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ce , le TaraoufH fait appeller avec les anciens les Jonasou Jouanus : ce font leurs prêtres, dont le crédit est im-mense parmi eux. Après la délibération, les vieilles fenumes apportent de Y Âpalachine, liqueur forte , composéedu jus qu’elles ont exprimée de quelques herbes infuiéeseníemble. Une espèce d’échanion la présente dans unegrande coupe , qu’il éleve íiir fa tête , au Faraoufti ,qui boit le premier. Tous les guerriers 5c les anciens boi-vent ensuite dans ia même coupe. Ce breuvage, que lesFíoridíens estiment beaucoup , fait suer ceux qui en ontbu , & les anime. Ceux qui font actuellement la guerre,Sc ceux qui fe font signalés autrefois- par leurs exploits ,font jugés seuls clignes d’en boire. C’est avec.ce mêmebreuvage, qu’iis éprouvent les'jeunes gens. Ceux, dontle tempérament ne peut pas résister à la force de cetteliqueur , íont déclarés incapables de porter les armes ,Sc destinés à !a culture de la terre. Ils prétendent quecette boiífon leur est très-utile dans leurs courses, oùquelquefois ils passent deux'ou trois jours fans man-ger. C'est pour cela que les hermaphrodites en portenttoujours une abondante provision avec le bagage. Lésdiíïerens peuples de la Floride font presque toujoursen guerre entr’eux. Ils font tous également antropopha-ges. Us sacrifient au soleil les hommes qu’ils prennentçn guerre , fans les faire beaucoup souffrir ; & se fontun devoir de'religion de manger la chair de ces victimes.Comme ils font cas prodigieux de leur chevelure , Scque la perdre est pour eux ie plus grand déshonneur ,après avoir assommé leurs ennemis » ils leur arrachentla peau de la tête avec les cheveux. C’est chez eux leplus illustre trophée. Revenus de la guerre, ils assem-blent le canton victorieux , Sc passent trois jours Sc troisnuits à manger, boire , danser Sc chanter. Chacun donneensuite les chevelures arrachées aux ennemis à de vieil-les femmes , qu'íis honorent beaucoup , & ces femmess’en servent à se parer pour les fêtes publiques. A l'é-gard des femmes Sc des enfans qu’ils enlèvent à leursennemis , ils fe contentent de les retenir en esclavage ,& les traitent doucement. Leurs armes font Tare Sc lesflèches , avec une forte de javelot, qu’ils lancent avecbeaucoup d’adresse.
Ils fement le mays deux fois l’année , en mars Sc juil-let , Sc la récolte fe fait au bout de trois mois ; en sorteque les terres reposent depuis la fin d’octobre jusqu’à lafin dé février. Us en brûlent les herbes pour les engrais-ser. Pour semer » ils font avec des bâtons pointus, depetits trous , où ils jettent deux ou trois grains de mays.Us ne fement que pour leurs provisions de quatre ou cinqmois ; Sc quand elles leur manquant pendant l’hiver , ilsvivent de chasse ou de pêche.
Quand ils font malades, ils ne fe font point ouvrir laveine. Leurs Jonas ou prêtres , font aussi leurs médecins ;
Sc c’est pour cette raison qu’ils ne sortent jamais, fansporter avec eux des sachets pleins d’herbes médicina-les. Quand ils font appelles chez les malades , ils leurfont de petites incisions à la peau , près d’une veine >aux parties où ils sentent le plus de mal, Sc tirent dusang en suçant avec la bouche , ou avec un chalumeau.Us les purgent enfui te avec une poudre faite de coquil-lages calcinés > laquelle est un vomitif très-violent.Après cela , s’il est nécessaire , ils les baignent, C’esttoute leur médecine. L’ordre des remèdes est toujoursle même ; Sc l’application de chacun est précédée & sui-vie de quelques paroles mystérieuses , que les Jonasprononcent avec gravité ,• car ces prêtres ne différentdes Jongleurs du Canada, qu’en ce qu’ils font plus su-perstitieux Sc plus adonnés, aux sortilèges. Quand lesremèdes n’operent pas , Sc que les malades sont déses-pérés , ils les exposent au soleil , à la porte de leurs ca-banes , en priant Si conjurant le soleil de les guérir. Cesprêtres font vêtus de robes faites de diverses peaux ,coupées en bandes inégales. Ils ont une ceinture depeau de cerf, où pendent leurs sachets pleins d’herbes.Ils portent fur leur robe , en guise de manteau , unepeau de bête sauvage;8c sur la tête un bonnet de peau ,qui finit en pointe. Us ont toujours les pieds Sc lésbras nuds.
