quoique les lames lui passent souvent par dessus îàtête. Ces canots-peuvent contenir plusieurs personnes.Quand il n’y a qu’un seul homme, il est aílîs' les piedsétendus» la tête enveloppée dans une espèce de ca-price , de maniéré que quoi qu’íl arrive, seau ne lepénétré point; il tient des deux mains un aviron à deuxpalettes > long de cinq à six pieds, qui lui sert de lance,de gouvernail Sc de balancier. Si la violence des va-gues le fait tourner , il se releve aussitôt, 8c se rit dela tempête au milieu même du naufrage. Les Esqui-maux entreprennent de très-longs voyages dans cespetites gondoles, dont la force consiste dans les deuxbouts, où les baleines se réunissent, 3 c sont parfaite-ment liées ensemble. Dès que les Esquimaux appro-chent des vaisseaux marchands , ils montrent leurs pel-leteries au bout de l’aviron, 8 c demandent en mêmete ms les couteaux, les haches, les chaudières, 8 c lesautres choses dont ils ont besoin. Le marché conclu ,ils reçoivent 8 c donnent tout au bout d’un bâton. II estdangereux de se laisser investir par un très-grand nom-bre de leurs canots , ils ont enlevé assez souvent depetits vaisseaux, pendant que les Pratelots étoient oc-cupés à visiter les pelleteries Sc les marchandises. Ilsfont aussi à craindre pendant la nuit, parce qu’ils sa-vent faire de grandes chaloupes qui vont aussi vîte quele vent, 8 c dans lesquelles ils se mettent trente oùquarante ; c’est ce qui oblige les Maloins , qu! fontla pêche des morues au petit nord, 8 c les Espagnolsà Portochoux , d'armer quelques barques longues pourcourir la côte , Sc les poursuivre. On compte parmices peuples plus de trente mille combattans ; mais ilsfont si lâches, que cinq cens Cliftïnos de la bayedc Hudson, ont côutume d’en battre cinq ou six mille.Leur pays s’étend depuis la côte qui est vis-à-vis desIsles de Mingan, jusqu’au détroit de Hudson, II enpasse tous les jours à Pille de Terre-Neuve, par ledétroit de Belle-Isle, qui n’a que sept lieues de tra-verse; 8 c s’íls ne viennent pas jusqu'à Plaisance, c’estqu’il craignent d’y trouver d’autres Sauvages. De tou-tes les nations de l’Amérique, il n’en est point quiremplissent mieux la première idée, que nous avonseue des Sauvages que les Esquimaux. Ils ont la barbesi épaisse jusque sous les yeux , qu’on a peine à distin-guer les traits de leur visage, qui est d’ailleurs fort sec.ils ont de petits yeux éfarés, des dents larges 8 c fortsales, des cheveux blonds ou noirs, Sc je ne sçais quoid’affreux dans Pair. Leurs mœurs ne dementent pointleur phisionomíe; ils font féroces, farouches, défians,& toujours portés à faire du mal aux étrangers. II n’ajamais été possible de les apprivoiser ; ils font assezgrands Sc bien pris dans leur taille ; ils ont la peauaussi blanche que nous, ce qui vient sens doute de cequ’ils ne vontjagiaís nuds , quelque chaud qu’il fasse.Ce font les seuls seuvages du Canada, qui mangentla viande crue; ce qui les a fait nommer par les sau-vages de PAcadie. Sc du golfe Saint-Laurent, Eski-mantjîes, c’est-à-dire mangeur de viande crue; telleest apparemment l’origine de leur nom. Leur vête-ment est aussi très-différent de celui des autres sauva-ges de P Amérique : ils sont tellement couverts, qu’àpeine voit-on leur visage, 8c le bout de leurs mains.Sur une espèce de chemise faite de vessies, ou d’in-testins de poissons, coupés par bandes, & asiez pro-prement cousus , ils ont une maniéré de casaque depeau d’ours , de quelqu’autre bête, ou de loupmarin, & quelquefois de peaux d’oiseaux. Un capu-chon de même étoffe que la chemise q u i y e st attachée,leur couvre la tête, du haut de laquelle ils laissent tom-ber un toupet de cheveux, qui leur couvre le front,^a chemise ne descend que jusqu’aux reins. La casaquepend par derriere jusques fur les cuisses, Sc se terminePar devant en pointe fur le bas du ventre. Celle de fem-mes va des deux côtés j’usqu’à mí-jambe, & elle estPrêtée par une ceinture, d’où pendent de petits osse-lets. Les hommes ont des culottes de peaux d’hermí-*} es , dont le poil est en dedans ; ils portent des chaus-lons , Sj p ar dessous des bottes fourrées ; ils mettentpar dessus de secondes bottes, 8c de seconds chauffons,ssielquefois même ils les triplent Se les quadruplent,Ce A qui ne les empêche point d’être sort lestes. II pa-r °ît que dans l’eté ils sont à l’air la nuit & le jour;
mais l’hîver ils logent sous terre, dans des espèces degrottes, où ils sont pêle-mêle. Tout porte à croireque les Eskuimaux ont une origine Européene ; sebarbe qui les distingue de presque tous les Américains;leurs cheveux blonds ou noirs, Sc affez souvent crépus »le peu de commerce qu’ils ont avec leurs voisins, nelaissent presqu’aucun doute fur cela. L’opinion qui lesfait descendre des Basques, dont on suppose que desnavires fe sont brisés fur les côtes de Labrador meparoît peu fondée, s’il est vrai, comme on le prétend,que les langues de ces deux peuples n’ont rien decommun. Au reste, cette alliance ne peut faire hon-neur a aucune nation, Sc s’il n’est point dans l’uni-vers de Région, moins propre à être habitée que celleoù l’on rencontre ces Barbares; il n’est point de peu-ple qui mérite mieux q ue celui-là d’y être confiné.Voyez. Labrador. * Lcthortan. Voyeig. t. 2. p. xi. &.suív.
