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philosophiques. Voici ce que Paul Lucas nous ap-prend de l’état présent de cette ville dans un de ses voya-ges : il remarque que les Arabes la nomment aujour-d’hui G R e n n e : d’autres disen t K ai R o a n. Voyez, ce mot.* Voyage dans Vyljìe Mineure » Afrique , & autreslieux t t. 2 , p. 89.
La ville de Cyrène a été une très-grande 8c superbeville , à en juger par les édifices , dont les débris pa-rodient être quelque chose de grand. J’aí vu dix statuesd’un très-bon goût , toutes drapées à la maniéré desArabes d’au jourd’hui, de la hauteur de cinq pieds Sc demi;mais toutes mutilées 8c fans tête. II y a une très - bellefontaine qui fort d’un rocher, 8c qui fait un gros mur-mure. Cette source est grosse 8c coule avec impétuosité;l’eau est fraîche 8c admirable : elle coule fans cesse 8crf augmente ni ne diminue , quelque grande que soit lasécheresse. Les plus belles maisons étoient , suivanttoute apparence » autour de la fontaine. II y a au-dessusune muraille d’une épaisseur extraordinaire, qui a en-viron cent toiles ; elle est très-bien bâtie : il y a quel-ques colonnes de marbre de seize pieds, dont quelques-unes font de granite. J’estime que la ville avoir quatrelieues de tour- II ne paroît point d’enceinte de murail-les : elle est bâtie fur une haute montagne à deux lieues,de la mer- bon port étoit Sousse , que nos géographesnomment Morce jòuche ; il en est à deux petites lieues.Ce port étoit bon autrefois : il y avoir une vue assezgrande : il y peut mouiller à présent deux ou trois pe-tites barques dans la belle saison.
II y a dans un grand vallon quantité de maisons tail-lées dans le rocher , où il y a des boutiques & des cham-bres, avec un ordre d’architecture, Sc de grandes fenê-tres : c’étoit, suivant toute apparence , où les marchandsCyréniens avoient leurs habitations. II y a un ruisseauqui passoit au milieu. Ce vallon est compris dans laville de Cyrène , 8c dans l'e vallon de la fontaine duditlieu.
Sur le revers de la montagne , du côté de l’est , il ya un nombre infini de tombeaux » taillés dans la roche,avec une propreté singulière.
II y a un champ de Mars, qui s’appelle aujourd’huiMena Gaden , qui signifie le lieu du Sang. Les Arabesle nomment Soffaf, qui signifie en langue arabe saule ; ilsle nomment ainsi à cause qu’il y a trois différens réser-voirs taillés dans le roc , dans l’un desquels il y a septsaules d’une beauté 8c d’une grandeur extraordinaire :ceux qui font dans les autres ne font pas si beaux. Cesréservoirs font remplis d’eau actuellement. 11 y a un au-tre réservoir d’eau taillé dans le roc : il a cent vingtpieds de long fur vingt - deux de large, est couvertd’une feule voûte > 8c est rempli d’eau très - bonne 8ctrès-fraîche. Les pierres de cette voûte, qui estpresqu’en-tiere , ont trois pieds de long fur un pied de large , &font toutes numérotées par lettres alphabétiques de ca-ractère latin.
II y a plus de vingt autres réservoirs , les uns fontremplis d’eau , les autres de terre. Ce qui me fait dé-cider que c’étoit un champ de Mars , c’est un nombreinfini de tombeaux élevés de différentes maniérés , 8crangés en bataille comme une armée. On distingue lestombeaux des officiers généraux des subalternes : &ceux des soldats font de pierres de cinq à six pieds de haut,plantés fur deux lignes droites : ceux des bas officiersfont élevés le double de ceux des soldats. Le corps debataille étoit toute la force de l’armée : Pâlie droite &1 aile gauche étoient très-foibles , en comparaííon ducorps de bataille : 8c le poste avancé en est à une portéede canon. Autant que j’en puisse juger, il peut y avoirvingt-cinq mille tombeaux dans ce champ de Mars.On remarque disti n( q :ement où le fort du combat s’estdonné en différens endroits.
Cette ville avoit, â dix lieues à ses environs, plus decent villes ou villages tres-beaux , & à trois lieues ontrouve un grand bois ou il y a pl us de cen j mille oli-viers sauvages. Les montagnes 8c les anciens monumensfont presqu’inhabités. II y a quelques Arabes qui fontcampés dans les ruines de Cyrène, 8c q u i vivent pen-dant six mois de l’année du laitage de leurs bestiauxavec un peu de farine d’orge. Cela les maintient en santé,& les fait vivre long-tems. II y a des peuples dans lesbois qui vivent comme des bêtes; ils n’ont aucune reli-
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gion ; les enfans jouissent de leur mere » le pere de sesfilles , Sc les frétés 8c les sœurs , les uns des autres .' iln’y a pas d’autre mariage entr’eux. Ils ne payent rien àpersonne : font des vêtemens de peaux de chèvre. Sui-vant toute apparence , ce pays étoit fort peuplé. LesArabes qui font campés dans les ruines de Cyrène ontdes maniérés plus civiles 8c plus affabes. Les femmes yfont gracieuses 8c moins farouches. Elles ont les plusbelles dents du monde, 8c les mieux rangées : elles fontfort brunes, 8c font tout le travail, les hommes étanttrès-paresseux. S’ils vouloient cultiver les terres ilsamasseroient des trésors ; mais ils ne sèment que ce qu’ilspeuvent manger chaque année.
