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Tome troisième. G - L.
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rZO GUA

Le gouverneur demeure au - nord de l’iíle , où ily a un couvent, St un petit village qui est la principalehabitation des Espagnols. Ils font obligés de se marieravec les Indiennes faute d’Espagnoles. Les Guamoisont de la vigueur , la taille avantageuse , & le teintd’un brun olivâtre : ils vont tout nuds , à la réservéd’un torchon qui leur pend au derriere , & les fem-mes portent de petits jupons. 11s font fort adroits àtirer de la fronde, où ils mettent des pierres d’argillede figure ovale , qu’ils sèchent au feu , & qui de-viennent auíïì dures que du marbre. Ils tirent si juste ,â ce que disent les Espagnols , qu ils ne, manquentpresque jamais leur but, quelque petit qu’il soit; Stle coup a tant de force, qu ils peuvent tuer un hommeà une bonne distance. Us n’ont d’ailleurs pour toutesarmes qu’un bâton ou une lance faite de bois le plus pesantqui fe trouve dans l’iste. ,

Le fruit qui leur sert de pain, est ce qu il y a de plusremarquable fur cette iste : 1 arbre qui le porte, est fortgros , 8t fes feuilles , qui resiemblent un peu à celle clufiguier, font presque auffi grandes , mais de couleur brune.C’est une assez grosse pomme fans noyau ; l’intérieurressemble à une patate sèche : on le rôtit ; St quand lacroûte en est levée , le; dedans ressemble à une mie depain de fort bon goût. Ces arbres rapportent tant defruit dans la saison , qu on en engraisse les cochons.

GUAMA, petite riviere de l’Amerique méridionale ,au Brésil , dans la capitainerie de Para. Elle prend fasource au levant de Para , St vient fe rendre au-dessusde cette ville , dans la riviere de Capi , qui plus bas fejette dans le Muju. Carte de l’Amerique méridionale parde la Condamine. * De Lait , Ind. occid. /.' io, c. 21.

GUAMANGA , ville St province de l’Ameriqueméridionale , au Perou , dans l’audience de Lima.C’est , dit Fresier , Voyage de la mer du sud , p. 3x3 ,une ville épiscopale, à quatre-vingt lieues de Pisco. Ondit qu’elle enferme environ dix mille communians. Sonprincipal commerce consiste en cuirs , en boètes de con-fitures , de pâtes , marmelades , gelées , cotignac , &autres qui sont les plus estimées du royaume , où il s’enfait une consommation considérable. On y fait auffi despavillons qui servent de rideaux pour les lits, dont il y aune célébré manufacture , 6 c de plusieurs sortes d’ou-vrages de cuirs étampés Sc dorés. Elle est située au piedd’une haute montagne , dans un plat pays-fort sain Scfertile en toutes sortes de denrées.

De Laët, Ind. occid. 1 . 10 , c. 29, St zo , en parleainsi : les naturels du pays sont de taille médiocre , decouleur brune , Sc d’un esprit pesant 8c paresseux. O11tient que le nombre de ceux qui y payent tribut monteà trente mille. La province abonde en mines , Sc il s’yen trouve d’or Sc d’argent, d’argent vif, de enivre , defer , de soufre Sc d’aimant. La ville qu’ou appelle Gua-mdn&a , Sc que quelques-uns nomment A, Juan de laVittorìa , est située fur la hauteur de treize degrés de laligne vers le sud , à dix-huit lieues des montagnes desAndes, & à soixante-dix de Lima vers le fud-est, dansune plaine ouverte , au pied de quelques petites monta-gnes qui s'étendent d’une fuite continue vers le sud dela ville. Les maisons y sont presque toutes de pierres ,Sc couvertes de tuiles. II y a trois églises Sc divers cou-vents de religieux , plusieurs confréries d’Indiens &d’Espagnols , Sc une de Nègres , avec un hôpital desplus beaux qui soient dans ces quartiers-là. L’air y estfort sain , Sc assez tempéré. Les Espagnols ont aux envi-rons plusieurs métairies , où ils nourrissent de grands trou-peaux de brebis. La plus grande riviere de ce payss’appelle Vinoque. Onvoit fur les bords le reste de quel-ques édifices anciens , que les sauvages disent avoir étébâtis autrefois par une autre nation ; ce qui donne lieude le croire , c’est que leur architecture est fort diffé-rente de celle que les rois du Pérou ont suivie depuis. Leschamps voisins de cette riviere produisent une grandequantité de froment , dont on fait d’excelíent pain. Aneuf lieues ou environ de Guamanga vers le nord-ouest ,font les fameuses mines de Guançabelica , que les Espa-gnols appellent El Assiento de Oropesa. On èn tire beau-coup d’argent vif. Cette forte de métal étoit entièrementinconnue aux naturels du Pérou ; ils tiraient seulementle minium , qu’ils nommoient limon , 8c dont ils fe pei-gnoient le corps , comme Us font encore aujourd’hui,

