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grands ducs de Medícis. On y voyoít plusieurs statuesde marbre blanc, dont les principales font celles de LéonX & de Clément VII, tous deux de la maison de Me-dicis ; sc celle du grand duc Ferdinand. La grande place,fur laquelle est une façade du palais, est spacieuse. Ellea au milieu, outre les statues dont j’aí déja parlé, unefontaine, que quatre statues de marbre blanc, plus grandesque nature , accompagnées de quatre de bronze plus pe-tites , rendent une des belles fontaines d’Italie. Ces sta-tues représentent la famille de Nèptune , au milieu delaquelle ce dieu paroît tiré par quatre chevaux marins.Mais on chercheroit en vain aujourd’hui dans ce palais.L’empereur, aujourd’hui grand duc, en a fait transporterla plus grande partie à Vienne. ,
De ce Palais, on passe par une petite galerie de com-munication à l’ancien palais de la république, dont lagrande salle est longue de 172 pieds, 8c large de 74.
Les grands ducs Medícis a voient plusieurs ménageries,dans lesquelles ils nourrissaient diverses sortes d’animauxétrangers. En lZZl.il naquit à Florence deux lionceaux,qui devinrent grands.
Entre un grand nombre de palais magnifiques qui fontdans cette ville , les plus considérables font ceux de Ri-cardi Sc de Strozzï. Un des plus anciens, est celui qu’onappelle Or San-Mighel, ( Grenier Saint-Michel) parceque la république de Florence s’en est servi long-tempspour y mettre la provision de bled de la ville. Les grandsducs en ont fait leurs archives.
Quatre ponts joignent la plus petite partie de la villeà la plus grande. Celui des Orfèvres porte deux rangsde belles maisons, avec une galerie qui conduit du palaisneuf à l’ancien.
La Juiverie est fermée en maniéré de petite ville.
La place, appellée des Marchands, est couverte d’untoit porté par de hautes colonnes.
Dans une place, au-devant du couvent de Santa Ma-ria la Nuova, font deux obélisques posés fur le dos dedeux lions de bronze.
Dans un carrefour, qui traverse une grande rue abou-'tissante à cette place, est un Hercule domptant un Cen-taure. Ce groupe > d’un travail exquis , est de marbreblanc ; & son piédestal est d’une belle proportion.
Dans la place, vis-à-vis la porte du milieu de la cha-pelle de saint Jeah-Baptiste, appellée II Batífierio , fontdeux colonnes de porphire enchaînées ensemble » quel-qu’un peu distantes l’une de l’autre.
La statue du duc Ferdinand I, fe voit fur un chevalde bronze , placée entre deux belles fontaines , dans laplace qui est vis-à-vis Santa Maria délia Nmciata.
Auprès de l’églife de la Trinité, est une colonne an-tique de pierre, d’une grande élévation 8c d’une grosseurproportionnée , laquelle porte une statue de porphired’une feule píéce , représentant la Justice la balance à lamain. De-là víentle proverbe de Florence, que la Justiceest si haut montée qu’on n’y peut pas atteindre.
II y a hors de la ville beaucoup dç belles maisons deplaisance à Prato , à Baroncelli, à Petraria » à Careggio.Les plus remarquables sont celles qu’on nomme Impé-riale, Poggio 8c Pratolino. Ces lieux agréables offrentdes beautés en grand nombre ; mais on a poussé si loinen France l’art des eaux Sc des jardins, qu’on'n’admireplus ce que l’Italie a de mieux dans ce genre.
Florence, privée de la plus grande partie des précieusesantiquités 8c des richesses de la nature Sc de l’art » quele palais de ses ducs renfermoit, a dans ses églises encorede quoi satisfaire la curiosité la plus avide Sc plaire augoût le plus délicat.
La cathédrale, appellée le Dôme , ou la Cheefa diSanta Maria del Fiore, est un très-grand 8c très-fuperbeédifice, quoique bâti à la gothique. Il fut commencé en1294. Les dehors 8c le dedans sont d’un marbre poli 8c8c de différentes couleurs. Sa longueur est de plus de 490pieds , 8c fa hauteur, jusqu’à l’extrémíté de la croix duglobe qui est au-dessus du dôme , est z 82. L’autel estde marbre,de l’architecture de Bandinelli. II est orné desstatues d’Adam 8c d’Eve, du Pere éternel, du Christmort, 8c d’un Ange qui le soutient, lesquelles sont dumême Bandinelli. On critique la statue d’Eve , fur cequ’elle est de plus grande taille que celle d’Adam. Lechœur est entouré de quantité de colonnes de marbre.Le dôme, qui est octogone*, a 150 brasses de hauteur,
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fans y comprendre le chapiteau ou la tourelle qui est au-dessus , 8c à laquelle on en donne encore z 6. Chaque côtéde cet octogone a 75 pieds de large ; au-dedans font .troisgaleries , dont lapins basse régné tout.autourde i’égíisoen-dedans. A la même hauteur , il y en a une autre demarbre blanc qui l’environne en dehors, de sorte quetant par dedans que par dehors, on en peut faire aisé-ment le tour, excepté le devant qui n’est qu’une muraillede pierres brutes , 8c qui n’est point revêtue de marbrecomme le reste , parce que le dessein a été pris d’y faireune façade digne de la magnificence de cet édifice. Cedôme est peint en-dedans de la main de Zucchero Sc deVafari, 8c couvre tout le chœur de l’églife, où l’on voitentre les colonnes, les statues des douze Apôtres , dontle saint Jacques est de Sansovin , 8c les autres de diffé-rens statuaires. Le clocher, que l’on appelle ll Campa-nile , ou bien La Torre delle Campane , est ùn édificequarré , embelli de carreaux de marbre rouge , blanc &noir, & détaché entièrement de l’églíso. Sa hauteur estde ï8o pieds.
