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dans le Ferrât'ois : il n’est séparé de la branche la plusseptentrionale du PÔ que par un petit golfe , nommela Sacca di Goro , du nom d’une tour voisine. VoyezCARBONARIA. *Baudrand,é dit. de 17OS.
GOROMA. Davity, Etats du grand Négus , p. 489,dit que le vingt - troisième royaume de l’Abistìnie estcelui de Goroma, qui est des plus grands, St presque toutentouré du Nil en forme d’ifle. II contient vingt contrées.Mais Davity, St son continuateur Ranchin , ont souventtravaillé sur de mauvais mémoires. Corneille, Dicl. dità peu près la même chose, St cite Maty : il s est trompé,Maty n’en parle point. II y a bien de l’apparence queceux de qui ils ont emprunté ce prétendu royaume deGoroma , ont voulu parler du royaume de Gojame ,qui est près des sources du Nil. Voyez GOJAME.
GOROPIS. Voyez Eschatiotis : c’est le mêmemarais.
GORRA , ville des Indes , au pays des Bubloïtes.Le sixième empereur Mosjol âpres Tamerlan , s’en ren-dit maître. Je crois que o est la même chose que Gor.Voyez ce mot.
GORROCHEPOUR, selon De Piste, Carte des In-des , ville d’Asie , dans l’Indoustan , fur la riviere deGadet , au royaume de Jeíiiat, à Pextrémité orientaledes états du Mogol, St aux confins du royaume d’Asem,ou d’Acham : on Pappelíe' ausiì Rajapour. Thevenot,c. 38, p. 183 , en son Voyage des Indes , écrit Ragea-pour. II ne faut pas pour cela la confondre avec uneautre ville nommée auffi Rajapour , St Broudra quiest à présent ruinée, St de laquelle une autre ville, àtrois quarts de lieues de celle-là, a pris le nom de Brou-dra ; celle-ci est dans le royaume de Guzarate ; St celledont il s’agit dans cet article, est dans le Bécar, dontle Jesuat fait partie.
GORSIO, selon Ortélius, ou Herculis Gùrsio,ou Gorsius sive Hercules, ancien lieu de la Pan-nonie , entre Sopiance St Acincum , entre Vallis Cari-niana St Infulones , à trente milles de cette vallée , Stà trente-cinq milles de Pautre lieu, selon Antonin , Itiner.Lazius croît que c’est Gorke, fur la riviere ee Sarwirraen Hongrie.
GORTUjE , peuple de l’Eubée, qui se trou volt enAsie à la suite de Parmée de Darius , selon Quinte-Curse, /. 4.
GORTYNE, ancienne ville de 1 isle de Crete , aumilieu de terres , selon Ptolomée. Voici ce qu’en ditDe Tournefort, t. 1, p. 13 St suiv. II en a visité lesruines, St en a fait P histoire St la description. L’originede Gortyne est ausiì obscure que celle de la plupart desautres villes. Que nous importe qu’elle ait eu pour fon-dateur Gortyn, fils de Rhadamante ou de Taurus , ce-lui-là même qui enleva Europe fur les côtes de Phéni-cie. II est certain qu après la décadence de Cnosse, queles Romains affectèrent d’abaisser, ( a ) Gortyne devinth plus puissante ville de Crète : ( b ) elle avoit même par-tagé Pempire de cette iste avant que les Romains s’enfussent emparés. Annibal s’y crut en sûreté contre cesces mêmes Romains , après la défaite d’Antiochus. ( c )Les grandes‘richesses que ce fameux Africain y porta ,lui suscitèrent bien des ennemis ; mais il se mit à cou-vert de leurs insultes, en feignant de mettre ses trésorsen dépôt dans le templé de Diane , où il fit porterquelques vases remplis de plomb. Quelque tems aprèsil repassa en Asie avec son or , caché dans les statuesdes divinités qu’il vénérois. ( a ) Cedrin. Compend. Hist,(b) Strab. 1 . 10. ( c ) Jujlin. 1 . ZL, C. 4^
Les ruines de Gortyne ne font qu’à six milles dumont Ida, au pied des collines, à Pentrée de la plainedelaMessaria, laquelle est proprement le grenier de Piste.Ces ruines montrent quelle a été la magnificence dela ville ; mais on ne sauroit les regarder sans peine :on laboure , on seine , on fait paître des moutons aumilieu d’une prodigieuse quantité de marbre, de jaspe,& de granit, travaillés avec beaucoup de soin. La prin-cipale chose que l'on découvre dans ces ruines , est lereste d’une des portes de la ville ; quoiqu’on en ait dé-taché les plus belles pierres ; il paroit encore qu’elleétoit d’un beau ceintre : les murailles qui tiennent à cetteporte , font peut-être des restes de celles que PtoloméePhilopator, roi d’Egypte, avoit fait élever; la maçon-en est fort épaisse ,"ík revêtue de briques. Suivant les
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apparences, ce quartier étoit un des plus beaux de làville; nous y découvrîmes deux colomnes de granit,de dix-huit pieds de long ; on voit encore assez près de-là plusieurs piédestaux, espacés également deux à deuxfur la même ligne, pour sòutenr les colomnes du fron-tispice de quelque temple ; on ne découvre de touscôtés que chapiteaux & architraves : peut-être que ce sontdes débris de ce temple de Diane dont on vient deparler, ou de celui de Jupiter, à qui Ménelaiis sacrifiaaprès qu’il eut appris l’enlevement de fa femme Hélene,comme le rapporte Ptolomée Ephestion , dont Phocius,Biblioth. 1 . 5 , nous a conservé quelques extraits. Letemple d’ApolIon , dont Etienne le géographe faitmention , étoit au milieu de la ville, & par conséquentéloigné de l’endroit que nous décrivons : parmi ces co-lomnes, il s’en trouve d’une grande beauté, cilindriques& cannelées en spirale : les plus grosses n’ont que deuxpieds quatre pouces de diamètre. Les Turcs ont enlevéles plus belles ; il y a un village à deux portées demousquet de ces masures, dont les portes des jardinssont à deux colomnes antiques, au travers desquelles ortmet une claie de bois pour les fermer.
