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Les Indiens modernes croient que le Galice n a passasource dans les entrailles de la terre comme les autresfleuves. 11 est, difent-ils , descendu du ciel dans le pa-radis de Devendre , & de-là dans l’Indoustan. On peutvoir dans ma Dissertation fur les mœurs St sut la reli-gion des Bramines, c. 14, p. 72, toutes les fables qu’ilsont imaginées fur ce fleuve. Tout ce qu’on y peut obser-ver , c’est qu elles apprennent que le Gange prend fasource dans une montagne appeliée Chima.von.tain , quifait partie du mont Imans, 6c fournissent Fexplicationdes trois noms que les Indiens donnent au Gange ; pre-mièrement ils Rappellent Riviere célefle , parce qu’ilssupposent qu’il est effectivement descendu du ciel : en se-cond lieu ils l’appellent Jennadi , ou Fleuve de La cuise ;troisièmement ils le nomment Bagireti , du nom de ce-lui qui l’obtint des dieux.
Akbar, ou Akébar, empereur Mogol, voulut cónnoi-
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jettent vers le sud-est, puis vers l’est, ensuite ùn passagéentre les montagnes de Nangracut qui le ramènent vers lSmidi. II forme une assez grande iste à la rencontre d’unSriviere qui vient de l’est où elle arrose le royàume dugrand Tibet ; puis il serpente tantôt vers le sud , tantôtvers l’ouest ou vers le íud r ouest , dans le pays de Siba *& au-dessous de Sirinagar il reprend la route du sud-est , toujours en serpentant jusqu’à Jamba, dans le paysde même nom ; arrose Becaner, au pays de Bacar , re-çoit la riviere de persils , g. St celle de Halabas qUtvient d’Àgra; celle de Narvar, d. au pays du même nom ,vis-à-vis de Benares, g. celle de Gouderasou, d. puisune autre au-dessus de Patna qu’il baigne, d; Ensuite ilfe charge de la riviere de Cadet , g. qui vient de Patan ,des ruisseaux de Ratara St de Martnadi. C’est à l’embou-chure de cette riviere que commence le royaume déBengale. Au-dessous de Ragemenale il se sépare en deux
tre l’origine du Gange. Voici ce que le P. Catrou (/A/?, branches , & forme une iste à la pointe septentrionalegêner, du Mogol, /ss 138, ) en dit fur les Mémoires de de laquelle est la ville de Cafembazar.
Manouchi : Ce fleuve , íe plus oriental de l’Indoustan ,coule du septentrion au midi, & tait, à son embouchure,dans le royaume de Bengale, presque les mêmes effetsque le Nil en Egypte. E11 certains teins de l’année, ilse déborde en quelques endroits, St le limon qu’il ré-pand fur les terres, y produit la fécondité. Les idolâtresl’adorent, St regardent ses eaux comme capables de re-mettre les péchés. Sa source a toujours été la matière dela dispute des Brachmanes d’aujourd’hui, & des Gym-nofophistes d’autrefois. Du teins d’Akébar , on l’igno-roit encore comme on ignoroit, il y a près d’un siécle ,l’origine du Nil. L’empereur fit donc tous les frais né-cessaires , pour connoitre la' r source d’un fleuve qui fai-soit la principale richesse de ses Etats , députa des gensqui, suivant ses bords, remontassent enfin jusqu’à fa pre-mière origine. 11 leur donna des vivres,.des chevaux,de l’argent, 8t des lettres de recommandation, pourpasser impunément fur toutes les terres que le Gangearrose, St qui n étoient pas de fa dépendance. On s’a-vança toujours du côté du nord ; St plus on approchoitde la source, plus le lit du fleuve s’étrécissoit. On tra-versa des forêts inhabitées, cù il fallut se faire des che-mins nouveaux. Enfin on arriva à une haute montagne,qui íèmbloit taillée par l’art, en forme d’une tête de vache.De-là coule une grande abondance d’eaux qui semblèrentaux députés être la première origine du Gange. On nepénétra pas plus avant. On revint, après avoir couru de
f rands dangers , faire à l’empereur le rapport du’ voyage.
.a relation des députés tut inférée dans la Chroniqued’oìi Manouchi l’a tirée. Cependant on peut dire qu’ils nerappoiterent rien de nouveau. Long-tems avant Akébar,
La branche occidentale reçoit plusieurs petites riviè-res , l’une qui vient de Bamressor, une autre qui tombeentre Chinchora Sc Ougli, Sc une troisième qui vientde Mandracour. La branche orientale passant au nordde Cafembazar, se partage en deux, & forme une isteà l’ouest deDaca, une autre au midi de cette ville , re-çoit la riviere de Laquia, qui vient dulac de Chamay, Sc sejette dans le Gange par trois embouchures. Entre Daca8c Ougli, il y a un canal qui communique d’une brancheàl’autre, St enferme, au sud-est, l’iste où nous avonsdit qu’est situé Cafembazar. Celle qui reste à l’orient Scau midi de celle-ci, est vis-à-vis d’Ougli St de Chan-dernagor : on y trouve Colcota. Elle est bordée , à l’o-rient , par la branche occidentale du Gange qui se sépareen deux bras au-dessous de Daca, Sc forme une iste trian-gulaire ; le bras qui coule vers le midi, après avoir forméun angle aigu, se replie vers le nord-est, Sc va retrou-ver l’autre, avec lequel il se rejoint, Sc ils vont ensem-ble baigner la ville de Chatigan, avant que de sc perdredans la mer.
