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Tome second. C - F.
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ou non observés. Hs reconnoissent cependant pour cri-mes punissables après la mort , le mensonge , le lar-cin 8c le meurtre.

Si l’on s’en rapporte à quelques Millionnaires quiont été dans cette iíle , depuis que fa partie occidentaleappartient aux Chinois , on ne voitparmi ces insulaires,que ces derniers traitent de barbares . ni fourberies , nivol, ni querelles , ni procès , que contre leurs inter-prètes , lesquels abusent du pouvoir que le gouverneurleur confie, & vexent les peuples, au point que de douzebourgades du côté du sud , trois fe sont révoltées con-tre les Chinois , Sc fe sont réunies aux habitans de lapartie orientale. Ces sauvages sont naturellement équi-tables , Sc s’entralment les uns les autres. Quand on lesemploie , ils ne touchent jamais Ce qu’on leur donne ,à.moins que ceux qui ont partagé le travail avec eux ,n’ayent.prís leur part du salaire. Ils n’ont aucune idole ,ne font aucun acte de religion , Sc ne récitent aucuneprière. Ces dernières circonstances montrent suffisam-ment qu’il y a des millionnaires, dont le témoignageest très-peu sûr. Ils répétant fans examen ce que lesChinois leur disent. Ces missionnaires ajoutent ( Sc c’estce qu’íls ont pu savoir par eux-mêmes ) qu’ily a quel-qu’apparence qu’il y a eu quelques chrétiens parmi cesinsulaires , lorsque les Hollandois étoient maîtres duport; qu’on ,en a trouvé qui parloíent, lisoîent 8c écri-voient la langue Hollandoife ; qu’on a vu même en-tre les mains de quelques-uns des fragmens des livressaints en flamand ; que d’autres connoiflent un dieucréateur du ciel 8c de la terre ; un Dieu en trois per-sonnes , Pere, Fils&Saint-Esprit; qui savoient que lepremier de tous les hommes s’appelloít Adam , & lapremière femme Eve , Sc que leur désobéissance avoitattiré la colère de Dieu fur eux 8 c fur leurs descendans ;qu’il est nécessaire d’avoir recours au baptême pour ef-facer cette tache , & qu’ils savent même la formule dubaptême ; mais qu’on n’a pas pu savoir s’ils baptisoientou non.

L’iíle Formofe gît nord-ouest Sc sud-ouest avec lagrande rivière de Chinchío , ou avec la ville d’Aimoï ja trente-deuxlieues. On peut aller de l’iíle à cette ri-vière , Sc de cette rivière à l’iíle dans toutes les faisons del’année ; ce qui rend la Formofe un entrepôt très-cora-mode pour le commerce. Malgré cette proximité de laCfiine , les Chinois n’ont connu cette iíle que vers1430 , qu’un eunuque, revenant d’occident,y fut jettépar la tempête. II y fit quelque séjour pour en prendredes connoissances qui so réduisirent à quelques herbesmédicinales , qu’il porta à la Chine , où l’on s’en sertencore avec succès.

En 15 64 un chef d’escadre nommé Yu ta Yaou , croi-sant fur la mer orientale de la Chine , y rencontra uncorsaire appelîé Lin tao Kien, qui s’étoit emparé desiílés de Pong-hou. C’est un petit archipel » situé entreFormofe Sc leFokien, entre les 23 8c les 24 degrés delatitude nord. Le corsaire ayant apperçu l’escadre Chi-noise alla l’attaquer, après avoir laissé une partie de sonmonde à terre. II sot battu, Sc fe retira vers fes iíles ,pour y rafraîchir fes troupes, y prendre du monde, Scretourner à la charge ; mais le général Chinois lui cou-pa le chemin ; ce qui l’obligea d’aller mouiller dans unport de l’iíle Formofe. Le Chinois trouvant la mer tropbasse, Sc ne connoiflant point le port, n’o/a le poursui-vre , s’empara des iíles de Pong-hou, y mit une fortegarnison , 8c retourna à la Chine donner avis à la courde ce qu’il avoit fait. L’empereur nomma un mandarinde lettres pour gouverneur des iíles de Pong-hou.

Sur là fin de l’année 1620 , une escadre Japonnoifeaborda en Formofe ; 8c l’officier qui la commandoit trou-vant le pays à son gré , résolut d’y établir une colonie.11 y laissa une partie de ses gens, avec ordre de pren-dre toutes les connoissances nécessaires à l’exécution deson dessein, 8c retourna au Japon , pour en tirer de plusgrands secours. Quelque tems après un navire Hollan-dois qui aíloit au Japon ou qui en revenoit, fut jettépar la tempête au même lieu. Le capitaine y trouva lesJaponois fort peu en état de lui résister ; mais , com-me il n’etoit pas de l’intérêt de fa nation de fe brouil-ler avec eux, Sc que la beauté du pays , Pavantage defa situation pour le commerce entre la Chine, le Ja-pon , les Philippines, les Moluques Sc les Indes , le

