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Tome troisième. G - L.
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GAU

GAURA, montagne d’Aííyrie , selon Plutarque legéographe, de Montïb.

GAURA, anciennement Cythnus , ifle de l’Archipel,ve ts le détroit de Negrepont , entre l’iíle de Sdilles íkc elle de Zéa. Elle est petite, montagneuse Sc mal peu-plée. Baud.

GAURAENA. Voyez Gaug,ena.

GAURANA ,Sc

GAURANUS. Voyez Gaurus. ì

GAURANUM PROMONTORIUM, promontoired’Assyrie, près de l’embouchure du Tigre, selon Plutar-que le géographe.

GAVRÂY, bourg de France, en Normandie, avectitre de vicomte : il est à quatre lieues de Coutance versle midi ; à cinq d’Avranches vers le nord. A l'extrémitéde ce bourg, vers l’entrée de la forêt, il y avoit autre-fois un château parfaitement bien fortifié fur une émi-nence , dont on voit encore des ruines. C’étoit uneplace qui a long-tems servi de retraite aux ennemis de1 état. En 1354 le roi de Navarre y avoit une forte gar-nison contre Jean , roi de France, Le connétable duGués clin ayant pris ce château lur les Anglois en 1378 ,en, fit démanteler une partie. Alain Chartier témoignequ’en 1449, c’étoit encore une forte place, que le ducde Bretagne prit fur les Anglois du teins de la réduc-tion de Coutance, de Saint-Lo, & autres villes de cecanton. * Corn. Dict. Vaudome , Manuscrits géogra-phiques.

GAURE, montagne d’Italie, au royaume de Naples.Les Latins l’ont connue fous le nom Gaurus .* Juvénal,Bâtir. 9 , v. 57 ; Stace, Silv. I. 3 , in H&rc.surr. & l. 4 ,ïn vitâ Domit. en parlent.

Pline, L 14, c. 6, parle non feulement de cette mon-tagne , mais encore díçs vins qu’ede produiíoit. Plusieursauteurs cités par Ortélius , Thesaur. croient que c’estprésentement Monte Barbaro. II en est parié dans l’His-toire des Slaves par Arnold de Lubec. Si nous en croyonsScipion Mazella , Napolitain , cette même montagneavoit trois noms différons. La partie occidentale s’ap-pelloit Gaurus ; la partie orientale Mafficus , ík la par-tie septentrionale Falernus : ainsi ce que l’on prend pourtrois montagnes n’en étoit qu’une seule, dont les partiesavoient chacune leur propre nom. Corneille, Dicl. enparle ainsi , fur la garantie de Pompéio Sarnelli, dansion livre, Guida de forajlieri per P0770U. Les limitesde cette montagne , peu éloignée de Pouzzol, déten-dent jusqu’au territoire de Cumes ík au lac Averne,touchant d’un autre côté celui de Bayes. Après avoir été sifertile & si renommée , elle est devenue presque stéri-le ; néanmoins ceux de Pouzzol ont commencé à encultiver une partie ; ils y ont planté des vignes, avec desarbres fruitiers qui rapportent beaucoup. Au sommet dela montagne il y a un couvent de religieux de l’ordrecìe S. François , d’où l’on voit Gaïete, la Plage Ro-maine , ík d’autres endroits fort éloignés ; il n’y a riende plus beau que cette vue. A l’opposite de ce mont onen voit un autre qui n’est guères moins' beau, qui ade circuit environ trois milles. Son extrémité s''étenddu côté du midi vers la mer, du côté du septentrioniusqu’au lac Averne ; & elle se joint au mont Barbarovers l’Orient. Cette montagne est appellée le nouveaumont, à cause quelle fut formée en une seule nuit en1538, au mois de Septembre. II sortit, par une grandeouverture qui le fit en ce lieu-là, des exhalaisons defeu, accompagnées de tant de fable & de tant ,depierres c^ue la, terre vonníïoit ìnceíTturuuent ? qtiil s enaccumula une montagne qui couvrit quantité d édifices,Sc ensevelit un grand nombre d’hommes & d animaux:il fe fit alors un furieux tremblement de terre , qui fitretirer la mer en arriéré de plus de cent pas.

GAURE, (le pays de) pays de France , dans la Gas-cogne , entre Ausch & Lectoure , avec titre de comte.

^/U? Garites. * • 1 •

G AVRn , château des Pays-bas Autrichiens, avec ti-tre de principauté dans la maison d Egmont, à deuxlieuewu - dessous d'Oudenarde, en allant vers Gand,selon Baud. édit. 1705.

GAUnFE, petit pays de la basse Ecosse, dans laprovince de Perth , selon le même.

