Band 
Tome second. C - F.
Seite
820
JPEG-Download
 

f)2o E S S

Jessé, perede David, ou de Notre Seigneur Jesos-Christ,dont ie nom, selon.lui, signifie médecin ou sauveur.11 dit que c’étoit une secte de Samaritains, a qui El-xaï avoit inspiré diverses erreurs. Drusius croit que lesEsséniens font une branche des Pharisiens. Saumaiíèveut qu'ils ayent tiré leur nom de la ville d’EssA,dont on a parlé plus haut ; enfin Serrarius, Tri hetres. I.3. c. 1. rapporte jusqu’à douze opinions fur le seulnom des Esséniens. Nous croyons, dit D. Calmet,que les Chasidim, dont il ell parlé dans quelquespseaumes ( a ) Sc les Assidéens des Maccabées ( b ) fontla vraie source des Esséniens. Voici la peinture queJoseph fait des Esséniens. ( c ) Ils vivent entre euxdans une union parfaite Sc ont en horreur la volupté ,comme le plus dangereux poison, Ils ne se marient pas ;mais ils nourrissent les enfans des autres, comme s'ilsétoíent à eux, & leur inspirent de bonne heure leuresprit Sc leurs maximes. Ils méprisent les richesses, Scne possedent rien qu'en commun. L’huile & les par-fums font bannis de leurs demeures. Ils ont un airaustere Sc mortifié, mais fans affectation, Sc portenttoujours des habits bien blancs. Ils ont un économequi a foin de distribuer à chacun ce dont il a besoin.Ils exercent l'hospitalité envers ceux de leur secte;en forte qu’ils ne sent jamais obligés de prendre deprovision dans leur voyage. Les enfans qu’ils élèventfont tous traités Sc vêtus de la même forte Sc ne chan-gent point d'habits que les leurs ne soient entièrementusés. Tout le commerce se fait entre eux par échange ,chacun donne ce qui lui est superflu , pour recevoir cedont il a besoin. Ils ne parlent pas avant le lever dusoleil, si.ee n’est qu’ils prononcent quelques prièresqu’ils ont apprises de leurs peres, Sc qu’ils adressent àcet astre, comme pour l’inviter à se lever. Après celails vont au travail, où ils demeurent jusqu’à la cin-quième heure du jour, qui revient à peu près á onzeheures du matin. Après cet exercice, ils s’assemblenttous Sc, se ceignant avec des linges blancs, ils se bai-gnent dans l’eau fraîche , puis ils se retirent dans leurscellules ,ou il n’est permis à aucun étranger d’entrer.Dela ils passent dans leur réfectoire commun, qui estcomme un temple sacré, où ils demeurent dans un pro-fond silence. O11 leur sert du pain Sc un mets à chacun.Le prêtre fait la prière, après quoi ils peuvent man-ger. Ils finissent aussi leurs repas par la prière. Puis ilsquittent leurs habits blancs avec lesquels ils ont man-gé, Sc retournent à leur travail jusqu’au soir. Alors ilsreviennent au réfectoire, Sc font manger leurs hôtesavec eux, s’il leur en est survenu quelqu’un. Ils sonttrès-religieux observateurs de leur parole, Sc leur sim-ple promesse vaut les sermons les plus sacrés. Ils évi-tent le jurement comme le parjure même. Le foin qu’ilsont des malades est très-grand, Sc ils ne souffrent pasqu’ils manquent de la moindre chose. Ils lisent avecsoin les ouvrages des anciens, 8c cette étude les rendhabiles dans la connoissance des plantes, des pierres,des racines 8c des remèdes. Avant que d’accorder l’en-trée de leur secte à leurs portulans » ils les éprouvent pen-dant un an, en leur faisant pratiquer leurs plus péni-bles exercices. Après ce terme, ils leur donnent entréeau réfectoire commun Sc au bain. Mais ils ne les ad-mettent dans l’intérieur de la maison qu’après deuxautres années d'éprouves. Après ces deux ans on lesreçoit à une espece de profession, dans laquelle ilss’engagent par les sermons les plus horribles, à ob-server les loix de la piété, de la justice, de la modes-tie , la fidélité à Dieu Se a ux Princes , de ne découvrirjamais aux etrangers les secrets de la Secte, Sc deconserver précieusement les livres de leurs maîtres &les noms des anges. Si quelqu’un viole ses promesses8c tombe dans quelque faute notable, il est chassé dela société, Sc meurt souvent de misère ; parce qu’ilne peut recevoir de nourriture d’aucun étranger, étantlié par les sermons dont on vient de parler. Après Dieu,ils ont un souverain respect pour Moyse Sc les vieil-lards. Le sabbat parmi eux est tres-régulierement ob-servé. Ils n’allument point de feu , Sc ne préparent rience jour-là, ils ne remuent pas même un meuble. LesEstoniens vivent d’ordinaire fort long-tems, ce que•l’on atribue à la simplicité de leur nourriture 8c augrand régime de leur vie. Ils font paraître une ferme-

