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Tome second. C - F.
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«de Belle est devenu un surnom, que l’on attache presquetoujours au nom de Florence : Fiorenzda , ou Firenz.e la.Sella, disent les Italiens. Le duc Albert de Saxe en étoitfi charmé, qu’il dísoit ordinairement qu’on ne devroitpas y laisser entrer tous les jours les étrangers, & qu’ilne la faudrait laisser voir que les fêtes 8c dimanches, L Ar-ne la partage en deux. A l’oríent Sc au septentrion, elleest entourée de coteaux agréables , fertiles ,8c couvertsde belles maisons, de jardins & d’arbres fruitiers. Cescoteaux en amphitéatre, dans l’efpace de quatre ou cinqmilles, s’élévent insensiblement. & se joignent aux hau-tes montagnes. A l’ocídent est une plaine de grande éten-due , bornée, Sc pour ainsi dire fortifiée par l’Apennin,qui, en temps de guerre, là met à couvert de l’irruptiondes ennemis de ce côté-là.

Les murailles ont quinze mille deux cens quarantebrasses de circuit ; & la largeur de l’Arno, qui traversela ville, est de cinq cens brasses ; de forte que la dou-ble largeur de cette rivière étant comprise avec lesmurailles , le tour de Florence est de seize mille deuxcens quarante brasses. La ville est à peu près ronde. Outreson enceinte, qui est bien fortifiée, iï y a encore troiscitadelles; la première, bâtie par Alexandre, premierduc , avec cinq bastions ; la seconde » qui commande laville , bâtie par Corne de Médicís ; 8c la troisième, quiest une étoile à six pointes, par le duc Ferdinand. II n’ya que la premiere qui soit forte 8c en bon état. Les ruesfont larges, droites , & toutes pavées de grandes pierresgrisâtres, appellées pietraforte, qui se tirent des carrièresvoisines. La plupart des maisons font bâties de semblablespierres, Sc font d’une grandeur Sc d’une beauté peu com-mune. Quelques-uns prétendent même que les palais deFlorence l’emportent pour la magnificence fur tous ceuxde l’Italíe. On compte dans cette ville 152 églises, 89couvents, 22 hôpitaux, 84 confrairies, 18 halles ou gale-ries de marchands , 72 tribunaux de justice, 6 colonnes,2 pyramides, 4 ponts, 7 fontaines , 17 places , 8e 16,0statues publiques , avec une grande quantité de palais^-dont celui qu’on estime le plus est le palais Pitti , où de-meuraient les grands ducs. * Corn. Dict. rectifié fur unJournal d?un Voyage de France & d’italie » 8c fur lesVoyages d e Mijson.

Le palais Pitti tient ce nom de ceux de cette maisonqui l’ont commencé. II est dans le plus bas endroit de laville, Sc construit de grosses pierres de taille. Trois côtésfont ornés de très-belles colonnes des trois ordres, Dio-nique, Ionique Sc Corinthien. Le quatrième est un très-beau jardin, où l’on voit des fontaines merveilleuses »tant pour la grosseur 8c la grandeur des pierres dont ellesfont fâítes, que pour les belles & rares statues de bronzeLc de marbre dont elles font embellies. L’escalier, quiconduit jusqu’au haut de la maison , est un ouvrage quisurprend ceux qui le voient. II est de pierre de taille, 8cfait en limaçon ; mais de maniéré, que le bout de chaquemarche n’est appuyé que sur celle de dessous. La cour,à peu près quarrée, a 60 pieds de long, fur 140 de large ;& la hauteur du palais , jusqu’à la corniche du troisièmeordre , est de 122. La grandeur de la cour paraît n’êtrepas proportionnée à la hauteur du bâtiment ; mais onaffecte quelquefois en Italie de faire les cours étroites »pour procurer de la fraîcheur aux appartemens. Joignantla grande porte de ce palais, il y a une grosse pierre d’ai-man , qui a été gâtée par le feu. Spon dit qu’elle pèse.cinq mille livres.

II y a de l’autre côté de la rivière un ancien palais, quel’on nomme Palais Ducal. On y va par le pont de laTrinité, où l’on volt quatre belles statues de marbreblanc , qui représentent les quatre Saisons. L’hiver estde Thadée Landiny , l’automne Sc l’été font de JeanjCaffini, Sc le printems de J. Francavilla.

Vis-à-vis de cet ancien palais ducal, est une placeornée dé diverses statues, entre lesquelles font le Davidde Michel-Ange , la Judith du Donatello, la belle Sa-bine enlevée de Jean de Bologne, i e Perfée de bronzedu Cellini, l’Hercule Sc le Cacus de Bandinelli, & lastatue équestre de Côme I , par Jean de Bologne » poséefur un piédestal, dont les trois bas - reliefs représentent,3 . Côme I, agenouillé devant le pape, dont il reçoit letitre de grand duc ; 2. le même prince faisant son entréeà Florence dans une maniéré de char de triomphe ; 3. lacérémonie dans laquelle le sénat de Florence lui remitl’autorité souveraine en le revêtant de la qualité de duc.

