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n’offre que marbre traité, lequel est: fort rare , jaspe, por-phyre, albâtre, lapis, gratiatíque, agathe, serpentine 8 cautres pierres précieuses , que les grands ducs ont tiréesde France, d’Allemagne , de Gréce, de Candie, de Chy-pre , de Syrie, d’Egypte, de Perse , pour les joindre aumarbre le plus précieux d’Itaiie, qú’ils tiroient des mon-tagnes de la Toscane. On y compte jusqu’à quinze espè-ces différentes de jaspe. Ces diverses pièces ornent diver-sement les huit faces de la chapelle. Elles y composentdes compartimens variés , Sc présentent par-tout des ta-bleaux de fleurs Sc d’autres objets exécutés au naturel enmosaïque. Dans la face, vis-à-vis la porte , est: un auteldes plus riches. Six autres offrent les statues, en marbreSc en bronze, de plusieurs grands ducs , placées dans desniches , dont les bordures sont enrichies de diverses pier-res précieuses disposées avec art. Entre les niches fontles armes des plus considérables villes de l’état, Sc descornes d’ábondance Sc des vases pleins de fleurs exécutésen pierres fines , le tout entremêlé de statues plus peti-tes , qui représentent les enfans des grands ducs.Toutèsces statues font tirées au naturel. Sous la chapelle, est lacave où font les tombeaux, laquelle mérite aussi d’êtrevue. ^ _
La bibliothèque des grands ducs tient à cette église.C’est une galerie longue de 80 brasses . Sc large de 20,bâtie fur le dessein de Michei-Angè. Elle est pavée d’unfort beau marbre, Sc remplie de figures, de livres & demanuscrits très-anciens. On y voit entr’autres un Virgilemanuscrit du temps de Théodoríc , Roi de Ostrogoths ;un autre manuscrit grec , qui contient la chirurgie desanciens , d’Hippocrate , de Galien , d’Asclepiade, deBithynus, d’Apollonius, d’Archigenes, de Nymphodò-rus , d’Helíodore , de Dioclès , de Rufus Ephesius Sc'd’Apollodorus Citiensis ; avec des figures peintes en vé-lin , pour faire voir la maniéré de remettre les disloca-tions. On doit convenir que ce livre est Un trésor ; c’est:l’uniqtte pareil ouvrage que l’on sache aujourd’hui. Ony voit encore un livre de géographie, avec des mignâ-tures fort exquises ; une bible hébraïque, avec les com-mentaires des rabins en hébreu, qui est une pièce fortrare , & d’un prix inestimable.
L’églisc de saint Marc est desservie par les Domini-cains , & considérable par la chapelle des Salviati, où re-pose le corps de saint Antonin , archevêque 8 c patron deFlorence , lequel avoit été religieux de ce couvent. Elleest ornée de six grandes statues de marbre blanc ,quî sontà l’entour Sc représentent 8. Antonin, S Dominique,S. Edouard, S. Jean-Raptiste, S. Thomas d’Hquin ScS. Philippe. II y a au-dessus des tableaux de fonte , quireprésentent la vie de saint Antonin. Du côté du septen-trion, on voit le tombeau du fameux Pic de la Míran-dole. Politien est enterré de l’autre côté, mais fans épi—taphe.
L’église di Santa Maria Novella , desservie aussi parles Dominicains, est belle, grande, Sc bâtie fur un si beaudessein, que Michei-Angel’appelfoit ses délices ; quoi-que très-grande, elle est presque toute pavée de tombeaux-de marbré blanc Sc très-fin. Il y a une belle bibliothèqueremplie de bons livres. Les jardins sent grands Sc régu-liers ; & les dortoirs sent doubles. Ceux du bas sent ha-bités l’été , Sc ceux du haut l’hiver.
L’églife de Sainte Croix , ouvrage de Michel-Ange ,est une des plus larges Sc des plus belles que l’on puissevoir. Elle a 70 brasses de large ser 240 de long. On yvoit en entrant son tombeau fur un grand piédestal, oùsent trois belles statues de marbre blanc, qui représententl’architecture , la peinture Sc la sculpture , les trois artsdans lesquels il excelloit. II en avoit laissé le dessein á sonneveu , qu’ílavoitfaítson héritier, à condition qu’il l’exé-cuteront. Au-dessus de son tombeau est son buste. Le toutestun ouvrage des plus admirables de l’Europe. La chairepour prêcher, faite fur -le dessein de ce grand homme ,est un chef-d’œuvre. Elle est d’ un marbre blanc 8 c d’untravail fort étudié. Plusieurs figures très-bien travailléesl’embellissent. Les orgues font regardées comme un ou-vrage admirable pour les peintures. Au haut de la nefsont les tombeaux de Léonard Aretin Sc de Charles Ma~ruspini, deux hommes célébrés dans la république deslettres , Sc qui ont été tous deux Secrétaires de Florence.
