pour lescultiver , parce qu’ils viennent d’eux- mêmes , 8c quetoute forte de terre leur est bonne. Les ananas, les goïa-ves, les cocos Sc quelque autres fruits que les Indes leuront fournis font connus par une infinité de relations.Mais je ne puis m’empêcher de dire un mot de leursoranges, qu’on nomme en France, oranges de la Chine ,parce que celles que l’on y vit la premiers fois en avoientété apportées. Le premier 8c unique oranger, duquel,à ce qu’on dit, elles font toutes venues , fe conserveencore à Lisbonne , dans la máifon du comte de S. Lau-rent; 8c c’est aux Portugais que nous sommes redevablesd’un si excellent fruit ; mais ils n’en ont que d’une es-pèce, quoiqu’il y en ait à ia Chine de plusieurs sortes.Celles qu’on estime le plus, 8c qu’on envoie par raretédans les Indes , ne font pas plus grosses qu’une boulede billard, la peau en est d’un jaune tirant furie rouge,'fine, unie , 8c extrêmement douce : cependant les gros-ses paroissent meilleures à quelques-uns, fur-tout cellesde Canton. On en donne communément aux malades,avec cette précaution , qu’il faut auparavant les ramollirau feu ou sous la cendre chaude ; après quoi on les coupepour les remplir de secre, lequel s’incorporantpeu à pettavec le sec en fait une eau très-douce Sc très-saine : íln’y a rien de meilleur pour la poitrine. Les limons , lescitrons ; 8c ce qu’on appelle dans les Indes les Pampfi-limouscs.y font aussi très-ordinaires, 8c pour cela mêmemoins estimés qu’en Europe : mais on cultive avec grandfoin une espèce particuliers de citronniers , dont lesfruits font de la grosseur d’une noix, parfaitement ronds,verds , aigres, Sc excellens pour toute sorte de ragoûts.
Mais de tous les arbres qui croissent dans la Chine,celui qui porte le soif est le plus admirable. Il est de lahauteur de nos cerisiers , les branches en font tortues,les feuilles taillées en cœur, d’un rouge vif 8c éclatant;l’écorce unie , le tronc court, la tête arrondie Sc chargée.Le fruit paroît renfermé dans une écorce partagée esttrois portions de íphere, qui s'ouvre par le milieu quandil est mur, comme celle de la châtaigne, 8c qui découvretrois grains blancs de la grosseur d’une petite noisette.Toutes les branches en font couvertes 8c ce mélange deblanc 8c de rouge fait, à la vue, le plus bel effet du mon-de; déserté que la campagne, où ces arbres sentordinc-
rément plantés en échiquier, paroît de loin un vaste paf”terre, couvert de pots Sc de bouquets de fleurs. Ce qu’i*y a d’admírable, c’est que cette chair blanche qui couvr®le noyau , a toutes les qualités du fuis ; la couleur, 1’°'deur, la consistence ; tout en est parfaitement semblable :aufli en fait-on des chandelles après l’avoir fondue; esty mêle seulement un peu d’huile , pour en rendre la Pplus molle 8c plus douce. Parmi les arbres extraordinai-res de la Chine, on ne doit pas omettre ceux qui P 01 ^tent le poivre, non pas un poivre semblable à celui donnous usons en Europe, Sc que les Indes seules four stlSsent, mais une autre espèce de grains qui ont à P e ^près les mêmes propriétés. Ils viennent fur un , ar "j ggrand comme nos noyers , de la grosseur d’un pois» ^couleur grise » mêlée de quelques filets rouges: q ua0 j_ils sent murs , ils s'ouvrent d’eux mêmes Sc font P ar ^tre un petit noyau noir comme du javet. L’odeur en ^si forte qu’on ne peut fans s’incommoder notable^demeurer iong-tems fur l’arbre pour les cueillir : alst