ipo GRE
tre. Mais une quatrième puissance les mit toutes d’accord,St parvint à la supériorité de toute la Gréce. Ce futPhilippe de Macédoine.
§. 6. Grands progrès de la Macédoine fous Philippe.
Ce royaume étoit bien éloigné de concevoir avantPhilippe les espérances de la grandeur à laquelle il s’élevaen peu de teins. II avoit été la premiere proie des Persesdans leurs guerres contre les Athéniens. II en avoit étédélivré en même teins qu’eux. Mais il avoit pour voisinesles villes de Thessalie , les ides St les villes que les Athé-niens possédoient dans la mer Egée St dans la Thrace ;d’un autre côté , les Illyriens , les Péoniens St autrespeuples. Philippe fut élevé à Thèbes, chez le pere cl’Epa-minondas , & eut la même éducation que ce héros : ily étoit en qualité d’ôtage , quand il apprit une révolutionarrivée dans la Macédoine. II fe déroba de Thèbes ,arriva dans fa patrie , St trouva les peuples consternésd’avoir perdu leur roi Perdiccas, son frere aîné , tué dansun grand combat contre les Illyriens qui étoient bienrésolus de pousser leurs avantages. Les Péoniens infec-toient le royaume par des courses continuelles. LesThra-ces prétendoient placer fur le trône Paufanias, prince dusang royal. Les Athéniens appuyoient Argée , que leurgénéral Mandas avoit ordre de soutenir avec une bonneflotte St un corps de troupes considérable. L’héritier légi-time étoit Amyntas encore enfant. Dans ce besoin pres-sant on le déposa ; St à la place du neveu que la natureappelloit , on mit Ponde que la conjoncture cìemandoit.Le nouveau roi , quoique âgé seulement de vingt-deuxans, remédia St pourvut atout. Une profonde dissimula-tion de ses desseins St une politique impénétrable lui servitbeaucoup. II commença par sacrifier en apparence Amphi-polis aux Athéniens. Cette ville, située fur les confins deson royaume, étoit à sa bienséance ; mais pour la garder ,il eût fallu assoiblir son armée dont il avoit besoin ailleurs,St fe brouiller avec les Athéniens qui revendiquoient celieu comme leur colonie. II se garda bien de la leur céderpurement St simplement : il en fit une ville libre avantque de la leur rendre , St engagea ainsi cette ville à luisçavoir gré de sa liberté. II désarma les Péoniens à forcede promesses St de préfens, fe défit de ceux qui lui clifpu-toient la couronne, ferma la porte du royaume à Paufa-nias , marcha contre Argée ( a ) , l’atteignit fur le chemind’Ege à Methone, le défit, lui tua beaucoup de monde ,St fit beaucoup de prisonniers ; ils lui servirent à faireune paix captieuse avec Athènes. ( b ) II attaqua ensuiteles Péoniens , St les réduisit sous son obéissance, tournases armes contre les Illyriens , les tailla en pièces , Stles obligea à lui restituer les conquêtes qu’ils avoient faitesfur la Macédoine. Enhardi par tant cle prospérités , ilemporte Amphipolis ; mais , au lieu de la rendre auxAthéniens , il leur enleve encore Pydne St Potidée ,Pan du monde 3626 ; de-là il vient occuper Crenides queles Thasiens avoient bâtie dans la Thrace, depuis deuxans , St qui dès-lors s’appella Philippes : il y ouvrit desmines , qui chaque année lui rapportoient de quoi battreune monnoie d’or qui portoit son nom ( c ) , St dont leproduit seul montoit plus haut que tous les revenus de larépublique d’Athènes. La supériorité des finances luidonna de grands avantages qu il ne negligea point : ils’en servit à entretenir un puissant corps de troupes étran-gères , & à s’acquérir des créatures dans toutes les villesde la Gréce. Ce ne fut plus que victoires qu’il remportapendant les vingt-deux années de son régné ; il s’aggran-dit de tous côtés par ses conquêtes en Thessalie , enThrace, en Epire , en Scythie St en Eubée. Ces con-quêtes sont d’autant plus essentielles ici , qu’en unissantensuite la Gréce avec son royaume, elles devinrent par-làdes dépendances de laGrece.* ( a ) Diodor. SiculA. 16.Orof 1 . 3 , c. 16. (b) Juflin , 1 . 7. ( c ) Plaut. in Poë-nul. act. 1 , sc. 1 ; St act. 3 , sc. 5 ; oc Horat. Ep. 1.ad Augustin.
