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Tome second. C - F.
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de cèdres , de cyprès , de lauriers , de palmiers & devignes. On y trouve des mêliers , dont les fruits fontplus gros 8 c meilleurs au’en France , Sc des pruniers ,dont les prunes font fort délicates ; mais il fe pourroitque l’on confondît cet arbre avec le Piakiminier , quife trouve en plusieurs endroits de ia Louisiane. Le sas-safras, que les Sauvages nomment Pavama, y est auffifort commun . c’est un gran.d arbre , dont la feuille estdivisée en trois parties. Son écorce est polie Sc un peurougeâtre , 8c a , auffi bien que le bois , une odeur agréa-ble Sc un goût d’anis : il est presque chaud Sc sec autroisième degré ; Sc ses parties font fort subtiles. Síl’on en cr@ït les Espagnols, il n’y a guéres de maladiesqu’on ne guérisse avec le sassafras. Us prétendent sur-tout que c’est un excellent remède contre toutes les es-pèces de coliques ; qu’il guérit de la difficulté d’uriner,Sc des douleurs de reins qui font causées par le froid;qu’il dissipe les vents; débouche les obstructions ; forti-fie les parties internes, aide à la digestion , Sc rend Fa-pétit à ceux aui l’ont perdu ; empêche la constipation;appaife la douleur des dents ; qu’il est fort bon contrele rhume , la difficulté de respirer, Sc les autres maladiesde la poitrine , qui proviennent du froid. On prétendmême que c’est un spécifique souverain contre les mauxvénériens ; mais il paroît que les Sauvages ont plussouvent recours à l’esquine , non-feulement contre cemal, mais encore contre ceux qui viennent de la cor-ruption du sang , Sc qui font contagieux.

C’est par la décoction du bois , de la racine & desfeuilles qu’on fait usage du sassafras , 8c elle fe fait encette maniéré : on en prend une once coupée par petitsmorceaux , qu’on laiste tremper toute une nuit dansdouze livres d’eau,' puis on la fait cuire à . petit feu ,jusqu’d ce que le tiers de l’eau soit consommé ; maisèn cela il faut avoir égard au tempérament du malade ,qui doit garder un grand régime , tandis qu’il use dece remède. On prétend même qu’il est nuisible , quandîa maladie est Invétérée , ou le malade trop foible. Quel-ques-uns s’y préparent par une grande purgation , &c’est le plus sûr ; mais d’autres fe contentent d’ufer decette décoction pour leur breuvage ordinaire , en y mê-lant un peu de vin , Sc ne fe purgent point aupara-vant ; François Ximenès assure que s’étant rencontré au-près de la baye de Ponce de Léon , dans une grandedisette d’eau , Sc s’étant avisé de couper du sassafrasen petits morceaux , 8c de le tremper dans une eaupresqu’auffi salée que celle de la mer , il en but au boutde huit jours , Sc la trouva fort bonne.

Parmi les arbrisseaux de ce pays , les plus remarqua-bles font » la Caffine, ou Apalachine, & celui qui portele bleu , lequel est fort commun en Canada. Entre lessimples , celui qu’on estime le plus, est l ’Apoyometti ou lePhatciranda , que François Ximenès décrit en cette ma-niéré : Ses feuilles font semblables à celles des porraux,mais plus longues Sc plus déliées, à la façon du Çypri, dontcet auteur paroît faire une espèce particulière. Son tuyauest une forte de jonc plein de pulpes, 8c d’une coudée& demie de haut. Sa fleur est-petite Sc étroite , fa ra-cine déliée, fort longue , semée de nœuds ou bassettesrondes 8c velues. Les Espagnols les appellent Chapeletsde sainte Helene , parcs que cette plante fut d’abordtrouvée au cap de Sainte-Helene , qui esti|j|^ntrée duJourdain Les boulettes coupées Sc expofeDW soleil ,deviennent très-dures , noires en dehors, & blanchesen dedans. Elles ont une odeur aromatique, approchantedu Galenga. Elles font sèches 8c chaudes au troisièmedegré Sc plus , un peu restringentes Sc résineuses ; ce-pendant on ne les trouve guéres que dans des lieuxhumides Sc aquatiques. Les sauvages , après avoir broyéles feuilles de cette plante entre deux pierres , en tirentun suc, dont ils íe frottent tout le corps , quand ilsfe font baignes > persuades qu’il fortifie la peau , Sc luicommunique une odeur agréable. Les Espagnols ontauffi appris d’eux à réduire ce simple en poudre, qu’ilsprennent dans du vin , quand ils font attaqués de lafièvre Sc de maux de reins causés par quelque obstruc-tion. îls la broyent, Sc la prennent en bouillon contreles maux de poitrine. Ils Fappbstuent en emplâtre ,pour arrêter le sang » pour fortifier l’estomac , 8c pourguérir les douleurs de la matrice. Enfin on affiire quefur toutç cette côte, depuis le cap de Sainte-Helene,

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jusqu’à l’extrémíté septentrionale du canal de Bahatàa»on ramasse quelquefois-de Fambre-grís. Coreal, Voya-ges , t. x, p. 28. Le P. Charlevoix , Notes manuscrites.