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tentoíent d’y former un établissement, il demanda la per-mission d’y séjourner quelque tems pour faire del’eau. Scse radouber. «Les Japonois y consentirent. Ils lui per-mirent de bâtir une maison à l’entrée du port, laquelledevint bientôt un fort, qui ne sot pourtant achevé qu’en1634. On y voit encore aujourd’hui cette inscription:Zelctnda Cafiel. 1634. Ce fort muni de quatre bastionsrevêtus de pierres grises , n’étant qu’à une portée decanon de l’entrée du port , en rendoit les Hollandoismaîtres. Cette entrée du canal est étroite, 8c de hauteeau; il n’y a que 13 à 14. pieds de profondeur. LesHollandois ajoutèrent en avant du fort une redoute éle-vée de seize pieds , revêtue de pierres , Sc garnie dedeux pièces de canon. Quand les vaisseaux font entrésdans le port, ils font à l’abri de tous les vents. LesJaponois abandonnèrent Formofe , peu de tems aprèsque le capitaine Hollandois s’y sot établi.

Ces choses fe passerent , pendant que la Chine étoiten feu par les guerres civiles , 8c par l’ínvasion des Tar-tarps. If n de ceux qui s’oppofa le plus à ces derniers,fut un homme de fortune , de la province de Fokien,appellé Thing-tchi-long, qui, de petit marchand , étoitdevenu le plus riche commerçant de la Chine. II armaà ses frais une petite flotte contre les Tartares. II socbientôt suivi d’une multitude innombrable de vaisseauxChinois ; Sc fe vit à la tête d’une. des plus formidablesflottes qu’on ait mes dans ces mers. L’empereur Tar-tare lui offrit la dignité de roi , s’il vouloir le recon-noître. Ii la refusa » mais il mourut peu de tems après.

Tching-tchi-long son fils lui succéda , tailla en piè-ces une grande armée de Tartares , 8c fit dans la Chi-ne plusieurs conquêtes ; mais il sot enfin défait, Sc con-traint de sortir de la Chine. II résolut en 1661 de se faireroi en Formofe. II commença par chasser les Hollandoisdes iíles de Pong-hou , où ils étoient en très - petitnombre. II continua ensuite fa route vers. Formofe, oùpour garder le port 8c le fort de Zelande » ill n’y avoitqu’onze Hollandois , avec quelques Noirs des IndesSc quelques insulaires. Ils fe défendirent néanmoins as-sez long-tems par le moyen de leur canon , dont lesChinois étoient entièrement dépourvus. Les Hollandoisavoient actuellement quatre corps de vaisseaux dans leport ; ils avoient mis fur chacun un de leurs gens avecdes Indiens pour le garder ; les sept autres étoient en-fermés dans ía citadelle. L’amiral Chinois mit fur quel-ques - uns de fes navires quantité de feux d’artifice ;Sc profitant d’un grand vent de nord-est , il les poussafur les vaisseaux Hollandois , dont trois furent brûlés.Aufli-tôt l’amiral envoya déclarer aux Hollandois qu’illeur permettoit de fe retirer avec tous leurs effets ;mais que , s’ils continuoíent à fe défendre , il n’y auroitpoint de quartier pour eux. Les Hollandois , qui n’a-voient plus qu’un vaisseau , accepterent cette offre , Scíe retirerent. L’amiral,possesseur de toute la partie oc-cidentale de Formofe , prit le nom de roi, 8c distribuafes troupes dans tout ce beau pays , 8c bâtit des cita-delles aux endroits qu’il importoít le plus de fortifier.II fonda trois villes ; fit capitale de son royaume cellequi porte le nom aujourd’hui de Tain ou a n sou, c’est-à-dire ville principale de Tai ouan, qui est le nom Chi-nois de Formofe ; 8c il mit son palais 8c la cour au fortde Zelande , auquel il donna le nom de Ngan Ping fou.Enfin il établit dans fes états les mêmes loix , les mê-mes coutumes 8c le même gouvernement qu’à la Chi-ne; mais il ne régna paisiblement qu’une année 8c quel-ques mois. Son fils 8c son successeur fe joignit en 1670au roi de Fokien , lequel s’étoit révolté avec le roi deQuang-tong » contre l’empereur Cang-hi ; mais s’étantapproché des côtes de Fokien , pour s’aboucher avecle roi 8c ce prince , prétendant avoir le pas sor lui , Hlui déclara la guerre. Il le battit dans toutes les rencon-tres , ce qui obligea le roi vaincu de s’abandonner à ladémène» du monarque Tartare. Le titre de roi deFokien fut aboli ; 8c en 1682 , Cang-hi nomma pourcette province, 8c pour celle de Tche-Kiang un Tsengtou , dignité qui est au-dessus de celle de vice-roí. Yao,qui en fut revêtu , commença à faire publier jusqu’enFormofe une amnistie générale pour tous ceux qui fofoumettroient à la domination Tartare , avec promessede leur procurer les mêmes charges , les mêmes honneurs8c les mêmes prérogatives dont ils jouissoient alors.