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Tome troisième. G - L.
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GENESIUM, lieu maritime du Peloponnese, dansle royaume d’Argos , selon Pausanias.

GEMESSAI. Le P. Avril nomme ainfi la riviere deLi Tartarie que nous appelions JejNI&cea.. Voyez cemot.

GENESSANO , ou Cenessano , en latin Juven-lianum , bourg d'Italie, dans la Campagne-de Rome ,entre Freí'cati & Palestrine , à deux ou trois lieues deTune & de f autre. * Baudrand, édit. 1705.

-GENESTON , Geneflum. Abbaye cl’hoinmes, enFrance , de l’ordre de saint Augustin , en Bretagne , audiocèse de Nantes , à cinq lieues au midi de cette ville,près du lac de Grandlieu; elle fut fondée l’an 1163.

GENESUS, ou Genusus, riviere de la Palestine,selon Vîbius Sequester.

GENET# &

GENET#UM PROMONTORIUM. Apollonius,/. 2, nomme ainfì un cap de la Cappadoce , fur la merNoire, entre les villes Jasonium & Cotyorum. ValeriusFlaccus , 5 , r. 147, place après les Chalybes , peuplesde ce pays-là , une roche consacrée à Jupiter Genetéen.Pline, l. 6 . c. 4 , joint les Générés aux Tibaréniens.Arrien , Peripl. & Etienne le géographe, y mettent unport fk une riviere de ce nom.

GENETHLIUM, village du Pelopponnese, auroyaume d’Argos , selon Pausanias, in Arcadie. Lemême auteur dit, in Corinthiac. que Thesée naquit dans«le village de ce nom.

GENEVE, Geneva,Genava ^ou Ccnavayn latin ; Gens,en allemand , est la capitale d’une petite république située 1 extrémité du lac de Geneve, nommé par les anciensLeman. Elle est au 45 e d, 13' de lat. & au 23 cl. 50' delong. entre la France, la Savoie & la Suisse. Sa posi-tion fait sa sûreté, parce que ses voisins la mettent àcouvert des usurpations les uns des autres. Jules - Césarcn parle au commencement de ses commentaires ( a ) ;elle étoit très-confìdérable, lorsque ce conquérant parutdans les Gaules , & appartenois aux allobroges ( b ). Aprèsfa mort, les peuples voisins de Geneve fe révoltèrent ;smais la ville resta toujours fidèle aux Romains, qui, enreconnoissance, lui accordèrent de grands privilèges. SousFempereur Marc Aurele, cette ville fut brûlée ; il la fitrebâtir , & y permit le libre exercice de la religionchrétienne qui y avoit été prêchée : ce fut, fans doute ,•en reconnoissance de ce bien fait,qu’elle prit le nom S Au-rélia. Lors de la décadence de l’Empire Romain , ellefut souvent ravagée par les Barbares, principalement parles Bourguignons. Elle passa sous la domination des Francs.Charlemagne s’y arrêta en allant en Italie , &Ç confirmases privilèges. 11 donna le titre de comtes de Geneve àToron & à Beltram qui lui avoient amené sept centshommes lorsqu’il faifoit la guerre aux Lombards , & qui•s’étoient beaucoup signalés. Leurs descendans conservè-rent cette dignité jusqu’en 887, que le roi Bosonréunit les deux comtés en la personne de Pierre quidefeendoit de Beltram.

Les Genevois se soumirent à Rodolphe , qui fut pro-clamé roi d’une partie du royaume de Bourgogne , en888 , & àfes descendans jusqu’à Rodolphe III , qui laistàson royaume, par testament, à l’empereur Conrad le Sali—que, lequel eut pour successeur Henri le Noir, son fils quicréa le duc de Zeringen, gouverneur de la BourgogneTransjurane. L’empereur Frédéric Barberousse donna auduc Berthold IV le haut domaine fur les villes de Ge-nève , Lausane & Sion, quoique, par une bulle donnéeau commencement de son régné, il eût conservé à l’é-vêque Ardutius tous les droits temporels de leglise furla ville de Geneve , même ceux qui appartenoient àl’Empire , se réservant simplement les droits honori-fiques , dont même il ne jouirait que lorsqu’il irait enpersonne à Geneve. Par un traité de l’an 1153 , concluentre I e comte & l’évêque, confirmé par le pape AdrienIV en 1157? comte de Geneve étoit fidelis advocatustcclefìíZ , féal avoué de cette église. II ne tiroir sondroit d’investiture fur la ville, que de la donation quel’évêque Gui, pour rendre fa maison plus puissante , enavoit faite au comte Amé son frere. Humbert de Gram-mont, fuccesièur de Gui, à l’évêché de Geneve, vou-lut faire casser cette donation. L archevêque de Vienne,métropolitain de Geneve, & légat apostolique , ter-jslina ce différend en 1124.

