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Tome troisième. G - L.
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de la grossenr du bras, avec tant de roideur, qu’il s’élevebeaucoup au-deíTus de la muraille de la maiíòn , telle-ment que quand les rayons du soleil donnent dessus , d’uncertain sons , on appercoit une multitude d’iris , quidivertissent agréablement la vue. Ce terreur est planté dedivers arbres fruitiers qui forment plusieurs petits bos-quets , d’où l’on voir de très-beaux jardins St un parc oùl’on garde des animaux sauvages. Au sommet de la mon-tagne s’éleve un vieux bâtiment qui fervoit de mosquéeaux Mores , & dônt on a lait une église sous le nom deSainte-Helehe , à laquelle les habitans du pays ont unefervente dévotion. Sur cette montagne , près du palais ,il y a une citerne publique , qu’on appelle en arabeAlgibe , creusée ( à ce qu’on croit ) par les Romains ;elle est si bien faite , que l’eau ne s’y corromps jamais ,St y acquiert une vertu médicinale qui appaise les douleursde la colique : tout joignant le palais , il y a une collineoù l’on voir un vieux couvent assez joli , habité par lesCarmes déchaussés , appellé d monte de los martyres ,c’est-à-dire le mont des martyrs : toute cette colline estest entre-coupée de creux St de cavernes fort spacieuses ,qui n’ont qu’une feule entrée par une étroite ouverture ,faite en rond au-dessous ; c’est-là où l’on dit que lesMores descendoient les Chrétiens esclaves , pendantla nuit, après les avoir cruellement tourmentés pendantle jour : ces cavernes s’appelient masmorras en languearabique.

Le troisième quartier de Grenade, appellé Albaycin,n’étoit considéré autrefois que comme un fauxbourgséparé du reste de la ville par une muraille, dans un terreinélevé fur deux collines , St occupé par 5000 maisons ;tous les habitans étoient Mores , distingués des autresGrenadins par leur langage , par leurs mœurs Si par leurshabillemens ; vivant avec beaucoup de lésine, St don-nant à leurs femmes des habits de foie , tandis qu’ils sevêtoient de sacs , afin d’être toujours prêts à charger furleurs épaules des fardeaux pour tous ceux qui en avoientà faire : lorsque Ferdinand le Catholique eut pris Gre-nade , les habitans de l’Albaycin excitèrent une séditioncontre le cardinal Ximenès qui les pressoir d’embrasserle Christianisme ; mais se voyant tous déclarés crimi-nels de lèze-majesté , ils demanderent tous le baptême ,pour sauver leur vie ; St, ce qu’il y a de plus surprenant ,c’est qu’au rapport de l’illustre Fléchier qui a écrit lavie du cardinal Ximenès, tout ce qui restoit d’insidelesdans les autres quartiers de la ville, ou dans les bourgadesvoisines , au nombre de 50000 se rendirent Chrétienspresqu’au même teins. C’est ainst que par la valeur & lezèle du roi Ferdinand, le Mahométisme fut enseveli pourjamais dans Grenade , St que l’empire des Mores futéteint pour toujours dans toute l’Espagne.

Enfin le dernier quartier de la ville que nous avonsappellé Antìquerida est situé dans une plaine , & peupléde gens venus à'Antequera , d’où lui vient le nom qu’ilporte. Presque tous ses habitans sont ouvriers en soie ,& font du satin , du tafetas , du damas , ou teinturiers' en pourpre , en écarlate St en autres couleurs.

Si le dedans de la ville est beau, les dehors ne sont pasmoins agréables, particulièrement du côté du midi St ducouchant. C’est une grande St belle plaine de huit lieuesde long fur quatre de large , appellée la vega de Gre-'nada , c’est-à-dire le verger de Grenade , environnée depetites montagnes , St couvertes d’un nombre infini devillages. A l’entrée de la ville , du côté qu’on vientd’Antequera , on trouve une fort grande place que l’onappelle d Campo , où est un hôpital royal magnifique.Près de celui-là on en voit un autre fondé par S. Jeande Dieu, instituteur des Freres de la Charité : c’est un vastebâtiment. Le portail est enrichi de piliers de jaspe , St au-dessus paroit la figure du fondateur en marbre ; le cloître estfait en voûtes soutenues de piliers , St au-dessus sont leschambres des malades qui y font servis par des reli gieux.L’es-calier par où on y monte, est sort beau , peint aux deuxcôtés, ou l’on voit la vie du fondateur : la voûte est pla-fonnée St dorée. Près de cet hôpital est un célébré cou-vent de religieux Hieronymites, fondé par Fernand Gon-falve surnommé le grand capitaine. On lit sur lamuraille extérrieure de séglise cette inscription gravée furun morceau de jaspe.