4. CYRÈNE, ville de l’iíle de Cypre, selon Méta-phraste , dans la vie de saint Spiridion. Constantin Por-phyrogéneteymet une ville, nommée Cyrénée, qui estapparemment la même.
CYRES. Voyez. Cures.
CYRESTEN5IS SOLITUDO, désert où Théo-doret, /?4, c. 16 , dit que sainte Acepsime vécut. C’étoitun lieu de la Cyrrestique, contrée de Syrie.
CYRETLE, ville de la Macédoine, dans la Per-rhsebie, selon Tite-Live, /. 31, 3 <5 8c 42. Ptolomée lanomme Chyretite.
CYRI CAMPUS, campagne d’Asie, dans la Ly-die , félon Strabon.
CYRI CASTRA. Voyez. Castra Cyri.
CYRIA, ville épiscopale de Syrie, selon Gennade*qui en parle au sujet de Théodoret, qui en étoit évê-que. Voyez Cy R u s.
CYRIACA REGIO. Voyez Melissa.
C Y RIL LI, K uçÌùmu Aylíi , château des Scythes , ei>Europe , auprès duquel étoit la ville d’Ibeda , selon Pro^cope, JE dise.
CYRINI CASTRA , lieu de la Cappadoce , seloflStrabon , /. 12, p. 539.
CYRIUS, ville de la Macédoine, dans l’Emathie,selon Ptolomée » /. 3 , c. r Z.
CYRMIANÌE ; K uçfciZmi » peuple de Thrace. Héro-dote en fait mention, /. 4, c. 93.
CYRNABA, golfe d’Asie, dans la Sérique , sel 08Pline. Une mauvaise ponctuation a fait croire à Ortê"lius que c’étoit une riviere.
CYRNI, peuple des Indes. Pline , /. 7 , c. 2 , rapfporte le sentiment d’Isigone, selon lequel ce peuple v* -voit cent quarante ans.
1. CYRNOS ou Cyrnus, ifle de Grece , dansvoisinage de l’Etolie » selon Pline , /. 4, c. 12.
2. CYRNOS ou Cyrnus , nom grec de l’m 3
de Corse. Voyez ce mot. Elle a eu encore bien d’autr e _*noms chez les anciens. Etienne le géographe foun 11ceux de Cyrnos 8 c de Cersis. Lycophron la nom 111 ®Cerneatis , Ke(j nans. Le seholiaste de Callimaque P a fpelle Kù.os-, Tyros. Velleneuve dit qu’Ovide l’a nomwTherapne. Mais tous ces noms, excepté celuiCyrnos , pour les Grecs , 8 c de Corsica pour les Lati ílS 'ont été peu usitée P ar ^ es auteurs. (
1. CYROPOLIS, ville des Caduciens, dans ladîe, selon Ptolomée , /. 6, c. 2. Thevet croit que c
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présentement Schammacki. [ Scamachie].
2. CYROPOLIS, contrée maritime de la *selon Pline, cité par Ortélius, Thefaur.
CYROPOLIS j^ville de la Sogdíane
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5, o 1 n u rw J-. 1 j , vine ae ta oogaiane , ' t f g.Jaxarte. Elle fut bâtie par Cyrus, & prise par Alex» 11 ^Arrien, de exped. ^4lex. I. 4, c. 3 , dit qu’elle éto ,£ j eSgrande, que ses murailles étoient fbrt hautes,^ U J;ffî-Macédoniens n’auroient pris cette place que tr£S oll r yellement» si Alexandre n’eût usé de stratagème P- V j er eentrer par surprise , à la faveur d’un canal de l a s A tj sequi la traversoit comme un torrent , 8c dont K 1 ’jisetrouvant alors à sec, lui servit à se glisser daus laavec quelques soldats d’élite, pendant qu’oflattaques d’un autre côté. Quinte-Curse, /. 7 » c ' ' j 3serve aussi qu’il avoit d’abord eu dessein d’é^ ar ë nville 8c les habitans, en faveur de Cyrus , j? -uísis*été le fondateur ; mais qu’il la saccagea & 5 ‘ a J j e -Lorsqu’il l’eut prise d’assaut, il la rasa jusqu aux £y-mens. C’est celle que Ptolomée, l. 6, c 12, a PP e : e rereschata , mot composé , qui veut dire laCyrus. Strabon, /. 11, p. ; 17 , l’appelle Cyra -
ôv Kiíga *Í<V«, le dernier établissement de ;