î 84 HAM
d’affreux ravages, fùr-tout à Hambourg, qui étoit la mé-tropole du Christianisme. Ils râlèrent l’égîiíe de Notre-Dame, tuerent une partie des habitans, St en emmenè-rent d’autres en esclavage. La communauté des Bénédic-tins , que S. Anschaire avoit tirés de Corbie St établisà Hambourg auprès de cette église qu’ils destervoient,pasta alors en-deçà de l’Elbe & s’établit à Ramefloë. Us«voient formé une école St tenoieut lieu de chapitre àla cathédrale ; ce fut pour les remplacer que l’archevê-que Unwan y mit douze chanoines.
Après le quatrième sac de Hambourg, régisse de No-tre-Dame 11’avoit été rebâtie que de bois. Bezelin,douzième archevêque, commença à la bâtir de pierresde taille ; & tout auprès au midi, du côté de i’Elbe,il éleva un palais muni de tours & de bastions, & forti-fié comme une citadelle. Bernard, duc de Saxe, craignantque l’archevêque ne s’en servît pour se rendre le plus tortdans la viste , fit bâtir au nord de la même église uneautre forteresse, dont il est testé de notre tems quelquesvestiges. C’est présentement où tont les écuries du sénat.Ces deux citadelles furent commencées vers Tan 1037.La derniere étoit fur l’A liter , petite riviere qui sépareaujourd’hui l’ancienne ville de la neuve. Mais fan 1066,les Obotrites , nation d’entre les Slaves, ayant martyriséGotscalc , leur prince, se replongèrent dans le Paga-nisme , ravagèrent toute la Saxe d’au-delà de l’Elbe ,prirent Hambourg St rasèrent de fond en comble le fortque le duc Bernard avoit élevé. Ce fut le cinquièmedésastre que cette ville souffrit, à cause de la religionChrétienne. Le fixiéme St le septième arrivèrent en 1071.LesPayetis prirent cette ville, la pillèrent, la brûlèrentôí la détruisirent presqu’entìérement.
Depuis fan 961, les empereurs avoient confié le foinde cette frontière à des gouverneurs qui désendoient laSaxe contre les courses des Barbares. Otton, le Grand,partant pour Rome, avoit commis ce foin à Herman Bil-ling, qui, étant mort en 973 , eut pour successeur le ducLennon, son fils; celui-ci mourut fan 1010, ôí son filsBernard lui succéda au duché de Saxe, qui en jouit jus-qu’à fa mort, qui arriva fan 1061. Ordolphe, son fils,eut pour successeur son fils Magnus , qui mourut fanspostérité.
Le septième saccagement de Hambourg étant arrivéen 1071, comme j’ai dit , les Barbares qui f avoient dé-truit, s’emparerent de tout le nord de f Elbe, & ce paysresta quelque teins fous leur ]oug. Plus de six cent fa-milles abandonnèrent le Holstein , St se réfugièrent dansla forêt du Hartz. Enfin fan 1100, Henri, fils de Gots-calc, prince des Obotrites, qui, après le martyre de sonpere, s’étoit réfugié chez les Saxons, /accommoda avecCrucon, qui avoit usurpé ses états ; & ayant mis dansfes intérêts la femme.de ce tyran, en promettant de fé-p on se r , il vint à bout de le tuer St de reprendre sonpays. 11 délivra auffi-tôt le nord de l’Elbe , c’est- à-direle Holstein , qu’il rendit' à Magnus, duc de Saxe. Ce ducy mit pour le gouverner un gentilhomme, nommé Got-frid , à titre de comte du pays. Hambourg, où ce comtedemeurait, commençoit à se relever de ses ruines, quand,en 1106, un gros de Slaves s’étant jette fur leStormar,se saisit d’une multitude d’hommes ôí de bestiaux qu’ilsurprit près de Hambourg. Gotfrid accompagné de quel-ques bourgeois armés précipitamment, courut après le bu-tin; & poursuivant f ennemi avec trop peu de précaution,il tomba dans une embuscade ; il y fut taillé en pièces.Le duc Magnus venoit de mourir , St son duché futdonné par f empereur Henri V à Lothaire , comte deSupplenbourg, qui, après la mort de Gotfrid, donna lecomté de Holstein, de Wagrie St de Stormar à Adol-phe, comte de Schawenbourg. C’est ainfi que Hambourg,capitale du Stormar, vint fous la domination des comtesde Schawenbourg ; de maniéré pourtant qu’elle étoitsoumise à f empereur, comme faisant partie du fief duduché de Saxe. Ce Lothaire dont on vient de parler,est le même que Lothaire le Saxon , qui fut empereuraprès la mort de Henri V.