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Les comtes profitèrent des troubles , & des guerressurvenues entre les empereurs & les papes, pour íe rendresouverains. Alors le peuple eut recours aux évêques pourdéfendre lès droits. Ceux-ci profitèrent de l’occaíion pours’ériger en seigneurs temporels de la ville, s’en firentmême donner la commission par les empereurs, & nelaisterent aux comtes, que la souveraineté du pays ap-pelle Genevois. L’évêque, qui étoit élu par le peuple ÒCpar le clergé , étoit obligé de jurer, après son élection,qu’il garderait les privilèges, & les franchises de la ville.

II ne décidoit rien d’important, fans le consentementdu peuple qui avoit part au gouvernement. Le tribunalsuprême étoit l’assemblée de la nation composée cle tousles chefs cle famille.

Les ducs de Savoie employèrent la ruse & la forcepour se rendre souverains de Geneve. Les Genevois lèvoyant fur le point de succomber , firent alliance avecles cantons de Berne &t de Fribourg, le 23 Février 1526.Huit députés de'Geneve allerent jurer cette alliance àBerne & à Fribourg, & huit de Berne & cle Fribourgvinrent en faire autant à Geneve. L’évêque & le clergé11e virent cette alliance qu’avec chagrin, parce qu’iisprévirent que les Genevois ne manqueraient pas cî’em-braiîer le Calvinisme, à l’exemple cle êeux de Berne ,leurs nouveaux alliés. Leur crainte étoit si bien fondée ,que presque tous les habitans changèrent de religion en1535 ; & le 27 Août cle Tannée suivante, on porta uneordonnance par laquelle il étoit enjoint à tous les habi-tans cle faire profeffiçn cle la religion Protestante, &l’exercice cle la Catholique étoit défendu. Le chapitre del’églife cathédrale de saint Pierre se retira à Annecy ;les religieux & les religieuses furent chassés : les villagesembrasierent bientôt la même doctrine que la ville ,& tout Tétât de Geneve devint Calviniste. Les Fribour-geois qui étoient zélés catholiques, rompirent leur allianceavec les Génevois ; mais les Bernois la ressererent cl’avan-tage ; & ceux de Soleure, quoique Catholiques , voyantcombien la ville cle Geneve étoit importante à tout lecorps Helvétique, firent alliance avec elle : enfin tousles cantons' reçurent solemnellement les Génevois aunombre de leurs alliés en 1 384.

Malgré cette alliance , le duc de Savoie n’abandonnapas le dessein qu’il avoit cle subjuguer Geneve ; il penlâ laiurprendre par escalade la nuit c\u 21 Décembre en 1602.On y célébré encore tous les ans une tête en mémoirede cette escalade manquée, & Ton conserve dans Tar-senal les échelles, les lanternes sourdes, & les pétardsdont les soldats du duc lè servirent.

Après Tabolition de la religion catholique, on fondaune école à Geneve en 1536. Peu après, on y éta-blit une académie où l’on mit des professeurs en grec,en hébreu, en philosophie , deux de théologie qui lurentJean Calvin & Théodore cle Beze. Ce dernier íut le pre-mier recteur de cette académie, dont on publia lesstatuts dans Téglife cle saint Pierre en 1559. On a depuis .augmenté le nombre des professeurs. La ville avoit au-trefois pour devise un soleil avec ces mots : Pojl tim-bras fpero lucem. Après les ténèbres, j’espere la lumière.Queique-tems après avoir embrasté le Calvinisme , ellechangea la légende, & mit : Port terniras lux. Lalumière après les ténèbres. O11 Ta mise depuis dans lesinscriptions publiques, & fur la monnoie. ( a ) Lonpueruí ,Descript. delaFrance , r.partie, p • 308. ( b ) Etat & Dé-lices de la Suisse , t. 4, p. 225 , Gsuiv.

Geneve occupe les deux bords du Rhône qui la partageen deux parties inégales ; la plus grande, qui est pro-prement la ville cle Geneve, occupe le côté gauche dela riviere , & c’est pour cette raison qu’elle faifoit ancien-nement partie cle la province clés Allobroges. Là elleest bâtie, en partie fur une colline qui va s’élevant jus-qu’au haut du quartier qu’on appelle la Cité. La pente enest assez douce en quelques endroits, mais rude ea d’au-tres. * Délices de la A aise , n 4, p. 748.

L’autre partie cle la ville , qu’on appelle saint Gervais,à cause du saint de ce nom, patron de la paroisse , estfur le côté droit du Rhône , & fur les anciennes bornesde la Suisse. Entre ces deux parties de la ville, le Rhônefe partage en cieux bras , & sonne une isie de 7 00 pieds delong, ík de 200 de large , qui est toute habitée. Les deuxparties de la ville sont jointes à Tisle par deux grandsponts de bois. Cette ville est grande, & si peuplée qu’on y

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