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il va su temple offrir des sacrifices, accompagné de toutce qu’il y de plus grand dans son royaume, a quelquecl, o se de bien pompeux.
Les Chinois ont l’agriculture, le commerce 8c la na-vigation en grande vénération ; ils aiment les arts, maisils font médiocres dans les sciences. Les ouvriers fonttrès-laborieux, 8c s’ils n’inventent pas aussi facilementque nous, ils conçoivent fans peine nos inventions , 8cnous imitent assez bien. La poudre â canon, l’usage dela boussole, 8c l’imprimerje, qui font des inventions asseznouvelles en Europe, font très-anciens à la Chine. Leurimprimerie est un peu différente de la nôtre. Celui quiVeut faire imprimer un livre, le fait d’abord écrire.
La langue chinoise n’a aucune analogie avec toutescelles qui ont cours dans le monde ; rien de commun nidans le son des paroles, ni dans la prononciation desmots , ni dans l’arrangement des idées. Tout est mysté-rieux dans cette langue , 8c l’on ne peut s’empêcher de«'étonner de voir qu’on en peut apprendre tous les ter-mes en deux heures, quoiqu’il faille plusieurs annéesd’étude pour la parler ; qu’on peut savoir lire tous leslivres , 8c les entendre parfaitement fans y rien compren-dre, si un autre en fait la lecture; qu’un docteur pourracomposer des ouvrages avec toute la politesse imagina-ble » Sc que ce même docteur n’en fauroit pas assez pours’expliquer dans les conversations ordinaires ; qu’unmuet instruit dans les caractères » pourroit, avec lesdoigts . fans écriture, parler presque aussi vîte qu’il estnécessaire pour qe pas ennuyer íes auditeurs; enfin,que les mêmes mots signifient souvent des choses oppo-sées , 8c que de deux personnes qui les prononceront,ce fera un compliment dans la bouche de l’un 8c des in-jures atroces dans la bouche de l’autre. Ces paradoxes ,quelque furprenans qu’ils paroissent, ne laissent pas d’êtretrès-véritables. Cette langue ne contient que 300 motsou environ , tous d’une syllabe , ce qa’on prononce aumoins d’une maniéré si ferrée, qu’on n’en distingue ja-mais qu’une. Ce peu de mots ne fuffiroit pas pours’ex-plîquer avec facilité fur toutes sortes de matières, pourfournir aux sciences 8c aux arts , pour soutenir l’élo-quence dans le discours 8c dans les ouvrages » ce qui estparmi les Chinois très-différent > si l’on n’avoít trouvéFart de multiplier le sens fans multiplier les paroles. Cetart consiste particulièrement dans les différons accensqu’on leur donne. X,e même mot prononcé avec uneinflexion de voix plus forte ou plus foible a diversessignifications. Ainsi la langue chinoise , quand on la pa r -le exactement, est une espèce de musique , 8c renfermeune véritable harmonie qui en fait i’essence Scie caractèreparticulier. II y a cinq tons qui s’appliquent à chaqueparole, selon le (ens qu’on lui veut donner. Le premierest une prononciation uniforme, fans élever ou abaisserla voix, comme si l’on continuoit durant quelque temsla premiere note de notre musique. Le second ton feprononce en baissant un peu la voix fur la seconde syl-labe , lorsque le mot est composé de deux syllabes, ous’il n’en a qu’une en prolongeant un peu la voix. Letroisième est très-aigu: dans le quatrième, de ce tonaigu on descend tout d’un coup à un ton grave : dans lecinquième -, on passe encore à une note plus profonde, sil’on peut s’expnmer de la forte, creusant 8c formantune espèce de basse. On ne fauroit fe faire parfaitemententendre en cette matière que par le langage même,
II y a une si grande quantité de foie dans ce pays» quede la feule province de Chekiang , il en fort autant quede tout le reste du monde. C’est fans contredit la plusbelle. Outre cette foie ordinaire que nous connoissonsen Europe » on en trouve d’une autre fo v rte dans la pro-vince de Chanton. Les vers dont on la tire font sau-vages , 8c on ne les nourrit point dans les maisons.Cette foie est grise 8c fans aucun lustre. II y a aparenceque les Chinois ont apris^aux autres nations l’art detravailler la foie. Mais a 1 égard du coton, ce font lesétrangers qui enseignèrent aux Chinois l’art de le semer& de s’en servir , il y a environ cinq cens ans. Depuisils en ont une si prodigieuse quantité, q Ue l a Chinefournit des étofes de coton a toutes les parties du mon-de. On trouve aussi dans ce pays une infinité de minesde divers métaux; mais les loíx du pays défendent d’ou-vrir celles d’or & d’argent, les empereurs ne voulantpas exposer la vie de leurs sujets aux vapeurs 8c aux
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exhalaisons empestées des mines. II est seulement per-mis d’amasser l’or fur le fable des rivières 8c des tor-rens. lis n’en font point de la monnoie comme nous,mais des petites pièces ou des lingots dont la valeurdépend du poids. lis n’ont que des liards de cuivrepercés au milieu d’un trou carré, âvec le nom de l’em-pereur régnant. Ils les enfilent d’un petit cordon. Enfinon tire dans la Chine quantité de minéraux, comme duvif argent, du vermillon, de la pierre d’azur , de vitriol.On y fait aussi du cuivre blanc qui n’est guere plus cherque le jaune.