A l’entrée de l’embouchure occidentale est l’Ilho deGale : entre cette embouchure Sc la ville de Chatigan ,qui est à l’autre embouchure , le terrein est entrecoupéde canaux qui y forment un grand nombre d’istes. J’aiparlé de ces istes, Sc de l’oifeau Meina qu’on y trouve ,à l’article de Bengale.
Thevenot, Voyage des Indes, C. 40 , p. 201, dit queles Indiens Gentils regardent les eaux du Gange commesacrées : ils ont auprès des pagodes qui sont les plusbelles des Indiens. Les deux principales sont Jaganat.VoyezJ agrenate ; ( elle est à une des embouchures du Gange,
on étoit persuadé, aux Indes, que le Gange prend fa source vis-à-vis dej Chatigan') St celle de Banarous, ou Be-dansune montagne, dont la figure approche (Tune tête de nares, qui est aussi fur le Gange, mais beaucoup plusvache. C’est pour cela, dilbit-on, que ces Shimaux sont, haut ; celle de Casi est aussi siir le Gaiíge ; c’est la mêmedepuis long-tems , l’objet de l’adoration des Indiens. En que le P. Bouches, Lettres édifiantes , Recueil 14, p. 12,effet, la principale espérance entr’eux du-bonheur de la nomme Cachi ; elle est à douze lieues d’AîOT- JA ,
autre lieu fameux, qui est plus vers le nord. Les Indienssont si persuadés de la sainteté du territoire de Casi ,qu’ils croient que tous ceux qúi y meurent, jouissent dit
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vie future
consiste à pouvoir mourir dans les eaux du
Gange , en tenant une vache par la queue.
Ces remarques de Fauteur cité s’accordertt très-bienavec la tradition. Les Indiens donnent au dieu Eswâra ,qui laissa couler ce fleuve fur la terre , pour voiture
bolique,le bœuf, comme les payens donnoiertt Fai ^ __
Jupiter. Cette montagne, taillée en tête de vache j, a été de tous leurs péchés ; c’est pour cela que les hommes Stainsi disposée pour représenter Eswara, qui reçoit fur fa les bêtes meurent couchés fur l’oreille gauche. Si quel-tête le Gange, dont les eaux viennent de plut haut, qu un s’étoit imprudemment couché fur l’oreille droitec’est- à-dire du ciel, selon les Indiens , ou plutôt des il ne manquera jamais, disent-ils, de se tourner de Fau-ssantes montagnes qui sont au midi de la Tartarie. Le P. tre côté, lorsqu’il sera prêt d’expirer. Cela sot confirméCatrou poursuit ainsi. Depuis Akébar on a poussé les de- par un Mogol, qui, doutant de la vérité, de ce miraclecouvertes plus loin, Sc l’on a trouvé que le Gange fait voulut l’éprouver lui-même. II avoit un cheval oui
une cascade fur la montagne d’où l’on croyoit qu’il tiroitfa source , mais qu’elle étoit bien plus avant dans lesterres au fond de la Tartarie. Je crois qu’il y a de 1 excesdans cette expression. Nous 11e connoissons point de Re-Jatio Us qui portent la source du Gange au-delà des mon-tagnes qui bordent le petit Tibet au midi oriental. C estla meme masse de montagnes qui envoie le Sihun St leGehon ( sont le Jaxarte St l’Oxus des anciens, aunord-est) arroser la Tartarie des Usbecs. Le Sinde oul’Inde St le Gange y ont aussi leurs sources, environ àdouze lieues Fune de F autre, St coulent, Fun vers le midioccidental, 1 autre vers !e midi oriental.
Le Gange trouve d’abord des montagnes qui le re-
n en pouvoit plus, il le sit lier par les quatre pieds, St cou-cher mr le cote droit : mais lorsqu’ìl sot prêt à mourir,les cordes, qui lui attachoient les pieds , fe brisèrent, Stu le tourna sor l’oreille gauche. Comme les âmes deceux qui meurent a Casi ne doivent plus retourner fur laterre, leurs corps se changent en pierres. Telle est lasuperstition indienne à l’égard de Casi sor le Gange. Cellesde Monger St de Patna sont auflì près du Gange.* Disert, fur Us moeurs &fiur la religion des Bramines,p . 70.
Thevenot, p. 201, dit qu il n’y a rien de si beau queces pagodes, à cause de la quantité d’or St de pierreriesdont elles sont ornées : il s’y fait des fêtes de plusieurs joursTome III. £ ij -*