nord quart au nord-est, & sud quart au fud-ouest : c’estainíi qu’il en est parlé clans ie Supplément au Voyage deW odes Rogers, p. r;. Dampier, Voyage , t. ic. 7,
р. 2.11, la nomme Gorgonia, & la décrit amíl. Nousar/i vaines à Gorgonia , qui est à vingt-cînq lieues deGalle. Nous mouillâmes à l’occident cie Fille , à trente-hnit brasses cTeau, lur un fond clair , & à ia longueurde deux cables cìe terre. Cette iíie est au 3 e d. cìe latitudeseptentrionale. Elle est déserte. On la découvre dallezloin, à cause cìe deux collines dont ie sommet resiembleà cieux selles. Elie a environ cieux lieues de long & unede large, & est à quatre de la terre terme. A 1 occidentil y a une autre petite ifle. Le pays prés du lieu où l’onmouille, est bas : il y a une petite baye sablonneuse , &bonne à faire descente : laterre est noire&profonde dansce bas ; mais dans Ie haut c’est une efpece c!e glaise rouge.Cette ifle est très-bien pourvue cle toutes sortes d’arbres,qui font toute Tannée verds & fleuris : elle est fort bienarrosée dé petits ruisseaux qui iortent des hauteurs : ily a grande quantité cle petits singes noirs, quelques la-pins des Indes , & peu de couleuvres. La côte est extrê-mement humide ; il y pleut beaucoup , & les-beauxjours y sont rares. On appelle la Jaij’on sèche, celle oùles pluies sont moins fréquentes ; car dans la pluvieuse ,elle y tombe comme si on 1a jettoit par un crible. II ya beaucoup d’eau ; & l’on ne peut ancrer autour de Tille,qu’à ce seul endroit, vers ì’occident. La marée hausse &baisse sept à huit pieds. On y trouve , quand l’eau estbasse, quantité de moules & autres coquillages. C’esten ce teins que les singes viennent les prendre fur le ri-vage, & savent fort bien les ouvrir avec leurs pâtes. Ony trouve aussi des huîtres qui ont des perles.
3. GORGONE, (la) riviere de TAmérique méri-dionale , fur la côte de terre ferme. Elle .a fa source auxmontagnes du Popayan, & son embouchure dans la merdu sud , vis-à-vis de l’iíle cìe Gorgone , à trente - cinqlieues de la pointe des Mangles nord-est & fud-ouest. IIcroît fur fes bords quantité d’arbres bons pour faire des mâtsou des vergues , & au lùd-est il y a un excellent port &une très-bonne aiguade. II faut mouiller près du rivage,& y amarrer votre vaisseau avec un cable. De ce port àRio de los Piles , il y a trente lieues nord-est &c fud-ouest.* Woodes Rogers , Voyages, Supplément, p. 23.
1. GORGONES ou Gorgades ou GorgonumINSUL/E, c’est-à-dire les ifles des Gorgones ; PomponiusMêla, L 3, c. 9, dit : les isles Gorgades, où autrefoisles Gorgones habitoient à ce que Ton raconte. Pline, l. 6,
с. 3 1 , ayant parlé du cap qu’il nomme Hesperium K ti-ras , dit : vis-à-vis cle ce promontoire sont, dit-on , lesistes Gorgades où demeuroient autrefois les Gorgones,à deux journées de navigation du continent , commele rapporte Xénophon de Lampfaque. Haiinon, géné-ral des Carthaginois, y aborda, & dit y avoir trouvé desfemmes dont les corps étoient velus , & qui par leurgrande vitesse échappoient aux hommes ; que pourpreuve de fa relation , il porta avec lui deux peaux cleGorgones , qu’il déposa dans le temple de Junon , oùelles resterent jusqu’à la prise cle Carthage. Pline con-vient qu’il y avoir beaucoup cle fables dans ces relations.II rapporte cependant encore Topinion de Statius Sebo-sos , qui disoit que des istes des Gorgones , en côtoyantIe long du mont Atlas , on arrivoit en quarante joursaux istes Hefpérides, & de ces mêmes istes , f ab Us , )au promontoire Hefpérien en un jour. On ne doutepoint que les Hefpérides ne soient les Canaries. II n’estquestion ici que des istes des Gorgones. Si nous avionsìa véritable relation de Hannon, que Mêla & Pline ontvue , peut-être en pourrions-nous tirer quelque éclaircis-sement ; niais Ie Periple de Hannon qui nous reste , estun ouvrage très-différent, & de la composition de quel-que Grec imposteur, comme je le prouve ailleurs, ainsitout y est renversé. II faut donc avoir recours à ce quePline en a extrait. II met les istes des Gorgones à qua-rante jours cle navigation aux Canaries, il n’est pas im-possible que des barques qui n’alloient que terre à terre,ayent mis ce tems-la pour arriver aux istes duCap-Verd,où Ton arrive à présent en cinq ou six jours par le moyende la boussole , en prenant le large, &: profitant du bonvent. De l’Isle est du même sentiment que Mercator,& croit que les isles des Gorgones sont présentement lesisles du Cap-Verd • & je ne fais comment le P. Har-
GOR.
cìouin , ìn Píln. a pu s’imaginer que ce devoir être l’iíleà’Arguin , fur T autorité de Manana , Hijl. Hij'p. 1 - t,c. 22 ; car il ne s’agit pas cTune feule iíle ; ce doit êtreun amas d’istes. Suidas & le Scholiaste d’Apollonius estnomment une Sarpedonia. D’ailleurs l’iste d’Arguin étoit-elle aíièz importante , pour avoir été remarquée dansune navigation pareille ? est-elle à deux journées de na-vigation du continent ?
