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un peu rares; Sc ces bezoars font petits & longs. La sé-pulture du roi qui a bâti Golconde , & celles de ses cinqpremiers lucceiîeurs íònt environ à deux portées de mof-quet du château : elles font fort spacieuses. On fort parla porte du couchant pour y aller ; c’est par-Ia qu’on yporte le corps des rois , des princes Sc de tous ceuxqui meurent dans le château. Les tombeaux des íîx roisfont accompagnés de ceux de leurs parens, de leurs fem-mes Sc de leurs principaux eunuques. Chacun est au mi-lieu d’un jardin ; Sc quand on les visite, on monte (sa-bord par cinq ou six marches fur un perron qui est bâtide ces pierres, qui font semblables à la Thébaïde. La cha-pelle qui enferme le tombeau, est entourée dune gale-rie percée en arcades : elle est carrée, Sc élevée de sixà sept toises. Elle a plusieurs ornemens d’architecture,Sc est couverte d’un dôme, qui a à chacun des quatre coinsune tourelle. On n’y laiste entrer que peu de personnes,parce que l’on fait passer ces lieux pour sacrés : il y a desSantons qui en gardent l’entrée ; Sc je n’aurois pu y en-trer, si je n’avois fait connoître que j’étois étranger. Lepavé est couvert de tapis ; & il y a fur le tombeau unecouverture de satin, parsemée de fleurs blanches : elletraîne jusqu à terre. II y a un dais de même étoffe à lahauteur d’une toise , & le tout est éclairé de plusieurslampes. Les tombeaux des sils & filles du roi font d’uncôté , Sc on voit de l’autre tous les livres de ce roi furdes sièges plians ; Sc ce font pour la plupart des Alco-rans avec leurs commentaires , & quelques autres de lareligion Mahométane. Les tombeaux des autres rois fontde même que celui-ci , sinon que la chapelle des uns estcarrée en dedans comme en dehors ; Sc celle des autresest en croix. Les unes font revêtues de cette belle pierredont j’ai parlé, les autres de pierre noire, & quelques-uns de pierre blanche, avec un vernis luisant qui les faitparoître de marbre fin ; & il y en a qui font revêtues decarreaux de por.celaine. Le tombeau du roi dernier mort,est le plus beau de tous : son dôme est vernissé de cou-leur verte. Les tombeaux des princes leurs freres , & deleurs autres parens, Sc même ceux de leurs femmes, ontune même forme que les leurs ; mais il n’y a pas decroissans fur ce dôme , comme fur ceux des rois. Lessépultures des principaux eunuques font basses & couver-tes en terrasse fans aucun dôme ; mais elles ont chacuneleurs jardins. Toutes ces sépultures servent d’afyte ; Scquelque criminel que soit un homme, s’il peut y entrer,il est en sûreté. On y sonne le gary, aussi-bien qu’auchâteau, & toutes choses y font réglées entre les offi-ciers, avec la derniere exactitude. Qegary est astèz agréa-ble , quoiqu’on ne le sonne qu’avec un bâton, dont ontouche un grand plat de cuivre que l’on tient en l’air ;mais le sonneur le touche avec art, & il y a de l’harmo-nie : ce gary sert à marquer le teins. Aux Indes le journaturel se partage en deux , une partie commence aupoint du jour, & l’autre à l’entrée de la nuit, Sc chacunede ces parties est divisée en quatre quarts , Sc chaquequart en huit parts , qu’ils appellent gary.
Ce que Thévenot décrit ici, n’est pas la ville de Gol-conde d’aujourd’hui, qui est à deux lieues de cette for-teresse. Voyez Farticle qui fuit.
2. GOLCONDE, ville de l’Inde,' dans lapresqu’ifled’en-deçà du Gange, & capitale d’un royaume de mêmenom. Le P. Bouchet, (Lettres édifiantes, t. 15 ,p. 57,)dans une lettre écrite à Pontichéri, le I er Avril 171g, enparle ainsi. La ville qu’on nomme aujourd’hui Golconde,n’étoit autrefois qu’un jardin agréable , à deux lieues dela forteresse qui portoit ce nom. On la nomma d’abordBagnagar, Sc dans la fuite le nom de Golconde lui estdemeure : elle est à-peu-près de la grandeur d’Orléans.Sa situation est agréable, Sc les rues en font belles. Larivière qui y passe , & qui va se jetter dans la mer deMaíulipatan , est large , & roule des eaux fort claires ;on y a bâti un pont qu’on dit être auflì beau que lepont-neuf à Paris. Le palais du roi est magnifique : de-puis que cette ville est devenue la conquête du Mogol,elle n’est plus si considérable qu’elle l’étoit auparavant.Aureng-Zeb la pilla entièrement avant de prendre la for-teresse. Cette ville est la même que Bagnagar. Voyezcet article. Selon le P. Catrou, dans son Histoire du Mo-gol , on place ordinairement Bagnagar, la principale villede Golconde par les 19 d. 40/ de latitude, & par les124 d. go' de longitude.