Outre le commerce qui fe fait dans la Chine , d’uneprovince à l’autre , il est permis aux étrangers de venirdans les ports de l’empire, qui depuis le commencementde la monarchie leur avoient toujours été fermés. Par cemoyen les Chinois communiquent aux nations étran-gères leur foie » le coton, la porcelaine, les droguespour la médecine , le sucre, les ouvrages de vernis , 8cles autres curiosités du pays.
Ce grand état est gouverné par un empereur dont lepouvoir est fans bornes. Le respect de fes sujets pour lui»va presque jus qu’à l’adoration. On le nomme fils duciel, 8cPunique maître du monde. On le volt rarement*8c on ne lui parle qu’à genoux. Les grands de fa cour »les princes du sang, ses propres freres, fe courbent jus-qu’á terre , non-feulement en fa présence , mais encoredevant son trône. Toutes les charges de l’état fonta fa disposition. II peut ôter la vie aux princes du sang »Sc disposer, à plus forte raison, de tous fes autres sujets.Il peut déclarer la guerre , conclure la paix , 8c faire df straités aux conditions qu’il lui plaît, pourvu qu’en toutcela il conserve la majesté de l’empire II peut fe choi-sir un successeur , non-feulement parmi les princes de lamaison royale, mais même parmi fes sujets. 11 peutmême, après avoir désigné son successeur, l’exclure 8c estprendre un autre ; mais il faut de fortes raisons pourcela. Ce pouvoir absolu fur tous les états , s’étend jus-que fur les morts. II les abaisse ou les agrandit commeles vivans , pour récompenser ou pour punir leurs famil-les ou leurs personnes. II leur donne de nouveaux titresde comte, de duc, 8cc. Il peut même les canoniser, otfcomme disent les Chinois , les faire de purs esprits.Quelquefois il leur bâtit des temples » & si leurs servi-ces ont été considérables ou leurs vertus éclatantes , iloblige le peuple à les honorer comme les autres divini-tés. Dès la fondation de l’empire > il a été regardé com-me le chef de la religion qui est l’idolâtríe , 8c il n’ap-partient encore qu’à lui d’offrir en public & avec céré-monie des sacrifices au souverain maître du ciel.
L’imprimerie, qui est un art naissant en Europe, à pres-que de tout tems été en usage à la Chine ; elle est néan-moins un peu différente de la nôtre . Comme nous avonstrès-peu de lettres , 8c comme on peut en les assemblantformer de gros volumes, peu de caractères nous suffisent»parce que ceux qui ont servi aux premieres feuilles»font encore employés à toutes les autres. Le prodigieuxnombre des caractères chinois empêche qu*on n’en usede la forte, si ce n’est en certaines matières limitées qu*concernent le palais 8c les Inscriptions,, où trçs-peu dslettres peuvent entrer : dans toutes les autres occasionsils trouvent plus de facilité à graver leurs lettres fur deSplanches de bois, 8c la dépense en est beaucoup moin-dre. Voici comme ils s’y prennent. Celui qui Veut im-primer un livre, le faît prçmîeremeht écrire par uí*excellent maître. Le graveur en colle chaque feuille fu*une table bien unie » 8c ensuit les traits avec le burin »fidèlement, que les caractères marqués ont une ressem-blance parfaite avec l’orîginal, de forte que l’impreffi 01 *est bonne ou mauvaise , selon qu’on a employé un bostou mauvais écrivain. Cette adresse des graveurs est *grande, qu’on ne fauroit distinguer ce qui est ímp*' 1 ?d’avec ce qui est écrit à la main, quand on s’est servi 0même papier 8c de la même encre. Il est vrai que cet* emaniéré d’imprimer a quelque chose d’incommode,ce qu’il faut multiplier les planches autant que les st t"les , de forte qu’une chambre médiocre ne suffira P 3 ^pour contenir toutes les petites tables qui auront se sVJ ^l’impreffion d’un gros volume. Mais aussi quand lavure est finie , on n’est point obligé de tirer en M^^tems tous les exemplaires, au hasard de n’en venque la moitié. * Le P. le Comte, «Voy, des Indes, p> £ eS