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Tome second. C - F.
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EGY

puissance ; outre ce nom général» Ils en avoîent chacunun qui leur étoít propre. L’Ecriture ne nous a conservésiue quatre de ces derniers, i. Sesac (*) , peut-être leïnême que Sefonchís. 2. Nechao ( 1 ) , le même que Ne-chos d’Hérodote. 3. Sua ( m ), le même' que Sabachon »°u Sethon. 4. Ephrée ( n ), qui est le même quApriès.Le premier vivoit du tems de Roboam » fils de Salo-mon ; le second, du tems de Jofias , roi de júda ; letroisième , du tems d'Osée, roi d’Israel ; le quatrième ,du tems de Jérémie 8 c Sédécias. On trouve dans l’his-toire (°) une longue fuite de leurs dynasties ; mais lesécrivains de cette nation font remonter si loin son ori-gine , qu’ils ont perdu toute créance. L’Egypte , sui-vant la plupart d’entr’eux, a été gouvernée successive-ment par les Dieux, les demi-dieux , ou les héros »A enfin par les hommes ou les rois. Au régné des pre-miers , iJs donnent trente-qUatre mille deux cens un an ;a celuï des seconds , depuis Menés jusqu’à Nectanebedeux mille trois cens vingt-quatre ; celui-ci fut déposéPar Artaxerxès Ochus, roi de Perse , quinze ans avantìa monarchie d’Alexandre le Grand. Depuis Nectane- 1ke jusqu’àla naissance de Jesus-Christ, on compte en-viron 340 ans. Suivant cette chronologie , il y auroitdepuis le commencement de la monarchie des Egy-tiens jusqu’à la naissance du Sauveur, trente-six millehuit cens soixante - cinq ans. Leur premiere maniéré ( p )de composer leurs années , d’un , deux& quatre mois;|a durée des régnes de leurs rois , qu’ils comptoientparî°urs , & non par années ( 9 ) ; les dynasties contempo-raines, regardées comme successives » ont , fans doute »heaucoup contribué à enfler leur chronologie. En effet,plusieurs de ces rois , qu’on croit successeurs les uns desautres, régnoient en même tems, les uns dans un canton,les autres dans l’autre. Les anciens rois d’Egypte furentdéfaits par les Perses ; ceux-ci par Alexandre : A cemonarque succédèrent les Ptolomées , qui régnèrent de*puis Ptolomée, fils de Lagus , jusqu’à Cléopâtre ; l’E-gypte passe ensuite sous la puissance des Romains jus-qu’au régne d’Omar Calife , successeur d’Abubeker »beau-pere, Sc successeur de Mahomet l’împosteur ; lesgouverneurs secouent le joug des Califes ; ì’Egypte ades soudans particuliers ; elle devient ensuite la proiedes Mamelucs jusqu’en 1517. Tomont Bey soiadan estVendu Sc livré à Selim qui le fait pendre ; cette couronnepasse enfin aux Ottomans qui en font les maîtres.

Suivant, 8 c conformément au sentiment de Juba, rap-porté par Pline , les hâbitans des bords du Nil, au-dessus de Syène , n’étoient pas Ethiopiens , mais Ara-bes d’origine ( r ). Le pere Vauseibe ( S ) dit que l'Egy-pte est habitée aujourd’hui par des Coptes, des Mores ,des Arabes, des Turcs, des Grecs,des Juifs, des Francs,fins parler de quelques autres nations étrangères, mais enPetit nombre. Les Capts ou Coptes font les naturels duPays ; les Mores, qu’on appelle en Arabe au lard il Arab ,ou enfans des Arabes, se sont faits Mahométans ; les■Arabes sortis de l’Arabie , quoiqu’ils vivent en Egy-pte , n’ont aucune communication avec les Mores na-turels du pays ; ils font de différentes lignées , Sc gou-^ e rnés par différens chefs. Les Turcs s’y font établis ,depuis la conquête de l’Egypte ,' par le sultan Selim ;ils'gouvernent le pays » le défendent » Sc occupenttoutes les charges.

Les empereurs Grecs , qui suivirent le concile det-alcédoine , voulurent fortifier leur parti contre les Co-ptes , ennemis de ce concile ; les Grecs, venus de la Gre-Ce , suivirent ce même concile ; les empereurs de Cons-tantinople les partagèrent, Sc favorisèrent leur établisse-ment dans ce pays. Telle est l’époque de la religion Grec-5 u e en Egypte. Ce pays fut le berceau du peuple Juif;

1 s y font encore aujourd’hui en grand nombre Sc engrand crédit, principalement au Caire Sedans les villesMaritimes. On n’en volt point dans les campagnes ,Parce que le paysan les maltraite d’une maniéré étrange.

