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Tome troisième. G - L.
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\ eiles âs distance, est une terre noyée & inhabitable ;

. Meme la riviere de Surinam , principal poste desìglois, n est habitée que cinq ou six lieues au-dessus den embouchure. C’est une belle riviere, où l’on peutt | onter vingt lieues fans trouver moins de trois brasses ôckl' 1111 ? o eau de basse mer. Les Anglois qui y font éta-c ls de Puis cinquante ans , se sont répandus le long deIls 16 nv ‘ ere ■> & dans toutes celles qui y descendent.Un y °nt formé leurs habitations ; ôc elles embrassentj e$ e 1 § ra nde étendue de pays , qu’il y en a d’éloignéesles l f 1CS des autres de plus de quarante lieues , fans qu’el-en PU 5 erit communiquer autrement que par mer ,des F P a d a nt par la grande riviere. Ils ont Tancien fortde pie san< * 0 * S ’ *î u * o'est qu’une redoute qu’on avoit bâtien ’ P rres ?.qui, en 1665 , étoit entièrement démolie ,le ^ "-^oint d’autre marque de fort que le bastion oùSai VlU 2 n Anglois est arboré. Leur ville qu ils appellentC onsh~^ OÍ/2îe > est trois ou quatre lieues plus haut , Sctées 1 % st , ‘ xante ou quatre-vingt maisons peu habi-q Ue ot fans aucune 'clôture de murailles. Tout le terroiri n 'on f ] e ? àglois occupent en ce lieu , est fort bas , Scd e f 6 a moitié de l’année ; enforte que les cannes}> ) cre , qui y font en abondance , ont le pied dans^ aa pendant ce tems. Auísi le sucre n’en est pas si bon.y a 1X deues de Surinam est la riviere de Croni , où ilôí de r° re r,Ue!c I ues Anglois , puis celle de CompenameF.nsnU° re sty e , qui ne font occupées d’aucun Européen.lj 0 - n lte e st la riviere de Berbice , qui est belle Sc qui aplus”^ entr ^ e & fou fond. Les terres à six ou sept lieuesroc haUt ^ 0nt P ro P res pour les cannes à sucre, pour leB 1 ’ ^ pour coton ' Après cela font Estèquebe^crbfc° me ’ occupées par les Hollandois , ainsi que

{ Ur ^ a „^UiANE Indienne jouit de la même tempéra-pi ■ d air qu e l e reste de la côte , si ce n’est que lescauf S A ^° nt P‘ us fréquentes Sc plus abondantes , à» e .de la vaste étendue des marais qui s’y trouvent ,stoi produisent un plus grand nombre de vapeurs ,3 e * es endroits où les terres font relevées en collinesen montagnes. Elle est habitée par les Palicours &P^r les Aricarets. 11 régné up primeurs perpétuel dans. a ,ance équinoxiale comme dans le reste de la côte,lUsqu à l’Orenoque ; ôc il n’y a de différence du plus courta U plus long jour de Tannée , que de treize minutes qui«e font pas un quart d’heure : le froid ni le chaud n’yfont jamais excessifs. Quoique le soleil y soit à pic deuxfois Tannée , fans qu’il y fasse aucune ombre , & quedans les autres faisons fes rayons frappent plus à plombqu’ils ne font en Europe , il fe leve presque tous lesjours , à neuf heures du matin , un vent .oriental quirafraîchit l’air. Ainsi la différence des faisons ne consisteqn’aux sécheresses , Sc au plus ou au moins de pluie.Les pluies qui pourroient marquer Tautomne , y com-mencent en Novembre, mais en si petite quantité qu’el-es ne donnent pas encore le moyen de planter dansJ 1 ® terre que quatre mois de sécheresse continuelle ont^teree : il n’en tombe point lé jour, Sc peu en Décem-nf e \is CS au ? mentent en Janvier , en Février , Sc à la- “Mars. L’hiver commence Sc dure jusqu’aux premier;* ^ rs Juin. U pleut beaucoup en ce tems , pendant huit, Sc même quelquefois le jour. Ce font de gros orages? U| ’ en moins d’une heure, couvrent d’eau la surface dcj . terre< Les pluies diminuent au commencement dc^ Uin » éc finissent entièrement le dixieìne de Juillet ; &^ ce tems jusqu au dixième de Novembre , il nce Pas une feule goutte d’eau. La terre y est co m mu-ScTe S nt sondante , les oranges , les citrons , les figue;duit de r f nades y viennent fort bien , Sc la vigne y pro-vaches ass bons raisins. Le pâturage y est tel que le;fables A„ 0l r y a apportées, y font devenues méconnoif-

chasse y est s b 0 m ° is ’ P ar leur graisse extraordinaire. La

cerfs au’on v , Ue Pendant la moitié dejannee. Le;les daims en F ° U en quantité, font de k meme taille qUíSgherTde deux n e Ce ' & bons à manger. II y a quelque;mais plus petits ■ m peces » les uns comme ceux de France,là ne P sontîrantÌ? aUtres ont un évent fur ls C P S ‘ S eux '

auffi ÍSLïrLV; com r de g r0s renarck 11

retins P / ’ s ' des agoutis , animaux qui si

anfv f? C ° ] T e des lap ^ & des bléreaux : le:mil a “ \ s aíIez grand nombre , ne font aucurWX nommes. On y trouve des canards , des cer-

