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Tome second. C - F.
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que ce pays fournît au reste de la province , on en trans-porte ordinairement une grande partie à Lyon, 8 c pendantla guerre on en fait des levées considérables pour lesarmées d’Italie 8c d’Allemagne. Les Suisses Sc les Gene-vois en enleventauffi toutes les fois que le roi veut bienle leur permettre, Sc cette permission ne fe refuse guèresen tems de paix. Quoique les foins du pays uni soientbons 8 c abondans> cependant l’herbe -fo la montagne estbeaucoup meilleure , Sc les vaches Sc autres bestiaux s’yengraissent en peu de tems. Aussi y en éleve-t-on uneprodigieuse quantité ; Sc c’est la principale richesse de laprovince, qui en fait un grand commerce ainsi que defromages Sc de heure : mais auffi-tôt que ces bestiauxdescendent dans le pays uni, ils y dépérissent. Lemeilleurusage qu’on puisse faire de ces foins est donc de les faireconsumer par la cavalerie du roi, laquelle consume aussien même-tems les autres denrées » qui fans ce secours nefe débitent point. Les Lorrains enlevent ordinairementles vins des bailliages de Vesoul, de Cray Sc de Dole.Ceux des bailliages de Poligni, d’Arbois , de Salins Scd’Orn'ans, font transportés dans la Franche-Montagnequi n’en a point, Sc c'est le meilleur revenu de ces bail-liages. Le vignoble des environs de Besançon est fortétendu : mais le vin qu’il produit ne suffit pas pour laconsommation de cette ville. Comme le vin de cetteprovince se conserve cinq ou six ans, & qu’il lui fautmême ce tems-là pour le rendre bon, ceux qui font assezriches pour pouvoir le garder, y font un gain considérable.

II y a environ trente forges ou fourneaux le long desrivières de la Saône, du Doux Sc de l’Ougnon , où ilfe fabrique une grande quantité de fer excellent, commeaussi des bombes Sc des boulets pour l’artilleríe de terre,& pour celle de la marine. II y a beaucoup d’armuriers àBesançon Sc àPontarlier, qui travaillent fort bien. Onfait aussi dans la province environ douze cens milliers desalpêtre par an ; Sc l’on pourroit en faste davantage. Oncoupe furies montagnes des mâts pour les navires.

Les réussissent si bien dans cette province, 8 c

fur-tout à la montagne , que c’est fans contredit ce quiapporte le plus d’argent dans le pays. Année communeles haras produisent environ cinq mille poulains, dontla plupart font achetés à six mois ou à un an par des mar-chands de Champagne, du duché de Bourgogne, de Brie& de Berry. Les rouliers de ces provinces achetent tousles ans quatre ou cinq cens chevaux entiers. Pendant laguerre les troupes de cavalerie Sc de dragons qui font enquartier dans cette province, y font leurs remontes auffi-bíen qu’une partie de celles qui font en Dauphiné, Lee.ce qui pendant la guerre va quelquefois jusqu’à deuxmille chevaux par an. Les habitans de la montagne fontun commerce de cochons, qui est. aussi de quelque consi-dération. Le climat §c la nourriture de ce pays étant peupropre pour les moutons, l'on y en éleve très-peu, Sc leslaines même n’en font pas bonnes, ce qui fait qu’il n’y apoint de manufactures de draps.

Cette province a un gouverneur, qui l’est aussi deBesançon » Sc qui a sous lui un lieutenant-général , Scautant de Gouverneurs particuliers qu’il y a de placesfortifiées dans ce gouvernement. ♦

Anciennement la Franche-Comté étoit divisée en troisgrands bailliages, II n’y en avoít même d’abord quedeux, l’un nommé bailliage à 7 Amont, au septentrion, Scl’autre le bailliage à 7 Aval , au midi. Les ducs de Bour-gogne de la maison de Valois établirent un troisièmebailliage dans la ville de Dole, qui fut nommé le bail-liage àu Milieu, parce qu’il est entre les deux anciens dontíl avoit été détaché. 11 est aujourd’hui de bien moindreétendue , depuis que Philippe IV ayant joint au comtéde Bourgogne la ville de Besançon » y a établi unbailliage composé de plusieurs bourgs Sc villages, quiétoient du ressort des villes des Quíngey & d’Ornans ,membres du bailliage de Dole. Pîganiol de la Force ,Desc. de la France, t. 6 ,p- 395 > prétend que ce ne futqu’en ií74>que ce dernier bailliage fut érigé par le roiLouis XIV. Les quatre baillifs font d’épée , & avant lavénalité des charges , qui fut introduite dans cette pro-vince en 1692., ils dispofoient de celles de lieutenans-généraux, 8 c de lieutenans particuliers de leurs bailliages.A chaque mutation ils vendoient les charges, 8c en ti-roient des sommes considérables. Lorsque le roi établit la

vénalité » il leur donna à chacun pour ies indemniser

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2boo 1. de gages. Avant la vénalité des charges, il n’yavoit dans le Comté de Bourgogne qu’un prévôt, troislieutenans Sc quelques exemts f qui exerçoient tous parcommission : mais depuis on a créé une charge de prévôtgénéral, trois de prévôts provinciaux , autant de lieute-nans , Sc quarante-fìx archers. Le prévôt général fait farésidence à Besançon. Les prévôts provinciaux résidentà Vesoul» à Lons-le-Saulnier Sc à Dole.