H. 7 - Philippe fe rend maître de la Gréce.
II étoit de l’intérêt des Grecs de s’unir plus que jamaispour fe garantir d’un ennemi si redoutable qui étoit à leurporte. Ils firent tout le contraire , St fe déchirèrent plusque jamais par des guerres civiles. On nomma cette
CRE
guerre la guerre sacrée , ou la guerre des confédérés- £**voici le sujet, & le succès en peu de mots. ( 3 ) Les lusbains enivrés de leur bonne fortune, citèrent devant 1Amphictyons les Lacédéinoniens St les Phocéens,accusoient les premiers d’avoir violé la trêve , cnV , j 3la forteresse de Thèbes ; St les autres d’avoir ravage ^Béotie. Les Amphictyons étoient un conseil généraltoute la Gréce , St un tribunal auquel toutes les calide ville à ville étoient portées. Les juges, qui craignoieles Thébains , jugèrent en leur faveur , St condanm ereles acculés à une très-grosse amende. Les Phocéens n zyf}pas de quoi la payer , Philomele leur conseilla de P 1 *' •le temple de Delphes, où la superstition des peuples a' ,oiamassé d’immenfes richesses. Ils le firent. Enrichis decssdépouille , ils porterent la guerre chez les Thébains.gré l’horreur que l’on eut cle leur sacrilège , on eut enc<ssplus cle haine contre les Thébains qui leur en avoient ssquelque forte imposé la nécessité. Ainsi Athènes St Fa c ^démone leur envoyèrent du secours. Les Thessaliens 0les Thébains étoient unis; Philippe vit avec plaisir ceguerre qui affoiblissoit des peuples dont il fe pronietssla conquête : il demeura neutre jusqu’à ce que les Th eliens l’appellerent à leur secours. Ils craignoient
clit
Ilso
Justin , l. 8 , c. a , que s’ils opposoient à leurs enn el .un capitaine de leur nation , il ne fe servît de la victoi rpour usurper l’autorité souveraine. Ce qu’ils craigno^arriva. Ils furent assez aveugles pour donner la préférés 1à Philippe , qui ayant dé j a de grands états à gouverner,leur étoit moins suspect. Ils ne connoissoient pas 1 °ambition. II marcha à leur secours, défit St chassa I e1 ' 1tyrans , & par-là fe concilia pour jamais l’affectioní hessaliens dont l’excellente cavalerie , jointe à la ?tsslange Macédonienne , eut depuis tant de part à ses f ftoires St à celles de son fils. Au retour de cette exp etion, il attaqua St subjugua les Olynthiens, dont la p ll sssance avoit jusqu’alors tenu en échec celle de fes ancCtres , & qui peu auparavant avoit dépouillé son pssAmyntas. Alors il fe découvrit ; mais ce ne fut qu’ap,avoir dissimulé jusqu’au bout , St si bien caché lès sssstables intentions , qu’à la veille de tomber fur les Fssjcéens, il leur persuada qu’il en vouloir à Thèbes, & fi 111alloit humilier cette orgueilleuse république. Par cimpénétrable secret il endormit ses ennemis , séduissalliés , St les aveugla furdeur propre intérêt ; de manie 1que , fans tirer l’épée , il fe rendit maître de la Phocid 2 >( b ) se fit déclarer Amphictyon , général des Grecs conssles Perses , vengeur du dieu Apollon St de son temp' e '8t, ce qui valoit mieux pour lui, il s’empara des Th^mopyles , passage fameux qui lui ouvrit la porte d £ ,Gréce. La victoire qu’il remporta à ChÉRONÉE so r eAthéniens St les Béotiens , acheva de lui soumet 11les Grecs , le vengea pleinement des Athéniens qui, d eU<ans auparavant, lui avoient fait lever le siège de ByzanÇ^& couronna fes autres exploits. La guerre de la Phociss& la bataille de Chéronée, où Alexandre, âgé de dix-n el1ans, commandoitune des ailes de l’armée, sont les <sssschefs-d’œuvres de Philippe. Ainsi la Macédoine , jusq 113lors foible , méprisée , souvent tributaire , St toujo 1 ' 1réduite à mendier des protections , devint tout à c ° u £1 arbitre de la Gréce , St la terreur de toute l’Asie. Totssss Orece reconnut Philippe pour son chef. En cette sssslité il forma la résolution d’attaquet les Perses : son avss 11garde commandée par fes lieutenans Attale St Parmensoj 1 jmarchoit déja pour cette expédition , quand la morten déroba la gloire, St la réserva à son successeur, sssut Alexandre le Grand. Philippe fut tué en trahison 1 *1 âge de 47 ans , l’an du monde 3648 , St laissa à i0fils un royaume craint St respecté de tous fes voisins, ss sarmée disciplinée St accoutumée à vaincre ; St enfin nsupériorité universelle sot tous les états de la Gr eC* ( a ) Jujl. 1 . 8. {f') Diodor. Sic. St Orof. 1 . 3 , c. i>
§. 8. La Grece fous Alexandre le Grand.
(e
Alexandre commença par s’assurer de la couronne ;défit de ceux qui la lui disputaient , St punit les meur sl 1de son pere. II n’eut pas plutôt pourvu au dedans de ^royaume, qu’il alla fondre siir fes voisins. On I e vl r.h-moins de deux ans réduire les Thestaliens rebelles ^ ^
juguer la Thrace , St passer le Danube ; battre les Ge fprendre une de leurs villes, St repasser ce fleuve ; re