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du fameux Sesostris, c’est-à-díre, dans les premierstems héroïques de la Gréce. Cette migration des Ethio-piens del’Inde dans l’Afrique, n’est peut-être pas tout-â-fait à rejetter. Car les Ethiopiens, ou Abyssins, dif-férent des Nègres parleur langue, par leur chevelure,Sc même par la couleur de leur teint & les traits deleur visage, quand on les examine de prés. Les Abys-sins ont des cheveux, & non de la laine; ont le teintbrun olivâtre, avec des taches noires, 8c non entie-rement noir, comme les Nègres. ,11 est vrai qu'aujour-d'hui on ne trouve plus de véritables Noirs, dans lapresque-iste de l’Inde, la feule partie de ce pays quiait été connue des Grecs : mais outre que le témoigna-ge d’Hérodote est précis, les nouvelles découvertesnous ont appris, que presque toutes les istes méridio-nales de l’Inde font remplies de Noirs ; ce qui a faitcroire à de très-habiles gens , que ces Noirs à longscheveux font les anciens 8c naturels habitans de l’Inde.Les Portugais donnent le nom de Noirs aux Canarins,voisins de Goa ; 8c il semble que les ancêtres de cesCanarins ont été de véritables Noirs, dont le mélange,avec les Arabes 8c les Indiens blancs, ont altéré la cou-leur. Les anciens voyant donc que les Ethiopiens d’A-frique, & plusieurs nations de l’Inde fe reífembloientdans un point aulsi eíîentiel que cette noirceur radica-le , qui fe remarquant dans les enfans quelques instantsaprès leur naissance, ( 8c qui, même selon Hérodote,1. z. c. ioi, est dans le principe qui leur donne la vie, 8cque ses traducteurs appellent Genitura quam in mulie-res emittunt ) ne peut être attribuée à l’ardeur du soleil;& sachant , par une tradition confuse , que ces peu-ples avoient une même origine, ils confondirent leursnoms, 8c les employerent presque comme des íynoni-mes, nommant Indiens les peuples de l’Ethiopie , 8cEthiopiens les Noirs del’Inde, ainsi que fait Hérodotequi les appelle « matohlm AiUl-na. * Freret , Ob-ferv.
L’Ethiopie, à ne considérer que celle qui étoit renfer-mée dans l’Afrique, étoit divisée par les anciens endiverses manières suivant Hérodote, l. 7. c. 5p. & 60.8c plusieurs autres; elle étoit partagée en deux le longdes côtes du golfe Arabique, & même au-delà. Unepartie de la grande Péninsule de i’Arabie, faisoít l’E-thiopie orientale, 8c ce qui est entre ce golfe & le Nil,Sc par conséquent en Egypte, sormoit l’occidentale.Pline, /. 5. c. 8. divise aussi les Ethiopiens en orientauxSc occidentaux : mais il les place tous dans l’Afrique;Sc cite Homere, llliad. A . v. 23. comme garant decette division. Huet allègue le même poète, 8c entendque l’orient 8c l’occident de l’Ethiopíe fe doivent pren-dre, par rapport à la mer Rouge. Ce qui favorise lesentiment de Huet, c’est que; 5 ephora » femme de Moy-se, qui étoit de Madian, sur la mer Rouge , est nom-mée Chufite ou Ethiopienne, Nttm. c. 12. v. x. Pline,1. 6. c. 30. remarque que l’Ethiopie fut d’abord nom-'méeiETHERiA.Hesyche dit Alpin, 8c comme, íùïvant laremarque du P. Hardouín , ce nom a été aulsi donnéà l’Egypte , peut-être leur étoit-il commun , lorsque lesEgyptiens étoient maîtres de l’Ethiopie. Pline ajoutequ’elle fut ensuite appellée Atlantia, 8c peu aprèsÂLthiopia , du nom d’Aùhiops fils de Vulcain. L’espritfabuleux est inépuisable ; 8c si un pays a eu quatre oucinq noms, voilà quatre ou cinq princes dont il fautimaginer la naissance, la généalogie, Sc l’hístoire. Plinea fans doute pris des Grecs le prétendu JEthiops filsde Vulcain. L’étymologie n’est - elle pas plus naturelle,si l'on observe qu’ A <0®, mot Grec, veut dire brûler, 8cÍ24' le visage, c’est-a-dire visage brûlé ou noirci parles ardeurs du soleil, La division que Ptolomée 1. 4. c.7. 8. 9, nous fournit, est préférable aux autres, parceque c’est la plus distincte; f a méthode n’admettant pointde descriptions confuíes, 8c qu’il a profité de ceux quiavoient écrit avant lui. II disti n g Ue donc l’Ethiopíe entrois parties, qu’il traite en autant de chapitres.
L’Ethiopie sous l’Egypte, qui répond à peu prèsL la Nubie , a 1 Abiísinie , & íous laquelle il faut rangerla Troglodytique des anciens , qui est aujourd’hui lacôte d’Abex. C’est proprement à cette partie de l’E-thiopie , que l’on a donné le nom d ’lndia, dans l’antí-quité. Voyez, les articles Abex , Abissinie, Sc Tro-glodytes.
