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de froment. Ils ont été long-tems libres , parce que lamontagne est fort escarpée. Ils y nourrissent grand nom-bre de chèvres , de mules & de chevaux , qui , quoi-que petits, ne laissent pas d’être vigoureux & fort legers.Quand les chérifs eurent pris Fistele , les habitans deGugidime fe soumirent à leur domination : ils demeurentdans des villages ôt dans des hameaux, qui font disperséspar les vallées. Les maisons y sont de terre , couvertesde paille ou de branchages. Tout ce qui regarde le midi,dans cette montagne , est entièrement désert. Les histo-riens rapportent qu’elle fut désolée par les guerres, quandles Almohades dépossédèrent les Almoravides, à causeque les habitans donnerent retraite à Brahem-Beu-Ali ,qui fuyoit devant Abdulmumen ; ce qui l’irrita st fort ,qu’il fit mettre tout à feu & à sang, fans épargner ni âgeni sexe ; de sorte que ceux qui y vinrent habiter depuis,étant pauvres & foibles, ne peuplèrent que ce qui estdu côté du nord, qui regarde la Barbarie ; c’est le meilleur.* MarmoL , 1. 3 , c. 77.
GUGUAN , iste de l’Océan oriental, Lune des iíles'Mariannes. Elle a trois lieues de tour , 5c est située àsix lieues de celle de Sarighan, 5c à trois 5c demie decelle d’Alamagan. Elle est à 17 d. 45' de latitude , aurapport du P. Moralès, dans les Observations physiques 5tmathématiques , publiées par le P. Gouye.
GUIANE ? (lA) ou LA Goyane , grand pays def Amérique méridionale, entre les rivières de l’Orenoque& des Amazones , qui, avec la mer du nord , lui serventde bornes.
Voici la description que de la Barre en a donnée ;mais il faut remarquer , dans l’extrait que nous en allonsdonner , que ce qu’il appelle Guiane Angloise est pré-sentement aux Hollandois , & possédé par la compagniede Surinam , 5c par divers particuliers qui y ont des •concessions. II divise tous les vastes pays de la Guianeen Guiane Indienne , Guiane Françoise , 5cGuiane Anglicane 5c Belgique. Voici commentil traite chacune en particulier.
La Guiane Indienne , qui n’est habitée que d’In-diens , contient toutes les terres qui sont depuis la lignejusqu’au, cap d’Orange ; ce qui fait à-peu-près 80 liens.Ce pays est fort bas , 5c inondé vers les côtes maritimes ;depuis l’embouchure de la riviere des Amazones jusqu'aucap de nord, il est très-peu connu des François. Quoi-que celui qui est depuis le cap de nord jusquau capd’Orange soit de la même nature , 5c que l’on ne voyefur ses rivages aucune terre élevée , mais seulement desarbres comme plantés dans la mer, 5c diverses coupuresde ruisseaux 5c de rivières qui, pour tout aspect, donnentcelui d’un pays noyé , on ne laisse pas d’avoir plus deconnoissance de ces terres , parce que les barques Fran-çoií’es , Angloises 5c Hollandoiscs y vont souvent traiterdu lamentin, ou vache de mer, avec les Arica'rets 5c lesPalicours qui habitent cette côte, dans laquelle on con-noît les rivières d’Aricari, Unimamary & Caffipouro.La mer monte en barre de sept, huit 5c neuf brasses à picdans les deux premieres ; 5c les bâtimens qui s’y trouvent ,sont dans un grand danger , s’ils ne fe font pas mis à cou-vert de cette barre derriere quelque iste , ou dans quelquesanses où les navires 5c les barques demeurent à sec , aprèsque la mer s’est retirée. La mauvaise qualité de l’air de kcette côte la rend inhabitable aux Européens , qui y sontpresque tous malades dans leurs vaisseaux, quand la duréede leur traite les oblige d’y faire un long séjour : les originai-res y souffrent même beaucoup, étant contraints , fauted’y trouver des terres hautes où ils puissent bâtir desmaisons, de placer leurs hâtes fur des arbres, où ellesressemblent mieux à des nids de gros oiseaux qu’à desretraites d’hommes.
