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ses font superbes & richement ornées ; ses convens fontmagnifiques ôc bien rentes; presque toutes ses places fontbordées de maisons bien bâties ; en un mot, on y remar-que tout ce qui peut contribuer à former une ville con-sidérable.
L’église de S. Michel du château est irréguliere. Sonarchitecture est grossière & irréguliere ; elle a cependant uncertain air de majesté antique , qui inspire de la vénéra-tion. Le corps de i’églilè est séparé de la chapelle majeurepar une arcade de pierre , fur laquelle on a bâti deuxmagnifiques autels, dont celui qui est du côté de l’évan-gile est dédié à Notre-Dame de Grâce , ôc celui quiest du côté de l’épître à sainte Marguerite. C’est la plusancienne église de l’archevêché de Brague.
Près de cette église on volt un hôpital avec une très-belle chapelle , où l’on reçoit les pauvres qui font horsd’etat de pouvoir gagner leur vie. L abbe de Guima-raens, qui en est l’administateur, leur fait distribuer tousles ans une certaine rétribution pour leur entretien, & unevoie de bois, la veille de Noël, a chacun.
A quelque distance de là s’éleve l’église royale ôc col-légiale de Notre-Dame d'OUveìra , qui, par là somptuo-fité, ôc par les grands avantages qu’elle a fur toutes cellesde Guimaraens , même au-destus de toutes celles del’archevêché de Brague , mériteroit d’occuper le premierrang dans notre description. Si l’on en croît une tradition ,c’est la plus ancienne église de Portugal, même d’Espa-
Î ne. C’étoit un temple dédié à Gérés , que l’apôtre saintacques détruisit , ôc y placa l’image de Notre-DameePOliveira. Parlafuitedes tems, cette image fut transféréeà l’églife du monastère de Mumadona , à laquelle ondonna le nom de Notre-Dame. Le comte Henri en fitune collégiale ; & le roi don Alfonse I , son fils , dis-posa la forme du chapitre en 1139 , à-peu-près tellequ’elle est à présent.
Don Jean I. qui avoit une dévotion singulière à l’imagede N. D. ne trouvant pas que son église fût assez majes-tueuse , ordonna en 1429 , qu’elle fût rebâtie de nou-veau , ôc que rien ne manquât à la régularité ni à lamagnificence de l’architecture ; mais fes ordres furent simal exécutés par l’architecte , que quoiqu’elle ait unenef, elle n’a que quarante-neuf pas de longueur , depuisla porte principale jusqu’à l’arcade qui sépare la chapellemajeure du corps de l’églife, tellement que cette cha-pelle fut extrêmement petite jusqu’en 1670, que le roidon Pedro la fit abbatre ôc rebâtir de nouveau. Danscette nouvelle construction, l’architecte ôc les chanoinesfirent tout leur possible pour donner à la chapelle plusde longueur qu’elle n’avoit ; mais ayant trouvé du côtédu nord une muraille qui soutient le cloître ôc la voûtede deux autres chapelles , ils furent contraints de secontenter d’enrichir, autant qu’il fut possible, l’architecturede la nouvelle fabrique , à de dresser une superbe tri-bune au-dessus du maitre-autel, dans laquelle l’imagede la sainte Vierge fut placée , à laquelle on montepar un degré de pierre , pratiqué dans l’épaisseur de lamuraille.
Au pied du maitre-autel est un marche-pied , par lemoyen duquel on y monte : du côté de l’évangile onvoit un arc, fous lequel est le siège du prieur du chapitre ,Ôc un autre du côté de l’épitre pour le célébrant ôc pourfes assistans ; des deux côtés de la chapelle régné unrang de sièges qu’ocupent les chanoines pendant qu’ilschantent l’ossice divin , que le même don Pedro fit faireen 1685. Toute la façade de la chapelle est fermee parune grille de fer bien travaillée, peinte ôc dorée , qui faitun bel effet.
Le corps de l’église n’a que trente pieds de longueur ;mais elle est azurée presque par-tout ; ÔC dans les endroitsoù il n’y a pas d’azur , elle est peinte ou dorée. Desdeux coies on voit de grandes croisées fur les vitragesdesquelles la vie de la sainte Vierge est représentée pardes peintures tres-fines , avec les armes du roi donJean I, ôc de la reine son épouse , qui sont celles d’An-gleterre.