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celles , des beccasses , des ramiers, des tourterelles, desperroquets de plus de vingt fortes , des aigrettes , desdamans , des spatules , des alouettes de mer , des per-drix , des faisans de quatre ou cinq fortes, & une especed’oifeaux presque auffi grands que des autruches, nomméstoujoujou par les Indiens. II y a auffi plusieurs fortes debons poissons , comme mulots, vieilles , turbots, raies ,apalicas , ôc plusieurs autres qui ont des écailles. Les terresmarécageuses fournissent de fort bonnes crabes ; ôt dansles criques ou rivières salées , il fe trouve des huitresfort grasses , mais moins salées que les nôtres. Cetteterre ne produit aucuns animaux venimeux ; ôc les fer-pens , si redoutables en plusieurs endroits de l’Amérique ,y font recherchés comme un mets fort bon ôt fort nour-rissant. II s’y en rencontre dans les eaux ôt dans les marais ,de dix, douze, ôc quinze pieds de long, ÔC qui font plusgros que n’est 1 a cuisse d’un nomme. Le bled d’Inde appellecommunément maïs y croît en grande abondance ; ôcTon en fait 1 a récolte deux fois l’année , en toutes fortesde terres. On k fait jusqu’à trois fois dans celles qui fonthumides ôc fort grasses. La Guiane Anglicane ôc Belgi-que, ayant plus de terres basses que k Françoise, est plussujette aux humidités ôc aux pluies que les terres de Vuïa,de Caïenne , de Coërrou , de Sinamari , ôc de Cona-nama. Le terroir de Surinam , quoique peuplé d’un nom-bre considérable de familles Ángloifes , peut à peine pro-duire des vivres pour nourrir ses habitans, le manioc neíè plaiíànt pas dans lés terres basses ôc marécageuses ,dont tout le pays est rempli. Les Indiens qui habitent cescôtes , font divisés en diverses nations , fçavoir lesAricarets Orientaux , les Palicours , les Yaos , lesSapayes , les Galibis , les Aricarets Occidentaux , lesMarones , les Paragotes , ôc les Arrouagues. Ces peu-ples n’ont aucuns souverains , caciques , ni seigneurs , Scne reconnoissent entr’eux aucune supériorité. Les plusanciens dans chaque famille y font respecte's en qualitéde chefs ; ôc comme chaque famille habite son cantonen particulier assez loin Tune de T autre , il est difficilequ’ils puissent former un corps en peu de tems. ils ontquelque subordination pour les commandemens de 1aguerre , élisant un général qui donne le tems ôc le lieudu rendez-vous, Tordre de k marche , ôc celui de l’at-taque ôc du combat, après quoi il n’a plus d’autorité.Ils le font par le choix des chefs des familles de leursnations , qui s’assemblent en un festin qu’ils appellentvin , où ils resolvent leurs guerres. Ils vivent fans réli-gion , connoislant le diable pour celui qui leur faitdu mal.

J’ai dé j a dit qu’il faut prendre garde que ce qui estappelle Guiane Anglaise , est à présent aux Hollandois.Surinam appartient à une compagnie Hollandoife. VoyezSurinam ôc Caïenne.

GUIARE , ville d’Amérique , dans 1 a terre ferme ,fur 1a côte septentrionale , assez près de k ville de Carac-cos. C’est, dit Dampier, Voyage autour du monde , t. r ,c. 3, p. §4, k principale place de cette côte, ôc unebonne ville que la mer enferme. Quoiqu’elle n’ait qu’unméchant havre , elle ne laisse pas d’être beaucoup fré-quentée par les Espagnols ; car les Hollandois ôc lesAnglois mouillent dans les baies sablonneuses , qui sontpar-ci par-là à Tentrée de diverses vallées , ôc oùla rade est fort bonne. La ville est ouverte , mais ily a un bon fort ; cependant le capitaine Wrightôc fes avanturiers prirent 1a ville ôc le fort. Elle estsituée à quatre ou cinq lieues du cap Blanc , du côté del’occident.

GUIBRAI, fauxbourg de Falaise , ville de France ,en Normandie. Elle pourroit passer pour une petite ville.En y entrant du côté de Falaise par une grande rue bienpavée , on voit un, couvent d’Urfulines°, l’abbaye desPrémontrés réformés du titre de S. Jean. Leur église aquinze piliers de chaque côté dans fa longueur. Le chœurest tout orné de peintures ; & le grand autel, qui a deuxfaces, est isolé & fort propre. Un peu plus loin, est unechapelle de Notre-Dame dite la Guibrai , qui donneson nom au fauxbourg. C’est-là que fe tient la fameusefoire qu’on appelle foire de Guibrai. Elle commence leseize cî’Août , ôc dure huit jours. On y vient de toutesles provinces voisines ; ôc le trafic y est grand, tant dedraps ôc autres marchandises , que de toute forte debétail, à cause des franchises & des exemptions de péage