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Tome troisième. G - L.
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ík i! y vient des cent mille personnes des autres pays desIndes. Ils portent leurs idoles en triomphe , & l'on yvoit toutes sortes de superstitions. Elles sont entretenuespar les Bramens, qui sont en grand nombre , & qui ytrouvent leur compte.

Le Mogol boit ordinairement des eaux du Gange, acauíè qu’ellcs sont beaucoup plus legeres que les autres ;

cependant (dit le même auteur) j’ai vu des gens quiassurent qu’elles causent le flux de ventre, & que lesEuropéens qui sont obligés d’en boire, la font bouillir.

Selon De l’Ifle, la source du Gange est vers 96 d. delongitude , & le 3 5 d. de latitude , & son embouchureoccidentale vers le 106 d. de longitude, & le 21 d. 15'de latitude ; son embouchure orientale est vers le 108 d.25 ' & par le 22 d. de latitude.

Joseph, Antiq. 1 . 1 • c. 2 , parlant du Phison, l’undes quatre fleuves du paradis terrestre, dit que c’ess lemême que les Grecs ont nommé le Gange. Cette opi-nion a été suivie par Eusebe, de Locis Ebrdic. par saintAmbroise , de Parad. c. 3 ; par S. Epiphane, Ancorat.c. 58 ; par S. Jérôme, Epift. 4 > ad Rufiïc. c. 1. &Qua.fl. Ebr. in Genes. par S. Augustin , de Genes. adLitter. I. 8, c. 7 ; par plusieurs autres, &: par la plupartdes interprètes & des théologiens modernes. Elle l’a étépar les Indiens mêmes ; & c’est fur quoi ils se sont fondéspour croire que le Gange est saint, qu’il efface leurs pé-chés , & les sanctifie , lorsqu’ils s’y baignent, & qu’illes sauvera après leur mort , si l’on y plonge leurscorps.

Cette opinion , dit Huet, évêque d’Avranches , s’estprincipalement établie fur la beauté , les richesses , &les commodités de ce fleuve dont les livres des voya-geurs sont pleins : car encore qu’Arrien , Expedit. Alex.L 5, ait écrit que tous les Indiens, chez qui Alexandreporta la guerre, étoient fans or, il y en avoit pourtantdans leur terre, & Moise a eu égard à la nature du pays,& non aux .mœurs des habitans. II est certain que leGange a de for dans ses sables, fur ses rives ; qu’onle met au rang des fleuves qui donnent des pierres pré-cieuses ; que les royaumes de Golconde & de Bisnagarqui sont fur la côte occidentale du golfe de Bengale, oùle Gange se décharge, sont abonclans en perles & enpierres précieuses , & que ne paraissant pas vraisembla-ble que de médiocres rivières fortifient d’un lieu pré-paré & embelli de la main de Dieu, on ne pourraitattribuer cet honneur qu’aux plus fameux fleuves dumonde. Ainsi la beauté & les richesses du Gange ontfait croire qu’il venoit du paradis, & cette croyance l’alait estimer saint ; mais de plus, comme ceux qui veulentque le Phison soit le Gange, veulent que le Géhon soit leNil , on découvreur! autre motifqu’ils ont eu d’entrer clansce sentiment. C’qft ce passage de l’Eclésiastique, où il estdit que Dieu emplit tout de sagejse comme le Phijon 6*comme le Tigre au renouveau : qu il remplit U entende-ment , comme r Euphrate, & comme le Jourdain , au tems ,de la moisson : qu’il fait briller ta doctrine ainsi qu’unelumière, 6* comme le Géhon au tems de la vendange.Les peres, en lisant ce panagc, se sont persuadés queìl’auteura commencé le dénombrement de ces fleuves par l’orient,& l’avoit fini à l’occident, suivant la coutume des Hé-breux de regarder l’orient dans leurs descriptions géo-graphiques , & de mettre par conséquent le septentrionà leur gauche, & le midi à leur droite, & qu’ainsi lePhiíòn étant le plus oriental de ces cinq , il ne pou-voit être autre que le plus noble des fleuves d’Orient,qui est le Gange. Le Tigre vient après , comme le plusoriental des quatre autres ; puis l’Euphrate , le Jourdainensuite, & enfin le Géhon , qui devoit être le plusfameux des fleuves d’Occident, comme le Gange .deceux d’Orient, & ils n'en ont point trouvé de préférableau Nil.