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Le vestibule de ce palais est entouré de colonnesd’ordre corinthien. Les salles font spacieuses & rempliesde raretés. La grande galerie est environ longue de 400pieds.Le plafond en est peint; Sc on s’y promenoitentredeux rangs de statues Sc de bustes, qui font presque tousantiques. Au haut, contre la muraille, on voyoit d’ui*côté les portraits des anciens philosophes, Sc de l’autreceux des grands capitaines. On remarquoit, comme lesplus belles statues , celle que l’on soupçonnoit être deScipion l’Africain » faite d’une pierre noire estiméehuit cens ducats, ûir le bord de la robe de laquelle ily a des caractères , que l’on croit être de l’ancien Hé-truíque; la Léda , qui reçoit avec plaisir les caresses deJupiter, mais non fans pudeur ; le Bacchus antique »accompagné d’une copie de Michel-Ange, qui ne cèdepoint à l’oríginal ; la Julie , fille d’Auguste ; Pomone,Venus, Diane, Apollon, le second Bacchus , le Paysan,qui frappe un sanglier ; les bustes des empereurs jus-qu’à Gallien, Sc íùr-tout ceux d’Adrien , de Pertinax8c de Severe. De cette galerie on passe en plusieurs cham-bres toutes remplies de raretés. Dans la première , onvoyoit un chandelier à branches , fait de gros morceauxd’ambre ; une belle colonne d’albâtre oriental, 8c quan-tité d’autres curiosités de la nature 8c de Fart. Dans laseconde , il n’y avoït que des tableaux. La troisième ,appellée la chambre des mathématiques , avoit des sphè-res Sc des globes de 7 pieds de diamètre. La quatrièmeétoit toute tapissée de peintures > encore plus rares quecelles de la seconde.‘II y avoit un cabinet d’ébéne , ornéd’ambre , d’ivoire, 8c de pierres précieuses ; une grosseémeraude brute , enchâssée dans son rocher ; une table deLapis Lazaili , sur laquelle on a tracé le plan de Livourne.Les portraits des hommes illustres du XVII e . siécle faí-soient le principal ornement de la cinquième chambre.Entre les généraux d’armée Sc les grands capitaines , onvoyoit trois Anglois » Crotmvel, le général Monk , Scle comte d’Ossory, fils aîné du duc d’Ormond. Dans lasixième, on trouvoít 137 portraits des plus fameux pein-tres , faits de leurs propres mains. La septième étoit gar-nie de quantité de vases de porcelaine d’une beauté sur-prenante ; Sc les cinq autres contenoient diverses chosestrès-curieuses, comme des armes de toutes façons Sc detout pays, Sc entr’autres un mousquet, dont le canon esttout d’or ; une pierre d’aiman , qui levoit autrefois cin-quante livres de fer, mais dont la vertu est beaucoupdiminuée ; la queue du cheval d’un duc de Lorraine, la-quelle a 20 pieds de long. Outre ces pièces, il y a unsalon octogone, appelle la tribune, lequel est de l’ar-chitecture de Buontalenti. II a 20 pieds de diamètre , íavoûte est en dôme; 8c le dedans de ce dôme est revêtude nacre de perles. Le pavé est de marbres de différentescouleurs artistement rapportés. Les murailles , tapisséesde velours cramoisi , étoient ornées de mille choses rares.Les vitres font de crystal. On y admirait un diamant pe-sant 139 carats Sc demi. C’est dommage , (dit Tavernier,que Veau tire un peu fur le citron. On y estímoit infini-ment une tête antique de Jule César d’une seule tur-quoise grosse comme un œuf ; une armoire pleine devases d’agathe, de lapis, de crystal de roche » de corna-line » garnis d’or 8c de pierres fines ; une grande table 8cun cabinet d’ouvrages de rapport fort bien travaillés»Sc faits l’un Sc l’autre de diaspre oriental, de calcédoine,de rubis , de topazes, Sc d’autres pierreries ; les travauxd’Hercule d’argent massif ; Sc un globe céleste » dont lesastres font autant de pierres précieuses. A cela se joígnoítune grande quantité de tableaux, tous chef-d’œuvres desmeilleurs peintres , avec un nombre incroyable de tné-dàilles des plus rares Sc des mieux choisies ; une infini*®de petites pièces de sculpture Sc de gravure antique ex-traordinaírement bien conservées. Entre les statues on nese lassolt point d’admírer six figures gréques, deux hom-mes qui luttent; un paysan qui éguise sa serpe, en écou-tant la conspiration de Catilina ; un Faune, un Cupïdostqui dort ; une Venus haute de six pieds, une autre Venusplus petite d’un pied, l’une 8c l’autre de marbre blase.La derniere est la fameuse Venus de Medicis, a *ì tI T n ^ ntla Venus modeste » dont nous avons en France de bellescopies. Dans une autre grande salle, où le jour de saintJean, les grands ducs recevoient l’hommage de tous leursvassaux, qui se présentoient devant eux ce four - la »veleurs armes & leurs baniéres , le lambris est uor 'fur les murailles font peints les plus beaux exploi