Le nombre des Coptes est très-petit aujourd’hui, en^omparaison de ce qu’il étoit autrefois : lorsqu’Amroun il Ass fit la conquête de ce pays , six cens mille de^ et te nation lui payerent tribut : à peine en compte-?. n , au j°urd’hui quinze mille. Leur fermeté , dans lareligion chrétienne, a été une des principales causes deette diminution. Suivant leurs historiens , le préfet deempereur Diodétien en fit tuer , dans une nuit de

Noël, qiiatrcvingtìmlle ,qui furent ensevelis fur la mon-tagne d’Ackmim, dans la haute Egypte. Le même pré^set, ou un autre , en fit encore massacrer auprès d’Isne»un fi grand nombre , qu’on ne pouvoit les compter ,mais quatre fiddans ou arpens de terre furent couvertsdes corps des martyrs. Une autre cause de leur destruc-tion , sous les empereurs chrétiens , fut leur obstinationdans l’erreur de Dioscore, Un de leurs patriarches , tou-chant une feule nature , une volonté, une personne estJesus-Christ. Cette erreur leur coûta prés qu’aussi cher ,sous les empereurs chrétiens, que leur fermeté dans lareligion, sous les empereurs payens. Justinien , au rap-port de Macrizy, dans son histoire des patriarches, en-treprit de leur faire quitter l’erreurde Dioscore , &leuffaire suivre le concile de Calcédoine ; les voyant tou-jours infléxibles , il fit massacrer deux cens mille Coptesà Alexandrie. Ceux qui survivoient à ces calamités, se re-tiroíent, les uns dans les déserts, les autres se jettoientpardésespoir dans des monastères , fans songer à multiplierleur nation. Les princes Mahométans, maîtres de l’Egyp-te, depuis les empereurs chrétiens , voyant qú’ils se muti-noient souvent contre le gouvernement , ne les ont pasépargnés. Us ont massacre les principaux , vendu lesfemmes Sc les enfans ; les plus foibles ont été contraintsde se faire Mahométans : après tant de malheurs , on nedoit pas être surpris que cette nation soit réduite à uitsi petit nombre. , * . .

Les premiers Egyptiens turent idolâtres; chaque villeprincipale avoít fa divinité particulière. Après la venuede Notre-Sauveur, ils se convertirent des premiers à lareligion chrétienne. Saint Marc fut leur apôtre. Ils de-meurèrent orthodoxes jusqu’ati tems de Dioscore. Com-me de religion, ils ont souvent changé de langue. Leur

premiere fut la langue Copte. Lorsqu’Asexandre leseut subjugués , ils furent forcés 'd apprendre celle duvainqueur , c’est-à-dire , la langue Grecque. Les Ara-bes, ayant chassé les Grecs , y introduisirent l’Arabe *qu’on y parle encore aujourd’hui vulgairement.

La situation de l’Egypte est tres-avantageuse pour secommerce. Le voisinage de la méditerranée lui facilitela navigation vers la Phénicie , la Grèce , 1 Italie, l’Es-pagne, Sc les côtes Orientales de l’Afrique La Mer Rou-ge lui ouvre la route de la Perse & des Indes Orienta-les , fans parler de l’avantage qu’elle retire d’être voi- :sine de 1 Arabie , toujours fertile en parfums Sc aroma-tes. Le commerce y étoit florissant, des le tems des pa-triarches ; des caravanes y conduiioient des chameauxchargés de marchandises précieuses > qu elles alloientprendre à Galaad. Joseph fut vendu par ses freres dansune de ces caravanes. On vois > par 1 histoire de ce pa-triarche , que, dès ce tems , l’Egypte fertile en grains »en faisoit commerce. Une des villes les plus commer-çantes éteit Coptos , d’où est venu le nom de Coptes ouCûphtes; quelques-uns en ont dérivé le nom d’Egypte,en supposant qu’au mot Copte , on avoit ajouté la syl-labe ae , abrégé du, mot aïa terre ; 8 c que I es Grecs enavoient fait Aiymroí. Huet ( £ )^désapprouvé cette éty-mologie , sur ce que le nom d’Egypte est pl US anci - enque celui de Coptos ; il trouve d ailleurs ridicule depenser que les Egyptiens ayent été chercher dans la lan-gue Grecque , un mot pour en former se nom de leurpatrie. II ne fait pas plus de cas de l’opseion des Ara-bes , qui font venir les noms de Coptos Sc d’Egypte ,d’un roi imaginaire d’Egypte, nommé Copte. II est plusvraisemblable » selon le me me auteur, que le mot Egy-pte a signifié premièrement se Nil; q ue ce fleuV e a donnéson nom à cette belle contrée qu’il arrose. Les Egyptienspartagent avec les rh niciens l’honneur d’être les plusanciens navigateurs. Un des ports de la ville de Tyrfut nomme port Lgyptsen ; on les regarde aussi commeles inventeurs du labourage. L’Egypte, malgré íà pro-digieuse fertilité , avoit pourtant ses besoins ; son terroirgras ne produiíoit aucuns métaux ; elle manquoit debois , de la plupart des fruits agréables ; les pays voisinsSc l’Europe les lui fournissoient. Les Egyptiens ont lespremiers cultivé ses arts ( v ) ; la géométrie naquit chezeux ; les inondations du Nil, qui confondoient les bornesdes champs, furent cause que chacun voulut inventer desmesures exactes pour reconnoître son champ d’avec celuide son voisin. Leur théologie étoit un mystère , dont ilsne diíoient pas le secret tout entier. Les plus illustres

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