FRANCHES-MONTAGNES, en latin M'ontes-Liberi, montagnes de l’état de l’évêque de Basse. Ellesfont partie du Mont-Juro , fur les frontières de France,entre la Suisse à l’orient, Sc la Franche-Comté à l’occí-dent, où il y en a même une petite partie vers Franque-mont.* Baudrand, édit. 1705.

FRANCHEVAL, village de France dans la princi-pauté de Sedan, à l’orient de cette ville, & au nord deDouzi. Les archevêques de Rheims.en ont été seigneursdomínans. * Longuerue , 1 > part. p. 50.

FRANCHIMONTjOu FíiANCHEMONT.C’étoit au-trefoisune villefermée demurailles au marquisat qui ena pris le nom. Ce n’estplus qu’un village , avec un vieuxchâteau fans défense sur le ruisseau de la Then.

FRANCHIMONT,( le marquisat de ) petit paysd’au-delà de la Meuse , aumidi du duché de Limbourg,au nord de celui de Luxembourg, Sc au couchant du terri-toire de Stavelo. Ce pays effide l’ancienne Ardeane; maisil étoit gouverné par des comtes qui n’étoient pas pro-priétaires. On l’appelloit Luwa ou Luvia. II y avoit undomaine royal très-considérable nommé Tecta, & quele vulgaire nommoit Teux. Zuentibold, roi dé Lorraine,donna ce domaine de Teux à l’église de S. Lambert, Scaux évêques de Liège en 898. Charles le Simple donnaà la même église la forêt que le roi Zuentibold s’étoitréservée ; Scie lieu donné par ce prince, est nommé parle roi Charles Tebla. 11 y avoit néanmoins d’autres sei-gneurs propriétaires qui prenoient le titre de marquis dansle X e siécle. Le dernier marquis, nommé Rainard ,n’ayant point d’enfans , donna à Baldric, évêque deLiège, toute fa terre, Sc ensuite alla à la Terre Sainte où.il mourut. La terre de ce seigneur portoit le nom deFranchimont, à cause du lieu où il s’étoit établi, & quiporte encore aujourd’hui le même nom. Verviers est au-jourd’hui le lieu le plus peuplé de ce marquisat; maisle village de Spa en est le plus célébré à cause de ses eauxminérales, déja connues du tems de Pline. * Longuerue »Desc. de la France, 2, part. p. 129.

FRANCIA. Voyez. France.

FRANCIA- CURTA, (la), c’est-à-dire la petiteFrance : petit pays d’Italie, en Lombardie, dans l’état dela république de Venise, dans le Bressan , entre Bresseà l’orient, & Bergame à l’occident, au midi du Lacd’Iseo, Sc le long de la rivière d’Oglio , qui en sort. *Baudrand, édit. 1705.

FRANCICA, petite ville ou bourg du royaume deNaples, dans la Calabreultérieure ,àune lieue de Mí-leto , du côté du nord.

FRANCISCOPOLlS , nom latin de la ville deFrance, nommé le Havre-de-Grace, à l’embouchure dela Seine. * Baudrand , édit. 1705.

FRANCKENBERG, en latin Francoberga , ouFrancorum Mons, petite ville d’Allemagne, dans lahaute Hesse , for la rivière d’Eder, à trois milles d’Alle-magne de Marpourg vers le nord. Elle est au landgravede Hesse. * Baudrand, édit. 1705.

FRANCKENDAL , ou Franckenthae, villed’Allemagne au bas Palatinat. Voici de quelle maniéréZeiler en raconte l’origïne sous Henri V. Vers l’an 1119»il y avoit à Worms un gentilhomme fort pieux, nomméEfckenbert Camererer, dont la famille fobsitoit encoreà Worms vers le milieu du siécle passé. II vendit tous sesbiens , Sc en fonda deux monastères , l’un pour les hom-mes , qu’il nomma le grand FranckenthahTautre pourdes filles,auquel il donna le nom de petit Franckenthal,for le chemin de Worms à Spire, près du village d’Omars.II fut lui-même prieur dans le premier , 8c fa femme Ri-chlinde fut prieure dans le second. Trithéme, Chron.Spanheim, rapporte cette fondation à l’an 113 5, du temsque Buggon étoit évêque de Vorms. II ajoute que le mo-nastère d’hommes étoit occupé par des chanoines régu-liers de S. Augustin; que le premier prévôt fut’Bertdlfe,chanoine de Sprengersbach, lequel résigna peu après , Sc