A l’entrée du choeur on a pratiqué dans la muraille,du côté de l’évangile, un degré de pierre, par lequel onmonte au chœur, Sc à une tour qui a cent trente piedsde hauteur, au sommet de laquelle est un très-beau clo-cher , à la pointe duquel est un ange armé , qui indiqueles vents qui soufflent, Cette tour fut bâtie en 1515 , sor
les ruines d’une autre, aux dépens du docteur Pierre,Etienne Cogominho , auditeur des terres du duc de Bra-gance Sc d’Elisabeth Pinheyra sa femme. Au pied de latour on a bâti une grande chapelle , dans laquelle onvoit deux magnifiques tombeaux de pierre , avec deuxfigures de demi-corps , dont l’une représente le fondateur ,ôc l’autre sa femme. Ces deux tombeaux sont environnesd’une grille de fer fort haute Sc très-bien travaillée. D a ’J. 5 'la même chapelle il y a un autel fur lequel on dit la méfietous les dimanches ôc jours de fêtes, qu’on peut entendrede la rue & des maisons qui sont vis-à-vis, par le moy estd’une porte grillée , au-dessus de laquelle paroissent l eSarmes du fondateur.
Au pied de la tour , du côté de l’occident est «nebelle fontaine , à trois grands tuyaux , qui fournissertune grande quantité d’eau excellente. Celui du milieu f&\de frontispice au perron de la porte de la chapelle : ceh 11qui est à main gauche , est d’une pierre d’une beauté si 0 *guliere, ôc d’une architecture admirable, ôc est orné d’u° eimage de la sainte Vieige, appuyée fur un olivier, qui fortles armés de la ville. Celui qui est à main droite, est d®la même forme , que celui qui est à gauche , ÔC estaccompagné des armes de Portugal, peintes Sc dorées*Cette fontaine est faite avec tant d art, qu’il semble q uel’eau qui en sort, vienne de l’intérieur de la muraille d ela tour, dans laquelle elle est construite ; ôc les étranges 5ne peuvent pas le persuader qu’elle puisse venir d’autrepart. Cependant il est constant qu’elle y est conduitd’une lieue de-là par des canaux souterreins.
A la porte principale de l’église, on voit à main drod sun grand écu, aux armes du roi don Jean I, son restau-rateur , entre deux anges, ôc pour timbre un séraphin»qui soutient avec les mains la couronne royale , ôc aU'dessous une pierre de marbre , avec cette inscription •Van MCCCC XV, & le VI de Mai cet ouvrage fut cott 1 "mencè par ordre du roi don Jean I donné par la gtaCtde Dieu à ce royaume de Portugal : ce roi don Jean ,livra bataille au roi don Jean de Castille , dans &champs d’Aljubarrota , dans laquelle il fut vainquent >& cn reconnoiffance de c'ette victoire , qu il obtint pat Jfsecours de sainte Marie , il ordonna que cet ouvrage ft cfait par Jean Garcia, entrepreneur.
Cette église a deux autres portes magnifiques ; l’u sl ®au nord, ôc l’autre au midi ; Ôc derriere la chapelle ma-jeure on a pratiqué un grand cloître , où les chanoine*font leurs processions ordinaires. Entre l'église ôc le cfoKtre est un cimetiere , où l’on enterre les pauvres fi ulmeurent dans les hôpitaux de la Miséricorde ôc de l’Angf*
Autour du cloître règnent cinq grandes chapelles, rrchement ornées, dont l’une est dédiée à Notre - Damsde Pombinha , la seconde à S. Roch , la troisième *S. Côme ôc S. Damien ; la quatrième à S. Pierre , ftJa confrérie des clercs de la ville ; & la cinquième 3S. Louis.
Près de la porte du chapitre on a bâti une autre best®chapelle , dédiée à S. Biaise , où les chanoines so nobligés d’aller réciter , pendant cinquante jours , c j e *prières pour le repos de l’ame de Gonçale Romeu , ft*puis le jour de Pâques , jusqu’au dimanche de laTrim te ’
Dans l’intérieur de régisse, entre la nef ôc le chœur»on a ménagé une porte du côté du midi, poúr ailes 3la sacristie de la confrérie du saint Sacrement ; ôc mj eautre du côté du nord , pour aller au cloître ÔC 3 3maison du prieur du chapitre , tout contre laquelle est u st egalerie qui conduit à la sacristie des chanoines , laquel eest belle ôc bien ornée. On y admire fur-tout un re-table d’argent vermeil, qui représente la crèche detre-Seigneur, que donna en présent le roi don Jean Gen action de grâces de la victoire signalée qu’il r*- 111 'porta fur le roi don Jean I, de Castille , près êfAftbarrota. II y a quantité d’autres chapelles magnifiquesdont nous ne parlerons pas. Nous n’entretons pas fí0plus dans le détail du trésor de cette église. Nous n°\
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estes sont garnies , on y compte huit cents marcs d argenterie , qu’on étalé les jours de fêtes solemnelles
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gai , qu’ils ont exempté de toute sorte d’impôts tousce^
qui sont destines a la desservir, luscru’aux domestique 5
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Cette église a toujours été si chere aux rois ^ ^
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