400 CHI
bre jusqu’en Mai, rendent ie pays fertile , qui fans celaferait très-ftériie. Dès que les eaux font écoulées, onlaboure la terre, 8c l’on y feme du maïs » du riz, descannes de sucre, du tabac Sc des fruits de différentes es-pèces. La vigne & le froment n’y viennent point. Leschaleurs y font grandes par-tout, 8 c exceífives en quel-ques endroits : le climat y est: changeant, ce qui causedes maladies. L’apoplexie 8c la peste y font fréquentes :mais on n’en meurt que par l'ignorance des médecins ,qui ne savent que sucer la plaie malade , ou,ce qui pa-raîtra singulier, faire mourir une femme. Les (Ubiquitéscroient que les femmes font cause des maux qui leurarrivent ; Sc si un malade a envie de se défaire de laíîenne , il en avertit le médecin, qui ne manque pas delui attribuer la maladie de son mari; on la fait périr surle champ. Ces médecins font les chefs du village.
Les Chiquitos font grands, forts 8c robustes, ont dujugement Sc de la pénétration : ils font constants Scaiment la vérité : ils font peu luxurieux. La porte deleurs cabanes est si petite , qu’il faut fe mettre fur leVentre pour y passer, d’où leur est venu le nom de Cbi-quitos, qui veut dire petits : mais ils les font ainsi pourfe mettre à l’abri des moucherons, qui fans cela les dé-voreraient , aussi bien que des flèches de leurs ennemisqui les attaquent principalement la nuit. Ils ont en généralle visage fort olivâtre.
Les seuls Caciques, dont la dignité ne fe donne qu'àla valeur, peuvent avoit plusieurs femmes ; les autresn’en ont qu’une : mais ils peuvent en changer quandils veulent. Ils font guerriers', 8c fe font rendus formi-dables à tous leurs voisins. Leurs festins ,íùr-tout quandils régalent un étranger, durent deux ou trois jours,fans discontinuer, Sc ils conjurent auparavant le démonde ne point troubler leur joie. Ils mangent peu, boi-vent beaucoup d’une liqueur extrêmement forte, s’en-yvrent, s’estropient les uns les autres : il y en a mêmesouvent de tués. On n’a trouvé parmi eux aucune espècede cuí.te'. Ils croyent les âmes immortelles, craignentles démons, 8c font fort superstitieux. Il y a dans lesbourgades une grande variété d’idíomes, même de ca-ractères. Le premier qui entra dans òe pays fut NufloduChuves, en 1557 ,il fit alliance avec ces peuples, Sceut l’adresse de les engager à payer un tribut annuel auroi d’Espagne ; mais cette bonne intelligence dura peu.La guerre s’alluma entre les deux nations, & dura jus-qu’en 1690. Les Espagnols n’eurent le dessus que parceque les Chiquitos ignoraient l’usage des armes à feu.Les Mamelus ont encore fait plus de mal. Voyez, l’arti-cle de S. Paul de Piralininga.
En .1718, on comptoit déja six grandes bourgadeschrétiennes en ce pays , Sc ce nombre augmente tous lesjours, * Le P. Jean Patricia Fernander. Relat. historiaide los Chiquitos.
CHIRA, petite ifle de la mer du Sud, fur la côte deCosta Rica , province de la Nouvelle Espagne, au midide la ville de Nicoya, par le dixieme degré de latitudeseptentrionale.
CHIRAC, ancien prieuré conventuel, dépendant deS. Victor de Marseille, dans le Gevaudan, diocèse deMende, fur la Coulange. Ce prieuré ou le pape Ur-bain V, prit l’habit monastique , a été uni au collège desJésuites de Rodés.
CHIRANGAM, célébré pagode d’Asie, dans lesIndes , au Maduré , près de Trichenapoli, fur la rivierede Caveri. Lettres édif. recueil 15 e .
CHIRANGAPATNAM , que d’autres écriventChirangapatan, ville des Indes, capitale duroyau-jne de Maissur. lat. 13, 15.
II y a dans cette ville un pagode célébré ; le palais duroi n’a nen.de remarquable. La forteresse ressemble ànos anciennes villes qui étoient fortifiées par des tours relle a un bon fossé.
CHIRAT > bourg de France , dans l’Angoumoís,diocèse 8c élection d Angoulême.
CHIRAZ. Quelques-uns , comme Corneille, le Brun,écrivent Zjie-raas , les Anglois Shi R as . pc Schiras,qui est l’orthographe la plus usitée.
