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Tome second. C - F.
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dans son Etymologique de Ja langue Angloifè. Va-lois tire le nom d’Estreham du latin Strata, Sc de l’Al-lemand Hamum , pour marquer une demeure bâtie furun chemin public, ou au bout d’un chemin public, com-me si le bourg d’Estreham écoit fur un grand chemin ouau bout d’un chemin public ; Sc qu’il ne fùt pas fur uneextrémité de terre qui ne mene à rien, ayant la merd’un côté Sc l’embouchure de la rivière d’Orne de l’au-tre : ou comme si tous les villages du monde ne pou-voient pas être censés terminer de grands chemins.Mais ces opinions font détruites par l’ancienne orto-graphe du nom d’Estreham » qui est constamment écritdans les vieux titres, Sc par de Bras, Oistreham ,pour ÏFefterham, c’est-à-dire, village occidental ; car ilfe trouve placé à l’West de l’embouchure de l’Orne.Le nom d ’Ejrerville vient de la même origine , villagesitué au-dessus de Caen, fur la rive occidentale de larivière d’Orne, Sc ne vient pas d s Stratavilla, commel’a aussi écrit le même Valois. * Huet, Origines de laVille de Caen, p- 447..

ESTREMADURE : quelques-uns disent, Estra-Madoure, ou Estramadure. Grande contrée del’Espagne Sc du Portugal, le long du Tage. Marianadérive ce nom de ce qu’après l’invasion de l’Espagnepar les Maures, les Chrétiens eommencerent à réta-blir leurs affaires. Cette province fut quelque temsfrontière. Elle tut jointe au royaume de Léon, dontelle est la partie méridionale ; Sc comme ie royaume dePortugal a son Estramadure, Sc le royaume de Léon lasienne, on les divise en Estramadure de Léon , ScEstramadure Portugaise. Le royaume de Léonétant devenu une annexe de celui de Castille, la pre-mière Estremadure a été aussi nommée EstremadureCastillane; à présent que le nom particulier deCastille a fait place au nom général d’Espagne, on ditl’Estremadure Espagnolle. * Hifl. Hisp. L 1. c. 4,

.1. ESTREMADURE (!’) de LEON,ou Castillaneou Espagnole , ou l’Estramadoure ,province d’Es-pagne, Sc i’une des annexes de la couronne de Castil-le; en latin Eftremadura. Les géographes ne font pasd’accord, pour ce qui regarde l’Estramadoure. Les unsprétendent que c’est le pays qui est assis en deçà de Due-ro, nommé ainsi par ceux qui font au-delà de ce fleu-ve » de ces deux mots latins extra Duriam ; Sc pourautoriser leur opinion, rapportent cet ancien proverbe,Espagnol : Anda moço » anda de Burgosà Aranda que deAranda à Ejiremadurayo to llevarè en mi mula. C’est-à-dire, jeune homme,marche depuis Burgos jusqu à Aranda,& ensuite je te porterai sur ma mule » depuir Arandajurqu’en Eftramadoure ; prétendant dire par - là, quecomme le Duero coule de ce côté-là près d’Aranda,ceux qui passent le pont entrent en Estramadoure Lesautres ( dont le nombre est plus grand 8c l’autorité plusrespectable) assurent qu’elle doit être prise pour cettePartie de la Lusitaníe que les anciens appelloient Bé-turie. Elle forme un carré long de 70. lieues de longueur,& 40. de largeur, Sc s’étend depuis Ville-Real fur lesconfins de la Nouvelle-Castille , j us qu’à Badajoz, 8cdepuis la montagne appeilée Sierra Morena, jusqu’auxextrémités du territoire de Coría Sc de Placentia ; tel-lement qu’elle a au nord, le royaume de Léon , Sc lavieille Castille : au levant, la nouvelle Castille : au midi,^Andalousie ; Sc au couchant le Portugal. * Vayrac , EtatPrés. de l’Espagne , t. 1, p. 250.

Depuis qu’elle a été séparée du Portugal, dont ellela’ssoit partie, elle a toujours été regardée comme uneProvince séparée de toutes les autres qui composent la^anarchie d’Espagne ; mais dans le siécle passé, elleincorporée à la couronne de Castille. Elle est entre-c °upée de montagnes, Sc arrosée par la Guadiana, ScP a r le Tage qui la traversent d’un bout à l’autre, par^ cours parallèle qui va du levant au couchant. Ellee stabondante en blé, en vin, en fruits Sc en gras pa-rages, dont les habitàns tirent de grands avantages,Iant p ar rapport au pacage qu'ils vendent à ceux desantres contrées d’Espagne, que pour la vente des lai-j Ê . s cpr’iis font, Sc des bœufs qu’ils fournissent à Ma-

ri d, Sc flans les autres villes de la nouvelle CastillePour entretenir les boucheries. L’air y est fort sain pour? eux qui y sent accoutumés ; mais pour les étrangers11 est insupportable, à cause de son excessive chaleur.