Ce village dont on vient de parler s’appelloit Alone;il fut nommé le village des Dix-Saints , depuis que dixillustres chrétiens, natifs de l’iste, y eurent souffert lemartyre durant la persécution de l’empereur Déce : ilsse nommoient Théodule, Saturnin , Europe , Gelafe ,Eunicien, Zetique, Cléomene , Agatope, Basilide, Eva-riste. La chapelle de ce village est encore toute rem-plie de colomnes antiques ; mais on n’y voit plus lestombeaux des martyrs dont parle Ce continuateur deConstantin Porphyrogenete , L z. Ces martyrs sont re-présentés dans le tableau principal, en deux rangs, dansla même attitude , & fur la même ligne, droits & roi-des comme des pieux. Les Grecs en font la fête le zzDécembre , & les Latins les ont suivis.
On trouve dans les ruines de Gortyne des colomnesde jaspe, rouge & blanc, semblable au jaspe de Cosneen Languedoc : nous en vîmes d’autres tout-à-fait sem-blables au Campan que l’on a employé à Versailles àl’égard des figures, il en reste peu ; les Vénitiens enont enlevé les plus belles. La statue qui est fur la fon-taine de Candie , auprès de la mosquée , au-delà dumarché, a été tirée de ces ruines; la draperie en estbelle ; mais la figure est fans tête : les Turcs ne sauroientsouffrir sans horreur la représentation des têtes des cho-ses animées , si ce n’est fur la monnoie dont ils sontamoureux plus que gens du monde. En fouillant dans unchamp, nous découvrîmes la moitié d’une figure cle mar-bre bien drapée; la jambe étoit articulée avec science,&c le bout du pied étoit fort beau.
A l’extrémité de la ville , entre le septentrion & lecouchant, tout près d’un ruisseau, qui fans doute est lefleuve Léthé, lequel, au rapport de Strabon & cle So-lin , se répandoit dans les rues de Gortyne , se voientd’assez beaux restes d’une ancienne église, dans le quar-tier, appelle Metropolis. Quoique cette église soit debonne architecture , il y a pourtant fur la gauche Urtmorceau de peinture à moitié effacée, mais tout-à-faitdans le goût gothique : c’étoit apparemment la re pré-sentation de quelque histoire de la vierge : on y lit en-core en gros caractère Mper. Nous ne pûmes déchiffrerune grande inscription gréque, qui est dans le presbytère :elle est trop haute & trop maltraitée. Nous crûmes pour-tant y entrevoir le nom de Cyrille , ce qui paroît a (setprobable ; car on fait mention cle deux Cyrilles, évêques deGortyne, dontl’un fut martyrise au commencement dutroisième siécle, sous l’empereur Déce ; & l’autre par lesSarasins , dans le neuvième siécle, sous Michel le Bègue.Nous demandâmes quelques instructions fur ces saintsévêques à des papas du quartier; mais ils n’en connoif*sent aucun : il y en eut un d’entr’eux qui nous dit queTite, à qui saint Paul a écrit une épitre, étoit neveud’un évêque de Gortyne , en quoi il se trompoit fort.site,- què S. Paul appelle son fils bien-aimé, fut lui"même le premier évêque de Crète ; & suivant toutes lesapparences , son siège étoit à Gortyne : c'étoit alors lapremiere ville du pays, & dans la fuite elle fut toujourshonorée du premier évêché de l’iíle.
Auprès des ruines de l’église métropolitaine, nous envîmes d’autres qui parurent les restes de quelques monaf-