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3. GOLCONDE , (le royaume de) est dans laprefqu’iíle de l’Inde , en-deçà du Gange. II est à présentfous la domination du Grand-Mogol. La province deBerar , le borne au nord par la riviere deNarfepille quile sépare cíu royaume d’Orixa, au nord-est le golfe deBengale , au fud-est la riviere de Coulour , qui le séparedes royaumes de Carnate Sc de Vifapour, au sud St ausud-ouest; enfin leTalingas, ou, ce qui revient au même,la riviere de Narbeder , qui étoit anciennement les linu-tes de ce royaume St du Mogol, le borne au nord-ouest.La partie méridionale de ce royaume' est fort peuplee,Sc Coupée de quantité de routes qui aboutissent à la ca-pitale. II à deux ports, Narfapour St Mafulipatan. Lesprincipales rivières qui l’arrofeqt font celles de Nasse-pille qui le borne au nord-ouestf celle de Venéron quife jette dans la mer par deux embouchures , dont l’unepasse à Narfapour ; celle de Nerva qui, après avoir arrosela capitale , reçoit la riviere de'Mousi , puis celle deQuachgna , avec lesquelles èlle a une embouchure com-mune ; St enfin la riviere de Coulour, qui le sépare duroyaume de Carnate , St près des embouchures de la-quelle est la ville de Bezoar. C’est auflì près de cettederniere riviere que font les fameuses mines de diamansqui font la plus grande richesse du royaume de Golconde.Ce fut ce qui porta Aureng-Zeb à conquérir ce royaume.* De Vise , Carte des côtes de Malabar St de Com-mande!.
Le royaume de Golconde étoit anciennement une par-tie d’un vaste empire, dans les Indes, dont le souverains’appelloit ¥ empereur de Bisnagar , Sc comprenois pres-que toute la presqu’ifle depuis I’extrémìté septentrionaled’Orixa jusqu’au cap de Comorin : il possédoit toutesles terres qui font fur la côte de Commande! , St plu-sieurs places maritimes fur la côte occidentale des In-des. Les Patanes, venus du nord, le dépouillèrent d’unepartie de fes états ; une autre lui fut enlevée par lesMogols qui avançoient toûjours vers les parties méri-dionales, Le dernier empereur de Bisnagar avoit confiele commandement de fes armées à quatre généraux, quifaifoient profeísion du Mahoinétifme : chacun d’euXcommandoit un corps de troupes considérables , dontils fe servirent pour envahir les états de ce malhepreuxprince. Le plus puissant de ces généraux demeura a Gol-conde , St y fonda le royaume de ce nom. Le second,fixa fa demeura à Vifapour , St fe sit nommer le roi deDecan ; & ainsi des deux autres ; mais le Mogol a toutenglouti, St ce royaume fait présentement partie de sonempire.
1. GOLDACH , petite riviere de Suisse , dans l’état
de l’abbé de Saint-Gall : elle s’est creusé un vallon étroitSc extrêmement profond , nommé Martìns-Tôbtl. Onle passe à demi-lieue de la ville de saint Gall , fur ' unpont d’une structure admirable, bâti l’an 1467, qui ncent dix pieds de long, quatorze de large, Sc quatre-vingt-seize de haut. * Etat <S* Délices de la Suisse, t. Z ,p. r.85. .
2. GOLDACH , village de Suisse , dans les terresde l’abbaye de Saint-Gall, près du rivage occidental dulac de Constance.; on y professe la religion Catholique.Scheuczer en met deux fort voisins de même nom dansfa Carte de la Suisse.
1. GOLDAP , riviere de Prusse : elle a sa sourceaux confins de la Lithuanie , auprès du village de Gerbas,serpente vers le nord , reçoit la décharge de quelqueslacs , comme de Hohenfée Sc de Schon Jarken, fe re-courbe vers l'occident, traverse le lac de Romitten*passe à Goldap , serpente quelque tems vers le • midi ,jusqu’à ce qu’elle arrive au bord de la Sudavie qu’ell etermine au nord ; Sc côtoyant cette province d’orienteuoccident, elle fe perd dans 1 Angerap. ZeylerlanommcGo LD o RP , dans l'article suivant. * Homati , Carte dela Prusse.
ì 2.. GOLDAP, petite ville de Prusse, dans la Suda-."vie, fur la riviere de Goldorp, dans le territoire d’An-gerbourg , quoiqu’elle dépende du bailliage de Iuster-bourg. On commença de la bâtir en 1564. * Zeyler,Boruss. Topogr. p. 28.
1. GOLDBERG, ville de Bohême, enSilesie, dansle duché de Lignitz , fur la riviere de iCatzbach. Cette •ville, avec les bourgs & les villages de fa dépendance ,fait un cercle particulier , qui a appartenu aux ducs de