Vís-à-vis de la grande porte de l’églife est une cha-pelle ronde de forme hexagone , 8c d’environ 40 pas dediamètre. Elle est toute de marbre, 8c dédiée à S. Jean-Baptiste. On l’appelle il Battijlerio. C’étoit autrefois unTemple consacre a Mars. On y entre par trois portesde bronze fort estimées, dont les bas-reliefs représen-tent des histoires sacrées. On dit que Michel-Ange ne sopouvoít lasser de les admirer , 8c qu’il ì e s avoit estiméesdignes d’être les portes du Ciel. Au-dessus de la plusgrande, on voit en mature blanc , saint Jean qui baptisenotre Seigneur, 8c un Ange á son côté. Au-dessus decelle qui est du côté de l’évangile du grand autel, lemême saint Jean est entre Hérodias Sc le bourreau qui valui couper la tête. C’est un ouvrage de fonte comme celuiqui est au-dessus de la troisième, où saint Jean-Baptïsteest au milieu d’un Scribe 8c d’un Pharisien qui l’écoutentprêcher dans le désert. Le chœur est au milieu de l’église,où l’on voit du côté de l’épître de son autel, les fontsbaptismaux d’un porphyre précieux, 8c plusieurs hautescolonnes de marbre tout á l’entour, entre lesquelles sontles statues des quatre Evangélistes, des quatre Peres del’Eglife & des sept Vertus ; au dessous desquelles sont re-présentées en belle peinture la vie de Notre-Seigneur 8ccelle de saint Jean-Êaptíste. De l’autre côté, est le tom-beau du pape Jean XXIII. H y a encore dans cette cha-pelle deux autres figures ; l’une d’une jeune femme toutenue - avec ces mots au-dessous, Lex nata ; 8c l’autred’une Helle femme avec ceux-ci, Léo scripta. La mo-saïque de la voûte est estimée.
L’église de sainte Marie délia Nonciata , est l’une desplus fréquentées de la ville, non-seulement pour y voirle tabernacle du grand autel, 8c une croix de fonte qui estderriere , ouvrage du fameux Bolognese ; mais aussi leschapelles 8c les tombeaux, Sc principalement la chapellede l’Annonciade, dont le peuple dit que l e tableau futachevé par les Anges. Le maître autel de cette église estd’argent, éclairé de plus de cinquante lampes. Le tableaude la chapelle des Romoli est du Perugin ; celui de laVisitation est du Pontormo, 8c quelques autres d’Andrédel Sarto. C’est ce qu’il y a de mieux dans cette église,desservie par des Servîtes, dont le monastère est beau,8c la bibliothèque remplie de manuscrits curieux. Devantcette inème église , est une grande place quarrée , envi-ronnée de somptueux bâtimens. On y remarque, entr’au-tres choses , le grand hôpital DegVImiocenti , bâti ( dít-on ) par Charlemagne : ( il est beaucoup plus moderne. )
L’architecture de 1 église collégiale de saint Laurentest admirable. Côme de Médicis la fit bâtir, 8c plusieursprinces de fa maison l’embellírent à l’enví les uns desautres. Entre ses peintures , on admire un jugement uni-versel , d’un travail immense 8c d’une ordonnance très-judícíeuse. Le maître autel est décoré de figures de mar-bre, la plupart de la main de Michel-Ange. Contre despiliers de la nef sont deux beaux tombeaux de bronze,élevés fur des colonnes de même matière. Mais ce qu’ily a de plus merveilleux, est la chapelle de la sépulturedes ducs. Elle est derrière le chœur 8c comme détachéedu reste de l’église. Cet ouvrage, de près d’un siécle,achevé par le dernier grand duc » est de figure octogonede 25 ou 30 pas de diamètre, couvert d’un grand dôme,8c revêtu au-dehors du marbre le plus fin. Le dedans