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faut se retirer bientôt & y revenir à díveríes fois. Aprèsavoir exposé ces grains au soleil, on jette le noyau quiest d’un goût trop fort 8 c trop âpre ; mais son écorce des-^echée, quoique moins agréable 8 c moins piquante quen °tre poivre ordinaire , ne laisse pas d’être d’un assezb°n usage dans les ragoûts.
Si ce qu’on a écrit du petçî étoit vrai, ce íëroit unec bose bien merveilleuse. C’est une espèce dé nénufar oude nymphée qui croît dans seau, dbnt la racine est at-tachée à une substance blanche, couverte d’une peau rou-§ e - qui se partage en plusieurs gousses ; quand il estfrais , le goût en est semblable à celui de la noisette. Onassuré qu’íl a la propriété d’amollir le cuivre dans labouche, 8 e de le rendre , si j’ofe ainsi le dire , comestiblestuând on les mêle ensemble. J’aí eu, dit le pere le Comte,Jésuite, la curiosité d’en voir faire l’expérience: on mê-la un double de la Chine, de cuivre fondu , fort aigre8 c fort cassant, avec un morceau de cette racine; l’un deceux qui avoít les meilleures dents rompit le double enplusieurs morceaux ; les autres qui craignoient de s'in-commoder n’en purent venir à bout. Les morceaux dudouble rompu étoient cependant très - durs , ce qui fitjuger que le petçi n’avoit eu d’autre esses enenvelopantlu cuivre, que de conserver les dents, 8c de leur donnerplus de force pour le rompre íans s’íncommoder ; cefiu'iin peu de cuir eût pu faire auffi bien que ce fruit :pour s’en convaincre on réitéra Inexpérience , 8c on íèfrrvit de cuivre battu, fur lequel, ni les dents , ni lePetçi ne firent aucune impression ; tant il est vrai qu’ilfaut écouter les choses extraordinaires plus d’une foisavant que de les croire, si l’on ne veut pas y être trompé.* Le pere le Comte , Mémoires fur i’état présent de laChine , t. i, lettre 4 .
Parmi les simples que produit la Chine , on remarquela rhubarbe » le thé Se le gin-seng. La rhubarbe, que lesChinois ( a ) nomme Taihoang , croît dans les provincesde Chensi&Suchuen , ou elle estplantée 8c cultivée avecbeaucoup de foin; ses feuilles font semblable à celles duchou. Toute celle qui fe voit en Europe , vient de laChine 8 c de la Tartarie : il n’en croît point ailleurs.Quoique l’on trouve du thé au Japon 8c à Siam; on peutdire cependant qu’il n’y a point d’endroit où il vienneftdeux.áe en plus grande abondance qu’à la Chine, íìir toutdans la province de Nankin. II y en a de plusieurs espèces.
II y a à la Chine, un autre simple beaucoup moinscommun que le thé, 8c pour cela même plus estimé ; onle nomme le Gin-Seng. Gin , veut dire homme , 8cSengplante ou fimple , comme Hui dïroit simple humain, oufimple qui resemble a Vhomme. Ceux qui jusques ici ontdonné une autre interprétation à ces mots font excu-sables , parce qu’ils ne connoissoient pas la force descaractères chinois. Les favans lui donnent dans leurslivres beaucoup d’autres noms qui marquent assez le casstu’ils en font ; comme le simple spiritueux , le pur es-Prit de la terre, la graisse de la mer, le remède qui com-munique l’immortalité, Sc plusieurs autres de cette na-jjure. C’est une racine grosse environ comme la moitiédu petit doigt, 8c une fois plus longue. Elle fe divise endeux branches, ce qui fait une figure assez semblable au^° r ps humain avec ses deux jambes. Sa couleur tire fur.® jaune; 8 e quand on l’a gardée quelque teins , elle fe*me 8c fe durcit. Les feuilles qu’elle pousse font petites1 e terminées en pointe, les branches en font noires, lajUr violette , la tige couverte de poil. On dit qu’elle? en pousse qu’une , que cette tige ne produit que troistanches, 8c que chaque branche porte les feuilles qua-r e a quatre ou cinq à cinq. Elle croît à l’ombre & dansjA terroir humide; mais si lentement qu’elle n’est dansj" perfect; on qu’après une longue fuite d’années. De tous
s . cordiaux il n’en est point, au sentiment des Chinois »q 1 ; 05 't comparable au gin-seng. II est doux 8 c agréable,eff í qu ’ on Y trouve un petit goût d’amertume ; mais sestom S í° nt merveilleux. II purifie le sang , il fortifie l’es-r é v a .ír ’ d donne aux pouls foibles du mouvement, ili>L, ei la chaleur naturelle, & augmente en même temsL? lde radical, 8 tc.
apDelp ^touve encore à la Chine une forte de racinefrs Kbaìa'kbad. C’est un remède contre diver-n ’ en a a dies : Les grands en portent toujours. L’onCorr,TJl en ° ?oint aux étrangers pour ne pas empêcher letce de la rhubarlfb 8c des autres drogues.