II y a dans cette église d’autres excellons morceaux desculpture ; tels qu’une Annonciation, un Ecce Homo, plu-
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sieurs autres statues, 8 c Une Vierge en bas relies de mas-bre , de la main du Donatella. Entre les peintures , onvante un crucifix de Cimabué, une descente de croix deSalviati, une résurrection de Saint du Titi ; les peinturesdé la chapelle des Bardi par le Giotto, saint Laurent,qúi distribue les biens de 1 église aux pauvres ; du Paísi-gnano , Jefus-Christ portant fa croix ; du Vafari , unéCène du Giotto, danS le réfectoire, Sc plusieurs autres.Le tombeau de Gaulée, fameux mathématicien, est dansle cloître ducouvent, qui app artient à des Cordeliers.
L’église du Saint Esp rit est aussi fort considérable , àcause de son grand autel, ouvrage de Michel-Ange. Onen estime extrêmement le tabernacle , orné de plusieurscolonnes Sc de belles figures. Il y a'une si grande quan-tité de piliers de marbre aux environs des autels, queMichél-Ange avoit coutume de dire que ce lieuparoif-soit une petite forêt, Sc l’appelloit Cannctto. Outre lesstatues Scies belles colonnes qui fervent d’ornement àces autels » on est surpris de la quantité de perles Sc depierres précieuses qui brillent de toutes parts. Ce ne sentpar-tout que des tableaux exécutés en pierres de toutessortes de couleurs. Le tabernacle, qui renferme le saintSacrement, est environné de petites colonnes bleues degrand prix, dont les corniches sent dorées. C’est le plusbel ouvrage que l’on puisse voir en ce genre. Aux deuxcôtés de l’autel sont quatre colonnes d’une pierre vertetres-rare. L’église est soutenue de plusieurs colonnesque l’on appelle Serena , luisante comme le crystal. Elleappartient aux Augustins. Us ont tine galerie dans leurcouvent, que l’on dit avoir été peinte par les Grecs ,avant que l’art de peindre fût en usage en Italie.
L’église de saint Michel est un édifice fort ancien &fort obseur, comme lèsent beaucoup d’autres du mêmepays. Elle est riche en tableaux : les principaux sent uneSainte Famille, du Pontormo ; Jefus-Christ prêchant dartsle Désert, du Passignano. L’autel, dédié à la Vierge, esttout de marbre , construit en maniéré de tabernacle, &enrichi de 3 b>fleurs belles colonnes.
A l’hôpital ad Scalas , on voit le tombeau & Dépita—phe d’un monstre humain , qui n’avoit qu’un corps, deuxtêtes & quatre mains. Ce double homme,nommé PierreSc Paul, n’avoit pas les mêmes affections. L’un pleuroit,8 c l’autre rioit ; l’un dormoit, & l’autre veilloit, Sc ainsidu reste, 11 vécut vingt ans Sc vingt jours.
11 ne faut pas oublier que c’est dans les montagnesdu vôisinage de Florence , que se trouvent ces pierressi curieuses , qui étant sciées en deux, tout au traversdu cœur , Sc ensuite polies , représentent les unes desarbres , les autres des villes & des ruines de châteaux,d’une maniéré si naturelle , qu’on ne peut s’empêcherd’en être surpris. Les premières sont appellées Den~dtttes > à cause des figures d’arbres qui y paroissent.
Quelque belle Sc bien située que soit Florence , leSétrangers en trouvent le séjour bien mélancolique. LeSmaniérés gênées , 8 c les cérémonies éternelles des Flo-rentins ne les ennuient pas moins que l’invisibilité desfemmes. Les Florentins ont d’ailleurs beaucoup d’es-iprit ; 8 c l’Académie délia Crusca jouit depuis long-temsd’une réputation qui se soutient. Florence est l’endroítou l’on a le plus cultivé la langue Italienne pour lapureté du langage , pour la régularité du style, pour lapropriété de l’expreísion ; mais c’est principalement aRome, que se trouve la douceur de la prononciation-De-là vient le proverbe, Lingua Toscana ìn boccamana. Florence a donné quatre papes à l’église. Troisétoient de la maison de Médicis ; Léon X } fils de Lau-rent de Médicis & de Clarice des Ursins , lequel suc-céda. à Jules II en 1513 , 8 c mourut en 1521. Clé‘ IientVil, fils de Julien, qui seccéda à Adrien VI. en 1 / 3 3 7Sc mourut en 1534, Sc Léon XI, fils d’Octavsen , st UIsuccéda à Clément VIII en 1605 , mourut la memsannée, vingt-six jours après son élection. Le quatrièmepape Florentin est Urbain VIII , qui s’appelloit b ar-phé Barberini. Il«fuccéda à Grégoire XV, en id’a } >mourut en 1644.
Fntre les hommes de lettres que cette ville a pro-duits , on compte Dante Alighíeri, Pétrarque , & Boc-ca ce, né dans le territoire » lesquels sent les peresl’éloquence 8 c de la poésie Italienne 3 Machiavel con "par son histoire de Florence . Sc par ses livres de P°tique, dçnt les maximes 'dangereuses ne sont ' .