2. GORGONES , peuple de la côte d’Afrique , futl’océan Atlantique. Myrina, reine des Amazones, leurfit la guerre, selon Diodore de Sieste, L 3.
GORGONILLA, petite ifle cle la mer du sud, fur lacôte cle terre ferme, entre Piste de Gallo & le cap deMangles. II y a une riviere où Ton peut faire de Teau , &mouiller fur le fond net. * Woodes Rogers , Suppleimp. 24.
GORGONZOLA , bourg d’Italie , clans le Milanez,fur le canal de Martefana, à quatre lieues de Milan, versl’orient septentrional. * Baud. écl. de 1705.
GORGOPIS , marais auprès de Corinthe. On le nom-inoit auffi Eschatiotis.
GORGORA , lieu d’Ethiopie , en Abissmie , auroyaume de Dembée. L’einpereur d’Abifsinie y taise!tson séjour ordinaire au commencement du siécle passé;& les Jésuites y avoient une de leurs résidences. Maisl’empereur quitta ce lieu, ík transporta fa cour & la villeà Dancafe , puis à Gondar où elle a été depuis. * Lti“dois. Hist. yEthiop. 1 . 2, c. 13 ; &c 1 . 3 , c. 11.
GORGOS , riviere d’Assyrie. Elle se décharge dansle Tigre , selon Ptolomée , /. 6, c. 1.
GORGOTOQUES, (les) peuple de TAmérique mé-ridionale j au Perou , dans le voisinage de Santa-Cruz dela Sierra. Ils ont une ville nommée auísi Gorgotoque ,avec plusieurs villages- & hameaux. Ces peuples sontdoux, simples & traitables ; font grand cas de l’amitiéqu’ils ont foin d’entretenir, & ne se mettenf jamais estcolere, quelque injure qu’on leur fasse. Si on leur en-levé quelque choie, íût-ce leur propre femme, ils pardon-nent aisément , pourvu qu’on la rende. Us ont la mé-moire fort heureuse, particulièrement les enfans. Ils ontune langue particulière, qui est fort usitée aux environsde Santa-Cruz. * Corn. Dict. Davity , Amer.
GORGYIA , lieu de Tistede Samos, dans T Archipel,selon Etienne le géographe.
GORI, petite ville d’Asie , en Géorgie, dans une'plaine entre deux montagnes, fur le borddu fleuve Kur,au bas d’une éminence, où il y a une forteresse gardéepar des Persans naturels. C’est une des quatre villes dela province cle Carthuel. Elle fut bâtie vers Ie commence*ment du siéclé passé, par Rustan Can, général cle l’ar-mée Persienne. Un Augustin missionnaire qui étoit alors àGori, en sit le plan. Cette forteresse n’est pas de grandedéfense : fa principale force vient de fa situation : fagarnison est de cent hommes. La ville qui est au bas, estpetite ; îes maisons & les bazars sont de terre : elle n’est ha-bitée que par des marchands assez riches. On y trouveabondamment &£ à bon marché tout ce qui est néceflaireà la vie. On dérive le nom cle Gori , d’un terme quisignifie cochon , parce qu il y est abondant & excellent.Chardin , Voyage , t. 2 , p. 126.
GORIAN , Gorianum. Abbaye de filles en France, deTordre de S. Benoît, dans le Languedoc, au diocèse , & àtrois lieues au midi cle Lodeve , proche la ville cle Cler-mont ; elle fut fondée Tan 13 30, par Anglez , seigneurde Lorieres.
GORICE, ville d’AHemagne, dans le comté de mêmenom , entre le Frioul, la haute & k basse Carniole ; atfcercle d’Autriche , fur la Lisonzo. Les Allemands écri-vent Gort^ & prononcent Gœurt Elle est séparée esthaute & basse. La basse ville est grande , mais ouverte ,& a un collège de Jésuites, un couvent de Franciscains»un cle Capucins , & d assez belles maisons où demeurentle bailli & une parue de la noblesse du pays. La maisondes états du pays n est pas grande ; mais elle est bienbâtie. La ville haute est appellée la forteresse , & on yfait bonne garde. C’est-là que finit 1 usagé de la langue ef-clavone , & on y parle un fort mauvais jargon , qui tirefur Ie franqois & sor l’italien , mais que les Italiens ontpeine à entendre. Dans les tribunaux on fe sert de Talis-man cl ; & les décréts du souverain y sont publies encettte langue , quoiqu’à la réservé des nobles & des
personnes-