A l’égard du gisement des côtes de la Floride , voicice que le P. Charlevoix , qui avoit été à la Louisiane»Sc qui avoit rangé la côte. depuis le cap de la Floridejusqu’au Mijsffipi y avoit pû recueillir » ou de ses ob-servations , ou de ce qu’en disent les meilleurs histo-riens. C’est ce pere qui parle :

Du cap Sainte Helene , qui est à l’entrée du Jour~dain y Sc que de l’Iíle appelle cap Carteret, au Port-Royal, que le même de l’Isle nomme Ashley , où deRíbaud bâtit Charlefort , il y a enviroh neuf lieues :De-là à la rivière du May , où Laudoniere bâtit laCaroline , qui fut depuis nommée San-Matheo , il y aenviron soixante lieues.

De la rivière de May à celle des Dauphins , où eítprésentement la ville de Saint-Augustin , Sc qui portele même nom , il n’y a par mer que dix lieues. LeCap François n’en est pas loin ; mais je n’en fais pasau juste la distance. La hauteur est par les trente deg.C’est une pointe basse fort bien boisée. Celui de Can-naveral en est à trente-cinq lieues ou environ ; 8c lecap de la Floride à quarante. Les iíìes des Martyrs bor-dent ce cap , Sc celles des Tortues en font fort pro-ches , mais plus avancées vers l’ouest.

De-là on retourne au nord ,'8c après avoir faït vingtou vingt - cinq lieues , on rencontre la laye de Foncede Léon., De l’Ifle la nomme baye du Saint-Esprit , 8 cy marque le débarquement de Fernand de Soto. II placela rivière de Saint-Martin près de quarante lieues plushaut , par les 29 degrés 30 minutes. De la rivière deSaint-Martin à la laye d? Auté , ou de Saint-Marc d’A-palache , la côte va en s’arrondissant vers Fouest , Sc iídoit y avoir vingt-cinq lieues au moins de l’un à Fa ti-tre. D e Saint-Marc ì la baye Saint-Joseph , on en com-pte trente ; 8c de Saint - Joseph à Fentrée du canal deSainte-Rose , il y en a ving-fept. Pendant les vingt der-nieres , on ne trouve pas un íeul abri ; Sc malheur àun bâtiment , qui y feroit pris d’un vent d’afarge. Laroute y est ouest-nord-ouest.

Le canal de Sainte-Rose a quatorze lieues de long , 8 cil est formé par une ille du même nom Sc de la mêmelongueur , mais qui n’a presque point de largeur. De-puis Saint-Marc d’Apalache jusqu’à Pensacol la mermonte 8c descend régulièrement douze heures. Le canalde Sainte-Rose aboutit à la baye de Pensacol. De cettebaye à celle de la Maubile , il y a environ quinze lieues.L’iíle Dauphine est vis-à-vis de Fentrée de la Maubile *8 c de-là au Missijsipi on compte au moins trente lieues.La route est au fud-ouest.

Du Missijspi à la baye Saint-Bernard , on fait centvingt lieues , en suivant la côte ; mais cette côte s’ar-rondit vers le nord. La route droite feroit précisémentà Fouest. Le port à’Achus, s’ìl est vrai qu’il fort à Fem-bouchure de la rivière de la Trinité', est environ díx-huítlieues au nord - est de la Trinité. Enfin de la baye deSaint-Bernard à la rivière des Palmes , il y a un peuplus de cinquante lieues. De Fille appelle cette rivièreRio Bravo, 8 c plus haut Rio del noste. Les Espagnols yont quelques forts.

z. FLORIDE. On appelle ainsi une des ifles deSalomon. Elle est apparemment la même que celle quiest nommée fur les cartes de De l’Iíle , VI[le des Ra-meaux , au nord- ouest de l’iíîe Isabelle. Elle est fortpetite.

FLORIMONTIUM. Fôyc^BLUMBERG. Les Fran-çois le nomment Fleurmont. Voyez, ce mot.

FLORINfE , nom latin de Florennes.

FLORIVAL , abbaye de filles , ordre de CîteaUX,dans les Pays-Bas, au quartier de Louvain. Elle futfondée Fan 1200 pour des Bénédictines.

FLORIUS, rivière d'Espagne , selon Pline, l- 4 »c. 20. C’est aujourd’hui R1 o Lezaro , près de rt-nisterre.

FLOROPOLIS , ou Fanum Sancti Flori » nomslatins de Saint-Flour.

FLORUM INSULA. Voyez. Flores. ,

FLOTZ , ou Floc , en latin Fiotia , petite ville eTurquie , en Europe , dans la Valachie , fur la Ja °nick , près de son embouchure, dans le anube.