CHIRIBIQUOIS, peuple de l’Amérique méridio-nale , près de la nouvelle Andalousie , que l’onappelloitautrefois la province de Cumana , fur la côte septentrio-nale,, au midi de lifle de Cubagua. Quelques Domini-
CHI
caíns étant entrés chez ce peuple, l’an 1518, pour travail-ler à fa conversion, y bâtirent un monastère à sept lieuesde Cubagua, vers l’occident, 8c l’appeílerent Santa Fe* Corn. Dict. De Laet , Ind. occid. 1. 18 , c. 5-
CHIRIGUANOS , peuple nombreux 8c féroce , quihabite au sud de Sainte Croix de la Sierra, Sc à l’orientde la ville de Chuquisaca. 11 appartient à la province deLos-Charcas , 8e c’est la nation la plus nombreufe duChaco. On prétend qu’ils y font venus de la Guaira, 8cqu’ils font originairement Guairanis. Les Espagnolsn’ont jamais pu les domter, 8c les Jésuites ont fait jus-qu’ici des efforts assez inutiles pour les apprivoiser.Ceux de la miffion de Los-Chiquitos , y ont cependantune bourgade toute chrétienne.
CHIRIJAR, ville de Perse, Voyez. Teren.
CHIRIPH, ancienne ville d’Asie, dans la Babylo-nie , selon Ptolomée, /. 5, c. 20, qui dit qu’elle étoitprès des marais 8c de l’Arabie Déserte.
CHIRIQUE ou Chiriqui. Corneille dit Chiri-Q.UITA , bourgade de l’Amérique, dans la Nouvelle Es-pagne , dans la province de Veragua , aux confins de laprovince de Costa Rica, fur une riviere qui tombe dansla mer du Sud, dans le golfe nommé par les Espagnols »Golfe dolce. Corneille en parle ainsi ; elle est située dansune plaine de favanas, £ Voyez, l’article Savane J oud’herbages , d’où la vue n’est bornée que par de petitsbouquets de bois fort agréables. Plusieurs petites riviè-res la coupent par plusieurs endroits , 8c s’écoulent en-suite dans ces favanas pour les arroser. Cette ville estenvironnée d’un grand nombre de Hattos ou Métai-ries » 8c ne fait autre négoce que celui du fuis 8c descuirs. Son Embarcadero , [ ou port ] est dans une rivierequi est passablement grande, où il faut monter environune lieue pour y arriver. Les Flibustiers la ravagèrenten i(588. Corneille cite Raveneau de Lussan, voyagede la mer du Sud, i(588.
CHIRIS , ancienne ville d'Egypte dans la Thébaï-de, selon Olympiodore dans ses extraits, cité par Or-télius.
CHIRISONDA » jîetite ville de la Turquie , enAsie, dans la Natolie , fur la côte de la Mer Noire»dans la province d’Amasie. Baudrand lui donne pournoms latins , Sida Sc Cerasonte ; mais Sida t toitune ville de Pamphylie,. 8c c’est de celle-là que Nigerdit que le nom moderne est Cbirijònda, Sc comme Sida ,ou plutôt Sìde , étoit très - différente de Cérasus, vilfemaritime du pont Capadocien, il s’enfuit que Sida 8cCera/us ne sauraient être l’un 8c l’autre le nom modernede Chirifonda. Baudrand ajoute , que ce n’est plus qu’unvillage que les Turcs appellent Emid, environ à centmille pas de Trébifonde, à l’occident , ce qui ne fauroitconvenir à la ville de Sida.
Les Grecs appellent cette ville Kirisontho , 8cTournefort Cerasonye. Voyez, ce mot.
CHIROBACHI. Voyez. Choerobacchi.
CHIRODILION. Voyez. Chirogy'litjm.
CHIROGYLIUM, ifle de la mer Méditerranée,fur la côte de la Licie, ou , pour parler comme les an-ciens , ifle de la mer Lycienne , selon Pline, /• 5 > c - 3 1 ‘Le P. Hardouin doute, s’il ne faut pas lire ChiroDI-lion , ce qu’il fonde fur l’autorité des manuscritsalors KnfVt’Xícv aurait été donné à cette ifle, à cause dela timidité 8c de la poltronnerie de ses habitans.
CHIROMA, selon Corneille. ,
CHIRONA > selon de l’Ifle, petite ifle au midi, *auprès de Raguse , dans le golfe de Venise. Les Vén 1 'tiens , félonie P. Coronelli, l’appellent l’écueil de Sa» 1Marc: Scogiio di San JVJarco.
CHIRONIA. Voyez. Carystus.
CHIRON DAS PETR.® , montagne de Gte^ce, dans la Thessalie, selon Callimaque. Voyez E e
LION.
CHIRONÍS VILLA, lieu du Péloponnefe, Pifsde la ville de Messene, selon Polybe, /. 4, c. )■ ^fut détruite 8c saccagée par les Pirates. «
CHIRONIUM ANTRUM , lieu dont parle Ap» 1lodore , /. 3 , cité par Ortélius.
CHIRVAN, province de Perfe. Voyez. ScHiR-V^
CHIRVAN, Hirvan. Eóycx. Erivan.
CHISEY, bourg de France, dans le haut V° lfur la Boutonne, selon Baudrand, e'd. 1705. ^’est