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Gonzalfs-Fernando ,

, A CORDUBA ,

^Magno Hispaniarum Ducï,Gallorum ac Turcarum,Terrori :

C’est-à-dire , à Gon^ales Fernand de Cordouè , ^grand capitaine d'Espagne , la terreur des François ydes Turcs. 11 est inhumé dans le chœur de Légiste dece couvent, St l’on voit ía statue fur son tombeau fi 111le représente armé à genoux.

Enfin le séjour de Grenade est délicieux ; le tert° lsest très-fertile. L’air y est fort pur St fort doux , fans e st eincommode par les chaleurs excessives qui se font fent irdans les autres parties méridiona'es d’Espagne. O u Xremarque, entr’autres choses, un joli endroit fur le homdu Darro, dans une vallée hors de la ville , où Pair eltsi pur, si agréable & si bon pour la santé , que plusie ur *personnes indisposées s’y font transporter St ont recou-vré la santé. Les Mores trouvoient cette ville si charmante >qu’ils s’imaginoient que le paradis devoir être dans la parti®du ciel qui est au-desius de Grenade.

L’histoire rapporte deux choses fort remarquables d®Boabdel surnommé d Quichito , c’est-à-dire le Petit, 3cause de la petitesse de fa taille, fils de l’insortuné Alboa-cen , dernier roi de Grenade, t. Ce Prince avoit tant d epeine à quitter ce charmant séjour, que sortant de s° npalais pour se rendre à Ferdinand , son vainqueur , il P-vson chemin par une porte de í’Albaycin, St lui demaiustpour toute grâce , que jamais personne ne sortît après lupar cette porte. Le monarque lui accorda cette faveur -St fit murer la porte, comme elle Test encore. 2. LoO-qu’il fut hors de la ville il s’arrêta fur un coteau pour I 3voir une derniere fois. Cette vue le toucha si vivement rqu’il versa des larmes. Sa mere qui l’accompagnoit, lui did’un ton insultant : C’est avec raison que tu pleures m 3 !! 1 "tenant comme une femme , puisque tu n’as pas été au®brave pour te défendre toi St ton royaume. Ce repro®' 1étoit d’autant plus injuste , que , du consentement c ehistoriens, il étoit fort vaillant ; mais il fut forcé de ceu® saux nombreuses armées de Ferdinand.

Grenade est honorée d’un archevêché , d’une chan-cellerie , Sc d’une célébré université- 11 s’y fait un tr®*'grand commerce en soie qui passe pour la meilleure d®toute 1 Europe , St dont on fabrique les plus riches étoR® squ’on voie en Espagne.

2. L'archevêché de GRENADE est le même siège si 11 ®

celui d 'Eliberis. Voyez Eliberis 3. II est nommé dan*les anciennes Notices Eliberi , Elberris St Eliberis. Eh'it®ayant été ruinée par les Mores qui avoient bâti Gr®nade , ils en firent ensuite la capitale d’un royaume P 3 !'ticulier. Ferdinand le Catholique s’étant rendu maître d®Grenade au mois de Janvier 1492 , le pape Alexandre Ví 1qui étoit Espagnol , adressa, au mois d’Avril 1493 , tC®bulle à l’évêque d’Avila au sujet de cette conquête. IJ ,echargea de faire réparer les anciennes églises , St d’et 3 'blir quatre cathédrales, savoir à Grenade qu’il éríg® 01en métropole éclésiastique , comme elle étoit déja me tr °pôle d’un royaume : les trois autres sièges étoient c® 11 'de Malaga , d ’Almeria St de Guadix. Le continuat e ddel’Histoire éclésiastique de Fleuri, ô 117 , c. 69 , I 3 ',croire que Grenade est métropole de ces trois évêch^'Mais il n’y a que Malaga St Almeria qui en dépend® 13 'Guadix est sous l’archevêché de Sevilie. Voyez GuApV'D. Ferdinand de Taìavera, religieux Hieronymite, f lltpremier archevêque de cette église. Son chapitre est c0 '^ eposé de sept dignitaires , de douze chanoines , doR^prébendiers St plusieurs chapelains. Le diocèse _ a , ce ? equatre-vingt-quatorze paroisses , St l’archevêquequarante mille ducats de revenu. * Vayrac , Etat de 1pagne , /. 4, p. 373. . e

3. GRENADE , C LE Royaume de ) P roVII1 i 3d’Espagne , avec titre de royaume : c’est propremestL.^haute Andalousie , comme le remarque Baudrand , e . 3ss® 1705. II fait partie de la Bétique des anciens- ^la nouvelle Castille au septentrion , le royaume d® " l r Qcieau levant, la Méditerranée au midi , St l’Andasou ^au couchant. B a environ soixante St dix lieues degueur , trente _ de largeur St quatre-vingt de côtes.principales rivières font le Xend , le Guadalaritin ,