La Guiane Françoise , proprement FranceÉQUINOXIALE , contient environ quatre-vingt lieues ,& commence par le cap d’Orange , qui est une pointe deterre basse qui fe jette à la mer , 5c dont on prend con-noissance par trois petites montagnes qu’oti voit par-dessus :ces montagnes sont au-delà de la riviere d’Yapoco. Lecap d’Orange pousse un banc de vase dix à douze lieuesà la mer ; ensorte qu’à six ou sept de terre on ne trouveque quatre brades 5c demie d’eau de basse mer vis-à-visla pointe de ce cap. Les terres que l’on voit de l’autrebord de la riviere d’Yapoco, sont basses, 5c presque tou-tes noyées ; mais dans celles qui font ducôté du cou-
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rant, il y a plusieurs belles montagnes. Les Yaos Indiensont une habitation mieux cultivée qu’on ne le pourroitattendre de ces sauvages , qui sont en fort petit nombre.A une lieue de cette riviere , 5c le long de la côte , est I 3montagne de Comaribo , qui a une belle source d eauvive, avec une crique ou riviere salée au pied,, où peu-vent entrer les canots 5c les chaloupes. La côte, jusqu aucap d’Aprouague, est à huit lieues de celle d’Yapoco ; 9 eà quatre d’Aprouague, est la riviere de Canu ; à huitautres , est l’embouchure de celle de Wia , & la pointude l’iste de Caïenne , marquée improprement dans 1 £Scartes, riviere de Mahuri. Toutes les terres depuis Aproua*gue jusqu’à la riviere de Via, à trois lieues près des bordsde la mer , sont basses & noyées ; mais plus avant, toutle pays est relevé de belles montagnes 5c collines très-propres à faire des plantages 5c des habitations. L’embou-chure de la riviere fait une maniéré de port qui est surcontre tous vents , & où il y a un bon mouillage fur tro|*brasses d’eau de basse mer. II faut monter près de troislieues entre la terre ferme 5c l’isie de Caïenne pour trou-ver le vrai canal de la riviere, qu’on rencontre à la bandedu sud , courant íùd-sud-ouest , 5c fùd-ouest , sur deu*brasses 5c demie de profondeur jusqu’à douze 5c quinzelieues avant dans les terres qui y sont relevées de grandsbois d’une hauteur 5c grosseur extraordinaire. L’embou-chure de cette riviere , large par-tout d’une portée demousquet, est défendue par la pointe de Mahuri de l’iu®de Caïenne , où les François sont bien établis. La côtequi est depuis l’embouchure de la riviere de CaïeflUejusqu’à la riviere de Carrou, est de douze à treize lieues :elle est de fable , 5c le terrein est uni & sec. Dans lesterres font de belles plaines qu’ils appellent savante >qui ne sont point inondées , 5c dans lesquelles on p eUÍnourrir plusieurs milliers de toutes sortes de bestiaux*C’est dans cet endroit, 5c le long des bords de la rivièrede Macouriague , à sept lieues de Caïenne, 5c à six deCourrou , qu'habite les plus grand nombre d’Indiens detoute la côte. Les Aricarets y ont quatre habitations , &les Galibis y en ont cinq ou six. Les terres de cet endroitne sont pas si grasses que celles des collines 5c des mort'tagnes ; cependant celles que les Indiens y cultivent , leUtproduisent des vivres en abondance ; 5c les cannes de sucrey viennent aussi-bien que le tabac. La riviere de CorroUn’esl pas fort large ; mais elle a beaucoup de profondeur »5c on la remonte jusqu’à trente-cinq lieues dans les terresçui font fort bonnes. L’air y est sain. Depuis la poinpjusqu’à la riviere salée de Corouabo , qui en est éloigne 6de cinq lieues , il y une anse de sable où les tortues ter'rissent dans la saison, en fort grande quantité , c’est-à-d* s6qu’elles viennent pondre dans le fable. A trois lieues d eCorouabo est la riviere de Manamory, peu considérable 7mais le long de laquelle font de bonnes terres. A cinq lieuesde-là cn trouve la riviere de Sinamari , dans laquespeuvent entrer les petits navires. Les terres son r bonnesle long de ses bords ; 5c la pêche y est si abondante tqu’elle pourroit y nourrir une colonie de plus de cinquantehommes. Les Anglois y venoient pêcher de Surinasavant que les François eussent fait un port à son einbqU"chute. Conanama , qui est à six lieues , est une p e P teriviere , proche l’embouchure de laquelle les navi re ?peuvent mouiller a une portée de mousquet de terre , 3quatre ou cinq brasses d’eau ; ce qui ne fe trouve ssaucun endroit de cette côte. Ces deux rivières font hab 1 "té es par un nombre assez considérable de Galibis. Uterre de Conanama est bonne 6 1 faine ; mais l’on y e %un peu tourmenté des maringoins. A cinq lieues de' 13est la riviere de Jurague ; >d cinq autres celle d’Aman* »& ensuite celle de Marony. A trois lieues des rivagede la mer , depuis -Conanama jusqu’à Marony , ?terres sont toutes baffes , 5c de difficile abord ; &qualité n’en est point connue plus loin que les bordsla mer. ‘ , j 3
Le commencement de la Guiane. Anglicane est 3riviere de Marony , fur laquelle les Anglois ont fed ..petit fort. L’entree de cette riviere est composée de ^de bancs de fable , 5c qui changent fi souvent , .
est interdite aux bâtimens de plus de vingt torm e35c même ceux de ce port n’y entrent qu’avec perd >touchent souvent sur les bancs. Ses terres ne sont hoir5c habitables que cinq ou six lieues en la remonta»la côte depuis Marony jusqu’à Surinam, où il y a t re