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Leurs lances, d’un bois dur Sc pesant, font longues > desept à huit pieds , ornées par le gros bout de deux aile-rons de bois, ou de côtes de baleine ; garnies par le boutL plus menu d’un os rond, d’une corne ou d’une dent depoisson, aiguisée en pointe sur la pierre. Ils ont pour laPoche des menus poissons » qui se trouvent à la côte » deshameçons de diverses sortes ; Sc pour tuer le gros pois -son qu’ils vont chercher en pleine mer , différentes^ s peces de javelots, qu’ils lancent , avec beaucoup d'a-oreffé ; 8c au gros bout desquels ils attachent des cour-r °ies de cuir de cerf, longs de vingt-cínq à trente brasses »& portant quelques vessies enflées , afin de ne pas perdreE poisson qu’ils blessent, Sc de savoir toujours où il est.^uand il a perdu ses forces, ils le conduisent facilementa terre.
Les jeunes femmes portent un habit peu différentste celui des hommes ; mais les vieilles se couvrent lePlus souvent des dépouilles de certains oiseaux fort gros,ffui font très-communs en cette terre, & dont le plumageost blanc Sc noir. Elles ont l’adresse de les écorcher siPtoprement, que la plume demeure attachée à ia peau.Les habits ne vont que jusqu’au gras de la jambe. Ellesfont ceintes d’une courroie, à laquelle, au lieu de clefs,olles attachent des oílèlexs pointus comme des poinçons, .& de la même longueur que les aiguilles de tête. Ellesh ont ni bracelets , ni colliers , ni pendans d’oreilies.Leur seul ornement est une taillade qu’elles se font en.chaque joue , Sc dont elles remplissent les cicatricesst une couleur noire , qui, selon elles , les fait paroîtreOxtremement agréables. Pendant que les hommes se di-v ertissent à la chasse ou à la pêche , elles s’occupent àfaire des habits , des tentes , des paniers , Sc tous lesPetits meubles de ménage. Elles ont grand foin de leurse usans; & quand elles changent de demeure , ou suiventLurs maris en quelque voyage, elles les portent ou iesc °nduisent par tout; & pour les appaiserlorsqu’iis crient,°u pour les désennuyer dans le chemin » elles ont depetits tambours couverts de veffies de poissons qu’ellesa ttent d’une maniéré agréable. Elles en battent auffipour mettre en fuite les ours Sc autres bêtes farouches,flui viennent souvent auprès des cavernes , où ces sau-Va ges se retirent pendant l’hiver avec leurs familles ,^autour des tentes de cuir qu’ils habitent pendant
Ls ont des capitaines qui les gouvernent » & qu!Président à leurs assemblées. Ils choisissent parmi les mieuxai ts de corps , les meilleurs chasseurs 8c les plus vaillans.es chefs font couverts de plus belles peaux que lesau tres ; Sc pour marque de leur souveraineté ,ils portentne r ose en broderie , cousue au-devant de leur casa-p^ e ‘ Lorsqu’ils marchent, ils font toujours escortés deexé l£Urs í eunes hommes armés d’arcs Sc de flèches , quic utent leurs ordres. Ils ne sement ni ne recueillentj c . l ì: ns grains, 8c n’ont ni arbres ni plantes qui leur pro-des fruits propres à manger, à l’exception desuKrl Ues àises 8c d’une espece de framboises, ils net Eent que de leur chasse & de leur pêche. L’eauj. ute pure est leur boisson ordinaire ; & pour un régalj° rt délicieux, ils boivent le sang des chiens de mer ,es cerfs, & des autres animaux de terre qu’ils tuent,
tendit 8 ° nt saÌt tomber dans ieS P ié 3 es st u ’ ils leur
d„^ e , ur P a y s e st très-froíd, sur-tout pendant les moisUn ,. ece * nbre janvier, qu’ils ont une nuit conti-ns se. Ils se tiennent alors renfermés dans leurs caver-deV ^ cv * vent d e ce fiu’ils °nt fait sécher pendant l’étér éf p eUr c h a sto & de leur pêche, 8c qu’ils ont mis ena vec toute la graisse Sc le suif qu’ils ont pûf av aller - II, sont d’ailleurs si adroits à chasser , à la^ do la lune, que, pendant cette saison de nuit,Ley 011 * fort rarement dépourvus de viandes fraîches.Pe«d consiste dans les mois de juin Sc de juillet ,tain ant ^ffuels ils ont un jour perpétuel. L’air est fê-té ; ^éable & assez chaud pendant ces deux mois d’é-s’accou 8 - re ^ e d e vannée » les jours qui s’allongent &hî'ouillg p^Enî alternativement, font accompagnés deT 0ute i S êpà » de neiges ou de pluies glacées,fée de ? l erre ffui est proche de la mer est sèche, héris-etl droit U ” eUrS ^chers pelés , & inondée, en plusieurs^trens S ' a - U tei í s t ì ue les neî S es se fondent, de plusieursroulent leurs eaux dans la mer : mais lors-
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qu’on a traversé une petite lieue de maûvais chemin ,on trouve de belles campagnes tapissées durant l’étéd’une agréable verdure. On y volt aussi des montagnescouvertes de petits arbres qui nourrissent une grandemultitude d’oiseaux Sc de sauvagine; & l’on passe pardesvallées qu’arrosent plusieurs rivières d’eau douce. Il y adans ce pays plusieurs grands oiseaux d’un plumage blancLc noir , Lc de diverses autres couleurs , que les habitansécor.chent , pour se vêtir de leurs dépouilles , Sc dontils mangent la chair. II y a auffi des cerfs , des élans ,des ours, des renards, des lapins , des lièvres, 8c uneinfinité d’autres bêtes à quatre pieds , qui ont presquetoutes le poil blanc ou grisâtre, fort épais , long, doux »8c très-propre à faire de belles fourrures. Ges Sauvagesmangent leurs viandes crûes > 8c n’allument du feu dansleurs cavernes , que durant l’hiver, pour s’éclairer Sc sechausser. Quand ils prennent leur repos , ou qu’ils fontcontraints de quitter leurs grottes, ils se munissent d’unecertaine fourrure qui les garantit du froid, quand mêmeils seroient couchés au milieu des neiges.