Lorsque l’on a établi que le Phison est le Gange,on n’a pas fait attention à la distance de fa source &de celle des autres fleuves qui venoient du mêmelieu ; ce qui aurait fait le jardin presque aussi grand quela terre. On a eu recours à des conjectures frivoles ,où à des fictions fans preuves, ou au miracle qui est lerefuge ordinaire de ceux à qui la raison ne fournit pointde défense, & un moyen sûr pour soutenir les opinionsles plus bizarres. On avoit ouï dire ( ce qui est faux )que le Tigre fkl’Euphrate fortoient d une même source,

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& qu’assez près de leur source , ils se plongeoientsous la terre & reparoissoient bientôt après , ce qui estvéritable. On n’a point examiné la' longueur de .cettecourse cachée , & on a prodigieusement allongé uneétendue qui est de peu de lieues. On a dit que cetteprétendue source avoit partagé Tes eaux en quatre fleu-ves , & que ces fleuves s'étoient ensuite cachés sous laterre, & qu’après de lofigs détours secrets & inconnusqu’ils avoient faits sous divers pays & sous diversesmers, ils étoient allés renaître au bout du monde. Sur'ce principe on a choisi lés fleuves qu’on a voulu pouren faire le Phison & le Géhon ; & fleuve pour fleuve ,on ne pouvoit mieux choisir que le Gange. /

Mais le Phison ne saurait être le Gange qu'en vertud’une supposition sans fondement. II est bien plus natu-rel de croire, avec le pere Hardouin , que le Phison& le Géhon étoient des fleuves de í)Arabie. VoyezPhison.

Plutarque, dans son Traité des Fleuves , dit que leGange a été anciennement nommé Chiiaros, & raconteà ce sujet cette fable. Une fille Indienne eut un fils par-faitement beau , qui, étant un jour pris de vin , & pres-que endormi, eut commerce avec fa mere fans le savoir.

■ Ayant ensuite appris de fa nourrice quel crime il avoitcommis, il se jetta de désespoir dans le fleuve Chlia-ros , qui perdit son nom pour prendre celui de ce jeunehomme. II ajoute, fur le témoignage d’un certain Cal'is-théne qui avoit écrit de la chasse, qu’au bord du Gangeil croît une herbe pareille à la buglolè , laquelle étantbroyée, on en exprime le suc, Sc dans l’obscurité de ianuit on en va frotter tout à l’entour les endroits où lestigres se retirent ; ce suc a la force de les arrêter, demaniéré qu’ils ne peuvent sortir, & meurent dans cetendroit. Le Gange se déborde en certains tems , nourritdes crocodiles, & ressemble au Nil en plusieurs choses.Voici l’idée qu’Apulée , Florid. c. 6 , nous donne cluGange qui coule chez les Indiens : Ganges apud nos om-nium amnium maximus,

Eoïsregnator aquis in flumina centum

Discurrit, centum vastes illi, oraque centum ,

Océanique fretis centeno jungitur amni.

Ces vers sont une preuve que de son tems on ne con*»noissoit pas ce fleuve fort exactement. Ethicus qui , dausfa Cosmographie, parle aussi du Gange, en fait un gali-mathias qui ne mérite pas d’être rapporté.

3. GANGE, (le) riviere de fille de Taprobane ,

íelon Ptolomée ; c’est vraisemblablement la rivière deTrinquilimalA, dans fille de Ceïlan.

GANGEA, ville de Perse, dans la Géorgie, entrela ville d’írvan & celle de Schamachie. Le P. AvrilVoyage de Tartarie , l. 2, p. 6 ] , en parle ainsi: Gan-géa, une des meilleures villes de la Perse , est situéedans une agréable plaine de plus de vingt-cinq ou trentelieues d’etendue. La quantité de ruisseaux qui s’y rendent,& dont on se sert pour arroser les jardins qui occupentune bonne partie de la ville, rendent le terroir d’alen-tour fertile. Nous y arrivâmes au milieu du printems,& jamais spectacle ne m a plus frappé que cette multitude demaisons entrecoupées d’une infinité de bocages, que for-moient alors les arbres également chargés de fleurs & defeuilles, qu’un beau vercl naissant rendoit encore plus agréa-bles : aussi les Persans n’appellent-ils point autrement cecanton enchanté, que le parterre de VEmpire. Les bazarsou marchés, qui sont dans le centre de la ville, sont lesplus beaux & les plus magnifiques de tous ceux que j!aivus dans l’Orient : outre leur étendue extraordinaire,ils sont très-bien voûtés, & chaque espece de marchan-dise y a son quartier marqué. Comme la situation deGangéa est extrêmement avantageuse pour le commerce ,on y voit en tout tems une très-grande foule d’étran-gers.

_ GANGELA, royaume d’Afnque, dans la basse Ethio-pie , vers le royaume d’Angola, selon Baudrand, édit,1682, qui dte Jean Léon l’Africain : mais Jean né parleaucunement de la basse Ethiopie qu’il ns connaissaitpas.

GANGES, nom latin du Gange,