GACRES, (les) ou Guebres, ou Parsis , peu-ple dispersé dans l’Asie, & principalement dans la Perse

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Sc dans les Indes. On les appelle auffi Ignicoles , par cequ on les accuse d’adorer le feu. C’est un reste des an-ciens Perses , & ils ont conservé l’idoîâtrie de leursancêtres. Voici ce qu’en disent J. B. Tavernier, Voyagede Perse , & d’Herb. Bibll. orient. Ceux qui habitentaux Indes font tous gens de métier, ík la plupart tour-neurs en yvoire. Ceux de Kerman, en Perse, travail-lent en laine. A quatre lieues de-là ils ont un principaltemple où leur grand-prêtre fait fa résidence. Tous lesGaures font obligés d’y faire un pèlerinage une fois ealeur vie. II y a aussi des Gaures à Ispahan.

Ils prétendent que le pere de leur prophète étoit Francde nation, qu’il s’appelloit A\er , ík qu’il étoit sculp-teur ; qu’il sortit de son pays pour venir habiter le leurqui étoit alors la ville de Babylone, où il prit une femmequi se nommoit Dogdon : que cette femme ayant étévisitée par un ange que Dieu lui envoya du paradis,fut remplie d’une lumière céleste, Sc ensuite se trouvagrosse, d’où naquit le prophète qu’ils nomment Ebrahim -Zer-Ateucht ; que les astrologues de ce tems-là - connu-rent, par la contemplation des astres,, que cet enfantdevoir bientôt venir au monde, Sc qu ils en donnerentavis au roi nommé Neubrout , qui commanda qu’on tuâttoutes les femmes qui se trouveraient enceintes dans l’é-tendue de son royaume : mais que la grossesse de la merede leur prophète ne paraissant pas , elle échappa à lamort, & enfanta le prophète en son tems. Le roi deBabylone , diíènt-ils, fut la naissance de cet enfant ; íkl’ayant fait apporter en fa présence , il voulut le tuerd’un coup d’épée ; mais Dieu le punit fur le champ,Sc lui fit sécher le bras. Ce prince irrité fit allumer ungrand feu pour y brûler l’enfant, qui y reposa commefur un lit de roses. Ceux qui commenceront alors a ado-»rer ce petit prophète , prirent du feu qu’ils gardent, di-sent-ils, en mémoire de ce grand miracle, ík qu’ils onten grande vénération. Le roi n’étant point touché deces deux miracles fit préparer de nouveaux supplices aupetit enfant : mais Dieu châtia son incrédulité, Sc envoyades moucherons si dangereux que tous ceux qui en étoientpiqués mouraient peu de tems après. Un de ces mou-cherons entra dans l’oreille du roi, Sc le fit mourir commeenragé. Son successeur, nommé Cha-Glochtes , voulutaussi persécuter le petit prophète ; mais il se rendit enfinaux miracles qu’il íaisoit, & l’adora comme tout le peu-ple. Ce prophète ayant fait plusieurs prodiges, fe cachaaux yeux du monde ík disparut. Quelques-uns assurentqu’il fut élevé au ciel en corps &c en aine ; d autres di-sent qu’ayant trouvé un cercueil de fer auprès de Bag—dat il se mit dedans, ík fut emporté par les anges. Uscroient que tous les peuples recevront un jour la reli-gion de leur prophète, Sc qu alors fe fera la résurrectionuniverselle. II est aisé de juger que ces Gaures ont uneconnoissance confuse de la religion chrétienne, qu’ils ontdéfigurée par des fables.

Lorsqu’Ebrahim-Zer-Ateucht fut monté au séjour dela gloire, ils reçurent, disent-ils, par son moyen septlivres que Dieu leur envoya pour les instruire dans lavéritable religion. Ils en reçurent ensuite sept autres quicontenoient l’explication de tous les songes, Sc enfin septautres où étoient écrits tous les secrets de la medécine.Mais Alexandre le Grand , ayant conquis leur pays, fitbrûler les sept livres qui trairaient de leur religion, parcequ’ils étoient dans une langue que personne n’entendoit,Sc emporta les autres pour s’en servir. Quelques prêtresSc docteurs qui s’étoient sauvés dans les montagnes , serassembleront après la mort d’Alexandre, Sc composè-rent un nouveau livre fur ce que la mémoire put leurfournir de ce qu’ils avoient lu dans les livres envoyésdu ciel. Ce livre est écrit d’un caractère bien différentae celui des P erses , des Arabes Sc des Indiens. Aujour-d hui les prêtres des Gaures ne l’entendent que par lesexplications qu ils trouvent dans d’autres livres de leursdocteurs.

Les Gaures ne reçoivent point la circoncision ; maisils lavent leurs enfans nouveaux-nés dans de l’e au °u ilsfont bouillir quelques fleurs , Sc les prêtres accompa-gnent cette cérémonie de quelques prières. Voila toutleur baptême. Pour la cérémonie du mariage, le prêtrelave le front de l’époux Sc de l’épouse avec une eau furlaquelle il a fait quelques prières. Les Gaures peuvent avoircinq femmesjmais il y en a une qui est la maîtresse des autres.