1. ESKODAR ou Iskodar, les Turcs nommentainsi la ville de Chalcedoine en Asie, vis-à-vis sepointe du serrai! de Constantinople. Nous l’appellonsScutari» ou Scutaret. * d?Herbelot, bliothéque Orien-tale.
2. ESKODAR. Voyez. Scodra Sc Scutari enAlbanie.
ES LA, en latin Efiola t rivière d’Espagne. Voyez*Ezla.
ESLAMIAT ; ce mot en Arabe signifie íe iVíusuî-manisme , Sc par rapport à la géographie , il le prenddans le même sens que le mot de Chrétienté dans cettephrase : Je ne crois pas que dans toute la Chrétientéon puise trouver, 8 cc. de même les Arabes appellentBelad El EJlam le pays que possèdent ses Musulmansou Mahométans, Sc ils nomment Ejlanáat l’Iflamis—me 8c le Musulmanisme. Détendue de l Estamiat ouIslamisme du tems d’Ebn Aluardi géographe Arabe,qui vívoit l’an 38p. de l’Hégire , de J. C. 993. étoitdepuis la ville de Farganah dans. la province Tran\soxiane , jusqu’au rivage maritime de l’Yemen ouArabie heureuse sur ì’Océan vers la ville d’Aden ;c’est ainsi que l’on prend se longueur, qui comprendcinq mois entiers de Caravane. Sa largeur est depuisle pays de Roum, qui est la Natolie, jusqu’à Man-sourat ou Souratte aux Indes dans le Décan, Sc cetespace contient cinq mois de chemin. Dans toute cet-te étendue, on ne comprend point 1a partie occiden-tale depuis l’Egypte le long de l’Afrique jusques enEspagne, dit le même auteur, parce que cette partiede l’Islamisme, qui est comme la manche dans un ha-bit, est resserrée vers le septentrion par la mer Médi-terranée , Sc au midi par le pays des Negres , q U i n’ontpas encore reçu 1 a religion Mahométane. Eon Aluardifait encore un plus grand détail de cette contrée »lorsqu’il dit que pour mesurer sa longueur, on va deFarganah en Khorassan, de Khorassan au Gebal, quiest i’Iraque Persienne : de cel!e-cí à l’Iraque Arabiqueou Babylonienne, puis en Arabie jusques aux bordsde la mer d’Yemen..
Sa largeur commence dans l’Asie mineure, ou paysdes Grecs, duquel on passe en Syrie, de là en Méso-potamie , puis dans l’Iraque Arabique ou Chaldée , decette province en Perse, de Perse enKerman, Sc duKerman à Sourate aux Indes.
Cependant si vous comptez se manche, dont nous
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XXX. depuis l’Iraque juSqu’à Balkhe en KhorassanLX 8 c de Balkhe â Farganah XX. .
Abdallah AI Banna, dit Mocdeffi, c’est-a-dire natifde Jérusalem, a fait un ouvrage intitulé Bedì Filme-'malek. ed Eflamiat , c’est-à-dire ce qu’il y a de mer-veilleux & d’admirable dans toutes les provinces duMusulmanisme.
Pour mieux connoître l’étenduë de ce pays » ,considérer que depuis le temsqu’E'bn Aluardi a écrit,se plus grande partie des Indes, en y comprenant lesroyaumes de Visepour Sc de Golconde,eít devenueMahométane. II est vrai que les Mahométans ont per-du l’Espagne, mais ils ont beaucoup gagnés du côtéde la Grèce, de la Hongrie, Sc de se Tartarie,