Le comte Adolphe s’appliqua à rétablir la ville deHambourg, à en rebâtir la cathédrale ; St fa femme re-leva une forte citadelle fur les ruines de celle du ducBernard. Adolphe mourut en 1128. Adolphe II, ^fonfils, se mêla de la querelle de Henri de Bavière, St d’Al-bert l’Òurs, de Brandebourg, qui se difputoient le duché
HAM
de Saxe ; íe parti du premier qu’il avoit suivi, étant d a*bord le plus foible , il fut dépouillé de fes états , st UIsurent donnés à Henri, comte de Badevid, qui ne comp'tant pas les garder, lui démolit plusieurs forteresses,entr’autres celles de Segeberg ôí de Hambourg. H àtrétabli, & fit bâtir Lubec en 1140; il fut tué en 1164*.dans la guerre de Poméranie. Adolphe III, son fils, étoitencore trop jeune pour gouverner , on lui donna un tu-teur ; & lorsqu il fut grand , il mit tous ses foins à ese-beìlir Hambourg , à f exemple de son pere St de Ionaïeul. Lan 1181, la mésintelligence s’étant mise enttfHenri St lui, Henri le dépouilla de íes états ; maiscelse-ci ayant été attaqué , mis en fuite par l’empereur frédé-ric Barberousse en 1 i 8 z, f empereur prit Lubec, qui de-puis ce tems-là est demeurée ville libre & impériale,rendit au comte Adolphe le Holstein , la SEagrie & 1 ®Stormar. II en jouit jusqu’à l’an 1189 , qu’il suivit fré-déric Barberousle à la Terre-sainte. La ville de Hase'bourg lui ayant fait de riches préíèns pour son voyage ,par reconnoissance il engagea l’empereur à f exempterde tous impôts pour les guerres que les comtes de Scha-wenbourg entreprendroient , de douane fur l’Elbe jus-qu’à la mer, Sc dans route la dépendance des. comtes»à défendre à toute personne en général, d’élever ni châ-teau fortifié ni citadelle, à deux milles d’Allemagne dela ville ; il ajouta à cela le droit de pêcher dans l’Elbe»deux milles au-dessus St au-dessous de la ville , St tsemille dans la petite riviere de Billa , qui fe perd darfsl’Elbe , auprès de la ville , Stc. Après leur départ»Henri le Lion, qui étoit en Angleterre , revint en Alls'magne, reprit Lubec St Hambourg, rasa Bardevic, qui h) 1avoit fait une longue résistance, St en vendit les démoli-tions aux Hambourgeois, qui les emplayerent à bârir ustport fur l’Elbe. Adolphe revint de la Croisade, pour dé-fendre son pays. On le reçut à Hambourg, d’où 1! chassala garnison étrangère, & cette ville lui aida à reconqué-rir le reste de son pays. Mais les grands impôts qu’il ml£fur son peuple , St les guerres qu’il eut contre Walde-mar, duc de Sleswig, trere de Canut, roi de Darse'marck, St ensuite successeur de ce monarque, réduisirentle comte Adolphe à la simple qualité de comte de Scha-wenbourg. Ce fut lui qui fit bâtir la chapelle de S. Nico-las , dans le quartier qu’on appelloit alors la ville neiiv c 'Cette chapelle est devenue ensuite une grande égide»L’abdication d’Adolphe III arriva en 1203.
Les chapitres de Hambourg St de Brême fe disputè-rent long-tems la prééminence. Enfin la querelle fi nlten faveur de celui de Brême. Hambourg céda à cetteéglise son droit de métropole.
Les Danois possédoient tranquillement le Stormar &la ville de Hambourg qui portoient impatiemment le jougde l’étranger. II fe fit quelques démarches auprès d’Adol'phe III, qui, content de son exil , refusa de tenter fortunede nouveau. L’empereur Otton IV , étant venu en I 2 1 Davec des troupes devant la ville , les bourgeois le reçu-rent à bras ouverts, St se lierent par serment à l’empire »
dont ils avoient, difbient-ils , été arrachés par la force-C’est pour cela qu’ils íè disent présentement immédiate-ment sujets de l’empire. Mais l’empereur ne fut pas plû'tot parti, que Waldemar , roi de Danemarck, assiégea h*ville , qui résista d abord courageusement, St se renditenfin à composition. II tint mal la capitulation , fatis^se vengeance avec bien de la cruauté , & vendit la villeà perpétuité à Albert, comte d’Orlamunde, pour sept centsmarcs d’argent. Mais "ty aldemar ayant été fait prisonnierpar Henri, comte de Swerin , Adolphe IV, fils /Adol-phe III , comte de Schawenbourg travailla à regagnerl’héritage de fes peres. Albert avoit commencé par sefaire chérir de fes nouveaux sujets , en les gouvernantavec bonté & en les faisant jouir de tous les privilègesque les empereurs , les ducs de Saxe St les comtes y®Schawenbourg, fes prédécesseurs, leur avoient accordes»Quand il vit qu’Adolphe étoit soutenu par Gérard, arche^vêque de Brême, St par Henri, comte de Swerin , d s° ngea à tirer le meilleur parti d un bien qu’il ne pouvoit p agarder ; il vendit à la ville de Hambourg pour quse zcents marcs d’argent tous les droits qu’il avoit fur este» e _vertu de la vente que lui en avoit faite te roi de Da«emarck , St ayant reçu cette somme il la déclara ville h ut& indépendante. R marcha ensuite contre Adolphe » stle fit prisonnier , St se ressaisit du Holstein , de