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Ï1 y a dans là Taítafie Chinoise, au Canton de Za-"vel-zlen , une graine semblable à celle du melon, maisplus petite 8 c plus longue. Cette graine produit uneplante qu’on appell e'Booranés, c'est-à-dire, Mouton,parce qu’elle en a véritablement la forme. Cette planteest haute de trois pieds ; elle a la tête, les oreilles , 8cles pieds d’un mouton ; Mais au lieu de cornes, c’estdu poil 8c de la laine. Sa peau est belle Sc très-délicafe.Les grands du pays en font faire des-bonnets, qu’ilss’envòient.réciproquement ptiur préfens/ Sa chair res-semble à celle de l’écrevisse : Lorsqu’on coupe cetteplante, il en fort du sang, qui est tine liqueur assez agréa-ble. Lorsqu’on l’arrache , fa racine s’élevê júsqu’aunombril. Cette plante paît les herbes qui íbnt autourd’elle, 8c s’en engraisse ; mais elle íe fond, tombe 8cmeurt lorsqu’elle n’en a plus. Les loups 8c les autresbêtes sauvages se jettent fur cette plante 8 c la dévorent.* Manuscrits de la bihliotheqve du Toi.
Les Chinois, plus attentifs à leurs affaires temporel-les , 8c à faire observer les loix de l’étát, qu’à l’exer-cice d’une religion , sont commodes fur cet objet. Ilsn’ínquiettent personne ; les uns adorent des idoles ,d’autres le soleil, la lune, le bœuf, &ç. Quelques-unssont chrétiens , plusieurs, mahométans, fl y a chez euxune espece d’idolâtres, qui croient à deux principes ouêtres suprêmes. L’ùn est le créateur des âmes , & l’autrecelui des corps ; ils donnent à celui-ci le nom de nà-jaí, brûlent de í’encens devant l’idole du premier, du-quel ils croient obtenir la prudence Sç l’intellígence. Ilsdemandent des biens matériels au second , dont l’ídoíeest d’or Sc d’argent, 8c lui sacrifient les choies qú’ils'dé-sirent, comme s’ils vouloient les lui indiquer. Le peu-ple attribue la divinité à l’empereur, qu’il nomme Khà~kam. Il croît, en outre, qu’il y a 300 êtres ou dieuxinvincibles dignes d’adoration, lesquels ont été crééspar un vrai Dieu. 11 s’imagine auffi que le khakam fait"8c connoît tous les crimes que ses sujets peuvent com-mettre, Sc ils n’osent les niçr. Le khakàm , qui íeritcombien cette opinion est utile au gouvernement, n ’3garde de tirer íe peuple de cette erreur.
Manuscrits de la bibliothèque ’du roi.
Les Chinois font bazannes 8 c ont le teint olivâtre;ils font consister la beauté a être grands, gros 8c gras »à avoir le front large > les yeux petits 8 c plats » le nezcourt, les oreilles grandes , la barbe longue , Sc les che-veux noirs. Ils font propres 8c civils , mais extrême-ment avares Sc jaloux. Cette jalousie les oblige de res-serrer leurs femmes , qui y font d’une modestie affectée,8c qui n’ayant rien dé mieux a faire, passent le matinplusieurs heures à fe parer, dans la pensée qu’ellès pour-roíent être vûes, quoique , pour l’ordinaire , elles ne lesoient que de leurs domestiques. Leur avarice-est causequ’ils ne font point de difficulté de vendre leurs enfans,8c même de les noyer quand ils en ont trop ; commeils croient la métempsicofe , ils fe persuadent qu’il leurest avantageux de faire passer leurs âmes en d’autrescorps , 8c de les faire devenir eníàns d’qn homme plusriches. Ce désir d’avoír du bien fait encore qu’ils nesouffrent pas des gens oisifs- Leur naturel soupçonneux8c leur orgueil leur inspirent une grande aversion Scbeaucoup de mépris pour les étrangers. Comme ilsn’aiment point à monter les degrés ssun escalier , ilsoccupent le bas des maisons , qu’ils partagent en cham-bres 8 c en salles. L’appartement le plus ré tiré est pourles femmes , qui y font étroitement gardées , fans voirles hommes. H n’y a que la province de Yunnan oàelles aillent dans les rues comme en France. Les Chi-nois en peuvent prendre autant qu’ils en peuvent nour-rir. Ils ne íont pas si magnifiques dans leur maisonqu’en Europe. T oute la magnificence fe réduit à descabinets , des tables , des paravans de vernis, des vaíesde porcelaine. On n’y voit ni or ni argent, ni aucunsornemens superflus ; mais ces peuples font beaucoup plusmagnifiques que nous quand ils paroiffent en public.Le gouvernement, qui réglé la dépense en tout le reste »non - feulement l’approuve , mais y contribue encoreen ces Occasions. Lorsque les gens de qualité 8c lesmandarins sortent de chez eux, vont en visite , fonten voyage, íur-tout lorsqu’ils paroísiè nt devant l’em-pereur , c’ess toujours avec un train 8c une magnificen-ce qui étonne. La superbe marché de 1 empereur., quand
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