ESS

té incroyable dans les tourmens, & on en vît de grandsexemples durant la guerre des Romains contre lesJuifs, lis tiennent les âmes immortelles ; Sc croyentqu’elle s descendent de l’air le plus élevé, dans sescorps qu’elles animent, où elles sont attirées P 31 ",certain attrait naturel, auquel elles ne peuvent résis-ter. Après la mort, elles retournent avec rapidité aitlieu d’où elles étoient venues, comme sortant dunelongue 8 c triste captivité. Ils ont sor l’état des âmesaprès la mort, à peu près les mêmes sentimens queles Payens. Il y en a parmi eux quelques-uns qui sontmariés. Dans tout le reste ceux-là son d’accord avecles autres. Ils ne prennent de femmes qu’après s etreassurés pendant trois ans si elles sont d’une bonne san-té Sc propres à donner des enfans bien sains. Des quoleurs femmes sont enceintes, ils ne s’en approchentplus. L'esclavage passe dans leur esprit comme une inju-re faite à la nature humaine; ainsi ils n’ont point d'es-claves parmi eux. Outre ses hommes qui faisoient pro-fession de la vie dont on vient de parler, il y avoitaussi des femmes qui soivoient le même institut & se smême pratiques. * ( a ) Psal. 78. v. ?.. Sc 84. v. 9. ( b )1. Macch. c„ 11. v. 42. Sc 2. Macch. c. 14. v. 7. Sc44. v. 10. ( c ) De Bell. 1 . 2. c. 12. Voyez, aussi Philon*dans son traité, que tout Homme de bien est

LIBRE.

Quoique les Esséniens sussent les plus religieux deleur nation, ils n’alloient pas au temple de Jérusalem»craignant de se souiller par le commerce des autreShommes ; ils y envoyoient leurs offrandes, & ne voU-loient point des sacrifices íànglaqs. Philon dit que sesEsséniens sont au nombre d’environ quatre mille dansla Judée ; & Pline, /. 5. c. 17. semble fixer leur princi-pale demeure au-dessus d’Engaddi, où ils se nourrissentdu fruit de leurs palmiers , qui sont communs en cesquartiers-là. II ajoute qu’ils demeurent éloignés dtfbord de la mer, de peur de se corompre par le com-merce des étrangers. Philon assure qu’on en voyoit dansplusieurs villes, mais qu’ils préféroient la demeure descampagnes ; ils s’appliquoient à l'agriculture Sc à d’aU-tres exercices laborieux, qui ne ses éloignoient pointde la solitude dont ils faisoient profeffion. Leurs étudesn’étoient ni la logique ni la physique, mais la moraleSc les loix de Moyse. Ils s’y appliquoient principale -ment ses jours de sabbat. Ces jours-là ils «'assemblaientdans leurs synagogues, où chacun étoit assis selon sortrang : les anciens au-dessus 8 c les plus jeunes au-desesous. Un de la compagnie faisoitla lecture, Sc un autredes plus instruits en donnoitl’explication. Ils se servaientbeaucoup de symboles, d’allégories Sc de paraboles, fla maniéré des anciens. Voila l’idée que Joseph Sc Phi"lon nous donnent des Esséniens. Nous ne voyons p 33dans l’évangile que Jesos-Christ en ait parlé, ni qu’ilait prêché parmi eux. II n'est pas hors d’apparençe quesaint Jean-Baptiste a vécu parmi eux jusqu’au temsqu’il commença à baptiser Sc à prêcher la pénitence.Voyez, saint Epiphane, Hetres. 29. de Nazar&u . L edésert où Pline place les Esséniens, n’étoit par so rtéloigné d'Hébron, que l’on croit être le lieu de l anaissance de saint Jean. Voyez Assidéens.

ESSEQUÉBÉ ou Essekebe, rivière de l’Amérr-que méridionale, dans la Guiane. Corneille dit très-m 3dans l’Amérique septentrionale. Les Hollandais I 3nomment Esquib. Elle est belle Sc a une embouchurefort large, entre les rivières de Suriname Sc d’OrinU'que, mais très-embarrassée par des bancs de fable»pour y entrer il fâut un Pilote habile. II y a dans ^embouchure trois longues ifles assez grandes, st 111 ^divisent en un pareil nombre de canaux. On entredínairement par l’oriental. Au-dessus l’on trouve encre plusieurs ifles, mais plus petites. Laurent Remydit qu’il a appris des Sauvages que cette rivière pr eson origine à vingt journées de son embouchure,qu’à une journée de là il y a un lac renommé » stles Yaos appellent Ropowini, Sc les Caribes * aIl est spacieux.comme une mer. Ils disent que la Vde Manoa est bâtie aux bords de ce lac, maïs lespagnols Sc ses Anglais l’ont cherchée long-tems in .lement. Au-dessus du premier faut de cette n y* 3 eCen a plusieurs, ce qui est cause st u ’ on ne peu ^jusqu’à fa source, ses Sauvages trouvent du cry