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L’Isle deMeroé, dont il est traité amplementdans son article particulier.
L’Ethiopie Intérieure. Ce pays comprend toutce qui étoit au midi du fleuve Niger,c’est-à-dire aujour-d’hui , du Sénégal 8c du Niger, 8c au couchant méridio-nal de l’Abissmie. II appelle Barbarie , une province »dont Rapta étoit la capitale , Sc qui répond aujourd huiau Zanguebar. Il nomme AJdnie, ce qui est aujourd huile royaume d’Adel ; il met une place maritime nom-mée l’Hippodrome d’Ethiopie, vers l’endroit de la Gui-née , où est présentement Christianebourg. II n a pascru que les connoissances de son tems fussent assez surespour en faire usage plus loin que le promontoire Pras-Jum , à l’opposite de l’ifle, qu’il nomme Menuthias , 8cquí est le cap de Mosambique, opposé à l’iíle de Ma-dagascar. II ne laisse pas de nommer quantité de nations »dont l’existence doit être d’autant plus suspecte que l’° nn'en connoît rien que les noms, 8c quelques descriptionsfabuleuses 8c puériles. Ainsi on peut regarder le CongoSc la Cafrerie , comme des pays absolument inconnusaux géographes Grecs 8c Romains ; il n’en est pas demême de l'Ethíopie proprement dite , qui étoit au midide la haute Egypte. Ce pays est illustre dans l'anti-quité , tant par la richesse de son commerce , que patles guerres qu’il eut avec les Egyptiens. C’est ain* 1qu’en .parle Huet dans son Histoire du commerce 8c dela^navigation des anciens , c. 14, p. 60 & seq.
Ces deux nations fe font long-tems disputé la p ri 'mauté 8c l’antiquité. Les Ethiopiens prétendoient êtrela plus ancienne nation du monde, 8c avoir peuplé le®premiers l’Egypte par leurs colonies , fous la conduited’Osiris. Les Egyptiens soutenoient au contraire q l,eles Ethiopiens íont sortis d’eux ; & cela semble confir-mé par le témoignage de Moyse , Gen- 10. Ces disse'rends ont produit entr’eux plusieurs guerres, qui onteu divers succès, 8c avant même la guerre de Troy e>Les rois d’Egypte, Sesostris ScRhamíés ,dont ie premierrégna peu d’années après Salomon, & le second environcinquante ans après le premier, se rendirent maîtres del’Ethiopie , qui secoua le joug bientôt après , 8c fe sépa raentièrement de l’Egypte , fans y ëntretenir aucune cor-respondance. Ptolomée Philadelphie ne négligea pas I e ®avantages que l’Egyjte pouvoit retirer de l’Ethiop :e 1il y entra avec une armée , 8c fit mieux connoître ce pay®qu’il ne l’avoit été jusqu’alors. 11 fit refleurir ,1e com-merce. La ville de Coptos fur le Nil étoit l’entrepôt »8c comme le magasin de toutes les marchandises » tasltde celles qui venoíent de l’occident par Alexandriepasser au levant, que de celles qui venoíent de l’Eth 10 'pie par le Nil; 8c parce que les navigations de la MeRouge étoient plus difficiles 8c dangereuses vers ledu golfe Arabique, que vers son embouchure, Philaàphe fit bâtir la ville de Berenice , du nom de sa mer e ’sur le bord de ce golfe , plus bas vers son entrée, dans ^pays des Troglotydes , pour y faire passer les marchan 1ses de Coptos. w
Après tant de diverses contrées , auxquelles ost 3montré que le nom d’Ethiopie a été commun , il s er °’difficile de dire quelle est celle où Lucien ( de l’Aft r ° cgie judiciaire, p. 450 , t. 1 , des Œuvres de cet aU lelir ^dit que l’astronomie prit naissance. Voici ses termes tÇ aduits par d’Ablancourt. Les Ethiopiens , à ce qu’on 1 ’font les premiers qui l’ont découverte, à cause qu eciel est sans nuages , 8c qu’ils n’éprouvent pas c ° w ’ r£ _nous le changement des saisons. Après avoir don^marqué les faces.(phases ) differentes de la lune >voulurent chercher la cause , 8c trouvèrent à la j 11cela venoit des divers aspects du soleil , dont e ^pruntoit fa lumière. Ils étudièrent ensuite le coursnature des autres planètes > 8c leur donnerent des n °‘ ’
pour les discerner 8c marquer leurs diverses innu ^Tous les fa vans s’accordent presque à faire honneiH^^de cette invention aux Chaldéens ; 8c on pourroit ^ment concilier ces deux fentimens. Lucien fournit eideux choses remarquables; 1 que les Ethiopiens adoroile jour, ce qui est bien exprimé dans ce vers d un A ^poètes, qui transporte aux Persans ce qui peut aulvenir aux Ethiopiens : ,
OU le Perse efl brûlé de sape qu il j**"'. îens .
2. L’autreobservation de Lucien, que ses ? peutnommés par Homere irre'pTehefiftbles* 1