Le soleil est presque Punique divinité des Fíoridíens.Tous leurs temples lui font consacrés ; mais le cultequ’ils lui rendent n’est pas le même par-tout; ils adorentauíG la lune. Leurs moeurs font très-corrompues ; Sc le
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mal honteux que les iíles de PAméríqite nous ont com-muniqué , y est affez ordinaire ; mais cela n’est pas com-mun à tous les Floridiens, quoiqu’en général il soit vrai,que , plus on approche de la Floride, er, venant du Ca-nada, plus on trouve fur cet arricle de différence entreles Sauvages , Sc que ce que l’on voit aujourd’hui delibertinage , parmi ceux de la nouvelle France, vienten bonne partie du commerce qu’ils ont avec ceux dumidi ; mais on n’a point remarqué que ceux de la Loui-siane soient sujets aii mal de Naples. En général, tous'les Floridiens font extrêmement adonnés aux femmes,qu’ils appellent les enfans du soleil. Chaque Floridienn’a qu’une femme ; Sc la polygamie n’est permise qu’auxFaîaeujtis , qui peuvent en avoir trois ou quatre ; mais lapremière épousée est la seule véritable femme. Les autresfemmes sont de véritables esclaves; Sc leurs enfans ne par-tagent point la succession avec ceux de la première. Lesfemmes ont foi n du ménage Sc des enfans. On assure queles maris n’ont point de commerce avec elles , dès qu’ilsles savent enceintes, jusqu’à ce qu’elles accouchent; maisils trouvent dans leur propre sexe à se dédommager decette continence volontaire. 11 y a des garçons destinés àleurs plaisirs. Us s’en servent, Sc les méprisent. Us lesexcluent de la société des hommes , les relèguent danscelle des femmes, ou ne les emploient qu’aux Ou-vrages qu’elles font, 8c a des fonctions serviles. Ces vic-times de la débauche des Floridiens , font distinguéesdes hommes Sc des femmes par la couleur des plumesqu'ils portent fur leur tête, 8c par le mépris que les deuxsexes leur témoignent en public. Ce sont sûrement cesfortes de garçons, que Laudoniere 8c d’autres voyageur»ont cru des hermaphrodites.
On rend de grands honneurs aux Taraoustis pendantleur vie , Sc encore plus après leur mort. Le lieu de leursépulture est environné de flèches plantées en terre ; Scla coupe , où ils avoient accoutumé de boire, est placéeau milieu fur le tombeau. Tout le village pleure , 8cjeûne pendant trois jours. La cabane du défunt est brû-lée , avec tout ce qui étoít à son usage. Ensuite les fem-mes fe coupent les cheveux, 8c les fement sor son tom-beau , où plusieurs autres femmes vont tour à tour pen-dant six mois pleurer trois fois le jour. Enfin les Paraous-tis voisins viennent rendre en cérémonie les derniers de-voirs au mort. On fait presqu’autant de façons à la mortdes ministres de la religion.
Presque toute l’éducation que les Floridiens donnentà leurs enfans, 'consiste à les exercer à la course , Sc iin’y a point de différence sor cela entre les deux sexes.II y a des prix proposés pour ceux qui s’y distinguent :aussi tous hommes Sc femmes sont d’une agilité surpre-nante. On les volt plutôt au haut des grands arbres ,qu’on ne les a vu fe mettre en devoir d’y grimper. Ussont aussi fort adroits à tirer de Tare, Sc à' lancer uneespèce de javelot , dont ils fe fervent avec succès à laguerre. Ils nagent tous avec une adresse extrême , Sc lesfemmes même , quoique chargées de leurs enfans »qu’elles portent entre leurs bras. Elles sont grandes Scfortes naturellement; Sc l’exercice augmente considéra-blement ces qualités naturelles.
Les animaux les plus communs d’entre cette partiede la Floride, sont deux espèces de lions , les cerfs ,les chevrisols , les bœufs, qui sont de la même espèceque & Louisiane; les dains, les
léopards loutres , les castors, les loups, les lièvresSc les lapins , les chats sauvages Scies rats de bois. Pres-que tous nos oiseaux de proie Sc de rivière y sont com-muns , aussi-bien que les ramiers , les tortues , les ci-gognes , les paons , les poules d’Indes 8c les grands go-siers ; on y volt des perroquets en quantité, Sc plusieursespèces de petits oiseaux, dont le plumage, est charmant.L’oifeau-mouche fur-tout y est moins rare qu’en Ca-nada ; 8c il paroît qu’il s’y retire pendant l’hiver. 11 ya dans les rivières un grand nombre de caymans ou al-ligadors , espèce de crocodilles , dont ces peuples man-gent la chair ; 8c les campagnes sont pleines de ferpensde toutes les sortes , principalement de ceux qu’on ap-pelle en Canada , serpents à sonnettes.
Les forêts de la Floride sont remplies de pins rougesSc blancs , qui ne portent point de fruits , de chênes detoutes les espèces, de noyers, de châtaigniers , de mé-risiers j de mûriers blancs, de lentisques , de lataniers,