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Les endroits qui font au pied des montagnes ont defort bonne eau : mais la plupart de ceux qui sont dansles plaines en manquent; ou s’ils en ont, ce n’est quecelle qu’ils tirent de certains creux qu’ils font dans laterre, par le moyen d’une machine, qu’o n appelle No-via , que les Mores mirent en usage, lorsqu’ils eurentenvahi l’Espagne. Les habitans sont un peu grossiers,mais bonnes gens , affables, sincères , forts robustes,courageux, hardis dans les expéditions, comme l’onpeut en juger par la conduite du fameux FerdinandCortex, qui conquît la nouvelle Espagne, par cellede François Pizarro, seus les ordres duquel se fit laconquête du Perou, Sc par celle de Velazco Nunnesde Valboa, qui découvrit la mer du sud. Quoique cetteprovince ait été unie à la nouvelle Castille, elle a pourtantconservé une espece de gouvernement, qui semble l’ensoustraire, ayant un capitaine général, qui, outre l’auto-rité qu’il a sur les troupes, a une inspection absolue fur lapolice, tant dans les villes que dans les bourgades. Sesprincipales villes font fur les bords de la Guadiana, Bada-- jos, Merida, Medellin, Sc Calatrava. Au midi de la mê-me rivière , Zafra, Xérès de los Cavalleros , Sc Lerena :entre le Tage & la Guadiana, Truxillo , Guadaloupe »Valencia d’Alcantara, Sc Albuquerque; au septentrionSc aux bords du Tage , Plazencia, Coria, Sc Alcantara.

2. ESTREMADURE, province du royaume dePortugal, vers l’embouchure du Tage, en latin Fflra -madura Lujìtanica. Elle a pour bornes a U septentrionla province de Beira, à l’orient Sc au midi celle d’A-lentejo , 8 c à l’occident l’océan Atlantique. On la di-vise en cinq territoires, qui font Setuval, Alanguer,Santaren, Leiria 8 c Tomar. Cette province a de fortbons vins en quantité, 8 c d’excellente huile. La terrey est couverte de fleurs , Sc les abeilles y rendent unesi prodigieuse abondance de miel, qu’on peut dire quec’est une région aussi fertile que délicieuse. Ce fut làque l’on commença à planter la preqyere tige des oran-gers qui furent apportés de la Chine. Quoiqu’il n’yait pas encore un siécle qu’on a vu ces arbres odorife-rans en Portugal, ils y ont si bien multipliés, que l’onen trouve à présent dans tous les jardins du royaume, 8 cdans la plupart de ceux de l’Europe. II y a dans l’Estra-madure un commandant avec le titre de mestre-de-campgénéral , Sc de général de la cavalerie. Il ne devroity avoir que deux lieutenans de mestre -de- camp gé-néral; mais il y en a présentement quatre Sc deux aides.Les troupes qui font dans cette province consistent, encinq régimens d’infanterie. Celui d’Armada ou de la Ma-rine , est de huit cens hommes en dix compagnies. Lerégiment de la Junta du commerce est auffi de huit censhommes , mais en douze compagnies. On l’etnploie or-dinairement à l’armement des vaisseaux qui fervent deconvoi à la flotte du Brésil. Cette troupe est commandéepar un major, 8 c elle n’a jamais eu de mestre-de-camp.Les régimens de Cascaës Sc de Setuval font de cinq censhommes chacun en dix compagnies, avec un lieutenantgénéral, Sc un commissaire général. Outre ces troupes,il y a encore trois compagnies de gardes-du-corps, qui neservent qu’à garder les dedans du palais , 8 c à suivre léroi. Les milices de cette province composent six régimensqui ne sont pas toujours si complets qu’ils le devroíentêtre; Sc quant à ce qui regarde i’artillerie, il n’y a pasde général, mais seulement un lieutenant avec quelquesofficiers subalternes. Cette province a beaucoup de no-»blesse de la premsere qualité. Son terroir est abondant enpâturages. Ses cités font Lisbonne , Leira , Santaren ,Alanguer, Albrantez, 1 omar, Aljuborata, Sc Cascaës ;ses duchés Torres-Novas Sc Cadaval ; ses marquisats »Cascaës, Alanguer Sc Fereira. Ses comtés Arganil, Ou-rem Castanheira , Atougia, Atalaya, Miranda, Ericeïra,Sc le très-illustre couvent de l’ordre militaire de Christ »fa grande commanderie, le prieuré d’Ocrato, Sc les mai-sons royales deBelen , dela Bataille, de Tomar, d’Odí-vellas, de Sintra , de Salvaterre Sc d’Almerin. *Le Quiende la Neuville , Hist. du Portugal. Maugin , Descript. duroyaume de Portugal, p. 7 .

z. ESTRAMADURE ( la nouvelle ). C’est ainsi qusles Espagnols ont nommé quelquefois une partie de laprovince de Nicaraga dans le Mexique , Sc dans l’au*dience de Guatimala. Mais ce nom n’est guéres usité.ESTRËMOS. Koyez. Extremqs.