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par ornement. Ils ont miné pour cela plusieurs cavernesau dedans des montagnes par de longs espaces, Elles onttant de détours, qu’on a peine à en trouver la sortie, quandon s’y est engagé un peu avant. Les Espagnols , nonplus qu’eux , ne connoissent pas l’argent vif qui est con-tenu dans les veines de ce minium. Ce fut HenriquesGardas , Portugais , qui examinant une pierre de Litnpiqu’il avoit reçue d’un Indien , jugea que c’étoit unemine semblable à celle dont on tire en Espagne Sc levermillon Sc l’argent vif. L’essai lui fit voir qu’il avoiteu raison de le croire. Les mines des Palcas , dans leterritoire de la ville de Guamanga, ayant été ainsi décou-vertes , les Espagnols y accoururent en grand nombrepour en tirer de 1 argent vif, qu’ils transportèrent en lunouvelle Espagne , où l’on purge la mine d’argent avecce métal , ce qui rendit ce lieu fort peuplé. Entre cesmines, on estime celles qu’on nomme d'Amador Cabrera •’c’est un dur rocher, rempli d’une infinité de veines d’ar-gent vif qui courent par toute la masse : il a quatre-vingtaunes d’Espagne de long , quarante de large , Se il estcreusé de tous côtés de quatre-vingt coudées de profon-deur ; de sorte que trois cens mineurs" y peuvent tra-vailler tous à la fois. On tire tous les ans des mines deGuancabelica pour un million de livres d’argent vifqu’on mene par terre à Lima , puis à Arica , Sc de- 1 *à Potosi.

GUAN. fl’iíle de) Voyez GuàM.

GUANABE , petite iste de l’Amérique , au couchantde l’iste de Saint-Domingue , au nord du petit Gouave 8ídu quartier du sud.

GUANAHANI, (l’Islede) ou l’iste deSaint-Sau-veur , iste de l’Amérique septentrionale , 8C l’une desisles Lucayes , dans la mer du nord : elle est située à r; d.de latitude septentrionale. Ce fut la premiere terre queChristophe Colomb découvrit dans le nouveau mondele 12 e Octobre 1492. : il la nomma l’Isle deSainL-Sauveur , parce qu’il sauva fa vie par cette découverte ,Sc fe délivra heureusement de la persécution des Espa-gnols qui le vouloient tuer ce jour-là même , St se"retourner en Espagne fans avoir rien fait, s’il n’avoitheureusement découvert cette terre qui est à l’est decelle d’Yuma, St au nord deTriangulo St de Guanima ,avec un assez bon port. Les Anglois l’appellent GuM-BOA , St ceux du pays Cuzeatelan ; mais elle n’estpeuplée que des naturels de ces isles. * Baudrand , édit*1705. .

GUANAIA , iste de l’Amérique , dans le golfe deHonduras, à six ou sept lieues du cap auquel elle estopposée vers le nord-ouest. Elle va en penchant vers lenord , St le rivage n’y a point de havre. Vers le myelle a deux ports où il n’est pas facile d’entrer à cailledes rochers & des bancs de fable. Cette iíle , du temS d®Laët , étoit habitée par des sauvages , St par quelqUC*Espagnols ; St l’on y trouve , dit-il, 17 , c. 18 des

brebis , des poules St des perroquets en abondance,Christophe Colomb , qui la découvrit le premier ,l’avoit appellée U iste des Pins , à cause de la quantité deces arbres qu’il y vit ; mais elle a retenu jusqu’à présentle nom sauvage de Guanaya. De cette iste jusqu’à cellede Guayava , ou GuyAMA , ( apparemment I 3même que De l’iste appelle Ruatan ) on comptetrois ou quatre lieues , St six jusqu’à Utiln , qui a ciníou six lieues de circuit , qui est toute basse St pleine debois. II y en a quelques autres plus petites qui sont com-prises auffi sous le nom d’ifles Guanayas ; savoirVIA , Helen , St San-Francesço. Toutes ces niesremplissent le golfe de Guanayas qui est dans lefond de la baie de Honduras ; il commence à la pointedel Negro. On transporte dans ce golfe , fur des mulets ,les marchandises de l’audience de Guatimala , P° urcharger fur les vaisseaux d Espagne qui ont coutume d jarriver tous les ans. ,

. I. GUANAPE , port de la mer du sud , danstique méridionale , au Perou dans l’audience de Lin**’au midi de TruxiUo, Atlas Robert de Vaugondy- ^Laet , Ind. occid. ô 2.0, c. z z. .

2. GUANAPE , vallée de l’Amérique méridionale?au Pérou, à l’orient du port de même nom. Elle a efort peuplée. La bonté dune boisson appellée chica, qse faifoit dans cette vallée, la rendoit célébré. Les natujels y font à présent en petit.nombre. II y a un port oh