Ils se servent , pour aller sur mer , de batteaiîx ,daquinze à seize pieds de long , ayant cinq pieds de■large dans leur milieu, d’où ils vont insensiblement enpointe jusqu’aux deux extrémités. Ils font faits de petitsbois déliés , la plupart fendus en deux, Sc attachés lesuns aux autres par de fortes cordes , faites de boyauxde poisson. Ils font couverts en dehors de peaux dechiens de mer proprement cousues , Sc enduites de résineaux endroits des coutures, en sorte que l’eau ne le ssauroít pénétrer. Les pointes des extrémités font garnie sd’os blancs ou de dépouilles de licornes de mer. Le dessusest tout plat 8c couvert de cuir comme se reste ; Sc ledessous a la forme du ventre d un gros poisson ; cequi les rend très-propres à courir lurl eau. Us n’ont qu’uneouverture directement au milieu. Cette ouverture est dela grosseur d’un homme , Sc relevee tout - au-tour d’unbord de côte de baleine. Auffi ne peuvent-ils contenirqu’une personne. Quand les Sauvages s’en veulent servir,ils fourrent leurs jambes 8c leurs cuisses par cette ouver-ture; Sc s’étant mis fur leur séant, ils serrent si bien au-tour du bord de cette ouverture la casaque qui les cou-vre , Sc qui ne leur sert que quand ils vont en mer, qu’ilssemblent ne faire qu’un seul corps avec l’esquif Cet habitde mer est composé de plusieurs peaux dénuées de poil,8c si bien unies l’une à l’autre qu’on le croíroit d’une feulepíéce. II les couvre depuis le haut de la tête jusqu’au des-sous du nombril. La gomme noirâtre dont il est enduitpar-tout, ne se dissout point dans l’eau ; 8c empêchequ’elle ne perce le capuchon, qui, couvrant la tête , ferresi bien fous le col 8c fur le front, qu il ne leur laisse quela face à découvert. Les manches font liées au poignet,Lc le bas étant exactement attaché au bord de l’ouvçrturede l’esquif ; le corps , qui est ainsi couvert, se trouve àsec au milieu des flots qui ne mouillent que le visage 8cles mains. Ils n’ont ni voiles ni mât» ni compas,ni gou-vernail , 8c ne laissent pas d’entreprendre de longs voyagesavec ces petits batteaux. Ils se connoissent parfaitementaux étoiles , 8c ils n’ont besoin ia nuit d’aucun autreguide. Leurs rames ont une largeur à chaque bout, enmaniéré de palette; 8c, afin qu’elles puissent couper lesflots plus facilement, 8c qu’elles soient de plus de durée,ils revêtissent d’os blancs les extrémités du bois. Ils engarnissent auffi le tour des palettes ; 8c ils y attachent cetornement avec des chevilles de corne , qui leur serventde clous. Le milieu de ces rames est embelli d’os oude quelque belle corne , ainsi que les bouts , Sc c’est par-la qu’ils ses tiennent, afin qu’elles ne leur coulent pointdes mains. ìls manient ces doubles rames avec tant d’a-dresse , qu’ils n’ont pas de peine à devancer les naviresqui ont déployé toutes leurs voiles , 8c qui ont le yetiC8c la marée favorables. Us ne font pas curieux de voird’autre pays que se leur ; 8c ,s’il arrive que quelque tem-pête, ou quelque rencontre les pousse en une terre étran-gère , ils soupirent incessamment âpres leur p atr ^5 ’ne goûtent point de repos, jusqu’a ce qu’íls f, oientretournés. Si l’on refuse, ou si l’on différé trop a les yremener , ils essayent de s’y rendre , P éri de murvie, à la faveur de leurs petits batteaux , m s esquelsils s’exposent à tous les périls qu on P ourir furla mer. Les femmes n’ont pas u a 8, . es es quise .mais , afin qu’elles puissent quelquefois se promener sur